<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806</id><updated>2011-09-30T00:33:57.709-07:00</updated><title type='text'>Atelier du Haikuteur - une année sur les ailes du récit</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>70</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-7827153063763158903</id><published>2011-01-24T04:53:00.000-08:00</published><updated>2011-01-24T05:00:54.735-08:00</updated><title type='text'>Pr. Dr. Mhamed Hassine Fantar</title><content type='html'>&lt;strong&gt;Pour la transparence et contre toute forme de confusion&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par &lt;strong&gt;Al Hakawaty – Salem Labbène &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai l'honneur d'avoir reçu du Pr. Dr. Mhamed Hassine Fantar, le message suivant que je tiens à publier aussitôt dans la transparence la plus totale, l'accompagnant de la réponse que j'ai adressée en retour à cet imminent homme de savoir que j'ai eu comme professeur à l'Institut de Presse et des Sciences de l'Information (IPSI) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TT13Jq0R_gI/AAAAAAAABds/O2xqNEiRo_s/s1600/baladrapeau.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 400px; FLOAT: right; HEIGHT: 267px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5565735722495901186" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TT13Jq0R_gI/AAAAAAAABds/O2xqNEiRo_s/s400/baladrapeau.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1/ Message reçu :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Cher(e)s collègues et ami (e)s&lt;br /&gt;Cher(e)s&lt;br /&gt;L’Université El-Manar, sur instruction du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a pris la décision de suspendre toutes les Activités de la Chaire pour le Dialogue des Civilisations et des Religions. Je le regrette comme vous tous, j’en suis sur !&lt;br /&gt;En attendant il me fait honneur et plaisir d’avoir travaillé grâce à vous tous et à votre sollicitude généreuse pendant des années pour le dialogue interculturel et interreligieux, travail qui se veut une modeste contribution pour la connaissance et la reconnaissance de l’autre, l’acceptation de l’autre, quelles que soient sa religion, sa culture, sa race et sa langue. Comme vous tous, je crois au dialogue et je crois à l’humanité de l’homme.&lt;br /&gt;Je continuerai à travailler dans ce sens avec toutes les instances universitaires et toutes les structures de la société civile qui partagent les valeurs du dialogue interculturel et interreligieux. Je resterai en contact avec vous tous pour la collaboration au profit d’une humanité solidaire, pour la justice et la paix dans le monde. Pour lors, permettez-moi de vous dire merci pour vos apports respectifs à la cause du savoir, de la démocratie, de la liberté et de la justice. Avec votre accord, je resterai en contact avec vous pour une collaboration concertée. Je me mets à votre disposition pour toute collaboration.&lt;br /&gt;Avec mes cordiales salutations.&lt;br /&gt;Pr. Dr. Mhamed Hassine Fantar&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;2/ Ma réponse&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Objet : &lt;strong&gt;Tout l'honneur est pour moi&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Bonjour cher professeur,&lt;br /&gt;Veuillez d'abord croire que je demeure honoré de vous avoir eu comme professeur puis d'avoir pu, par un témoignage de poète oeuvrant depuis bien longtemps et concrètement par sa démarche poétique, au dialogue interculturel, contribuer à l'une des manifestations organisée par la chaire maintenant disparue que vous dirigiez.&lt;br /&gt;Je tiens, ensuite à vous remercier pour ce message que je viens de recevoir de vous et qui témoigne de votre civisme et de votre valeur intellectuelle que personne n'a le droit de nier.&lt;br /&gt;Ceux qui ont travaillé sous la direction directe ou indirecte du président déchu n'ont pas tous les mains sales. Seule la justice peut trancher ; et la présomption d'innocence demeure la règle première de la société des droits et des institutions à laquelle la volonté du peuple vient de rendre toute sa valeur.&lt;br /&gt;Aussi le caractère propagandiste et communicationnel dominant de la chaire que vous présidiez ne peut en aucun cas faire oublier le caractère noble des principes scientifiques et authentiquement culturels sur la base desquels cette institution a été fondée au départ.&lt;br /&gt;En conclusion, je n'oublierai jamais que vous aviez lu mes oeuvres poétiques (Mes quatre saisons) et aviez tenu à réagir par écrit, alors que plusieurs "amis" auxquels je les ai offertes n'avaient donné aucune suite pouvant signifier qu'ils en aient lu une seule ligne.&lt;br /&gt;Alors Merci professeur, tout l'honneur est pour moi d'avoir été votre étudiant et d'avoir collaboré la chaire que vous dirigiez.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Toute ma considération&lt;br /&gt;Alhakawaty - Salem Labbène &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-7827153063763158903?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/7827153063763158903'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/7827153063763158903'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2011/01/pr-dr-mhamed-hassine-fantar.html' title='Pr. Dr. Mhamed Hassine Fantar'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TT13Jq0R_gI/AAAAAAAABds/O2xqNEiRo_s/s72-c/baladrapeau.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-8330644032483387256</id><published>2011-01-18T08:46:00.000-08:00</published><updated>2011-01-18T08:54:20.757-08:00</updated><title type='text'>Appel aux RCDistes du gouvernement provisoire</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;par Alhakawaty - Salem Labbène&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;1/ A Monsieur Mohamed Ghannouchi, premier ministre :&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je crois savoir que vous aviez exprimé votre désir de prendre votre retraite politique bien avant que le président déchu ne vous renomme à la tête du gouvernement d'avant la révolution du jasmin. Croyant en votre intégrité, votre haute compétence, votre parfaite connaissance de vos dossiers et, surtout, votre grand amour pour notre chère Tunise, je me permettrais de vous supplier d'exprimer ce voeux en public aujourd'hui, même si mes informations citées ci-dessus seraient fausses, et de vous engager à vous retirer de la vie politique aussitôt après avoir conduit notre pays à la stabilité définitive et à la démocratie irréversible. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A Messieurs les membres du gouvernement provisoire appartenant au RCD ou réputés comme tels :&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas certain que vous êtes tous aussi indispensables à ce gouvernement provisoire les uns que les autres, mais je m'adresserais à vous tous pour vous prier de démissionner immédiatement de ce parti et de déclarer que vous n'êtes dans ce gouvernement que comme technocrates indépendants. Sinon je vous prie de vous retirer pour vous consacrer aux affaires de votre parti qui vous appelle à son secours et qui , tel qu'il est aujourd'hui, n'est plus qu'une coquille vide qui, de plus, en tant que structure organisée de la sorte, n'a plus de place dans ce pays après la révolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec mes respects à tous ceux qui ont œuvré, œuvrent ou œuvreront encore pour sauver la Tunisie des dangers du vide constitutionnel et du désordre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TTXFQaiSZ0I/AAAAAAAABdk/JqIAg3_xHC8/s1600/thabetjasmin.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5563569800477828930" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TTXFQaiSZ0I/AAAAAAAABdk/JqIAg3_xHC8/s400/thabetjasmin.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salem Labbène&lt;br /&gt;Auteur, membre du syndicat des écrivains de Tunisie&lt;br /&gt;comptabilisé, d'office et sans carte d'adhésion, sur le compte du RCD&lt;br /&gt;Rédacteur en chef, cadre (directeur) prisonnier au frigo de l'ATCE &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-8330644032483387256?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/8330644032483387256'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/8330644032483387256'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2011/01/appel-aux-rcdistes-du-gouvernement.html' title='Appel aux RCDistes du gouvernement provisoire'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TTXFQaiSZ0I/AAAAAAAABdk/JqIAg3_xHC8/s72-c/thabetjasmin.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-5561296929789224659</id><published>2010-12-12T09:58:00.000-08:00</published><updated>2010-12-12T10:09:48.683-08:00</updated><title type='text'>"Mon année sur les ailes du récit", version papier</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"Mon année sur les ailes du récit" s'est achevée, après prolongation, le 13 mars 2009. Le guerrier méritait de se reposer un peu et les textes d'être laissés en paix, suffisamment longtemps. Une bonne distance devait se créer, entre eux et leur auteur ; assez pour permettre à ce dernier de les scruter sans trop succomber au feu de la passion génitrice.&lt;br /&gt;Une année plus tard, il fallait revenir à la charge pour relire, corriger, restaurer ou rajouter ce qui devait l'être, afin que le projet se tienne droit, achevé, les parties bien équilibrées. Des ami(e)s et autres vénérables professeurs m'ont soutenu dans cette tâche. Je me dois de le leur reconnaître avec tous mes remerciements.&lt;br /&gt;Je devais aussi faire la concession pour me contenter de la moitié des objectifs que je me suis fixés quant à l'édition papier de "mon année sur les ailes du récit" ; et ce pour ne point condamner tout le projet aux oubliettes, faute de moyens. Ainsi me suis-je acclimaté avec la politique des étapes commençant par la publication de la partie arabe ; pour m'occuper ensuite du sort de la traduction française.&lt;br /&gt;De nombreuses parties amies m'ont écouté et ont sérieusement étudié mes propositions, montrant, en dépit des divergences de vue, beaucoup de compréhension quant au problème épineux de l'édition ; question dont il vaut mieux, ici, ne pas évoquer les détails. Je reconnais les avoir assez dérangés avec mes rêves qui ne tiendraient que théoriquement debout et assez fatigués par mon attachement à des conditions relevant de "la nécessité du superflu", comme certains l'avaient déjà dit à propos du projet dans son ensemble… A tous ceux avec qui j'ai eu à converser à ce propos, mes sincères sentiments d'amitié que ne peut altérer nos divergences de vues.&lt;br /&gt;Je ne veux pas m'étaler dans cette introduction. L'essentiel est que je suis revenu aujourd'hui a ce Blog/Atelier, où je n'ai rien écrit depuis le 13 mars 2009, pour annoncer, enfin, que les textes que j'ai accumulés ici (je désigne pour le moment le blog arabe en attendant) durant toute une année et un peu plus, est maintenant en voie d'édition sur papier. Je viens, en effet, de signer, le 29 novembre, avec les éditions El Bourak à Monastir, un contrat concernant touts les textes originaux en langue arabe répartis sur trois livres comme détaillé ci-après.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 136px; DISPLAY: block; HEIGHT: 146px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5549859121153489618" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TQUPd13QutI/AAAAAAAABdQ/7D7G2WQsm08/s400/logkyenboussol.jpg" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais le plus important est que cette longue gestation a donné naissance à une collection littéraire dénommée "MARAYA AL KYEN" (Les miroirs de l'Être). Cette collection démarrera avec ces trois livres pour tenter d'occuper une place sur la scène éditoriale tunisienne, maghrébine et arabe, avec des textes récents du meilleur cru d'auteurs convaincus que l'écriture est le produit d'un effort avant d'être le fruit d'un don, qui traduiront cette conviction dans des textes sur lesquels ils ne se lasseront pas de travailler alternant construction et critique et qui ne voient aucun mal à se faire conseiller en cela par leurs confrères et leurs professeurs de plus grande expérience en la matière, afin que ces textes parviennent à leurs lecteurs dans leurs plus beaux atours.&lt;br /&gt;En attendant que prennent fin les travaux de discussion et de fixation de la plateforme théorique de MARAYA AL KYEN, et que s'achèvent les négociations à propos des modalités pratiques de l'édition des livres qui suivront, dans le respect des droits de l'écrivain, ce qui nous permettra d'écrire sur les couvertures : "ce livre est mis en vente après payement total des droits d'auteur", voici les titres et couvertures des trois livres comprenant les textes originaux fruits de "Mon année sur les ailes du récit", avec leurs dates de parution:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;*****&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 345px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5549858344765336658" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TQUOwpl5rFI/AAAAAAAABdI/JIdq7fdOXQw/s400/marayaweb1.jpg" /&gt;Mon année sur les ailes du récit – livre premier : ANQUD HAKAYA (grappe de contes)&lt;br /&gt;Genre : textes narratifs – Langue : arabe&lt;br /&gt;Auteur : Al Hakawaty – Salem Labbène - Préface : Mohamed Hizem&lt;br /&gt;Première édition : Tunis 2011 – nombre de pages 240 – Prix en Tunisie : 12 dinars&lt;br /&gt;Date de parution : Janvier 2011 – Editeur : Al Bourak impression édition et diffusion&lt;br /&gt;Couverture : "la grappe du club de la nouvelle", œuvre photographique de l'auteur.&lt;br /&gt;Rabat : Al Hakawaty au crayon par l'artiste algérien Boukerch Mohamed &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;*****&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 346px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5549857928211919938" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TQUOYZz09EI/AAAAAAAABdA/cxZiIeP6hnI/s400/marayaweb2.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;Mon année sur les ailes du récit – livre second: BAOUSSALAT SIDINNA (La Boussole de SIDINNA)&lt;br /&gt;Genre : texte narratif – Langue : arabe&lt;br /&gt;Auteur : Al Hakawaty – Salem Labbène - Préface : Jelloul Azzouna&lt;br /&gt;Première édition : Tunis 2011 – nombre de pages 272 – Prix en Tunisie : 13 dinars&lt;br /&gt;Date de parution : février 2011 – Editeur : Al Bourak impression édition et diffusion&lt;br /&gt;Couverture : œuvre numérique de l'auteur.&lt;br /&gt;Rabat : Al Hakawaty au crayon par l'artiste algérien Boukerch Mohamed&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt;*****&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 340px; DISPLAY: block; HEIGHT: 373px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5549857294829003922" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TQUNziRkpJI/AAAAAAAABc4/l9JFc7VrhlQ/s400/marayaweb3.jpg" /&gt; Mon année sur les ailes du récit – livre troisième: QUTUFON MIN HAMICHI AL MA'LOUF (traduction provisoire : "Bribes de discours d'en marge")&lt;br /&gt;Genre : narration critique et documentaire et "Louzoumyet"(*) contemporaines – Langue : arabe&lt;br /&gt;Auteur : Al Hakawaty – Salem Labbène et plumes amies - Préface : (?en attente du texte)&lt;br /&gt;Première édition : Tunis 2011 – nombre de pages (?) – Prix en Tunisie : (?) dinars&lt;br /&gt;Date de parution : Mars 2011 – Editeur : Al Bourak impression édition et diffusion&lt;br /&gt;Couverture : œuvre photographique de l'auteur.&lt;br /&gt;Dos de couverture : Photos prises pour le compte de l'auteur.&lt;br /&gt;Rabat : Al Hakawaty au crayon par l'artiste algérien Boukerch Mohamed&lt;br /&gt;(*) Louzoumyet : "Nécessité du superflu" (clin d'œil à Abul Alaa Al Maarry)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-5561296929789224659?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5561296929789224659'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5561296929789224659'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2010/12/mon-annee-sur-les-ailes-du-recit.html' title='&quot;Mon année sur les ailes du récit&quot;, version papier'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/TQUPd13QutI/AAAAAAAABdQ/7D7G2WQsm08/s72-c/logkyenboussol.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-1868476145672454695</id><published>2009-03-05T20:37:00.000-08:00</published><updated>2009-03-05T21:07:36.863-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 23 L'héritage de Mayara</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (53/53) La Boussole de Sidinna (23/23) – 06 mars 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin troisième:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Pleine, ma lune&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Orientation cinquième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L'héritage de Mayara&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pas finis les cauchemars.&lt;br /&gt;Un cauchemar en amène un autre pour aboutir à un troisième. L'effet du somnifère prend fin, alors que je suis encore dans mon lit, refusant d'ouvrir les yeux, tenant à siroter encore une dernière gorgée de sommeil. Peut-être y trouverais-je un beau rêve ou une vision annonçant le printemps.&lt;br /&gt;Pas finis les cauchemars.&lt;br /&gt;Un cauchemar en amène un autre pour aboutir à un troisième. Depuis que je me suis installé ici, je ne connais plus la nature de mes rêves, ni ne distingue mes cauchemars de ceux des autres résidents. J'ai perdu les rênes du rêve en ce qu'il est plaisir. La vie m'a définitivement abandonné dans le Château-Forteresse et a commencé à s'éloigner de moi, poursuivant sa marche vers des montagnes que fleurissent neige et joie de vivre et d'où jamais le printemps ne s'absente. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309930824857418786" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCp87WF_CI/AAAAAAAABas/9BUIX4SwzcI/s400/boussol23-h.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Pas finis les cauchemars.&lt;br /&gt;Un cauchemar en amène un autre pour aboutir à un troisième. Et les gens autour de moi s'y mettent par centaines, détournant les bateaux dans les ports et appareillant vers l'inconnu. Et la vie de continuer à leur tourner le dos. Elle en noie certains avant l'arrivée, en séquestre d'autres dans les prisons du Nord qu'ils incendient, se brûlant vifs dans leurs cellules. Et puis, d'autres encore rentreront finalement par le même chemin, pieds et poings liés.&lt;br /&gt;Pas finis les cauchemars.&lt;br /&gt;Un cauchemar en amène un autre pour aboutir à un troisième. Et je commence à avoir peur.&lt;br /&gt;J'ai peur à chaque fois que mon rêve commence par une vue de fleurs et que je crois en ce genre de présages annonciateurs de joies. Plus j'y crois, plus ma joie est grande. Et plus ma joie est grande, plus la fin du rêve tourne au cauchemar le plus affreux. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Endormi sous le pont, rêvant que je rêve. Je vois Sidinna m'offrir un bouquet de roses blanches neige. L'air affecté par mon mal, il met la main sur ma tête pour juger de ma fièvre, puis imprime un long baiser sur mon front et me dit :&lt;br /&gt;- "Je remercie Dieu de t'avoir sauvé, Mejda ! Je suis fier de toi. La fièvre va s'estomper. Il ne restera que le souvenir de ta réussite aux examens."&lt;br /&gt;… Sidinna s'éloigne, me faisant signe du doigt de le suivre. Le cœur plein de joie, je cours après lui entre les monticules. Et Sidinna de disparaître dans un bois dense. C'est là que je me retrouve sur une route goudronnée. Sur le bas côté, une plaque indiquant en grosses lettres "Tazoghrane". Ma joie se multiplie. Je cours et cours encore jusqu'à m'imaginer champion olympique. Je franchis un pont étroit sur un maigre cours d'eau. Et je découvre le village rouge avec ses maisons toutes blanches. Je trouve sa place pleine d'un public portant des bouquets de fleurs qui me sont destinées et scandant mon nom. La place me paraît petite mais pleine de drapeaux et de multiples banderoles. Sur l'une d'elles on peut lire "Arrivée", sur une autre "Bienvenue au héros Mohamed Lamjed Brikcha", et ainsi de suite. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309930560736367298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCptjauksI/AAAAAAAABak/h3aLhRqXvCo/s400/boussol23-f.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mon extase atteint son summum et je me retrouve au centre d'un cercle de fans qui m'applaudissent lançant des cris d'admiration, alors que la voix d'un speaker retentit dans le haut parleur :&lt;br /&gt;- "Enfin la boussole arrive à Tazoghrane… Chantez tous pour la boussole… Acclamez tous le héros…"&lt;br /&gt;Soudain le rêve se transforme en cauchemar. Je suis atteint d'une sorte de paralysie. J'introduis la main dans mon pantalon pour tâter la boussole. Le dernier souvenir que j'en ai remonte aux jours du Sahara, alors que la boussole de Sidinna pendait entre mes jambes avec mes testicules, attachée à une ceinture autour de ma taille. J'ai honte de moi-même. Un brouhaha éclate autour de moi, avec des rires nourris, dès que j'écarte les jambes et commence à tâter innocemment ce qu'il y a entre elles, ne trouvant aucune trace de la boussole. Et puis, soudain, je ne sais comment le public des fans se retourne contre moi, commençant à m'attaquer. Tout le monde se jette sur moi jusqu'à faire obstacle à la lumière du jour. Et je ne sens plus que les coups s'abattant, de toute part, sur tout mon corps.&lt;br /&gt;Soudain je me retrouve au centre de ma grotte punique où se tient maintenant une assemblée imposante. Il s'agit, paraît-il, de me faire un procès en bonne et due forme, mais dans l'obscurité totale. Je regarde le podium et je vois que celui qu'on a nommé président de ce tribunal n'est autre que Sidinna en personne. Et Sidinna paraît maintenant en colère, comme jamais je ne l'avais vu alors qu'il était encore en vie :&lt;br /&gt;- "C'est toi Mejda qui as trahi ma confiance. Ah que je regrette l'éducation que je t'ai donnée. Je t'ai confié la boussole et tu l'as perdue. Tu n'as pas été digne de la mission."&lt;br /&gt;… Je me retourne. La grotte est pleine à craquer autour de moi. Le propriétaire du zodiaque dans lequel j'avais fui Haouariya est là, ainsi que tous les jeunes qui avaient l'intention d'utiliser son embarcation pour "brûler". Il y a aussi le propriétaire de l'âne, les agents du propriétaire de l'âne, le propriétaire de l'orangeraie, Nadia Bel Aïsaouiya et sa mère, Boujomâa l'algérien, ses enfants et sa femme, Hajja Héniya, ses ouvrières de la ferme de Slouguiya, Bochra Toukabri, Fares Khémiri, Naoufel El Ouachem, Karim Aouled Belâaifi et sa mère, Sofiène Jéridi, sa sœur et son neveu, Haffa le Gigolo et ses amis cagoulés qui m'avaient accompagné dans le Sahara, Yassine Bellaghnej, sa compagne Houriya, la vierge Oumm Ezzine, Moqaddam Abdel-Hafidh et bien d'autres personnes dont je ne distingue pas les traits dans la pénombre. Chacun d'eux brandit son couteau qu'il veut planter dans ma poitrine. Et moi, je n'ai aucune issue de secours. Je crie : "Pince-moi petite maman" et tente de me réfugier auprès de Sidinna. Mais ce dernier me gifle comme il ne m'a jamais giflé de son vivant, annonce son jugement sans appel et déclare mon sang permis à qui veut se venger, puis quitte l'estrade, furieux contre moi.&lt;br /&gt;Pince-moi Khaddouuuuuuuuuja… Je n'aime pas les chocs électriiiiiiiiiiques. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309930287014397586" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCpdnuUxpI/AAAAAAAABaU/HXRvaiZNCyk/s400/boussol23-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pas finis les cauchemars.&lt;br /&gt;Un cauchemar en amène un autre pour aboutir à un troisième. Et c'est généralement les yeux ouverts que je vis mes cauchemars.&lt;br /&gt;… Assis sur un long banc dans le jardin du palais-Forteresse. A côté de moi un homme inconnu et une femme tenant dans les bras un nourrisson. Ils seraient venus ici rendre visite à l'un des malades et n'auraient trouvé que cette place pour s'asseoir. Moi, en tout cas, je m'occupe plutôt de mes souliers dont les lacets sont défaits. Je les regarde en silence mais je sens en moi un imposant bouillonnement. Je me concentre sur les souliers jusqu'à ce qu'apparaisse la chicane de chez nous, à l'impasse Brikcha.&lt;br /&gt;Enfin un rêve qui va me faire un peu rire ! C'est du moins ce qu'il me semble, au vu du rôle que j'y joue. Notre chicane m'apparaît comme un studio de tournage. Caméra installée, les gars du club vidéo sont en place chacun pour assumer sa tâche. On tourne ici un documentaire sur le rituel de la toilette funéraire et de l'inhumation du martyr Mohamed Lamjed Brikcha. Le sujet est en lui-même rigolo. Le seul problème est que je suis effectivement mort. Le corps raidi, je regarde ce qui se passe autour de moi mais n'ai aucun moyen d'intervenir sur les événements. Et me voici effectivement allongé sur mon lavoir de dépouille, installé en plein milieu de la chicane. Les projecteurs, déjà allumés sur moi, ne peuvent rien changer au froid glacial de mon corps inerte.&lt;br /&gt;Curieusement, "Bbé" Sabriya n'est plus muette. La voici qui fait la pluie et le beau temps dans l'organisation de la cérémonie. Ce serait elle qui m'aurait enveloppé dans ce linceul blanc. Il parait même que c'est elle qui assure la réalisation du film. La voici qui donne des ordres et orchestre l'entrée des arrivants dans la chicane, les organisant en un rang bien droit :&lt;br /&gt;- Allez, alignez-vous dans l'ordre. Je veux que personne ne le pleure. A mon signal, chacun avance, lui déclare son pardon et sort au patio sans faire de bruit.&lt;br /&gt;La voix du lecteur de Coran, Cheikh Ali Barrak, fuse d'un radiocassette, psalmodiant la sourate de la "Zalzalah". La caméra poursuit l'entrée des "Pardonnants" conduits par Ameur El-Bintou qui avance, torse bombé et chemise déboutonnée. Qui a permis à ce cochon d'assister à mes obsèques ? Mon cri raisonne dans mon for intérieur, mais personne ne m'entend. Je vois entrer ma sœur Rachida, tenant dans les bras son nourrisson qui se met à pleurer à tue tête. Elle tente de le calmer en lui parlant d'une voix de bébé :&lt;br /&gt;- "Allez, tais-toi Mouhanned… Le nom de Dieu protège mon enfant. Assez papa, assez. Nous allons vite pardonner à tonton Mejda puis sortir aussitôt" !&lt;br /&gt;"Bbé" Sabriya jette un regard accusateur à Rachida qui sort le sein et le met dans la bouche de son bébé. Ce dernier s'occupe à téter et se tait. Mais que fait ce caméraman ? Il est fou. Il ne rate pas l'occasion de serrer le cadre sur le sein de ma sœur. Quant à moi, je me concentre entièrement sur ces éclats de rire qui retentissent en mon for intérieur : le neveu de Mohamed Lamjed Brikcha s'appelle Mohanned, exactement comme le type du feuilleton turc qu'on nous passe chaque soir à la salle de télé. Dieu merci, je suis mort avant qu'il ne soit devenu grand ! Autrement, je devrais m'habituer à l'appeler ainsi. Mais ce qui est encore plus aberrant que ce prénom, ce sont cet étrange foulard sur la tête de Rachida, mi-cache-cheveux mi-tchador persan, et cette barbe encore indécise de son mari, Aïadi Touhami, qui avance derrière elle. Une barbe qui me rappelle les novices du groupe de "l'argent du pétrole". Je vois bien que personne ne m'entend, mais n'empêche ! Je me tais. Dieu protège Beb-Tounès, c'est tout ce que je peux dire !&lt;br /&gt;Après mon beau frère, c'est au tour de Carla Piccolo d'entrer, poussant une chaise roulante. Et c'est inexplicablement maman qui est assise dans cette chaise. En plus, son visage n'exprime aucune tristesse, comme si le mort n'avait aucun lien avec elle. Je ne pouvais pas croire que l'ire de Khadouja Jaïed contre moi puisse atteindre cette extrême limite. Mais pourquoi est-elle aidée par Carla Piccolo ? Si ce monde était sensé, c'aurait été plutôt au mari de Rachida de s'occuper d'elle et de pousser sa chaise roulante, non ! Mais il paraît que les étrangers sont plus humains et plus secourables que nous.&lt;br /&gt;Enfin, le silence se fait total. Tout le monde se met respectueusement en rang, dans l'attente du signal de "Bbé" Sabryia, pour commencer la cérémonie du pardon. Mais voici que Radhia Bent Kahla s'amène en retard pour se joindre aux "Pardonnants". Ramenant son mari Néji Laâjel avec elle, elle lui chuchote à l'oreille et ne peut s'empêcher de ricaner.&lt;br /&gt;Si le tournage d'un documentaire sur mes obsèques fait rire Madame Radhia, moi, je n'ai plus aucune envie de rire. Son arrivée me rappelle qu'Aïchoucha n'est pas là. Pourquoi Aïchoucha s'absente-t-elle de mes obsèques ? Et pourquoi ne m'emmène-t-elle pas ma fille Mayara ?&lt;br /&gt;"Bbé" Sabriya non plus n'a pas envie de rire. La voilà qui interpelle Radhia Bent Kahla :&lt;br /&gt;- C'est impoli, Radhia, c'est irrespectueux. La caméra tourne. Et c'est là un document qui va rester pour l'Histoire. Que dira de nous l'Histoire, ma chère, en te voyant ricaner ainsi ? &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309931760129078834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 294px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCqzXgO9jI/AAAAAAAABa8/C678hkEyrcc/s400/boussol23-g.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Mais, il a un effet magique, paraît-il, ce mot "Histoire" que "Bbé" Sabriya vient de prononcer! Il vient de transformer son film documentaire en de véritables obsèques dans la réalité. Avant que l'on permette à qui que ce soit de s'approcher de moi, mon rêve se transforme en un cauchemar. Plus de caméras, plus de projecteurs, plus aucun des gars du club vidéo. Au lieu de tout cela, notre chicane se transforme en une grotte punique. Celle, précisément, où on m'avait organisé un procès lors d'un précédent cauchemar. Mon lavoir de dépouille est maintenant encerclé par tous ces gens qui m'attaquaient avec leurs couteaux tirés.&lt;br /&gt;Et, soudain, un homme envahit la grotte. Venu du fond des vagues, il dit qu'il est huissier notaire et qu'il vient de l'année 2027. Et le voici qui s'écrie :&lt;br /&gt;- Arrêtez tout. La cérémonie du pardon ne pourra commencer que lorsque j'aurais résolu le problème de cette boussole, en présence de tous.&lt;br /&gt;"Bbé" Sabriya tente de lui répondre mais se retrouve muette comme avant et ne peut sortir un seul mot. L'huissier notaire ouvre alors son cartable, en sort un papier qu'il présente comme un Procès verbal d'attribution de don, demande à tout le monde d'observer le silence et commence à lire :&lt;br /&gt;- Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux,&lt;br /&gt;Le 6 mars 2027, Nous, soussigné, Maître K. O. T., huissier notaire à Beb-Tounes, chargé par Maître Ch. B. M., avocate de feu l'accusé Mohamed Lamjed Ben Habib Ben Bahri Brikcha, d'accomplir la présente mission auprès de Mademoiselle Mayara Mansoura, Née le 6 mars 2007, habitant à la cité El Omrane Avenir Numéro (……) Appartement (……), fille d'Ameur Ben Mohamed Salah ben Othman Mansoura dit Ameur El-Bintou, et d'Aïchoucha Bent Néji Laâjel, comme le stipule sa carte d'identité nationale numéro (…..).&lt;br /&gt;Attendu que nous nous sommes rendus à l'adresse indiquée, que nous y avons trouvé l'intéressée en personne et que nous lui avons expliqué la teneur de notre mission et demandé de répondre à nos questions ayant trait à son entrée en possession des trois biens, objet du don à lui légué par le défunt Mohamed Lamjed Brikcha.&lt;br /&gt;Nous lui avons posé les questions et enregistré ses réponses comme suit :&lt;br /&gt;Primo : Concernant la maison de la famille Brikcha, sise à la rue Beb-Tounes, Impasse Brikcha, Numéro 2, dont la propriété est revenue au donateur par les voies légales comme attesté par le titre bleu délivré par la direction de la propriété foncière en date du (…...) sous le numéro (…….). Nous avons demandé à mademoiselle Mayara El-Bintou si elle acceptait ce don de la part du défunt Mohamed Lamjed Brikcha. Elle a répondu qu'elle l'acceptait volontiers. Suite à quoi, nous lui avons remis les clés du local et l'attestation lui permettant le transfert de propriété en son nom et elle a signé l'accusé de réception à l'endroit prévu à cet effet dans le brouillon du présent PV.&lt;br /&gt;Secundo : Concernant l'enveloppe scellée, contenant des résultats d'analyses médicales du donateur, que l'avocate du défunt avait retirée auprès du laboratoire d'analyses génétiques de l'institut Pasteur de Tunis, suite à la décision du tribunal d'arrêter les poursuites dans l'affaire ayant nécessité l'analyse. Nous avons expliqué à mademoiselle Mayara El-Bintou que cette enveloppe a été conservée scellée, telle qu'elle l'était le jour de son retrait du laboratoire. Et ce, conformément au vœu du donateur qui s'était, lui-même, interdit de prendre connaissance des résultats, afin que personne n'en soit informé avant qu'elle ne prenne, elle-même, possession de l'enveloppe, le jour de sa majorité légale. Nous lui avons, ensuite, demandé si elle acceptait de recevoir ce don de la part du défunt Mohamed Lamjed Brikcha. Ayant déclaré qu'elle l'acceptait avec la plus grande satisfaction, nous lui avons remis l'enveloppe en question. Mais avant d'apposer sa signature en guise d'accusé de réception, elle a tenu à ce que nous soyons témoin du sort qu'elle avait réservé à ce bien légué et que nous consignions notre témoignage dans le présent document afin que l'opération s'accomplisse dans l'entière transparence.&lt;br /&gt;En conséquence, nous certifions, conformément à ce que nous permet notre fonction, que, dès réception de l'enveloppe et sans l'ouvrir, mademoiselle Mayara El-Bintou y a mis le feu, en notre présence, jusqu'à son entière carbonisation.&lt;br /&gt;Tertio : Concernant la boussole héritée de son oncle Maternel feu Nasser Jaïed, par le donateur. Nous avons informé mademoiselle Mayara El-Bintou des efforts intenses fournis, à la demande du donateur, par son avocate, afin de retrouver cet objet précieux qui avait été égaré. Nous lui avons expliqué à quel point le défunt tenait à ce que la boussole lui soit confiée à elle en particulier et à ce qu'elle la conserve soigneusement et la transmette à sa descendance. A notre question de savoir si elle acceptait ce don de la part du défunt Mohamed Lamjed Brikcha, mademoiselle Mayara El-Bintou s'est excusée affirmant n'avoir aucun besoin de boussole et refusant de signer l'accusé de réception.&lt;br /&gt;En conséquence et attendu que j'ai recherché maître Ch. B. M. et qu'on m'a informé qu'elle était partie vivre en exil sur le continent américain, j'ai dû, conformément à la loi et comme me le permettent les nouvelles technologies, effectuer le voyage vers le mois de mars de l'année 2009, au moment où se tenaient les obsèques du défunt Mohamed Lamjed Briukcha, afin d'en arrêter le cours et de ne permettre l'inhumation du donateur qu'après qu'il m'ait répondu à la question suivante :&lt;br /&gt;Que dois-je faire dans le cas où Mademoiselle Mayara El-Bintou refuse de réceptionner la boussole ?&lt;br /&gt;Des cris d'une femme appelant au secours interrompent mon cauchemar, me sauvant d'un arrêt cardiaque certain. Ce serait peut-être ma sœur Rachida qui est en train de crier. Mais si j'ai comme l'impression d'être conscient que je suis toujours en vie et de me trouver dans le jardin du Château-Forteresse, je ne sens pas moins tous mes membres endurcis, comme pendant le cauchemar. Aussi n'ai-je d'autre choix que de m'abandonner aux trois infirmiers venus m'emmener d'urgence à la salle de l'électricité… &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309930105970734674" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCpTFSJtlI/AAAAAAAABaM/1hY0m_7Ur5w/s400/boussol23-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pas finis les cauchemars.&lt;br /&gt;Un cauchemar en amène un autre pour aboutir à un troisième. Mais il était bien temps que mon agitation prenne fin et qu'on me permette de sortir à nouveau dans le jardin. Il était bien temps que je m'habitue à la résidence que je me suis choisie pour passer la fin de ma vie, que mon papillon revienne me tenir compagnie et que je rêve à nouveau de fleurs sans que l'horizon ne s'obscurcisse en fin de parcours.&lt;br /&gt;… Assis, seul dans le grand jardin du Château-Forteresse. Une journée ensoleillée. L'hiver tire à sa fin sans que le printemps n'arrive à imposer sa présence. Les amandiers à ma droite, les abricotiers à ma gauche, tous déjà en fleurs, s'attirent les faveurs de mon papillon qui se promène entre les pétales blancs et roses, transportant entre les fleurs les aveux d'ivresse de leur nouvelle renaissance. Assis, seul dans le grand jardin du Château-Forteresse, je rêve de mon avocate.&lt;br /&gt;Le rêve est plus parfumé que toutes les fleurs, plus beau que tous les printemps. C'est le premier rêve éveillé où je renonce à mon silence, mais sans prononcer un seul mot. Mon avocate s'approche de mon banc et, sans introduction, me chuchote à l'oreille : "Sofiène te passe le bonjour". Puis elle ouvre son sac à main où j'aperçois la boussole de Sidinna !&lt;br /&gt;Oui ! La boussole !&lt;br /&gt;Oui ! Le bonjour de Sofiène Jéridi qui traverse les distances, qui traverse les murs du Château-Forteresse et qui arrive jusqu'à moi !&lt;br /&gt;Oui ! J'étais certain, depuis le début, que mon avocate me croyait, lorsque je lui racontais mes rêves et les détails de mon périple. Elle croyait en l'existence de la boussole de Sidinna et croyait que je l'avais perdue. Et de mon côté, j'étais sûr qu'elle allait la retrouver quelque soit le temps que dureraient ses recherches. Et pourtant, à la vue de la boussole qui brille dans son sac à main, mon cœur manque de peu de sortir de ma poitrine, tant ma joie est forte.&lt;br /&gt;Je suis à deux doigts de perdre ma concentration sur mon rôle et d'égarer définitivement la trace du vol de mon papillon. Mais je me ressaisis in extrémis. Je prends la main de mon avocate et nous nous éloignons des regards des patients. Nous nous arrêtons à côté d'un tout jeune amandier. Je tire doucement une branche fleurie, l'approche d'elle pour qu'elle comprenne bien mon intention. Puis je tends la main vers son sac à main comme pour prendre la boussole. Elle me laisse faire et ouvre son sac à main pour m'aider. Mais j'y prends plutôt un stylo et j'écris sur la paume de sa main : "cadeau de son vingtième anniversaire. Qui sait ?". Puis je referme ses doigts sur ce que le stylo vient de marquer, referme son sac à main sur la boussole de Sidinna et m'attarde à la regarder droit dans les yeux, jusqu'à ce qu'elle voie mes yeux comme elle ne les avait jamais vus briller. Je lui serre longuement la main, dans un silence plein de toute ma reconnaissance.&lt;br /&gt;Nous restons ainsi silencieux, jusqu'à ce qu'une larme lui coule sur la joue. Une larme qui me dit que mon avocate a percé en profondeur tout mon secret et assimilé totalement mon message. Une larme qui représente à la fois sa promesse et ses adieux.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309930390341615762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCpjopdAJI/AAAAAAAABac/Ix6SoQkECLc/s400/boussol23-c.jpg" border="0" /&gt;Elle se retourne tout de suite pour partir, me laissant entouré de mes amandiers, suivant du regard le vol de mon papillon, entre les fleurs d'un printemps qui semble encore vouloir tarder à venir.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Le Haïkuteur &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Fin du roman / El Ghazala 06 mars 2009 &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;Fin de mon année sur les ailes du récit. Vous êtes cordialement invités à la table ronde qui lui est consacrée au CC Tahah Haddad à la Médina de Tunis.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5309935818326779650" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCufld9pwI/AAAAAAAABbE/ly0l3nVUMP8/s400/affichtahadwebfr.jpg" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-1868476145672454695?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/1868476145672454695/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=1868476145672454695&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/1868476145672454695'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/1868476145672454695'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/03/la-boussole-de-sidinna-23-lheritage-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 23 L&apos;héritage de Mayara'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SbCp87WF_CI/AAAAAAAABas/9BUIX4SwzcI/s72-c/boussol23-h.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-9161197865347245793</id><published>2009-02-26T19:10:00.000-08:00</published><updated>2009-02-26T19:26:15.789-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 22  L'appel de la neige</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (52/53) La Boussole de Sidinna (22/23) – 27 février 2009&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chemin troisième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Pleine, ma lune&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation quatrième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;L'appel de la neige&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Le présent document est un message posté par Sofiène Jeridi dans la boîte aux lettres de maître Ch. B. M., avocate de l'accusé Mohamed Lamjed Ben Habib Ben Bahri Brikcha, le matin du vendredi 27 février 2009.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5307309589046242498" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SadZ87AgLMI/AAAAAAAABX8/tilbqsSjVlk/s400/boussol22-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Chère amie, bonjour,&lt;br /&gt;Je t'écris ces quelques lignes du café "Le Fénec", en face de la station de bus, à l'entrée de votre cité. Je le fais après avoir réalisé que l'enveloppe que je t'apportais était trop épaisse pour être introduite dans la fente de ta boîte aux lettres. Le numéro de téléphone portable, en haut de la page, est celui de Linda. Appelle-là et elle te donnera l'enveloppe cartonnée dont j'ai tenu à renforcer la fermeture avec du ruban adhésif.&lt;br /&gt;Linda est une étudiante de la famille. Elle et son fiancé sont avec moi. Ils me raccompagnent dans la voiture de ce dernier. Elle ne connaît pas le contenu de l'enveloppe. Elle sait seulement qu'il s'agit d'un objet d'une grande valeur sentimentale pour nous deux et qu'il faut qu'elle la garde précieusement jusqu'à ce que tu viennes la récupérer. Cependant, elle a de notre relation une petite idée que j'ai fait circuler dans la famille, dès le premier jour, pour brouiller les pistes. Alors je te prie de m'excuser si sa curiosité la pousse à te poser des questions embarrassantes. Je tiens à ce que tu lui donnes des réponses vagues du genre: "tout est affaire de Mektoub" !&lt;br /&gt;Car tout est effectivement affaire de Mektoub. Et si je n'avais pas l'intention d'exécuter le projet dont je vais t'informer ci-dessous, j'aurais certainement abordé, depuis le premier café du matin que nous avons pris ensemble à Gafsa, la question que, si j'ai bien compris, tu t'attendais à ce que j'évoque avec toi. Mais qui sait, mon amie ? La terre est devenue moins grosse qu'une orange et, la correspondance aidant, nous pourrions évoquer tous les sujets que, pour de multiples raisons, nous n'avons pas encore osé franchement aborder. Toujours faut-il, bien évidemment, que l'appel des vastes horizons te tente comme c'est le cas pour moi.&lt;br /&gt;Pas encore déçue, j'espère ! Tu croyais avoir affaire à un homme solide, transparent, maitrisant bien son destin et sachant parfaitement ce qu'il voulait. Et te voilà en présence d'un être énigmatique et qui ne semble pas aller droit au but. Mais patience, mon amie !&lt;br /&gt;Tu m'en voudras peut-être de ne t'avoir pas informée de mon projet de venir à la capitale, de n'avoir pas cherché à te rencontrer, puisque j'y suis et de ne t'avoir même pas appelée au téléphone pour entendre ta voix. Tu peux prendre cela pour de la lâcheté de ma part. Car mon vrai problème c'est que je suis effectivement un peu lâche. Mais je compte désormais combattre cette lâcheté et m'en racheter à tes yeux dans les jours qui viennent. J'ai reçu ton SMS avec ton adresse email et je vais m'en servir dès cet après-midi pour commencer à tout t'expliquer. Cependant, si tu avais une seule raison pour m'en vouloir plus, ce serait parce que, lors de notre rencontre à Gafsa, comme dans nos communications téléphoniques, je t'ai caché quelques vérités et en ai maquillé bien d'autres.&lt;br /&gt;Mea culpa, mon amie ! Je suis certain que tu vas comprendre mon attitude et me la pardonner. A chacun ses raisons. Je t'expliquerai les miennes et je répondrai par écrit, clairement et dans le détail, à toutes les questions que tu m'as posées ainsi qu'à celles que tu n'as pas encore osé aborder. Seulement, n'oublie pas que tu m'as promis de n'utiliser des informations que je vais te fournir que celles qui serviraient la cause de Mohamed Lamjed Brikcha. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5307309674882884418" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SadaB6xjY0I/AAAAAAAABYE/hGy6RjDGSUM/s400/boussol22-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;A propos de lui, puisque tu vas incessamment lui rendre visite dans sa prison, salue-le de ma part. Dis lui que si, malheureusement, je n'ai ni assez de courage ni une quelconque qualité me permettant de demander à le voir, je ne suis pas moins fier d'avoir été à la hauteur de la confiance qu'il a placée en moi. Ceci dit, je voudrais que tu n'établisses aucun lien de cause à effet entre l'affaire Brikcha et l'information que je tarde encore à te donner, ni entre cette information et le fait que j'aie accepté de m'entretenir avec toi lors de ta venue à Gafsa ; surtout lors de notre longue rencontre, cet après-midi là, au café d'Oued El-Bey, alors qu'il regorgeait d'avocats venus de la capitale pour le procès, ainsi que d'informateurs guettant tout ce qui s'y passait.&lt;br /&gt;Je veux que tu saches que tu n'es en rien coupable de ce qui m'arrive et que notre rencontre n'a été d'aucun effet sur ma situation professionnelle, ni sur ma prise de décision dans le sens que j'ai finalement choisi. Mais, parfois, les événements s'accélèrent autour de nous, de façon à changer radicalement le cours de notre vie en quelques mois, voire en quelques semaines. Et notre rencontre n'a été que l'un de ces événements qui sont, dans de pareilles circonstances, provoqués par cette accélération du rythme de la vie ou qui s'intègrent naturellement dans le cours de ce rythme au point de paraître à l'origine de son accélération. Car ma décision d'engager dans ce sens le cours de ma vie, se préparait à feu doux depuis assez longtemps.&lt;br /&gt;Je vais te paraître un peu compliqué, mais, sous le choc de certaines pratiques que j'ai trouvées aberrantes, j'ai décidé de tisser ma toile dans le silence absolu et de n'en faire la confidence à personne. Hier après-midi encore, j'étais au bureau comme s'il n'allait rien se passer. Ce matin, personne ne m'a encore téléphoné, mais je suppose qu'ils me croient malade. Ce sera un abandon de poste en bonne et due forme. Même ma sœur ne sait pas où je suis ni où je vais. Elle l'apprendra par une lettre qui lui sera transmise par Linda à son retour, demain, à Redayef.&lt;br /&gt;Tu n'en as rien remarqué, mon amie, mais je me sentais étouffé là où j'étais. C'est que j'ai découvert, depuis que j'ai rejoins l'administration, à quel point j'étais naïf dans mon approche du travail, des relations professionnelles, de l'action sur le terrain ainsi que de la vie en général. J'ai constaté mon incapacité organique à faire quoi que ce soit. Non pour influer sur le cours des événements ou les orienter dans une direction que je crois meilleure. Car ce rêve, j'ai appris à l'enterrer depuis le premier jour. Mais juste pour m'élever au dessus de cette hypocrisie généralisée qui me cause la fièvre en alimentant la plaie un peu plus chaque jour, dans le seul but de conserver de maigres avantages sans aucune substance.&lt;br /&gt;Voilà, mon amie, pourquoi il m'était devenu urgent de respirer une bouffée d'air frais, d'air froid, d'air glacial, s'il le faut. J'ai soudain été pris par une sorte d'obsession de changer radicalement le cours de ma vie tant qu'il était encore temps. Et j'ai commencé à y travailler sérieusement depuis l'été dernier. Ta venue à Gafsa aurait pu me pousser à renoncer, à la dernière minute. Mais je crois avoir été assez sage, ou assez malchanceux, pour mener mon plan à son terme, comme si je ne t'avais pas rencontrée, et reprendre à zéro notre relation par correspondance.&lt;br /&gt;A toi d'appeler mon acte fou comme il te plaira. Considère-le comme un simple revers de la médaille de mon éternelle lâcheté, comme une soumission aux lois du marché de l'hémorragie des compétences, ou même comme une "Harga" par air qui ne tombe pas sous le coup de la loi. Mais au moment où tu trouveras ce message dans ta boîte aux lettres, mon avion aura déjà décollé en direction de Londres d'où je gagnerai Montréal ce soir même. Je vais y passer deux ans, au cours desquels je vais réfléchir sérieusement à mon avenir et me fixer définitivement un chemin à suivre. Et je ne te cache pas qu'il y a de fortes chances pour que je décide de m'y installer définitivement.&lt;br /&gt;Voici, mon amie, un premier jet des confidences que je me suis promis de te faire en raison de notre attirance mutuelle apparente et de ce qui me semble être une convergence de vues sur l'essentiel. Ce message aurait pu faire l'objet de l'email que je t'aurais envoyé ce soir même. Mais les circonstances ont voulu que je te l'écrive sur du papier, acheté dans la librairie de votre quartier. J'aurais pu t'écrire encore plus, mais Linda et son fiancé commencent à s'impatienter et je vais être en retard pour mon avion. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5307309751973324418" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SadaGZ9WJoI/AAAAAAAABYM/R8m5ymvmtks/s400/boussol22-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Alors voici mon email. Peut-être recevrais-je, ce soir même, ta réponse, avant que je ne quitte l'aéroport de Londres Heathrow, d'où mon avion décollera à 19h05.&lt;br /&gt;Toute mon amitié et beaucoup plus si tu es prenante.&lt;br /&gt;Sofiène Jéridi &lt;/strong&gt;&lt;a href="mailto:sofianova-tn@hotmail.com"&gt;&lt;strong&gt;sofianova-tn@hotmail.com&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;br /&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-9161197865347245793?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/9161197865347245793/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=9161197865347245793&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/9161197865347245793'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/9161197865347245793'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/02/la-boussole-de-sidinna-22-lappel-de-la.html' title='La Boussole de Sidinna / 22  L&apos;appel de la neige'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SadZ87AgLMI/AAAAAAAABX8/tilbqsSjVlk/s72-c/boussol22-a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6907116170840032270</id><published>2009-02-19T18:11:00.001-08:00</published><updated>2009-02-19T18:33:47.884-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 21 Le cercle de l'âne et du papillon</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (51/53) La Boussole de Sidinna (21/23) – 20 février 2009&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin troisième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Pleine, ma lune&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Orientation troisième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le cercle de l'âne et du papillon&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que voulaient-ils que j'avoue ?&lt;br /&gt;Que voulaient-ils que je leur dise ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304697322826661778" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 280px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4SHBAMf5I/AAAAAAAABW0/mch-7TD2eLc/s400/boussol21-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est clair, c'est la logique même, que je n'ai pas fermé les yeux sur la dune de sable au Sahara pour les rouvrir aussitôt devant la mosquée El Qadriya au Kef. Mais ce qu'ils voulaient, c'est que j'avoue avoir connaissance d'autres faits qui se sont passés entre temps et les leur avoir délibérément cachés tout au long de l'instruction. Ils voulaient que je déclare avoir traversé le bassin minier, au cours de mon périple, que j'avais alors recouvré toute ma conscience, sachant parfaitement distinguer le Nord du sud et le lever du coucher, qu'en arrivant à Redeyef, j'avais trouvé la ville tel un volcan en éruption et que je comprenait parfaitement, vue ma longue expérience du chômage, de la pauvreté et des horizons obstrués, tous ces chants que les foules scandaient.&lt;br /&gt;Et puis quoi encore ?&lt;br /&gt;Aurais-je dû leur dire aussi que j'aurais pu, moi-même, me joindre à ces gens en colère pour chanter tous leurs chants, si je n'avais pas été occupé à chercher celui qui voudrait bien recevoir de moi la boussole de Sidinna, ou me rapprocher quelques kilomètres de Tazoghrane ? Ou bien s'attendaient-ils à ce que je leur vende la peau de Sofiène Jéridi, leur avouant qu'il m'avait bien reconnu, comme si nous avions gardé le contact après son départ de l'université, et qu'il m'avait sauvé d'une mort certaine en m'hébergeant jusqu'à ma guérison ?&lt;br /&gt;Que voulaient-ils que je leur dise ?&lt;br /&gt;Je n'ai pas menti en leur disant que j'avais oublié ou que j’étais passé comme dans une sorte de trou noir, qui se présente aujourd'hui comme une page complètement effacée de ma mémoire. Je n'avais pas peur, non plus, de leur divulguer en détail toute la vérité me concernant. Qu'est ce qu'ils m'auraient fait de plus que ce qui m'est déjà arrivé ? Et quelle différence y aurait-il entre la prison à laquelle ils me destinaient et les cachots du silence dans lesquels je me suis volontairement réfugié ?&lt;br /&gt;Je ne mentais pas, mais j'ai vu se réveiller en Sofiène sa bravoure le jour où il a vu ces énergumènes me tabasser avec leurs gros bâtons. Ce jour là, il avait fait le choix de ne pas reculer devant mon appel au secours, en dépit de son engagement politique et des aptitudes qu'il connaissait à ses détracteurs de travestir la réalité pour transformer le fait de secourir un innocent en une enfreinte au devoir de discipline et en un ralliement à la cause de l'adversaire.&lt;br /&gt;Voici un homme auquel je suis redevable de ce qui me reste à vivre. Comment donc ne pas répondre à la bravoure par la moindre des bravoures ? Comment dévoiler le secret de mon bienfaiteur, risquant de compromettre son avenir ?&lt;br /&gt;J'ai peut-être prononcé, par erreur ou par précipitation, le nom de Sofiène Jeridi ou celui de Karim Aouled Belâaifi, alors que je tentais de me rappeler les conditions dans lesquelles j'avais rencontré Bochra Toukebri. Mais j'ai réussi à ne rien dire à propos de la maison de la sœur de Sofiène à Redéyef, ni de l'atelier de son neveu au quartier d'Oued El-Bey, ni encore de son ami médecin qui a passé plus d'une semaine à m'y rendre visite pour me soigner jusqu'à ma guérison, ni surtout de cette nuit au cours de laquelle Sofiène avait organisé ma fuite de Gafsa vers Kasserine, de peur qu'on découvre ma présence chez lui, après que certains m'aient entendu chanter et lui aient dénoncé son neveu qui aurait, prétendaient-ils, passé toute la nuit à se souler dans son atelier en compagnie de jeunes chômeurs qui, avec leurs chants liturgiques, auraient empêché les voisins de dormir. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Je ne me souviens pas exactement qui l'avait dit à propos de moi, lorsque j'étais enfant, mais je ne suis ni débile ni naïf et je sais exactement où Satan cache ses œufs avant leur éclosion. C'est moi qui ai planifié de venir ici. Se trompe alors complètement, celui qui me croit distrait ou qui croit m'avoir roulé ou entrainé là où je ne voulais pas aller. Je suis un enfant du Rbat, moi. Et ces médecins ignorent ce que ça veut dire qu'être un enfant du Rbat et plus particulièrement un enfant de Beb-Tounes ! Ils disent que c'est moi qui me suis laissé choir dans la maladie et que l'origine de mon mal vient du fait que je me sois tellement laissé prendre au jeu du fou que je faisais semblant d'être, que je le suis effectivement devenu. Mais n'est-ce pas exactement ce que je voulais leur suggérer de dire à propos de moi ? Leur reconnaissance de ma folie n'est-elle pas la preuve que je suis plus intelligent qu'eux, qu'ils sont tous tombé dans mon piège et que celui qui va pouvoir percer mon secret serait à naître d'une mère encore trop jeune pour tomber enceinte ?&lt;br /&gt;Je suis encore sain et sauf, à part ce mal de tête de temps à autre en raison de ce coup que j'ai reçu sur la tête en ce jour maudit. C'est ce qu'ils n'ont pas compris et c'est ce que je ne reconnaitrais jamais, même pas sous forme de confidences aux médecins du Château-Forteresse. Depuis que j'ai décidé d'observer définitivement une abstinence de parler, je leur ai porté à tous le coup fatal. J'ai usé du silence comme d'une arme et c'est, entre toutes, l'arme la plus redoutable. Le jeu consiste tout simplement à me taire comme si je n'entendais pas ce qu'ils disent, à détendre complètement les muscles du visage de façon à ce que personne ne puisse y lire la moindre expression, à laisser flétrir mes paupières pour paraître affligé et à regarder au loin de temps à autre, pour suivre le vol de mon papillon. Et le tour est joué ! Ils sont tous tombés dans le piège croyant que je suis fou. Et me voici toujours en train de rêver sans qu'ils ne puissent m'empêcher de planer à ma guise hors de leur lieu et loin de leur temps.&lt;br /&gt;Grâce à mon silence, je suis venu à bout des agents de l'instruction qui ont abandonné la partie. Grâce à mon silence, j'ai arraché mon transfert de la prison à ce Château, sans rien demander à personne. Une piqure le matin et trois comprimés à avaler avec les repas en cours de journée. Voici tout ce que j'ai à payer en contre partie de mon séjour dans ce château-forteresse. Chaque jour, je sors dans ce vaste jardin, y promenant librement une imagination naviguant dans le royaume des cieux et y suivant des yeux mon papillon, compagnon de ma solitude, qui, volant de branche en branche, attend avec moi le printemps, rêve de fleurs et voltige avec les nuages, dans les hauteurs de l'horizon lointain. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Que voulaient-ils que je leur dise ?&lt;br /&gt;Que voulaient-ils que je leur avoue ? &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304698037803161634" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4Swof4GCI/AAAAAAAABXc/DEuLLGE5KBY/s400/boussol21-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;S'ils étaient intelligents, ils auraient chargé l'un d'eux de descendre dans mon zodiaque pour vérifier si je leur disais la vérité. Ils se seraient rendus compte, alors, en touchant simplement le moteur, qu'il était encore chaud et que je ne l'avais arrêté qu'en voyant venir sur moi leur vedette à un mile ou moins. Mais le fait que j'avais fait semblant de ne pas les voir, de m'être totalement concentré sur ma chanson "Ya gamret ellil" et d'avoir ensuite suivi leurs instructions lorsqu'ils m'ont jeté leur corde, me demandant d'attacher mon zodiaque à leur vedette… Tout cela a fait qu'ils ne sont arrivés à leur port d'attache qu'une fois mon moteur refroidi. Je pouvais alors prétendre tout ce que je voulais sans qu'ils n'aient la moindre preuve de mon mensonge.&lt;br /&gt;Je n'ai pas menti en disant que je n'ai jamais pensé à la "Harga". Je n'ai pas menti, mais toute personne à ma place aurait saisi une pareille occasion et aurait salivé à l'idée d'atteindre l'horizon. Car toutes les conditions étaient réunies pour m'offrir dans mon éveil ce qui était hors de portée de milliers de mes semblables, même dans le rêve : une expérience du pilotage des zodiaques, une nuit de pleine lune, une visibilité impeccable, une mer calme et une embarcation prête à partir, n'attendant de moi que de sortir de ma grotte punique et de faire quelques pas avant de me jeter dans le zodiaque, de démarrer, puis de suivre l'étoile du Nord.&lt;br /&gt;Je n'ai jamais pensé à la "Harga", moi. Mais mon papillon s'était installé dans le zodiaque avant moi et n'a pas voulu en descendre. Et puis, lorsque j'ai fait logiquement le calcul, j'ai trouvé qu'une tentative de passer clandestinement les frontières sur un zodiaque pour moi tout seul, comportait moins de risque que de rester là où j'étais et où le gardien aurait pu me découvrir, le propriétaire de l'âne et sa bande auraient pu me rattraper et me faire ce qu'ils avaient menacé de faire et même le toit de la grotte aurait pu s'écrouler sur ma tête me réservant une mort sous l'eau et les décombres en même temps. &lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Seul, debout, en dépit du froid glacial, au centre du jardin du Château-Forteresse. Je suis des yeux mon papillon qui s'accroche à la racine d'une herbe, colle au sol et ne veut s'en détacher. Je tente de lever les yeux vers le ciel espérant que mon papillon suive ma volonté de planer. Mais il demeure collé au sol, refusant de voler. Mon regard est alors obligé de se rabaisser pour ne pas perdre sa trace.&lt;br /&gt;Parfois, je me demande, lorsque la piqure me fait mal ou que je n'arrive pas à avaler une pilule dont le gout amer se répand sur ma langue avant que je n'arrive à l'ingurgiter, je me demande si ma folie est un pur mensonge, comme je le pense, ou si elle est quelque part une réalité. Et dans l'hypothèse improbable qu'elle serait un peu réelle, où peut-elle bien trouver son origine ? M'a-t-elle atteint parce que j'ai perdu la boussole de Sidinna ? M'a-t-elle atteint parce que, comme le prétend ma sœur Rachida, cette boussole ne serait, à l'origine, qu'une chimère, une de mes inventions, à laquelle j'aurais ensuite cru ? Ou bien, serait-ce en raison de mes disputes avec Khadouja Jaïed qui continue à m'en vouloir et avec Sawana qui m'a complètement lâché ? Ou bien, serait-ce le manque d'Aïchoucha qui ne vient même plus me rendre visite dans mes rêves ?&lt;br /&gt;Parfois, il me semble que, si j'ai ne serait-ce qu'une graine de folie, elle n'aurait rien de tel pour origine. Ce serait plutôt mon manque de courage pour poursuivre la recherche dans le sable profond du septième caillou de silex, celui que Moqaddem Abdel-Hafidh m'avait extrait du cerveau. Le rêve était clairement une vision qui annonçait tout le bien du monde. Je comprenais presque toute sa signification, sans besoin de l'interprétation de Khadouja Jaïed.&lt;br /&gt;Le rêve était vision, mais c'est ma lâcheté qui l'a transformé en cauchemar. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304698217236145874" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4S7E8CJtI/AAAAAAAABXs/jc1vvVPysR8/s400/boussol21-f.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;… Seul sur la côte de Haouariya, je cours avec le sentiment enivrant d'avoir réussi à sauver ma peau. Je cours, tout confiant dans la chance qui s'est désormais faite mon alliée. Même la plage rocheuse a commencé à se transformer, sous mes pas, en sable fin, rappelant la plage de Qarraiya. Et soudain je vois le septième petit caillou de silex. Il brille à une petite distance de moi. Je le dépasse un peu. J'aurais pu m'arrêter de courir et revenir, tout calmement, le ramasser. Mais je me rappelle que les agents du propriétaire de l'âne voulaient toujours me rattraper. Alors je me retourne et plonge précipitamment sur le caillou. Mais je tombe tout juste à coté, le couvrant de sable. Déçu, je commence à remuer le sable dans tous les sens. Et, lorsque je vois arriver ces barbares du coté de la colline, courant dans ma direction comme une vague déchainée, le désespoir me gagne et, arrêtant de chercher, je reprends ma course pour leur échapper à nouveau. Mais, fini le sable fin sur cette plage. Le rêve se transforme en cauchemar et la côte redevient rocheuse, ensanglantant mes pieds nus. &lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Assis, seul sur mon lit, je regarde à travers la fenêtre de la salle. Tous les patients sont endormis. La lumière de la lune caresse les arbres du jardin du Château-Forteresse, eux aussi endormis. Assis, seul sur mon lit. Le sommeil se refuse à moi et les souvenirs abondent dans ma mémoire.&lt;br /&gt;… Pour arriver à Tazoghrane, des jeunes m'ont indiqué le chemin de Baddar. C'est un chemin long et tortueux. Et c'est là que j'ai rencontré mon compagnon. C'est là que mon papillon bienaimé a fusé d'une haie de cactus et a commencé à papillonner autour de moi, me devançant parfois pour s'arrêter ensuite et m'attendre. Je me mets à observer son vol, conscient du fait que la présence d'un papillon en plein hiver constitue un événement exceptionnel. Quelque chose, dans ses battements d'ailes, me dit qu'il n'existe que pour moi et qu'il vole, justement, pour moi. Alors je le suis, m'attardant avec lui à chaque fois qu'il s'arrête et revenant sur mes pas à chaque fois qu'il lui prend de rebrousser chemin. Et la route vers Tazoghrane de se rallonger indéfiniment.&lt;br /&gt;Je continue à suivre mon papillon. Nous-nous éloignons de Menzel Bouzelfa et nous voici à l'entrée d'une ferme. Un homme vient me proposer de me joindre à ses ouvriers pour la cueillette des oranges. Et le papillon de me précéder, sans préavis, à l'intérieur de la ferme. Je ne refuse ni n'accepte la proposition. Seulement, je suis mon papillon qui va se poser sur une branche de laquelle pend une grappe d'oranges. Oui ! Une grappe de "Meski", rappelant la forme de celle du raisin, mais avec des graines un peu plus grandes que les oranges ordinaires. Je reste deux heures ou plus à admirer cette grappe. Mon papillon n'arrête pas de roder autour d'elle, papillonnant et se posant sur les touches de lumière appliquées par les rayons du soleil sur chacune de ses oranges. Le propriétaire de la ferme finit par s'apercevoir que je n'avais cueilli aucune orange. Il m'observe un moment, les yeux écarquillés devant ma concentration sur cette grappe en particulier, puis il la coupe, me l'offre et me renvoie aussitôt. Et mon papillon de sortir avec moi de la ferme. Je l'entends presque qui rigole d'un rire complice. Alors je me mets à rire aux éclats à mon tour. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304696751298036562" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 344px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4Rlv5Jw1I/AAAAAAAABWk/uNrCd2kLZWM/s400/boussol21-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;… Quelque chose, dans le soleil de ce jour là, a de quoi couper le crane en dépit du froid sévère. C'est que ma tête commence à me faire mal et que je me sens fatigué d'avoir trop marché. C'est la raison pour laquelle, dès que je me fais rattraper par un vieil homme à dos d'âne, je l'arrête et le supplie de me faire monter derrière lui, ne serait-ce que pour quelques mètres. A mon étonnement, il descend et me laisse l'âne en disant :&lt;br /&gt;- Je suis arrivé, fiston, l'âne est à toi. Monte et, dès que tu es arrivé, dis lui de revenir et il reviendra tout seul.&lt;br /&gt;- Vous êtes bon, monsieur, lui dis-je. Mais ne craignez-vous pas que je vous le vole ?&lt;br /&gt;- Vous ne le pourrez, me dit-il ! C'est un âne voué. Et les ânes voués, nous les utilisons et les laissons revenir à leurs besognes. Cet âne m'a été laissé comme je vous le laisse à l'instant. J'étais fatigué. J'ai demandé à un jeune de ton âge de me faire monter derrière lui. Mais il est descendu et m'a dit exactement ce que je viens de te dire.&lt;br /&gt;… Se peut-il que tout cela ne soit que le fruit du hasard ? Je commence à douter que je rêve. Mais je suis tellement fatigué que je n'ai aucune envie de me réveiller. Je monte, l'âne démarre et je me vois emporté par le sommeil. Mon rêve de l'âne s'imbriquant dans mes rêves à dos d'âne, je n'ouvre les yeux que pour constater que l'animal s'arrête tout prêt d'une construction abandonnée au beau milieu d'un champ de blé. Le soleil est sur le point de se coucher et je pense que cette pièce pourrait servir d'abri où passer ma nuit et que je verrais par la suite comment faire. C'est alors qu'apparaît à côté de moi un homme me demandant s'il peut monter avec moi pour quelque distance. Alors je lui dis ce que m'a dit le vieil homme, je descend et lui laisse l'animal. Sans dire un mot, l'homme monte et s'en va dans la direction par laquelle je suis arrivé. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Rêves, souvenirs, souvenir de rêves…&lt;br /&gt;… Les nuits s'éternisent dans ce Château-Forteresse, les insomnies aussi. La route vers Tazoghrane se rallonge, tournant en spirale au tour des montagnes, pour revenir au point de départ sans que je ne puisse jamais atteindre mon village rouge. Les nuits se multiplient et se ressemblent. Je dors un soir sous un pont, un autre dans un hangar abandonné. Qu'elles sont nombreuses, les bâtisses en ruine, sur ces collines verdoyantes ! Je dors pour me réveiller sur les papillonnements de mon compagnon qui me réveille et me précède. A peine arrivés sur la grande route, que l'âne apparaît. Et, lorsque je monte, mon papillon se met à s'agiter joyeusement autour de moi, comme pour me rappeler que tout départ doit aboutir à une arrivée et que le printemps doit inéluctablement venir à bout de cet hiver. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304698129949055954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 236px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4S1_xK29I/AAAAAAAABXk/-rCtvADowts/s400/boussol21-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;… La route se rallonge et la fatigue me gagne. Je sens que mon rêve se rallonge, lui aussi. Il s'alourdit, se complique et s'étire, alors que les battements de mon cœur épuisé par ce voyage m'appellent à me réveiller avant de mourir de toux et de fièvre. Je cris entre les montagnes : "pince-moi petite maman" ! Mais nul écho ne me parvient ! La nuit et le jour continuent à se relayer sur moi, alors que je suis toujours au même point du temps. C'est du moins ainsi que je le perçois. L'âne me porte en trottant toujours entre les mêmes collines. Je n'en descends que pour le laisser à un autre voyageur et je ne me réveille d'un nouveau sommeil que pour le retrouver. Mon papillon commence, lui aussi, à être fatigué, mais il demeure aussi fidèle, s'accrochant à moi comme mon ombre. Ou peut-être est-ce moi qui m'accroche à lui !&lt;br /&gt;Rêves, souvenirs, souvenir de rêves… Bribes de rêves qui se suivent. Un âne les reliant entre-elles. Jusqu'à un coin de rêve où, enfin, je me retrouve face à la mer, la surplombant du haut d'une colline. Revoyant la surface de l'eau bleue, je manque de peu d'exploser de joie et de me mettre à chanter à tue tête ! Mais je prends tout de suite peur et me retourne. Une bande de durs, armés de gros bâtons, marchent derrière l'âne. Je presse la bête pour accélérer, mais ils pressent aussi leurs pas et continuent à marcher au rythme de l'âne avant de m'encercler de toute part. Ils me disent qu'ils sont les agents du propriétaire de l'âne, qu'ils se sont épuisés à me rechercher jusqu'à ce qu'ils m'aient enfin trouvé, que leur patron est décidé à me punir d'avoir volé son âne personnel et qu'ils doivent me mener à lui afin qu'il me fasse dans son lit ce qu'il fait d'habitude à sa femme.&lt;br /&gt;… En vain, j'appelle Khadouja Jaïed pour qu'elle me pince et me réveille. En vain, je me débats entre leurs grosses mains sales, leur criant que je n'ai jamais rien volé... Et puis, je ne sais comment, me vient sur le bout de la langue la fameuse tirade "d'Abou Hourayra" de Messaâdi. Je leur dit : "Est-ce ainsi que le temps viole le vierge espoir ?" Et il me semble soudain revivre les événements du "Hadith du chien". Une vague de courage monte, alors, en moi et je leur lance : "Laissez-moi… Ô, plus bas que ravins… Plus faibles qu'esclaves… Plus vils que moustiques … Ô, enfants de l'Homme !"&lt;br /&gt;J'ouvre les yeux. La nuit est silence autour de moi. Je suis dans une grotte punique située à même l'eau et dont le toit menace de s'écrouler sur ma tête. Je regarde à l'extérieur et vois une nuit de pleine lune et, à quelques pas de moi, un zodiaque pneumatique attaché par une corde à un rocher. Soudain mon papillon prend son envol, passe devant mes yeux et me précède joyeusement au zodiaque. Et les événements de s'accélérer. Je ne sais plus comment je me retrouve, à mon tour, dans le zodiaque, comment je démarre et m'éloigne de la terre ferme. Me retournant, je vois une vingtaine d'hommes, ou plus, sortant tous des grottes puniques où ils étaient cachés. Je les prends d'abord pour les agents du propriétaire de l'âne. Mais se peut-il qu'ils aient l'intention de "brûler" dans ce petit zodiaque qui ne peut contenir que difficilement cinq d'entre eux ? &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5304696881877873570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4RtWVz86I/AAAAAAAABWs/4sEPawhCHzE/s400/boussol21-b.jpg" border="0" /&gt;L'essentiel c'est que la chance m'ait envoyé leur embarcation pour la mettre à ma seule disposition. Et, qui sait, peut-être les ai-je sauvés ainsi d'une mort certaine ! &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="right"&gt;Le Haikuteur …/… à suivre&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6907116170840032270?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6907116170840032270/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6907116170840032270&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6907116170840032270'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6907116170840032270'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/02/la-boussole-de-sidinna-21-le-cercle-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 21 Le cercle de l&apos;âne et du papillon'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZ4SHBAMf5I/AAAAAAAABW0/mch-7TD2eLc/s72-c/boussol21-c.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-4809518274732535133</id><published>2009-02-12T19:46:00.000-08:00</published><updated>2009-02-12T20:00:19.852-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 20  Le palmier d'Oued El Bey</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (50/53) La Boussole de Sidinna (20/23) – 13 février 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin troisième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Pleine, ma lune&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation seconde :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le palmier d'Oued El Bey&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici, rédigés sous forme de journal, des extraits d'un carnet de notes de Maître Ch. B. M., avocate de l'accusé Mohamed Lamjed Brikcha. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302124509694912706" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZTuJlNB6MI/AAAAAAAABVk/P_5V4nw5SkU/s400/boussol20-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Gafsa – Mercredi, début d'après midi : &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Je suis à Gafsa, où je me suis rendue, comme plusieurs confrères, pour assister au procès du bassin minier. J'ai saisi l'opportunité de mon séjour ici pour entrer en contact avec Monsieur Sofiène Jeridi, professeur de langue arabe et ancien responsable de la section de l'union des étudiants, dont le nom a été cité par mon client, Mohamed Lamjed Brikcha, dans ses déclarations. Je me suis adressée à lui après qu'un confrère m'ait indiqué l'endroit où je pouvais le trouver. Et, sans l'avoir contacté au préalable, j'ai frappé à la porte de son bureau au service administratif où il travaille en tant que détaché de l'enseignement. Et comme l'objet de ma visite n'avait pas de rapport avec son travail, nous avons convenu d'un rendez-vous et il y est venu, comme prévu.&lt;br /&gt;J'ai tout de suite remarqué la ponctualité de monsieur Jeridi. Qualité rare par les temps qui courent ! Il m'a semblé, de plus, être un homme de bien, bien élevé, réaliste et direct. Il m'a franchement dit qu'il s'était fait son propre point de vue sur le procès, pour lequel mes confrères et moi avons effectué le déplacement depuis Tunis, mais qu'il gardait son opinion pour lui-même, ajoutant, en toute clarté, qu'il était et qu'il demeurait un homme fidèle au régime et un militant discipliné. Faisant de la politique, il sait qu'il y a toujours quelqu'un pour l'attendre au tournant, guettant la moindre erreur qu'il commettrait et tient à ce que sa carrière ne subisse pas de revers à cause d'un geste humanitaire qu'il avait accompli au cours des événements.&lt;br /&gt;C'est ainsi que monsieur Jéridi a expliqué son refus catégorique de venir formellement témoigner au procès de mon client. Mais je lui ai expliqué l'état psychologique critique dans lequel se trouvait Mohamed Lamjed Brikcha et l'urgence, pour moi, d'obtenir des informations sur une étape de son périple qu'il avait complètement occultée de sa mémoire ; peut être y trouverais-je la preuve irréfutable de son innocence. Réalisant ma détermination à défendre mon client jusqu'au bout, quoi qu'il m'en coûte, il s'est montré compréhensif et m'a demandé s'il pouvait réellement me faire confiance.&lt;br /&gt;Je lui ai promis de garder le secret de nos entretiens, de ne jamais dévoiler mes sources et de n'utiliser les informations qu'il me fournirait que pour défendre les intérêts de mon client. Il m'a alors confié avoir effectivement rencontré Mohamed Lamjed Brikcha par hasard à Rédayef, au début du mois de juin. Mais, pressés par le temps nous avons dû prendre rendez-vous pour un second entretien afin qu'il me parle des circonstances exactes dans lesquelles s'était déroulée cette rencontre. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Gafsa – jeudi, midi: &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Monsieur Jéridi affirme avoir, tout de suite, reconnu mon client, en dépit du fait qu'il ne le connaissait que superficiellement et malgré la longue période pendant laquelle il ne l'avait plus revu. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302124146101878034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZTt0atsfRI/AAAAAAAABVU/Bc8J26oV4Mg/s400/boussol20-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;"J'étais chez ma sœur, me dit-il, lorsque j'ai entendu un vacarme qui m'a attiré vers la fenêtre du premier étage. J'ai tout de suite reconnu Brikcha qui criait, alors que deux forcenés le frappaient avec de gros bâtons, tentant de le convaincre qu'ils agissaient ainsi pour chasser de son corps un démon qui l'habitait. Quant à lui, il tentait de se relever en titubant, pour chanter "El Ward Jamil".&lt;br /&gt;"Aussi bizarre que puisse paraître la scène, ajoute monsieur Jéridi, c'est exactement ce que j'ai vu et entendu. Autrement, je ne serais jamais intervenu ! Loin de moi de prétendre que c'est mon intervention qui l'a délivré de l'emprise de ces deux forcenés qui - soit dit pour être clair - n'avaient rien à voir avec des agents de police en civil. Le temps de descendre les escaliers et de sortir de la maison, je les ai vus prendre inexplicablement la fuite. Au loin, une foule monstre de jeunes et d'adolescents arrivait en s'agitant et en criant. J'ai dû simplement attirer Brikcha à l'intérieur de la maison, le temps que la foule passe et s'éloigne.&lt;br /&gt;"Il m'a dit qu'il souffrait, qu'il était étranger à la ville, qu'il s'y trouvait par pur hasard et qu'il cherchait simplement un automobiliste se dirigeant vers le Nord pour avec lui en autostop. Nous sommes sortis. Heureusement, ma voiture était intacte comme je l'avais laissée. J'ai emprunté quelques ruelles pour éviter les grandes places et nous avons pris la direction de Gafsa.&lt;br /&gt;"Brikcha avait reçu un coup sur la tête, poursuit-il. Sa blessure paraissait plutôt superficielle, mais il souffrait de vertiges. Aussi, un peu de sang humidifiait ses cheveux et coulait sur son col de chemise. Je lui ai donné quelques mouchoirs en papier afin qu'il comprime sa blessure, le temps de sortir vite de la ville et de trouver une pharmacie au premier village sur notre chemin. Lorsque nous nous sommes arrêtés, la blessure avait beaucoup enflé. Nous l'avons montrée au pharmacien et il s'était contenté de la nettoyer, la couvrant d'un pansement en nous conseillant d'aller d'urgence consulter un médecin.&lt;br /&gt;"Tout le long du trajet, Brikcha tentait d'engager avec moi une discussion, poursuit monsieur Jéridi. Il voulait savoir si je travaillais et ce que je faisais, mais moi je le laissais parler et évitais de répondre. Il tenait des propos parfois clairs et balbutiait parfois, par bribes, des mots ambigus. Il m'a parlé d'une boussole, d'un marin et d'un voyage vers le Nord. Il parlait comme dans un rêve avec un style décomposé et des mots entrecroisés. C'était comme une sorte de film surréaliste. Il criait de douleur pour se remettre tout de suite à chanter "El ward Jamil" d'une voix, par ailleurs, mélodieuse ; et je sentais l'immensité de son drame. Cependant, aussi convaincu que j'étais de la noblesse de mon geste humanitaire, j'ai soudain eu peur de l'emmener à l'hôpital. Qui savait, en effet?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Plus on s'approchait de Gafsa, ajoute mon interlocuteur, et plus je regrettais d'avoir cherché à le secourir et hésitais à entrer en ville. Quant à Brikcha, il s'assoupissait un instant, puis se réveillait brusquement, secoué par la douleur, pour me parler avec la voix de quelqu'un sur le point de perdre conscience. Il me demandait de l'aide et me suppliait de recevoir de lui la boussole si j'en étais le propriétaire. Il s'assoupissait de nouveau un peu. Puis me disait :"emmène-moi au Nord".&lt;br /&gt;"A quelques kilomètres de Gafsa, j'ai senti qu'il sombrait et craint qu'il ne tombât dans le coma. Alors je l'ai fait descendre de la voiture pour le secouer et lui faire prendre l'air un moment. Je lui ai demandé si sa destination était Kairouan et il a secoué la tête pour dire non. "Alors Kasserine" ? Il s'est tu. J'ai réalisé à cet instant qu'il s'était complètement évanoui. Alors je l'ai fait remonter dans la voiture et, pris de panique, je me suis empressé à prendre un raccourci vers Kasserine. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302124064341945826" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZTtvqIm7eI/AAAAAAAABVM/dxad3Znr8qM/s400/boussol20-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;En y arrivant, poursuit-il, j'ai pensé le laisser dans un café et m'en aller. Je me suis, effectivement, arrêté au premier café. C'était une sorte de local modeste où il n'y avait pas plus de trois clients, tous des jeunes. Ils se sont, tout de suite, joint à moi. Nous l'avons installé sur une chaise et lui avons mouillé le visage à l'eau fraiche. Mais il était toujours inconscient. Je leur ai expliqué que j'étais pressé et que je devais repartir tout de suite. A propos de Brikcha, je leur ai dit que c'était un inconnu que j'avais trouvé à terre sur la route, à la sortie de la ville et que je le leur avais ramené pour qu'ils l'aident à retrouver sa famille.&lt;br /&gt;Avant de repartir, conclue mon interlocuteur, un jeune est arrivé tout à fait par hasard. Il l'a reconnu et s'est porté volontaire pour s'en occuper, me promettant de se débrouiller pour le conduire chez un médecin. Alors je le lui ai laissé et suis rentré chez moi, ne sachant s'il fallait être satisfait d'avoir échappé à une catastrophe ou si je devais me sentir coupable d'avoir projeté de faire du bien sans avoir eu l'audace d'aller au bout de mon action.&lt;br /&gt;J'ai demandé à monsieur Jeridi, pour terminer, s'il se rappelait le nom de l'un de ces jeunes auxquels il avait laissé Mohamed Lamjed Brikcha à Kasserine. Il a répondu qu'il ne se souvenait pas des noms, mais qu'il avait compris que celui qui s'était porté volontaire pour s'en occuper était un poète, et qu'il le faisait par reconnaissance pour Brikcha qui l'aurait soutenu alors qu'il était étudiant et aurait publié ses poèmes dans la revue éditée par le club de littérature de la faculté des lettres. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Gafsa – Café du palmier d'Oued El Bey – Vendredi soir : &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;………………….&lt;br /&gt;… Puis, je ne sais comment, nous avons à nouveau évoqué le souvenir de Mohamed Lamjed Brikcha. Et Sofiène de me confier qu'au début, il n'avait remarqué chez lui aucun problème de mémoire. C'est qu'il s'était souvenu de lui à son tour, en dépit de son malaise. Il s'était même rappelé une anecdote qui leur était arrivée lors de leur première rencontre à la buvette de la faculté des lettres de la Manouba, il y a plus d'une dizaine d'années.&lt;br /&gt;Sofiène terminait sa dernière année d'études à la faculté lorsqu'il fit la connaissance de Mohamed Lamjed Brikcha, alors en première. Sur mon insistance, Sofiène m'a raconté cette anecdote qui l'avait tellement marqué et qui a fait qu'il n'a plus jamais oublié mon client.&lt;br /&gt;"Brikcha, m'a-t-il dit, était à la buvette avec un groupe d'amis, lorsque je me suis adressé à eux, leur proposant de nous rejoindre dans les rangs des étudiants du parti. Sa réponse avait été d'une extrême originalité. Il m'a dit : "Nous sommes tous inscrits au parti des "Khobzistes". Mais j'ai une proposition à te faire : Tu es supposé être plus cultivé que nous, puisque tu es en terminale. Les gens de Gafsa, que je connais bien d'ailleurs, sont connus pour leur amour du cinéma et leurs connaissances solides en ce domaine. Je te pose donc une question sur le cinéma. Si tu réponds juste, alors je m'inscris immédiatement et sans conditions ; peut-être même que mes amis aussi s'inscriront aussi. Mais si tu réponds faux, alors je ne te demande que de nous foutre la paix et de ne plus faire cette proposition à aucun de nous. Sinon je jure que je vais former une liste sous les couleurs du parti de Sidi Belhassen Echchedli, mener une campagne Bendir battant et vous allez voir comment nous allons rafler tous les sièges de votre conseil scientifique."&lt;br /&gt;Et Sofiène d'ajouter en riant, tentant d'imiter la voix et les gestes de Mohamed Lamjed Brikcha : &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302123855322262946" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 349px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZTtjfebraI/AAAAAAAABU8/h_JL9lR-Oks/s400/boussol20-f.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;"Je devais suivre son raisonnement jusqu'au bout, pour voir où il allait en venir. Alors il a regardé sa montre et dit : "il est maintenant huit heures vingt. Sais-tu s'il existe un film dont le titre serait "Huit et demi" ? Et si oui qui en serait le réalisateur ?" Tous se sont mis à rire et ça se voyait qu'ils ne connaissaient pas plus que moi la réponse. Alors il a ajouté en donnant le titre en français "8,5 ça fait une moyenne qui ne donne pas droit au rachat en fin d'année!" Jugeant que c'était une blague de sa part, j'ai donc répondu que ce genre de film était un pur produit de ses plaisanteries et lui ai promis, s'il avait des connaissances réelles dans le domaine du cinéma, de le proposer pour animer le cinéclub à créer à la faculté.&lt;br /&gt;"Mais ma réponse était fausse, poursuit Sofiène, et Brikcha m'avait fourni, de mémoire, toutes les informations concernant ce film, m'invitant à m'assurer de son existence, le soir même, en suivant le programme de la série consacrée au cinéma italien, par une chaine satellitaire spécialisée dans la diffusion de films culturels.&lt;br /&gt;Je n'ai retrouvé le sommeil, a conclu Sofiène, qu'après avoir vu "Otto e mezzo", ce film produit treize ans avant ma naissance et qui était diffusé en hommage au réalisateur Federico Fellini et à son comédien fétiche Marcello Mastroianni. Et c'est ainsi que je me suis retrouvé, suite à une plaisanterie de Mohamed Lamjed Brikcha, contaminé par la cinéphilie. J'ai, bien sûr, tenu ma promesse de ne plus l'inviter à s'inscrire à l'organisation estudiantine. Et, malgré mon soutien à sa candidature pour l'animation du club de cinéma, ni lui ni ses amis n'ont voté pour l'élection des représentants des étudiants au conseil scientifique. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Gafsa – samedi – six heures du matin : &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5302124380176890594" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZTuCCthuuI/AAAAAAAABVc/uCXSMewoNNY/s400/boussol20-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui je me suis réveillée tôt. Je me suis sentie attachée à Sofiène, en admiration devant sa maturité politique, peut-être même convaincue de sa stratégie et de sa façon de voir les choses ! D'un geste machinal, je l'ai appelé pour lui dire au revoir avant de repartir pour Tunis. Mais il a tenu à ce que nous buvions notre café ensemble. Avant de nous quitter, il a demandé mon adresse personnelle ainsi que celle du bureau où je travaille. Il a dit qu'il voulait un jour me faire la surprise de se trouver sur mon chemin alors que je me rends au bureau ou que je rentre à la maison…&lt;br /&gt;Qui sait ? Mektoub… &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;strong&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-4809518274732535133?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/4809518274732535133/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=4809518274732535133&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/4809518274732535133'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/4809518274732535133'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/02/la-boussole-de-sidinna-20-le-palmier.html' title='La Boussole de Sidinna / 20  Le palmier d&apos;Oued El Bey'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SZTuJlNB6MI/AAAAAAAABVk/P_5V4nw5SkU/s72-c/boussol20-d.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6866292528018255144</id><published>2009-02-05T20:54:00.000-08:00</published><updated>2009-02-05T21:08:24.605-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 19  Impasse du silence, N°3</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (49/53) La Boussole de Sidinna (19/23) – 06 février 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin troisième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Pleine, ma lune&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation première :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Impasse du silence, N°3&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beb-Tounes est unique. Comme passage de courant d'air, cette porte de la Médina n'a pas son pareil.&lt;br /&gt;Bien connus, les vents de Beb-Tounes. Ils soufflent toujours … et patati et patata... jusqu'à la fin de ce qui a déjà été dit : &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5299544088984604610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYvDRU9yz8I/AAAAAAAABT8/_Q8IwWCHDec/s400/boussol19-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Sens unique...&lt;br /&gt;Entrée sans sortie...&lt;br /&gt;Traversée…&lt;br /&gt;Rupture…&lt;br /&gt;Descente de la rue…&lt;br /&gt;Echos ne parvenant jamais…&lt;br /&gt;Ecrasement contre la muraille muette…&lt;br /&gt;Déviation...&lt;br /&gt;"Chut… silence… ferme… colmate"… et "si ta porte t'amène du vent, alors condamne-la!" et… vous connaissez toute l'histoire. Inutile alors de la ressasser à nouveau. Mais cette fois-ci c'est différent ! Car, comprenant que le fil de son histoire lui a définitivement échappé, l'intéressé s'est complètement tu.&lt;br /&gt;*****&lt;br /&gt;Mohamed Lamjed Brikcha s'est définitivement tu. N'ayant pas supporté la pression, il est tombé, dit-on, dans une mutité totale. Mais certains disent, au contraire, qu'il s'agirait plutôt de résistance que de mutité et qu'il refuse plutôt de parler, tant que les enquêteurs chercheraient à l'impliquer dans des crimes qu'il n'a pas commis. On dit encore que, désespérés de lui arracher le moindre aveu, ils auraient lâché prise, finissant par l'interner avec les malades mentaux incurables. On prétend même, dans une autre version, que toute une résidence-laboratoire aurait été conçue spécialement pour Mohamed Lamjed Brikcha. Il y serait en ce moment sous contrôle, comme un cobaye, en vue d'analyses approfondies et d'expériences compliquées dans le cadre d'une étude pluridisciplinaire dont l'objectif serait de trouver des solutions radicales aux problèmes de toute une génération.&lt;br /&gt;Paroles que tout cela ! Paroles semées à tout vent lointain. Mais ce qui est certain, dans tous les cas, c'est que Mohamed Lamjed Brikcha, qu'il ait refusé de parler, qu'il ait été poussé au silence ou qu'il ait été effectivement atteint de mutité, a définitivement cessé d'avoir une voix audible. Ce qui est certain, dans tous les cas, c'est que l'impasse Brikcha compte désormais, à elle seule, trois muets. Dieu merci, je ne suis pas forte en calcul, autrement je me serais lancée dans des opérations compliquées, comptant les impasses de la médina et mesurant le mouvement de son invasion par le silence, à la lumière du taux d'invasion de notre impasse.&lt;br /&gt;Je te confie à Dieu, Mohamed Lamjed, fils de ma voisine ! Je te confie à Dieu dans ton épreuve qui ne concerne plus que toi. Plus de soutien, plus de support qu'une avocate stagiaire qui ne cesse de courir entre les couloirs de la prison et la maison des Brikcha. Plus qu'elle, après que ta sœur unique ait levé les bras, annonçant son incapacité à s'occuper davantage de toi. Plus qu'elle à combattre pour toi, sillonnant le pays à la recherche de preuves de ton innocence et de gens qui t'auraient vu passer ou résider et qui seraient prêts, pour la seule vérité, à apporter un témoignage. Plus qu'elle, enfin, à croire à l'existence de cette boussole, à toi léguée par Sidinna, que tu aurais égarée ou qu'on t'aurait volé en cours de route. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5299544154680516066" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYvDVJs63eI/AAAAAAAABUE/ev5_dM_7QS8/s400/boussol19-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est certain, dans tous les cas, c'est que l'intéressé s'est tu. Pourquoi alors demander aux vents de Beb-Tounes de continuer à souffler dans la même direction ? Nul besoin de devin pour démontrer que les vents ne sont plus les mêmes, que la porte-chicane n'est plus la même et que les temps ne sont plus les mêmes. Les vents de Beb-Tounes ne soufflent plus comme nous attendrions qu'il soufflent. Ils ne se dirigent plus du côté que nous souhaitons, ni même comme le leur dicte leurs envols spontanés. Le canal de la porte-chicane n'est plus le seul à changer leur direction. A notre insu, d'autres circuits, d'autres canaux, d'autres fréquences ont été créés, les chargeant à chaque fois du prévisible, du moins prévisible et, surtout, de l'inattendu. Et malheur à celui qui prend l'habitude de les voir toujours souffler en sa faveur. Malheur à qui n'en attend que du bien. Il ne ferait que construire sur du vide. Et que celui qui n'a pas encore côtoyé le vide, vienne écouter ce que "Bbé" Sabriya a à en dire !&lt;br /&gt;Ce qui est certain, dans tous les cas, c'est que l'intéressé s'est tu. Que peut alors celle de nous dont les poumons s'emplissent de vacarme et dont la voix ne trouve pas les cordes auxquelles les cris peuvent s'accrocher pour sortir ?&lt;br /&gt;Je te confie à Dieu, Khadouja, femme de Brikcha ! Tu as porté, accouché, éduqué… Tu as patienté attendant de voir grandir. Et, pour t'en récompenser, le destin ne se contente pas de te priver de ton enfant tout en le laissant en vie ! Il t'accable de paralysie et de mutité et te confisque, en plus, la liberté de mouvement et le droit de décider de ton propre sort. Et te voici, voisine de ma vie, sous tutelle ! Te voici forcée à signer sur papier blanc au gré de la volonté de ta fille et à partir de chez toi, la mort dans l'âme.&lt;br /&gt;Je te confie à Dieu, voisine de ma vie, là où tu as déménagé. Quant à moi, il me reste, après toi, Dieu le seul, Dieu l'unique ! Il me reste le Clément, le Miséricordieux, mais aussi tout ce vide que tu me lègue et que ne peut contenir cette impasse avec ses trois maisons à jamais sans âmes. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Lorsque les vents se sont mis à souffler à Beb-Tounes, diffusant la nouvelle de la main mise de Sawana sur la maison des Brikcha, l'avocate n'avait encore pas informé Rachida des résultats des tests psychologiques qu'on avait fait subir à son frère. Rachida était encore au huitième mois de sa grossesse. Une nuit, elle a fait un cauchemar qui l'a sortie de son lit en chemise de nuit. Elle a fui sa chambre en criant, traversant le patio vers la chicane, puis la chicane vers l'impasse. Elle a manqué de peu de réveiller tous les habitants de Beb-Tounes. Sans l'aide de Dieu, son mari, Ayadi Touhami, n'aurait pas réussi à la faire taire, ni à maîtriser son agitation pour la ramener difficilement à son lit.&lt;br /&gt;Et, comme à chaque fois que les vents de Beb-Tounes soufflent dans le sens contraire de celui que nous désirons, nous nous sommes réveillés, le lendemain, sur la rumeur de cette Djennya dont les engins auraient démoli le foyer aux Swanys et qui aurait décidé de se venger des propriétaires du terrain en s'appropriant leur maison à Beb-Tounes. De là à dire que la Djennya s'était implantée à la maison des Brikcha en raison des travaux engagés à la Sénya de Sawana, il n'y avait qu'un pas que Rachida a vite franchi, finissant par être convaincue que cette Djennya s'était installée dans sa propre chambre, perturbant son sommeil et venant chaque nuit l'avertir qu'elle ne la laisserait pas accoucher dans ce local qu'elle considérait désormais comme sien et que personne n'avait plus le droit de partager avec elle, à part, évidemment, Mohamed Lamjed. Aussi, selon ses dires, la Djenniya aurait-elle fini par lui interdire de dormir, la menaçant si jamais elle fermait les yeux, que sa punition serait la mort de son bébé dans son ventre. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5299544013800841538" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYvDM84loUI/AAAAAAAABT0/Si85l0ABy2s/s400/boussol19-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Et la crise de Rachida de s'aggraver sans raison apparente. Elle a développé une allergie à la simple prononciation du nom de son frère dont l'affaire avait trop trainé, commençant à lui peser plus qu'elle n'en pouvait supporter. Elle a fini par juger que personne d'autre que Mejda n'était responsable de ce qui lui arrivait et que c'était lui qui aurait chargé Sawana, sa Djennya, de lui empoisonner la vie pour la punir de n'avoir pas cru qu'il avait une relation sérieuse avec elle, ou de s'être permise de se marier avec Ayadi Touhami, sans attendre qu'il soit rentré.&lt;br /&gt;La crise de Rachida s'étant aggravée, Ayadi Touhami s'est trouvé contraint de l'emmener chez un devin de son pays, dont les journaux publient encore chaque jour les photos ne cessant d'en vanter les prouesses. Et le Devin de se montrer tout à fait d'accord avec elle, confirmant exactement l'interprétation qu'elle faisait de ses cauchemars et lui affirmant qu'elle ne pouvait accoucher qu'une fois coupé tout lien qu'elle avait avec la maison des Brikcha. Aussi lui a-t-il conseillé de déménager définitivement hors des remparts, lui permettant de prendre sa mère avec elle, à condition que celle-ci n'ait plus aucune sorte de lien avec la maison à abandonner.&lt;br /&gt;Ainsi, les vents de Beb-Tounes commencent-ils à souffler à une vitesse vertigineuse, laissant à l'impasse Brikcha un vide dont je ne peux pas encore mesurer l'immensité. Depuis des années déjà, notre impasse comptait une maison abandonnée: celle des Zinouba. Toute la chaux de sa façade s'était épluchée, découvrant profondément les pierres en dessous. La porte s'était fissurée et sa peinture qui, si mes souvenirs sont bons, était bleue, s'était complètement éteinte. Il n'est resté de clairement visible que le numéro "Un" inscrit en blanc sur une plaque métallique, à l'origine bleue marine, encore vissée tout en haut du battant droit. Il ne m'était jamais venu à l'esprit que ce numéro cachait en lui, depuis l'éternité, la signification terrifiante qu'il revêt aujourd'hui, ni que l'abandon de la maison des Zinouba n'était qu'un simple commencement d'une fin qui devait nécessairement arriver.&lt;br /&gt;Après avoir réussi à cacher tous mes sentiments en serrant longuement Khaddouja contre moi, après l'avoir portée avec Rachida pour l'aider à monter en voiture, après avoir suivi du regard la dernière camionnette de déménagement, jusqu'à ce qu'elle ait emprunté le tournant vers l'extérieur des remparts, j'ai longuement regardé le numéro "deux" sur la porte définitivement fermée des Brikcha. Puis, tournant le regard vers la porte à côté, portant le numéro "trois", je n'ai plus pu m'empêcher de pleurer. La troisième maison était la nôtre. C'est la dernière à demeurer occupée dans l'impasse, tout comme je suis la dernière de toute notre famille à demeurer en vie.&lt;br /&gt;Toute une impasse pour "Bbé" Sabriya, pour une femme muette, isolée même de ses plus proches voisins et à laquelle le souffle du vent n'apporte plus que l'angoisse et la peur de ce dont le lendemain sera fait.&lt;br /&gt;Quelle autre issue que toi ai-je, impasse du silence ?&lt;br /&gt;Quelle autre Houma que toi ai-je, Beb-Tounes ?&lt;br /&gt;Quel endroit accepterait d'accueillir "Bbé" Sabriya, si jamais j'osais m'en aller ? &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Quels vents peuvent bien avoir amené Ameur El-Binou à Beb-Tounes?&lt;br /&gt;Est-ce vrai qu'il n'est pas au courant ?&lt;br /&gt;Qu'est-il venu chercher exactement à la maison de sa tante ?&lt;br /&gt;Plus d'un mois après le départ de ma voisine et alors que je commençais à m'habituer à ma solitude dans l'impasse du silence, Ameur El-Bintou s'est présenté, sans raison aucune. Il a stationné sa voiture devant l'impasse et s'est mis à klaxonner à tue tête jusqu'à me sortir de ma cuisine, alors que ma casserole était sur le feu. Il m'a dit qu'il était venu exprimer sa sympathie à sa tante après que Mejda ait sombré dans la folie. "Folie qui t'emporte la tête, espèce de vicieux, ai-je pensé !"&lt;br /&gt;Il s'est mis alors à insulter Rachida et son mari pour avoir laissé fermée la maison de sa tante et m'a intimé, en criant, l'ordre de lui ouvrir la porte, comme je l'avais fait la dernière fois. Dieu merci, je suis muette ! Je lui ai expliqué par les gestes que la porte était définitivement fermée et que les habitants de la maison s'étaient sauvés de la Djennya, déménageant dans un quartier lointain. Mais j'ai fait exprès d'esquisser des gestes incompréhensibles, faisant semblant de lui indiquer l'adresse. Ainsi, il ne pourrait trouver l'endroit où ils avaient déménagé. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5299543943208604450" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 329px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYvDI16FkyI/AAAAAAAABTs/EEwocMwWJIc/s400/boussol19-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est que Rachida déteste à mort Ameur El-Bintou. Je sais qu'elle ne veut pas qu'il lui rende visite dans sa nouvelle demeure qui, de toute façon, n'est plus celle de sa tante. Moi aussi je déteste ce chien, ce cochon qu'est Ameur El-Bintou ! Ayant désespéré de comprendre mes gestes, il m'a insultée, est monté en voiture et s'en est allé en klaxonnant. C'est ainsi qu'il est : il te demande un service sur un ton impératif et, une fois obtenu ce qu'il veut, il t'insulte. Franchement, je suis contente pour Carla Piccolo qui s'est séparée de lui. Elle s'en est affranchie, la pauvre.&lt;br /&gt;Si ce qu'on dit est vrai, Carla Piccolo l'aurait poussé à vendre tout ce qu'il possédait, y compris la maison de son père au Rbat. Puis elle aurait soldé toutes ses possessions ici, et serait rentrée définitivement à Palerme, le laissant sans la moindre ressource, réfugié chez les Laâjel. C'est au moins ce que l'on dit. Et ce ne sont, bien sûr, que les vents de Beb-Tounes qui soufflent dans les mots à leur manière. C'est pour cela que certains autres disent qu'El-Bintou continue, au contraire, à vivre heureux avec son italienne de femme.&lt;br /&gt;Mais il y en a qui croient qu'ils se sont bien séparés, qu'ils l'auraient même fait à l'amiable et que c'est Ameur El-Bintou qui en serait sorti seul gagnant, car il aurait tout partagé de moitié avec Carla Piccolo. Quant à la maison du Rbat et au restaurant flottant, il ne les aurait vendus que pour rassembler toute sa fortune dans un même compte, afin de s'associer à Néji Laâjel pour construire un complexe de loisir sur le terrain de la Sénya de Sawana, comprenant, à ce qu'on dit, cinq immeubles avec toutes les commodités : appartements d'habitation, locaux commerciaux ainsi que restaurants et autres cafés.&lt;br /&gt;Tout ceci est paroles, bien sûr ! Mais la rumeur la plus répandue affirme que le divorce a bien eu lieu. Mais que c'est Radhia Bent Kahla qui en serait la principale instigatrice. Ce que je sais, moi, c'est qu'elle est effectivement du genre à détourner les hommes. On dit que c'est elle qui a soufflé à Ameur El-Bintou l'idée de laisser tomber sa vieille étrangère pour épouser une jeune, à l'âge des roses. Ainsi aurait-elle réussi à se jouer de lui, le poussant à reconnaître la paternité de Mayara, sa bâtarde de petite fille.&lt;br /&gt;Ce que je sais, moi, et j'étais présente, c'est que Radhia était venue à Khadouja lorsque s'est répandue la rumeur de la noyade de Mejda. Elle avait alors choqué tout le monde en prétendant que sa fille était enceinte du noyé, jurant ses grands Dieux que personne d'autre que Mohamed Lamjed Brikcha n'aurait touché à sa fille et qu'Aïchoucha elle-même, Dieu ait son âme maintenant, aurait revendiqué cette liaison et tenu à garder le bébé, par fidélité au supposé défunt. On se souvient même que certaines jeunes filles de l'extérieur des remparts avaient pris la défense d'Aïchoucha la considérant comme un modèle de courage et un symbole de la défense de la liberté de concevoir. Car, après l'accouchement, elle aurait décidé de vivre avec sa fille pour l'éduquer et assumer toute seule la responsabilité de son choix.&lt;br /&gt;Je sais que tout ceci fait qu'il est difficile de croire qu'Ameur El-Bintou ait pu avoir quelque chose à voir avec Mayara. Mais je connais aussi le pouvoir de manipulation de Radhiya Bent Kahla et sa capacité à changer sa stratégie d’un extrême à l'autre. Etant donné qu'elle n'avait pas trouvé d'issue pour filer la bâtarde à Mohamed Lamjed Brikcha et comme son objectif était d'imposer à sa fille un mari à tout prix, quelle gêne aurait-elle éprouvée à chercher un père à sa petite fille en créant une toute autre histoire avec un tout autre homme que Mejda ? Sinon comment expliquer la rumeur faisant état de la mort d'Aïchoucha, non pas par arrêt cardiaque comme on l'avait dit à tout le monde, mais par suicide ? Contrainte de signer son contrat de mariage, Aïchoucha aurait mis fin à ses jours afin que jamais Ameur El-Bintou ne se trouve seul avec elle dans une chambre fermée !&lt;br /&gt;On dit même – Dieu nous en préserve – qu'à peine Radhia Bent Kahla aurait-elle enterré sa fille, qu'elle aurait invité Ameur El-Bintou à habiter la chambre de la défunte et à dormir dans le même lit sur lequel elle s'était donnée la mort. Tout ceci, avait-ton prétendu, pour permettre à la gamine de s'habituer à son père. Quant à ce qui se passe dans la maison de Néji Laâjel, en son absence, c'est Dieu seul qui en sait quelque chose… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5299543874139892034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYvDE0m0qUI/AAAAAAAABTk/6vWCKUfEk1M/s400/boussol19-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;…Heureusement que tu es muette, "Bbé" Sabriya ! Autrement, qu'est-ce qu'il y aurait comme histoires à colporter par les vents de Beb-Tounes ! &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="right"&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6866292528018255144?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6866292528018255144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6866292528018255144&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6866292528018255144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6866292528018255144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/02/la-boussole-de-sidinna-19-impasse-du.html' title='La Boussole de Sidinna / 19  Impasse du silence, N°3'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYvDRU9yz8I/AAAAAAAABT8/_Q8IwWCHDec/s72-c/boussol19-d.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-1696714654372162943</id><published>2009-01-29T20:51:00.000-08:00</published><updated>2009-01-29T21:08:50.215-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 18 La cache de la lune</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (48/53) La Boussole de Sidinna (18/23) – 30 janvier 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin second :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation septième :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;La cache de la lune&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Où peut bien se cacher la lune des nuits sombres ? C'est là le vrai problème ! Si je connaissais la cache, peut être comprendrais-je le secret de toute cette obscurité qui aveugle ma conscience, m'enveloppe la mémoire et m'empêche d'arriver au bout de mon chemin. Même dans mes rêves, la scène subitement s'assombrit, la lune disparaît soudain dans sa cache inconnue et je baigne dans les ténèbres, ne sachant pas si je vais me réveiller ou si, avec l'avènement d'une nouvelle lune, je vais être cueilli à chaud par un autre cauchemar. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5296945391919730786" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYKHxQAEkGI/AAAAAAAABSc/aex38ZPMOPo/s400/boussol18-c.jpg" border="0" /&gt; … Habitué à l'obscurité. A nouveau seul, allongé sur une civière, un bandeau noir sur les yeux. La salle d'écoute baigne dans le noir et l'infirmier de la prison, un dur sans cœur, applique à la lettre les directives de ses supérieurs, ne voulant même pas écouter mon point de vue. Je lui crie que je reconnais la paternité de Mayara sans que cela nécessite une analyse génétique. Mais il m'enfonce, quand même, dans la veine une aiguille de la taille d'une lance, pour remplir de mon sang toute un flacon, et puis s'en va en riant de moi. Et moi, je n'ai aucune envie de rire. &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;***** &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Une grotte punique taillée dans la pierre à même l'eau. Oh ! Enfin l'île de Ghédamssi ! Mais comment y suis-je arrivé, du Cap Bon, en un simple sprint ? C'est certainement ce que Khaddouja Jaïed appelle la chaleur de l'expulsion de l'âme. Depuis combien de temps mes rêves ne m'ont-ils pas offert un événement aussi heureux ? Enfin rentré au Bled, enfin débarrassé du propriétaire de l'âne et de sa bande ! Mais il me semble sentir comme une honte de moi-même qui me fait redouter le retour à la maison. Alors je me convaincs de rester sur l'île. Peut-être manquerais-je un peu à Aïchoucha qui viendrait à ma rencontre, ou un passant s'apercevrait-il de ma présence. L'information parviendrait jusqu'à Beb-Tounes et tout le monde viendrait, alors, me ramener au bercail, comme on ramenait jadis les femmes boudeuses au foyer conjugal… Tiens ! Une image qui provoque une nouvelle crise de fou-rire involontaire et interminable...&lt;br /&gt;… Une grotte punique taillée dans la pierre à même l'eau. Mais tout y est sur le point de s'écrouler. Des fissures qui s'élargissent petit à petit, au point qu'il me semble entendre les craquements des pierres qui se déchirent en se séparant les unes des autres. Le rêve va-t-il se transformer en cauchemar et la crise de rires en crise de larmes ? Mais où est donc la Marina ? L'a-t-on déplacée ? Tiens ! Une autre image qui provoque une autre crise de fou-rire. Mais pourquoi ne pas poser la question au gardien enveloppé dans sa couverture, pour se protéger du froid ?&lt;br /&gt;- Il n'y a aucune Marina à El-Haouariya ! Mais d'abord comment êtes-vous arrivé ici ? Il est strictement interdit d'accéder à ce site, surtout de nuit. Ne savez-vous pas lire ?&lt;br /&gt;… Mohamed Lamjed Brikcha ne sait pas lire ! Une autre blague, une autre crise de fou-rire. Le gardien enveloppé dans sa couverture pour se protéger du froid, se fâche de mes ricanements et m'ordonne de quitter tout de suite les lieux pour m'éviter les tracasseries, ainsi qu'à lui-même. Mais où pourrais-je aller ? Si j'étais encore à El-Haouariya, la bande du propriétaire de l'âne serait, sans nul doute, encore là, sur la colline, à me guetter. Je trompe la vigilance du gardien et me faufile dans une autre grotte menaçant ruine. J'en fais mon abri et qu'elle s'écroule complètement sur ma tête si son vœu est de s'écrouler !&lt;br /&gt;… Une grotte punique taillée dans la pierre à même l'eau. Et la nuit ne tarde pas à s'assombrir. La lune disparaît du ciel. Ses reflets argent sur la surface de l'eau s'éteignent. Et je plonge dans un noir total, une obscurité dans laquelle je ne me suis jamais trouvé de ma vie. N'eut été le bruit de l'eau chuchotant son écoulement aux pierres saillantes, au flux et au reflux, la vie m'aurait parue brusquement interrompue. Le silence est ici plus sombre que l'obscurité elle même. Mais où se cache donc la lune des nuits sombres ? &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Habitué à l'obscurité. La salle d'écoute baigne dans le noir. Enfin, mon avocate arrive à la prison. Elle m'ôte le bandeau noir qui me couvre les yeux et ouvre la fenêtre pour laisser entrer la lumière du jour :&lt;br /&gt;- Nous allons immédiatement réclamer un examen psychologique en vue d'obtenir un délai, avant votre soumission aux interrogatoires officiels! Je ne veux pas que votre transfert chez le psychiatre se fasse sur la demande de l'instruction. Car la mission du médecin serait alors de déterminer si vous êtes effectivement malade ou si vous simulez. Mais lorsque c'est nous qui réclamons l'examen, sa mission sera de vérifier s'il n'est pas injuste, à la base, de vous soumettre à l'interrogatoire en vous infligeant des questions de nature à aggraver votre état psychologique. Il y a une nuance dans l'exposé juridique, Si Lamjed, mais une nuance de taille.&lt;br /&gt;- Comprenez-moi maître, je ne veux pas voir de médecin. Je veux simplement savoir où se cache la lune des nuits sombres. C'est là le vrai problème. Si je connaissais l'endroit où elle se cachait, peut être comprendrai-je le secret de toute cette obscurité qui aveugle ma conscience, enveloppe ma mémoire et m'empêche de leur donner des réponses claires à toutes leurs questions.&lt;br /&gt;- Ah bon ! Possible ! Mais il y a, en attendant votre examen médical, une autre question importante sur laquelle je dois attirer votre attention. Elle concerne Mayara, la fille d'Aïchoucha Laâjel. Ne dites plus à personne que vous reconnaissez, ni que vous niez sa paternité. C'est une question qui n'intéresse que nous. Toute déclaration que vous faites ici est enregistrée dans votre dossier. Néji Laâjel vient de retirer sa plainte contre vous. Voici une information importante sur laquelle nous allons nous baser. Je vais en profiter pour retirer de votre dossier les analyses effectuées. Nous aurons tout notre temps, une fois l'affaire principale résolue, de traiter le problème de Mayara à votre convenance. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Habitué à l'obscurité. Le monde s'assombrit devant mes yeux, même en plein jour. Tous les yeux du monde voient parfaitement, sauf les miens qui deviennent aveugles dès que j'en ai besoin pour apercevoir ce que je cherche. Tazoghrane, par exemple, oui ! Je vois tout ce qui m'entoure, sauf Tazoghrane. Je tourne en rond sans jamais pouvoir y arriver. La mémoire revient puis s'en va. La conscience s'en va puis revient. Et moi, j'en suis toujours à chercher Tazoghrane ou à me reposer d'avoir, en vain, cherché Tazoghrane. Je ne sais pourquoi, mais quelque chose me pousse à monter à dos de cet âne et à chercher, inlassablement, Tazoghrane, en particulier. Et comme je tiens absolument à y arriver, Tazoghrane, elle, de jour comme de nuit, se tient exprès du côté sombre de mon champ de vision.&lt;br /&gt;Je demande à toutes les personnes que je rencontre sur mon chemin de m'indiquer la route. Mais dès que je pose la question, on rit de moi et on m'assure que la route est claire et que rien n'est plus facile que d'arriver à Tazoghrane :&lt;br /&gt;- Ah, Tazoghrane, Tazoghrane… Iciii ? Oh j'chais pas trop Ya'lkou, Moi j'chuis touriste ici. Mais moi, j'ai un ami qui est Tamazigh. Alors je crois savoir que Tazoghrane c'est, comme tu dirais, la rouge ou le rouge, la couleur rouge de toute façon. Mais un village, alors là, J'chais pas trop. Ici, en Tunisie ? C'est difficile de trouver ça, ya'lkhou. Car il n'y a plus de berbères ici. Par contre, chez nous, en Algérie c'est fort possible que… &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;*****&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5296945509578153890" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYKH4GUBn6I/AAAAAAAABSk/5Olhq8i5zjs/s400/boussol18-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Si je ne connaissais pas bien les enfants et la femme de Boujomâa, je dirais que c'est bien lui qui s'est débarrassé de sa Kachabiya, qui s'est rasé le crâne, qui s'est enfui de la ferme de Slouguiya avec les siens, abandonnant le troupeau d'El-Hajja Héniya à son sort et qui a pris une voiture immatriculée en Algérie pour faire du tourisme à Korbous comme les riches de son pays d'origine. Voici une autre image très rigolote ! Mais je retiens mon fou-rire, par politesse, jusqu'à ce que la voiture s'éloigne ; puis je le laisse exploser. Et les échos de mes éclats de rire de retentir entre les collines environnantes, faisant trembler les membres de l'âne qui trébuche. Soudain, la lune disparaît et je me vois perdre le contrôle de la bête et tomber, aveugle, ne voyant plus rien autour de moi. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;***** &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Une grotte punique taillée dans la pierre à même l'eau. Au large, des rochers saillants et des vagues se heurtant et gagnant en hauteur et pas de lune pour éclairer la voie. Des rumeurs sur un zodiaque qui aurait heurté un rocher, sur un trou par lequel l'eau se serait infiltrée et sur une trentaine, tous de moins de la trentaine. Ils auraient tenté de "brûler" au pays des italiens. Certains d'entre eux se seraient noyés et les agents de secours seraient encore en train de chercher les autres.&lt;br /&gt;… Au large, des rochers saillants et des vagues se heurtant et gagnant en hauteur et pas de lune pour éclairer la voie. A la recherche de survivants, les agents de la protection civile braquent les projecteurs de leurs vedettes et de leurs hélicoptères. Ils s'affairent à repêcher les cadavres. Sur la terre ferme, les ambulances s'en vont et s'en viennent. Portières arrières ouvertes, elles accueillent les cadavres inanimés des brûleurs, ou leurs corps flasques conservant encore quelques restes de vie.&lt;br /&gt;… Les agents de la protection civile tentent de retrouver des survivants. La plage est sur-animée, surexcitée. A même le sable, des cris de douleurs et des cercles de lamentation. Et, sur la corniche, des maisons qui s'ouvrent en signe de solidarité avec les mères endeuillées. Ici et là, des centaines de parents veillent, dans l'attente de la miséricorde divine, à l'affût de quelques bribes d'information sur leurs progénitures.&lt;br /&gt;… La plage est sur-animée, surexcitée. Et moi, alors ? Quel rapport aurais-je avec tout cela, pour me trouver ici, allant et venant avec ceux qui attendent ou assis à la ronde avec ceux et celles qui se lamentent ? Soudain, j’ai comme l’impression qu’une femme de l'âge de Khadouja Jaïed m'attaque. Elle me tient par le col de la chemise comme si elle attrapait un criminel et crie :&lt;br /&gt;- Enfin je t'attrape, fils de chien ! N'es tu pas le fils de Khadouja ? N'es-tu pas celui qui était venu à Kasserine, dans la voiture du professeur gafsien et qui avait rencontré mon fils Karim, au café de la gare?&lt;br /&gt;- Oui je suis bien le fils de Khadouja Jaïed. Mais qui vous dit, madame, que Karim a "brûlé" ? Ce n'est qu'un mensonge, madame ! Tous les tunisiens "brûleraient"-ils jusqu'au dernier, que Karim Awled Belâaïfi s'en empêcherait, de lui même. Je me souviens de plusieurs poèmes d'amour qu'il avait dédiés à la Tunisie et qui m'avaient fait pleurer, tellement était émouvante sa façon de chanter l'impossibilité de vivre loin de cette terre. Non madame ne croyez jamais qu'il ait "brûlé" ni qu'il se soit noyé.&lt;br /&gt;- Tu ne vas pas réussir à me rouler avec tes propos simulant la compassion, fils de cochonne. Tu es de ceux qui tuent la victime et marchent dans son cortège funèbre ! N'es-tu pas le propriétaire du zodiaque ?&lt;br /&gt;- Non!&lt;br /&gt;- Mon cœur a failli s'arrêter de battre, le jour où Karim m'a appris qu'il partait et que tu lui avais téléphoné pour l'inviter à travailler avec toi dans la cueillette des oranges à Menzel Bou Zelfa…&lt;br /&gt;- Mais j'ai bien dit à Bochra Toukabri que cette accusation était sans fondement. Je n'ai jamais appelé Karim Awled Belâaïfi. Jamais ! Je n'ai d'ailleurs pas de téléphone et je ne connaissais même pas son numéro. Et puis je suis de Beb-Tounes, moi ! Pas de Menzel Bou Zelfa, pour y posséder des oranges à cueillir.&lt;br /&gt;- Pourquoi me fais-tu cela, fils de Brikcha ? Et toi mon Dieu, pourquoi me prends-tu mon fils unique ? Je l’avais contraint à jurer sur le Coran qu'il ne "brûlerait" pas au pays des italiens comme le font les aventuriers. Il avait juré mais voilà qu'il n’a pas tenu promesse. Il vivait avec le seul espoir de partir à l'étranger. J'ai tenu à confisquer son passeport et à ne le laisser monter dans le bus qu'après avoir juré. Mais c'est toi qui l'as dupé, fils de Khadouja, et c'est à toi de me le rendre, vivant. Autrement je te crèverai les yeux avec mes ongles.&lt;br /&gt;… Au large, des rochers saillants et des vagues qui continuent à se heurter, gagnant en hauteur et pas de lune pour éclairer la voie. Et, sur la plage, les agents de la protection civile sortent un corps inanimé qu'ils allongent sur une civière et emportent vers leur voiture. Et moi, avec les curieux, je me penche sur le noyé :&lt;br /&gt;- Ah… Ah… Karim… Ah Awled Belâaïfi… Ô poète de demain, qu'as-tu fais de toi-même ? Pourquoi succomber au mirage du Nord ? pourquoi descendre des hauteurs du Châambi, pour périr ainsi sur cette plage ? Qu'avez-vous tous à "brûler" ? Aaaaah … Si nous savions où s'en va la lune des nuits sombres, peut-être, comprendrions-nous le secret de toute cette obscurité qui aveugle les consciences et enveloppe les mémoires, qui nous prive d'arriver là où nous voulons, qui nous empêche même de penser à nous ancrer sur la terre ferme pour n'être pas engloutis par la mer. C'est là, le vrai problème …&lt;br /&gt;… Au large, des rochers saillants et des vagues se heurtant et gagnant en hauteur et pas de lune pour éclairer la voie. Et, sur la plage, une maman endeuillée jure de venger son fils étendu sur la civière. La voici qui s'attaque au fils de Khadouja Jaïed, croupissant maintenant dans sa cellule, tout en sachant pertinemment qu'il est innocent. La voici qui enfonce ses ongles dans mes yeux, qui me les arrache, me plongeant à nouveau dans l'obscurité.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt; &lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5296945585777151762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYKH8iLSDxI/AAAAAAAABSs/HYcYO_BcHyc/s400/boussol18-e.jpg" border="0" /&gt; ***** &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Habitué à l'obscurité. La salle d'écoute baigne dans le noir. A nouveau seul, allongé sur une civière, un bandeau noir sur les yeux. Je crie :&lt;br /&gt;- Innocent, je le jure au nom de Dieu ! Je n'ai ni tenté de "brûler" ni organisé de voyages clandestins. C'est vrai que je suis issu d'une famille de pêcheurs, mais le zodiaque n'est pas à moi et je n'y ai jamais travaillé pour le compte de qui que ce soit. C'est vrai aussi que j'ai rencontré Karim Awled Belâaïfi à Kasserine dans des circonstances dont je n'ai encore aucun souvenir. Mais jamais je ne l'ai invité à Menzel Bou Zelfa ni ne l'y ai rencontré ni n'ai été au courant de son intention de brûler.&lt;br /&gt;… Habitué à l'obscurité. La salle d'écoute baigne dans le noir. Le bruit des pas de Bochra Toukabri qui vient me rendre visite en prison. Pince-moi petite maman, pince-moi vite. Je m'en souviens maintenant. Réveille-moi que je leur dise toute la vérité. Mais où es-tu Di Jay ?&lt;br /&gt;- Te souviens-tu de moi maintenant, Si Lamjed ?&lt;br /&gt;- Bochra… Que Dieu ne t'accorde pas de baraka ! Que fais-tu ici, en prison en cette nuit sombre, alors que la lune se cache dans un endroit inconnu ? Et pourquoi t'introduis-tu dans mon rêve accompagnant mon nom de ce "Si" ridicule et tentant de me faire rire alors que je n'en ai aucune envie ? Hé dis, Bochra, pourquoi t'es-tu séparée de mon copain Farès Khemiri?&lt;br /&gt;- N'as-tu pas honte de toi, Si Lamjed ? Je tente de te sauver et toi tu t'accroches à ta perte. Pourquoi dis-tu que tu ne te souviens pas ?&lt;br /&gt;- et toi, pourquoi cries-tu ainsi ? Si j'ai dit que je ne me souvenais pas c'est que je ne me souvenais effectivement pas. La dernière image que je gardais de toi remontait à l'époque de ta liaison avec Farès Khmiri. Je te vois encore couper ton gâteau d'anniversaire et jurer, au nom des vingt-quatre bougies allumées, que tu lui resterais fidèle toute la vie. Et puis, brusquement, une information me parvient qui est aussi diffamante qu'une injure envers les dieux de l'amour : Vous êtes séparés ! Et, pour s'en remettre, Farès coupe tout contact avec nous tous, quitte le pays et s'en va enterrer son chagrin dans les bras d'une vieille belge. Brusquement je n'ai plus de nouvelles ni de lui ni de toi. Le monde s'assombrit à mes yeux, Bochra. Vous deux, séparés ! C'est la faute à la lune, Toukebri. C'est la faute à la lune. Je ne sais pas où elle va lorsqu'elle se cache. Alors je tombe inévitablement dans la zône des ténèbres et ne me rappelles plus rien.&lt;br /&gt;- Et maintenant ?&lt;br /&gt;- Maintenant je me souviens. Je me rappelle le café Bou Makhlouf au Kef. Je t'y ai vue assise sur la Doukkana avec ton appareil photo au cou et autour de toi des jeunes dont je ne connaissais personne. Je n'ai pas compris ce jour là pourquoi tu m'avais repoussé comme si tu n'avais jamais été mon amie, ou comme si ta rupture avec Farès Khmiri devait gommer toute la sympathie que nous avions l'un pour l'autre.&lt;br /&gt;- Et Nawfel El Wachem ? Sais-tu pourquoi il s'était brusquement évaporé, au moment où tu étais venu me parler ? Sais-tu où il était allé ?&lt;br /&gt;- Ah oui, c'est vrai ! Nawfek El Wachem, je me souviens de ce nom ! Je me rappelle maintenant ! ça aussi, Bochra, je n'y avais rien compris. Ce n'était pourtant pas dans sa nature de me mettre dans un tel embarras. Je n'ai pas cru un instant, ce jour là, qu'il avait l'intention de se débarrasser de moi. Je le connaissais comme un homme de bien. Il m'avait hébergé des mois durant et m'avait nourri par amour pour Dieu.&lt;br /&gt;- Dis plutôt que c'est un criminel, Si Lamjed ! Et saches que le fait de le couvrir va te coûter très cher. Ne savais-tu pas que c'était le chef d'un réseau de contrebande opérant à travers les frontières avec l'Algérie ? Comment en étais-tu arrivé à fréquenter ces énergumènes ? Que faisais-tu avec eux ? Les indicateurs t'ont vu dans la voiture de Nawfel El Wachem, traversant les frontières dans les deux sens. Te souviens-tu de cela, au moins ?&lt;br /&gt;- De la brume… Rien que de la brume, Bochra. Et la faute est à la lune qui s'absente sans que je ne sache où elle va.&lt;br /&gt;- Ecoute-moi bien, Si Lamjed, tu ne vas pas recourir à ces expressions ambigües pour esquiver la question et ne rien dire de la vérité. Maintenant que tu t'es souvenu de notre rencontre au Kef, tu n'as plus qu'à te rappeler aussi tout ce que tu sais sur Nawfel El Wachem. Tu dois nous donner toutes les indications sur lui.&lt;br /&gt;- Et qu'est-ce que tu as à voir, toi, avec Nawfel El Wachem ? Es-tu venue me rendre visite ou bien comploterais-tu contre moi en connivence avec la police ?&lt;br /&gt;- Tu comprendras tout en temps opportun. Ici, il n'y a que moi qui suis convaincue de ta sincérité. J'étais certaine, depuis que tu as été arrêté, que tes nerfs étaient touchés. C'est moi qui suis intervenue pour charger de ton cas la chef de service en personne. Elle a tout fait pour t'aider à retrouver la mémoire, mais tu ne lui as pas facilité la tâche. C'est moi qui ai parlé de toi, par hasard, à Nadia Belâissaouiya. J'étais au courant de ses problèmes et elle m'a tout raconté. J'ai réussi à la convaincre d'apporter son témoignage concernant votre rencontre à Menzel Bou Zelfa, pour te sauver de l'accusation de complicité dans l'assassinat d'El-Hajja Héniya. Et c'est moi enfin qui t'ai pris en photo au Kef avec les ouvriers des chantiers.&lt;br /&gt;- Veux-tu me dire par là que tu es… ?&lt;br /&gt;- Pas la peine de remuer le couteau dans la plaie ouverte, Si Lamjed. Oui, je suis bien officier de police ! J'y travaillais déjà depuis que j'étais étudiante. Et c'est en le découvrant que Farès m'a plaquée ! Le jour où tu m'as vue au salon de thé Bou Makhlouf, j'étais avec quelques jeunes collègues attendant l'arrivée de renforts pour nous aider à mettre la main sur Nawfel El Wachem. Mais voici que tu t'amènes pour tout bousiller. Tu avais attiré son attention sur nous et créé, volontairement ou non, la diversion qui lui a permis de nous échapper. C'est toi, Si Lamjed, qui a saboté notre plan pour l'arrêter. Tu as été à l'origine de l'échec de ma mission et tu dois, maintenant, rafistoler ta mémoire pour tout nous dire sur lui et nous permettre à nouveau de mettre la main dessus. Sinon, tu vas être considéré comme son complice. Et je n'y pourrai plus rien ! &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5296947902359972610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYKKDYHqqwI/AAAAAAAABS0/7B5ljDS7Lh8/s400/boussol18-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;***** &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Habitué à l'obscurité. La salle d'écoute baigne dans le noir. Et Bochra Toukabri n'était, depuis toujours, qu'un agent de police. Qui aurait pu prévoir tout ça ? Et comment ne serais-je pas atteint de cécité pour le restant de ma vie ? Pourquoi mon Dieu fais-tu disparaître la lune sans me guider à l'endroit où tu l'as cachée ? Pourquoi, mon Dieu, m'arraches-tu du paradis de l'oubli pour me jeter dans le feu de mes désillusions ? Pourquoi me rappelles-tu tous ces souvenirs sans me doter de la clairvoyance à même de me réconforter?&lt;br /&gt;… La salle d'écoute baigne dans le noir. Seul, allongé sur une civière, comme toujours, lacéré par la fièvre et les questions. Yassine Bellaghnej, le bédouin modèle, toujours à cheval sur la morale, travaille dans la prostitution et meurt dans un règlement de comptes. Abdel-Hafidh Bettaleb Rabâaoui, le vicieux fils du vicieux, Haffa le gigolo, devient leader islamiste, tente de me recruter et de me faire passer les frontières, puis donne des ordres pour m'asséner un coup sur le crâne et me laisser mourir dans le Sahara. Karim Awled Belâaïfi, le poète amoureux du pays, se trouve obligé de "brûler" et se noie en pleine mer pour que je sois accusé de l'avoir incité à la "Harga" qui a causé sa mort. Et, enfin, Bochra toukabri… Bochra, la petite fille de Lénine… Bochra, la descendante du Ché Guevara… Bochra, qui nous assurait avoir la nausée rien qu'à entendre le mot police, était, elle-même, officier de police…&lt;br /&gt;… La salle d'écoute baigne dans le noir. Et toute cette pression sur mes nerfs dépasse de loin ma capacité d'encaissement. La faute en revient à la lune, Farès ! La faute en revient à la lune, ô Khémiri le débile! La faute en revient à la lune, madame le chef de service ! La lune se cache brusquement, me laissant incapable de deviner où elle va.&lt;br /&gt;Mais raison en serait bien que vous m'aviez pris la boussole de Sidinna… Rendez-moi la boussole de Sidinna, madame ! Rendez-moi vite ma boussole!&lt;br /&gt;- Qu'est ce que c'est que cette affaire de boussole, Si Lamjed ? Votre sœur Rachida est venue nous la réclamer. Nous lui avons dit que vous n'aviez aucune boussole au moment de votre arrestation.&lt;br /&gt;- Mais si, j'en avais une ! C'est vous qui me l'avez prise et qui l'avez égarée. Alors rendez-moi ma boussole. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;***** &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;… Une grotte punique taillée dans la pierre à même l'eau. Tout y est sur le point de s'écrouler. Des fissures qui s'élargissent encore et encore. Et moi, je suis transféré, ligoté, d'une pièce fissurée à une autre encore plus fissurée. Me voici mains, pieds, ventre, thorax et cou ligotés. Allongé sur la civière dans l'obscurité, alors que dehors, les vagues se heurtent toujours, gagnant en hauteur et le vent siffle à travers les fissures les airs d'une symphonie de la terreur. Des fils électriques attachés à ma peau tout le long de mon corps. L'appareil de détection de mensonge, de l'hypocrisie, du jeu de comédie et des maladies mentales incurables. Un médecin Robot pose des questions d'une manière automatique et n'attend même pas mes réponses :&lt;br /&gt;- Test de vérité… Test de vérité… L'accusé Mohamed Lamjed ben Habib ben Bahri Brikcha. Exprimez des sentiments sincères et vous aurez la paix. Si vous vous agitez, vous vous mettez sous tension, vous exprimez des sentiments simulés, des pensées fausses, vous vous forcez d'avoir du sang froid etc. etc…, nous vous injecterons le "catalyseur-dénudeur", injection après injection, jusqu'à vous mettre totalement à nu. Et la ficelle blanche se distinguera, alors, d'elle-même, de la ficelle noire. Compris ? Commençons !&lt;br /&gt;Et les questions de pleuvoir comme une averse qui ne s'arrête pas : Qui êtes vous ? Quel rapport avez-vous avec le propriétaire du zodiaque ? Combien touchez-vous pour chaque "brûleur" que vous recrutez ? Pourquoi avez-vous tué Karim Awled Belâaïfi ? Qui vous a présenté à Naoufel El Wachem ? Combien de fois avez-vous traversé les frontières algériennes ? Avez-vous participé à l'assassinat de Yassine Bellaghnej ? Quel rôle avez-vous joué dans les événements du bassin minier ? Combien touchez-vous pour chaque prostituée que vous amenez aux clients ? Est-ce bien vous qui avez défloré Aïchoucha Laâjel ?&lt;br /&gt;- Ah non ! Tout sauf Aïchoucha… Ne touchez pas à ma Aîchoucha …&lt;br /&gt;- Injection….&lt;br /&gt;- AAAAAAAAh …&lt;br /&gt;Après chaque nouvelle injection, une nouvelle série de questions :&lt;br /&gt;Pour qui vous prenez-vous pour refuser de travailler chez Ameur El Bintou ? Où avez-vous caché la boussole ? Quel secret y a-t-il dans votre recherche acharnée de Tazoghrane ? Quel rapport avez-vous avec Haffa le Gigolo ? Où étiez-vous entre le jour où vous avez reçu le coup sur le crâne et le jour où vous avez été repéré avec Nawfel El Wachem au Kef ? Qui vous a soufflé l'idée de simuler la perte de mémoire ? Qui vous a présenté Sofiène Jeridi ? Etait-il aussi associé à votre commerce de la Harga ? Qui sont les membres de la bande ? Nous avons trouvé votre portefeuille et vos papiers d'identité dans une voiture volée. Où l'avez-vous volée ? Qui de vous se charge de falsifier les papiers? Qu'est-ce qui prouve que Mayara est de vous et non d'Ameur El Bintou ?&lt;br /&gt;- Ah non ! Tout sauf Aïchoucha ! Tout sauf Mayara ! Touchez-pas à ma Aïchoucha ! Touchez-pas à Notre Mayara !&lt;br /&gt;- Injection …&lt;br /&gt;- AAAAAAAAAAh…&lt;br /&gt;Les questions se suivent et se ressemblent. Les injections aussi se suivent et se ressemblent. Le tout pour donner lieu enfin à un rapport d'expertise :&lt;br /&gt;- Oyez, oyez ! Le dernier mot, le dernier mot ! Nous, Robot fils du Robot, chargé de l'exécution des expertises des maladies mentales incurables, annonçons que les nerfs de l'accusé Mohamed Lamjed Brikcha sont intacts. Nous attestons plutôt, après des tests minutieux, qu'il fait preuve d'une intelligence, de loin, supérieure à la moyenne ainsi que d'une capacité extraordinaire à l'affabulation. Il a le don de formuler les mensonges de façon à ce qu'ils paraissent vraisemblables. Nous affirmons que sa mémoire est intacte et sa conscience totale. Quant à ses délires, ils sont d'une logique et d'une organisation telle qu'ils ne peuvent être considérés comme maladifs. En conséquence, nous Robot fils du Robot, déclarons l'accusé apte à subir une instruction dans les normes, jugeons que ses déclarations peuvent être retenues contre lui et ordonnons son transfert immédiat de l'hôpital psychiatrique à sa cellule de prison. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5296945290385455186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYKHrVwaeFI/AAAAAAAABSU/HemdCIqpPWs/s400/boussol18-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;… Une grotte punique taillée dans la pierre à même l'eau. Tout ce qui s'y trouve s'écroule sur ma tête. Les infirmiers ôtent leurs blouses blanches et mettent des uniformes de policiers. Ils débranchent les fils électriques de mon corps et me déconnectent de l'appareil de détection de mensonge et vices assimilés. Les voici qui retirent mon cadavre des débris et me conduisent à nouveau en prison. A moi Di Jay ! Pince-moi petite maman avant que le cauchemar ne s'installe définitivement. Pince-moi petite maman avant qu'il ne soit trop tard… &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="right"&gt;Le Haikuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-1696714654372162943?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/1696714654372162943/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=1696714654372162943&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/1696714654372162943'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/1696714654372162943'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/01/la-boussole-de-sidinna-18-la-cache-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 18 La cache de la lune'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SYKHxQAEkGI/AAAAAAAABSc/aex38ZPMOPo/s72-c/boussol18-c.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-8551646179608811971</id><published>2009-01-22T20:41:00.000-08:00</published><updated>2009-01-22T20:56:52.595-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 17 Le ravin de l'oubli, bis</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (47/53) La Boussole de Sidinna (17/23) – 23 janvier 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin second :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation sixième 2 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le ravin de l'oubli, bis&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Suite de la rencontre ….&lt;br /&gt;………………&lt;br /&gt;- Malheureusement, Il a été décidé que le délai qui nous a été accordé prenne fin aujourd'hui. Alors je dois, immédiatement, savoir ce que vous avez décidé.&lt;br /&gt;………&lt;br /&gt;Je suis désolée, Si Lamjed, mais je dois vous avertir que personne n'a plus la possibilité d'attendre, comme nous l'avons fait jusqu'ici. Moi-même, je suis désormais convaincue qu'il n'y a plus aucune raison de poursuivre ces rencontres au delà de la séance d'aujourd'hui. Si vous ne me répondez pas tout de suite, je serai obligée de me retirer définitivement. Et vous savez ce que cela signifierait que j'annonce mon échec. Ce sera à eux d'en déduire ce qu'ils voudront. Ils auront toute latitude de vous traiter comme bon leur semblera.&lt;br /&gt;- Je voudrais comprendre comment…&lt;br /&gt;- Je n'ai plus le temps de vous expliquer quoi que ce soit, Si Lamjed. Vous ne semblez pas bien comprendre ce que je vous ai dit. Répondez-moi, si vous voulez, dans les limites de ma question, ni plus ni moins : où avez-vous rencontré Nadia Belâissaouiya la première fois ? Donnez votre réponse en un seul mot, ou je sortirai d'ici et vous ne me reverrez plus. &lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294345502291264498" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXlLLwZCA_I/AAAAAAAABRE/UfiYmuiX0Gg/s400/boussol17-c.jpg" border="0" /&gt;- …………..&lt;br /&gt;… A Slouguia … A Slouguia, Madame, plus exactement à la sortie du village, sur le pont de la Medjerda.&lt;br /&gt;- Pourquoi, alors, m'avez-vous menti ?&lt;br /&gt;- Pas au Kef, en tout cas !&lt;br /&gt;- Pourquoi avez-vous dit que c'était à Zaghouan, sachant que vous n'y avez jamais mis les pieds ? Pourquoi me mentir à moi alors que vous savez que je veux sincèrement vous aider ? A cause de ce mensonge, ils ne croiront même plus que vous avez perdu la mémoire. Quant à prétendre que vous avez vécu dans un état d'éveil inconscient, le moins qu'ils puissent en penser, c'est que c'est de la pure invention. Vous tenez des propos que la raison ne peut admettre, Si Lamjed. Je veux bien vous comprendre, moi, suivre votre raisonnement, vous aider. Mais eux, ils savent que vous êtes très intelligent. Ils disent même que vous êtes, en plus, bon comédien et que vous faites tout pour couvrir vos associés et gagner du temps au profit de vos complices.&lt;br /&gt;…….&lt;br /&gt;Répondez-moi ! Qu'est ce qui vous pousse à mentir ?&lt;br /&gt;- Personne ne croira la vérité, madame. Et puis j'ai peur !&lt;br /&gt;- De qui ?&lt;br /&gt;- De Nadia, de la mère de Nadia, pour Nadia, du mari de Nadia. J'ai peur de moi-même, de mon incapacité à affronter la vérité. Je ne sais pas moi ! J'ai peur de vous, de tout ! Qui va croire que j'ai passé deux jours entiers, dans une maison fermée, avec une femme qui fuit son mari et qu'il n'y a eu entre nous que des discussions et rien d'autre ? &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Suite de la rencontre ….&lt;br /&gt;………………&lt;br /&gt;… Deux pains, trois berlingots de lait et autant de boites de biscuits, une boule de fromage rouge, six bouteilles d'eau minérale et bien d'autres choses dont, bien sûr, une cartouche de cigarettes. Un tas de produits ramenés dans des sachets en plastique et disposés n'importe comment au milieu du salon, par terre et sur la table basse en verre.&lt;br /&gt;Nadia Belâissaouiya allongée sur le divan. Elle n'arrête pas de fumer. Et moi, allongé non loin d'elle, à même le tapis. Tantôt je tousse, tantôt je combats ma toux en buvant de l'eau. Je lui ai raconté mon histoire avec le CAPES et comment j'ai réprimandé maman parce qu'elle avait hypothéqué ses bijoux pour donner tout ce qu'elle possédait à une bonne dame, qui prétendait pouvoir intervenir pour assurer mon succès à l'examen. Je lui ai raconté comment j'ai bafoué les sacrosaintes règles de bonne conduite à l'égard des parents, élevant la voix en présence de Khadouja Jaïed, la menaçant même de quitter la maison pour ne plus y revenir.&lt;br /&gt;… Nadia m'a raconté, quant à elle, comment, aussitôt sortie de la fac, elle a été désignée par son oncle maternel comme enseignante d'histoire dans un collège non loin de Testour, où elle est allée habiter après son mariage avec un riche homme d'affaires, divorcé et ami de la famille. Son mari lui ayant assuré, au moment des fiançailles, qu'il allait l'aider à poursuivre des études de troisième cycle pour devenir professeur universitaire, elle s’est trouvée contrainte de se réveiller de son beau rêve pour constater qu'avec le temps, tout était parti en fumée.&lt;br /&gt;… Elle parle et fume. Quant à la nourriture, elle demeurait intacte. Nadia n'y touche pas et moi, je n'ose même pas m'en approcher. Lorsque le sommeil l’envahit, Nadia se laisse aller à dormir. Mais à peine ai-je à mon tour les yeux fermé, qu'elle allume une nouvelle cigarette. Et lorsqu'elle remarque que je me suis réveillé, elle commence par me demander des nouvelles de Yassine Bellaghnej et Fares Khmiri, me posant aussi des questions à propos des matinées cinématographiques de la maison de la culture Ibn Khaldoun. Je me tais un moment pour me concentrer et me préparer à lui répondre. Mais elle poursuit aussitôt la narration de son histoire personnelle comme si elle ne m'avait posé aucune question.&lt;br /&gt;… Le drame de Nadia Belâissaouiya, comme elle me l'a expliqué, est qu'elle s'était définie, depuis son enfance, un objectif bien déterminé. Elle l'avait fait connaître à tout le monde et avait commencé à œuvrer pour l'atteindre par tous les moyens. Or, elle s'était retrouvée accablée par une situation qu'elle avait acceptée et qu'elle croyait être la voie la plus courte pour atteindre ses objectifs. Ce qu'elle voulait, c'est jouer un rôle actif de premier plan dans la société. La recette lui semblait évidente : militer au sein du parti au pouvoir et travailler afin de gravir les échelons et prouver au monde entier la capacité des femmes à occuper les plus hauts postes de commandement et à assumer les plus hautes fonctions, sur un pied d'égalité avec les hommes.&lt;br /&gt;Nadia avait toutes les conditions pour réaliser son rêve. Le seul hic, à ce qu'elle dit, est qu'elle n'avait pas pris en compte la capacité de manœuvre de son mari ; un véritable manipulateur qui menait contre ses objectifs un travail de sape systématique dans les coulisses, tout en déclarant être son soutien et l'encourager à les réaliser. Aussi ne s'était-elle aperçue du piège qu'une fois devenue, en moins de six ans, une véritable femme au foyer. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294345599457276290" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 295px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXlLRaXNsYI/AAAAAAAABRM/eQF1VyyRF74/s400/boussol17-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait d'abord accepté de quitter son travail dans l'enseignement pour pouvoir accompagner son mari dans ses fréquents voyages d'affaires. Puis, sa belle mère tombée malade, elle avait dû faire la concession de lui tenir compagnie supervisant le travail de femme de ménage à la maison, d'autant plus que les affaires de son mari demandaient de moins en moins de déplacements. Et, pour finir, se furent les occupations ménagères qui ne lui laissèrent même plus le temps d'assister aux réunions de la cellule locale. Tout cela sans compter le temps qu'elle consacrait désormais à espionner les aventures de son mari avec les employées de sa société.&lt;br /&gt;…Elle m'expliquait le lien qui existait entre l'échec de son parcours politique et celui de son couple. Puis se remettait à déclarer sa détermination à tromper, tôt ou tard et quel qu'en soit le prix à payer, ce mari qui ne se contentait plus de la manipuler comme une marionnette, mais qui la trompait, maintenant, à tout bout de champ.&lt;br /&gt;Quant à moi, j'écoutais, réfléchissais à la question et trouvais, très sérieusement, que si ce qu'elle racontait était vrai, elle aurait toutes les raisons de lui rendre exactement la pareille. Mais voilà que les crises de fou-rires involontaires, que j'avais crues finies à jamais depuis le jour de l'Aïd El-Adha, m'étaient, soudain, revenues. J'ai eu alors honte de moi-même. J'ai tourné le dos à Nadia, faisant mine de tousser et j'ai ri à en perdre haleine. Quant à elle, elle n'avait ni ri, ni arrêté de fumer.&lt;br /&gt;… Ce n'est que deux jours plus tard, peu avant le coucher, que sa mère, madame Neila, était arrivée venant de Zaghouan. Une femme tranchante. Elle a beaucoup reproché à sa fille cette action qu'elle a qualifiée littéralement d'action abjecte. Elle a réfléchi posément puis décidé que nous devions tous dire, au cas où quelqu'un viendrait, que la maman et sa fille m'auraient rencontré, toutes les deux, l'après-midi même, à Zaghouan et pas du tout à Slouguia.&lt;br /&gt;Madame Neila a déclaré qu'en tant qu'alibi, elle appréciait bien l'idée de l'éclatement de pneu. Ce qui voulait dire qu'elle ne l'a prise que pour un prétexte avancé par Nadia pour cacher une vieille relation, que la maman imaginait entre nous et qui daterait de bien avant le mariage de sa fille. Aussi ordonne-t-elle le transfert dudit éclatement, de la sortie de Slouguia à celle de Zaghouan, renonçant par là même à me renvoyer de sa maison, à cette heure tardive de la nuit.&lt;br /&gt;Le soir, la maman et sa fille avaient dormi dans l'une des chambres à coucher. Elles avaient fermé leur porte me laissant dormir à même le tapis du salon. Le matin, elles s'étaient réveillées tôt décidées à partir pour Testour. Nadia s'était totalement calmée. Elle avait complètement oublié tout ce qu'elle m'avait dit avant l'arrivée de sa mère. Sa révolte contre son mari s'était transformée en une soif de réconciliation et son désespoir en une foi inébranlable en sa capacité à faire redémarrer sa carrière politique grâce, justement, à cette alliance avec son mari, qu'elle allait mettre à profit, sans états d'âme, pour arriver à ses fins.&lt;br /&gt;… Deux pains, trois berlingots de lait et autant de boites de biscuit, une boule de fromage Gauda et bien d'autres choses... Un tas de produits ramenés dans des sachets et disposés n'importe comment par terre et sur la table basse en verre. Même madame Neila n'a pas touché à la nourriture. Nous n'avons consommé, tous les trois, que de l'eau minérale. Nadia a, bien entendu, consommé également un nombre affolant de cigarettes. Sa maman aussi avait beaucoup fumé. C'est elle qui prend maintenant le reste de la cartouche. Quant aux autres sachets, elle me les met dans un couffin en paille qu'elle m'offre, me demandant avec insistance d'oublier que j'avais rencontré sa fille et, au cas où je devrais apporter un témoignage, de dire que je les ai rencontrées ensemble avec un pneu éclaté, que je les ai aidées à changer la roue et que je les ai, ensuite, priées de m'emmener avec elles jusqu'à Tazoghrane. Alors, elles m'auraient déposé à Menzel Bou Zelfa et seraient parties vers une destination inconnue.&lt;br /&gt;Avant de les saluer, je leur ai demandé de me montrer réellement la route vers Tazoghrane. Elles m'ont indiqué une direction et se sont engagées avec leur voiture dans la direction opposée. Quant à moi, je suis parti, trainant les pieds et chantant à tous ceux que je rencontrais "El Ward Jamil". Et comme je ne savais pas encore très bien pourquoi je me dirigeais vers Tazoghrane, ni pourquoi je chantais cette chanson en particulier, mes crises de fou-rires involontaires reprenaient de plus belle. Aussi tous les passants se mettaient-ils à me dévisager avec des yeux interrogateurs. Je leur chantais la même chanson. Mes fou-rires s'intensifiaient. Certains riaient un peu. Certains autres se tordaient carrément de rire. Et puis chacun s'en allait son chemin. &lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Suite de la rencontre ….&lt;br /&gt;……………… &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294345308363472594" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXlLAd9CvtI/AAAAAAAABQ0/zdyQep0Eafc/s400/boussol17-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;… Si, si madame, je le connais. Je n'ai jamais dit que je ne connaissais pas le Kef. Je le connais et j'y étais à plusieurs reprises. J'ai vécu une longue période chez El-Hajja Héniya, mais pas dans sa vieille maison à l'entrée du Kef. Je n'ai pas travaillé, non plus, dans le chantier de sa villa à la nouvelle cité de la ville. J'ai plutôt vécu dans la pièce en terre séchée, à la ferme d'El-Hajja, à proximité du village de Slouguia. C'est elle qui venait régulièrement à la ferme. Je me souviens d'une seule fois où elle m'avait pris avec elle au Kef. C'était pour assister à une Zerda qu'elle avait donnée au mausolée Sidi Bou Makhlouf et lors de laquelle elle avait fait égorger un mouton que nous avions ramené de la ferme après l'avoir choisi dans le troupeau de Boujomâ.&lt;br /&gt;Ce soir là, j'avais mangé le couscous et passé la nuit dans la villa en chantier, où il n'y avait aucun des ouvriers. Et le lendemain, dès l'aube, El-Hajja Héniya m'avait ramené à slouguia, à bord de la même camionnette. A part cela, je n'ai aucun autre souvenir du Kef. Ou plutôt si : quelques images embrumées, dont aucun souvenir d'une photo qui aurait été prise de moi avec les ouvriers d'El-Hajja. A moins que ce soit avant que je ne reprenne partiellement conscience. Et, pour vous rassurer quant à l'affaire de l'assassinat, le jour où j'ai rencontré Nadia Belâissaouiya, je n'avais pas été au Kef depuis un bon bout de temps… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Suite de la rencontre ….&lt;br /&gt;………………&lt;br /&gt;… Debout devant la mosquée El-Qadiriya. Soudain, je me surprends en train de rire, mais d'un rire involontaire qui pour, la première fois, me parait relever d'un comportement anormal. Sans arrêter de rire, je m'observe en compagnie des autres mendiants, tendant la main aux prieurs qui sortent de la mosquée. J'ai très honte…&lt;br /&gt;… Un éclat de lumière aveuglant me traverse. Il jaillit des yeux d'une vieille dame chez laquelle je reconnais le même éclat des yeux de ma grand-mère, Doraïa Jaïda, et de ceux de la vieille pucelle Oumm Ezzine. La main d'El-Hajja Héniya se tend vers moi avec une pièce de monnaie. Ses yeux me transpercent en profondeur. N'arrivant pas à soutenir son regard, je baisse soudain la tête, retire la main et m'enfuis, m'éloignant de la queue des mendiants…&lt;br /&gt;… Debout au coin d'une autre ruelle, attendant qu'El-Hajja Héniya me rattrape. Je mets la main à la poche. Les six petits cailloux de silex y sont encore. Ma mémoire remonte, en un clin d'œil, à l'image d'une dune en plein Sahara, sur laquelle je roulais avant de tomber dans les paumes. Brusquement une question traverse mon esprit : Mais où suis-je ? Et qu'est ce que je fais ici ? Avant de trouver une réponse, une autre crise de fou-rire involontaire m'envahit et l'image de la dune disparaît dans la profondeur de l'oubli…&lt;br /&gt;… Je marche regardant mes pieds. J'observe le parterre de pierres blanches. La rue étroite grimpe, serpentant entre les habitations contiguës, jusqu'à atteindre une place surplombant des montagnes vertes qu'envahissent des nuages à perte de vue. Je me rends compte pour la première fois que je suis dans une ville que je ne connais pas et que je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais visitée. Et pourtant, j'ai l'impression de me souvenir parfaitement de ces ruelles en particulier, comme si j'y avais longtemps vécu …&lt;br /&gt;… Place Cheikh Ali. El-Hajja Héniya me dépasse. Je la rattrape, marchant derrière elle comme attiré par un aimant. Le gardien du musée sort d'une porte cochère et la salue :&lt;br /&gt;- "Comment ça va Omma Hniya ?"&lt;br /&gt;Puis il s'adresse à moi menaçant :&lt;br /&gt;- "Allez vas t'en "L'As" !"&lt;br /&gt;Mais El-Hajja Héniya lui répond :&lt;br /&gt;- "Laisse-le tranquille ! laisse la miséricorde de Dieu descendre sur la terre."&lt;br /&gt;Puis, se retournant vers moi, elle ajoute :&lt;br /&gt;- "Allez viens "L'As", ne t'en fais pas !"&lt;br /&gt;Ainsi donc je suis "L'As". Le gardien du musée me connais ainsi que cette femme qui n'est ni Doraïa Jaïda ni La vierge Oum Ezzine. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Suite de la rencontre ….&lt;br /&gt;………………&lt;br /&gt;… Je vous ai dit depuis le début, madame, que c'étaient des images embrumées. Je ne m'en souviens que parce qu'El-Hajja Héniya m'avait raconté l'histoire de notre rencontre à maintes reprises. C'est elle qui m'a raconté comment elle m'avait emmené au mausolée de Sidi Bou Makhlouf et comment elle avait proposé à ses gardiens de m'y loger comme le faisaient, jadis, tous les bienfaiteurs qui rencontraient des étrangers dans la ville. C'est elle qui m'a décrit sa colère quand le gardien du mausolée avait refusé sa requête, me rappelant comment elle m'avait fait monter à l'arrière de sa camionnette avec trois sacs d'engrais blanc. Cette nuit là était la première que je passais dans la ferme de Slouguia sous la protection de Boujomâa.&lt;br /&gt;… Croyez-moi, madame, je n'ai aucun autre souvenir que ces images embrumées. Même mon nom, personne ne me l'a demandé et je ne l'ai dit à personne. J'ai accepté le nom de "L'As" ne sachant même pas dans quelles circonstances il m'avait été donné. El-Hajja Héniya m'appelait "L'As", ainsi que ses ouvrières qui arrivaient à la ferme chaque matin pour s'en aller au coucher du soleil. Quant à Boujomâa, il m'appelait "Ya'lkhou"(1).&lt;br /&gt;… J'ai aimé la vie avec les plantes, les haies de figues de barbarie, les cognassiers et les grenadiers. J'ai apprécié la vie avec les animaux. Je me suis intégré à eux en n'ayant de relations avec eux, que dans les limites que me traçait Boujomâa ou sur ordre de celui-ci. Car je n'étais pas, à proprement parler, un ouvrier d'El-Hajja, mais une sorte de réfugié chez elle. Je faisais ce que je pouvais quand j'en avais envie. Je travaillais ainsi en contre partie d'un repas que m'apportait Boujomâa après le coucher du soleil ou que m'offraient les ouvrières, à midi, lorsqu'elles s'asseyaient en rondes sous les arbres pour manger. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294345698030426098" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 253px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXlLXJk4l_I/AAAAAAAABRU/sPq2KQQ3OUI/s400/boussol17-e.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Deux jours avant l'Aïd Al-Adha, El-Hajja Héniya a rendu visite à la ferme de Slouguia. Elle a fait avec Boujomâa les comptes des ventes de moutons, pris l'argent chez lui et payé les ouvrières en leur accordant des générosités. Quant à moi, elle m'a emmené à Testour, m'a acheté des vêtements chez le fripier et m'a ramené à la ferme. En fin de journée, elle a choisi le plus beau mouton du troupeau, un cornu que Boujomâa n'emmenait pas avec lui lorsqu'il allait au souk. Une fois ligoté, nous nous sommes mis à deux, Boujomâa et moi, pour l'embarquer à l'arrière de la camionnette. Avant qu'elle ne démarre pour le Kef, El-Hajja Héniya m'a confié à l'attention de Boujomâa :&lt;br /&gt;- "L'As" est ton frère, Boujomâa, et c'est l'Aîd de l'Islam ! Alors fais attention à ton frère!&lt;br /&gt;C'était la dernière fois que j'ai vu El-Hajja Héniya. C'était aussi la dernière fois que j'étais pris par un fou-rire involontaire, juste en imaginant que Boujomâa et moi étions de vrais frères et qu'El-Hajja Héniya était notre maman. Les dernières paroles que j'avais entendues d'elle étaient des vœux dont l'écho continue à résonner en moi, comme une invitation à partir de Slouguia. En Actionnant le volant de sa camionnette, elle me jette un dernier regard à travers sa vitre baissée et me dit:&lt;br /&gt;- Allez, bonne fête "L'As". Dieu ait pitié de toi et mette fin à ta détresse !&lt;br /&gt;… A l'aube du jour de l'Aïd, j'ai allumé un feu, chauffé de l'eau, me suis lavé et ai mis mes nouveaux vêtements, comme convenu avec Boujomâa. Son fils ainé, Wa'el, est venu m'appeler et nous sommes partis, tous les trois, à travers les jardins, dans le noir, en écoutant Boujomâa nous expliquer, à son fils et à moi, comment nous devions nous comporter au cours de la prière de l'Aïd.&lt;br /&gt;… A la mosquée du village, je me laisse entrainer loin par le Dhikr et pleure. Boujomâa voit mes larmes couler et gronde son fils qui m'en demandait la raison. Mes larmes silencieuse n'ont pu cesser ni lors de l'échange de vœux de l'Aïd avec les prieurs, ni alors que j'aidais Boujomâa à égorger son mouton, ni encore lorsque, par égard pour sa femme et pour ses enfants, je me forçais à manger du méchoui :&lt;br /&gt;- Désolé Boujomâa, j'ai rendu triste votre Aïd.&lt;br /&gt;… J'e me suis isolé deux jours durant dans la pièce en terre séchée, n'ayant envie ni de boire ni de manger. Quelque chose à l'intérieur de moi commençait à me rappeler vaguement que j'étais Mohamed Lamjed Brikcha et qu'il me fallait faire quelque chose tout de suite pour ne pas me complaire dans le personnage de "L'As", à l'identité inconnue. Deux jours entiers avec l'écho des vœux d'El-Hajja Héniya qui priait pour moi : "Dieu ait pitié de toi et mette fin à ta détresse !".&lt;br /&gt;… Deux jours, seul avec le sentiment que Khaddouja Jaïed me manque, qu'Aïchoucha Laajel me manque, elle aussi, ainsi que Bbé Sabriya et l'impasse Brikcha. Mais, m'est-il encore permis de rentrer à Beb-Tounes comme si je n'en étais jamais sorti ?&lt;br /&gt;… Au troisième jour de l'Aïd je sors de bon matin, avant que Boujomâa ne m'apporte à manger. Marchant d'un pas de promeneur égaré le long de l'Oued Medjerda, je me laisse bercer par le crissement des feuilles jaunes sous mes pieds et ne regarde pas derrière moi. Je marche un moment, puis m'assois pour me reposer, réfléchir et me souvenir. Pourquoi suis-je égaré ainsi ? N'avais-je pas une destination bien déterminée ? Pourquoi n'ai-je plus rêvé depuis longtemps, ni aucours de mon sommeil, ni en état d'éveil ?&lt;br /&gt;… Le soleil se cache totalement derrière les nuages. Soudain, Tazoghrane, un nom de village à la consonance berbère, me saute à l'esprit avec insistance, sans que je n'en devine la raison. Dois-je me rappeler un temps passé à Tazoghrane ? Dois-je plutôt allez à Tazoghrane pour une quelconque raison?&lt;br /&gt;… Une pluie fine commence à tomber. Les nuages commencent à s'accumuler, couvrant toutes les collines qui m'entourent. Le froid commence à me glacer les pieds et les mains. Il faut rentrer à la ferme. Soudain, sautent à nouveau à mon esprit des images de dunes qui se relaient, alternant la chaleur brulante du soleil durant la journée et les flammes des feux de bois s'élevant dans le noir durant la nuit.&lt;br /&gt;Dieu, quel contraste je vis ? J'ai à l'esprit du feu, de la sècheresse et une voute du ciel, bleu et dégagé, et j'ai autour de moi la pluie, la verdure qui couvre toutes les collines s'enchainant jusqu'à l'horizon et le ciel qui manque de peu de me caresser les cheveux avec ses touffes de nuages gris. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294345775786664130" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXlLbrPaoMI/AAAAAAAABRc/9_W0wPSukxM/s400/boussol17-f.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;… Un nouveau pan de ma conscience me revient. Moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je recommence à me poser des questions sur mon existence et à distinguer les choses autour de moi. Moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je commence à sentir une envie persistante d'allez à Tazoghrane, ou d'y retourner pour rafistoler ma mémoire. Alors je ne dormirai plus dans la pièce en terre séchée après ce soir ! &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Suite de la rencontre ….&lt;br /&gt;………………&lt;br /&gt;- Pour la dernière fois, Si Lamjed : dans quelles circonstances avez-vous rencontré Bochra Toukebri au Kef ? Reconnaissez-vous, au moins, l'avoir rencontrée ? Répondez-moi, par oui ou par non !&lt;br /&gt;- De la brume, madame, de la brume et rien que de la brume. Je crois pouvoir affirmer l'avoir rencontrée depuis un moment, pas très long. Il se peut que ce soit au Kef, comme vous le dites. Mais il se peut que ce soit à Gafsa, à Kasserine ou même ici dans les couloirs de cette prison. Est-elle venue me rendre visite, la semaine dernière, avec ma sœur Rachida? Aidez-moi, madame ! Accordez-moi un peu de temps et je m'en souviendrai. Le nom de Bochra Toukebri me revient à la mémoire associé à ceux de Karim Awled Belâaïfi, le poète, et Sofiène Jéridi, l'ex responsable de la section de l'union des étudiants. Mais je me sens fatigué. La brume est très dense. Ma tête va éclater. Je crois que je commence à m'évanouir…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;strong&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;----------&lt;br /&gt;(1) "Ya'lkhou" : Frère, prononcée à l'algérienne.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-8551646179608811971?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/8551646179608811971/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=8551646179608811971&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/8551646179608811971'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/8551646179608811971'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/01/la-boussole-de-sidinna-17-le-ravin-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 17 Le ravin de l&apos;oubli, bis'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXlLLwZCA_I/AAAAAAAABRE/UfiYmuiX0Gg/s72-c/boussol17-c.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-1143786589990270647</id><published>2009-01-15T21:39:00.000-08:00</published><updated>2009-01-15T21:51:43.834-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 16 Le ravin de l'oubli</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (46/53) La Boussole de Sidinna (16/23) – 16 janvier 2009&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin second :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Orientation sixième 1 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le ravin de l'oubli&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Il a été exceptionnellement recommandé, pour des raisons purement littéraires, n'ayant rien à voir avec la censure, de citer ici la source, dans ces termes :&lt;br /&gt;"Voici encore des extraits d'un document puisé dans le dossier de l'accusé Mohamed Lamjed Ben Habib Ben Bahri Brikcha. Le document original est la transcription de l'enregistrement de la rencontre N°…………. entre l'accusé et Mme…………, chef du service……….. et ce, le matin du……….. à la salle d'écoute N°…..…… Transcription sur ordinateur par : R. B. T. Extraits choisis par : H.S.L.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5291762414581210162" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 319px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXAd4QzgXDI/AAAAAAAABOc/4vSJlZVYb0w/s400/boussol16-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;…………………&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..&lt;br /&gt;- Vous voici enfin décidé à reprendre la parole ! Avez-vous bien dormi?&lt;br /&gt;- Oui.&lt;br /&gt;- Sentez-vous, au moins, une amélioration ?&lt;br /&gt;- Oui, un peu.&lt;br /&gt;- Au cours de ta cure de sommeil, votre sœur Rachida et son mari, ainsi que votre cousin et une voisine ont demandé des autorisations de visites qui leur ont été refusées pour vous laisser vous reposer.&lt;br /&gt;- C'est mieux ainsi. Je n'aime pas voir Ameur El Bintou !&lt;br /&gt;- Après ces longues journées de silence, je crois que nous allons, enfin, fournir quelques efforts supplémentaires.&lt;br /&gt;- Depuis notre dernière rencontre, Plusieurs événements me sont revenus. Mais des événements n'ayant aucun rapport avec mon affaire. Ceux qu'il m'est demandé de me rappeler, eux, me font toujours mal à la tête dès que j'essaye de me concentrer pour m'en souvenir. Et, à chaque fois, le mal s'intensifie et je me laisse emporter par le sommeil, perdant à nouveau la mémoire.&lt;br /&gt;- Nous allons, si vous le voulez bien, travailler d'une façon un peu différente. Détendez-vous bien et essayez, cette fois-ci, de vous contenter de répondre à mes questions. Ceci pourrait vous permettre, plus tard, de vous souvenir plus facilement d'autres faits sans aucune aide de ma part. Dites-moi, vous souvenez-vous d'avoir connu, lors de votre vie universitaire, un étudiant du nom de Abdel Hafidh Bettaleb ?&lt;br /&gt;- Haffa Rabâaoui ? Bien sûr que je m'en souviens. Nous étions amis, à un certain moment. Il étudiait l'art dramatique. Et, avant de déménager à Ras-Tabia, J'occupais avec lui la même chambre à la cité universitaire de Ben-Arous. A l'époque, il était en troisième année et moi en première. Puis nous sommes restés en contact, jusqu'à la fin de mes études. C'était un acteur génial, brun foncé mais vraiment beau gosse. J'ai assisté à son projet de fin d'études. C'était super. Seulement, Haffa n'avait pas de chance. Après la maîtrise, il est resté au chômage quelques années. S'accrochant à son rêve comme il pouvait, il était resté dans la capitale, malgré la cherté de la vie. Il espérait décrocher un contrat avec une troupe théâtrale ou être distribué dans un film ou un feuilleton télévisé. Mais il a dû plier sous la pression de sa famille et rentrer dans le sud, abandonnant définitivement ses ambitions théâtrales pour se consacrer au travail du palmier.&lt;br /&gt;- Bien, tout ça c'est bien ! Essayez maintenant de bien vous souvenir et répondez, si possible, par oui ou par non ! Lors de notre dernière rencontre, vous m'aviez dit avoir traversé le Sahara, avec un groupe qui tentait de passer les frontières algériennes. Vous rappelez-vous avoir vu cet ami parmi les membres du groupe ?&lt;br /&gt;- Qui ? Haffa ? Vous rigolez, madame ! C'est une situation impossible à imaginer. Je vous ai dit que tous les membres de ce groupe étaient des dévots. Alors que Haffa Rabâaoui avait pour seule religion le théâtre et les plaisirs de la vie. On lui connaît d'ailleurs cette boutade par laquelle il répondait à ceux qui prétendaient que les arts sont prohibés par la religion. Il disait: "la religion est prohibée dans le théâtre".&lt;br /&gt;- Oui, bien sûr Si Lamjed, ce sont des détails très importants. D'ailleurs tout ceci m'a été communiqué dans le dossier. On m'a même fait savoir que certains étudiants l'appelaient, passez-moi l'expression, "Haffa le gigolo!"&lt;br /&gt;- Ah oui, c'est vrai. D'ailleurs il avait, à ce propos, l'art de se tourner lui-même en dérision en se faisant appeler ainsi. En fait, il jouait à l'amoureux avec quelques vieilles filles riches de la banlieue Nord de Tunis et n'avait aucune gène à déclarer qu'il se faisait entretenir par elles.&lt;br /&gt;- Et pourtant, Si Lamjed, il est spécifié dans ce dossier que c'est bien lui qu'on avait arrêté avec le groupe des frontières algériennes. Moi, Si Lamjed, je dirais sans aucune intention de vous influencer, que si vous parveniez à vous assurer que c'est bien lui qui vous avait poussé à traverser, alors vous trouveriez certainement celui qui vous a frappé sur la tête dans le Sahara. Il reconnaîtrait qu'il l'avait fait parce qu'il vous considérait comme mécréant. Et cela vous aiderait beaucoup à rejeter la plus grave de toutes les accusations portées contre vous.&lt;br /&gt;……………&lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5291762281032017074" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXAdwfS5ZLI/AAAAAAAABOU/ddcDXKQ67cU/s400/boussol16-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;…..Encore une fois, je ne veux pas vous faire peur, mais je vous rappelle que vous leur aviez avoué, de votre propre gré, avoir tenté de passer clandestinement les frontières. Ils n'ont d'ailleurs de preuve contre vous que vos propres déclarations.&lt;br /&gt;- Que voulez vous insinuer, madame ? Voulez-vous suggérer qu'il m'est permis, pour repousser l'accusation portée contre moi, d'accuser mon ami ? Voulez-vous dire que Haffa Rabâaoui serait celui qui aurait ordonné qu'on me donne un coup de pierre sur la tête et qu'on me laisse mourir dans le Sahara ?&lt;br /&gt;- Ne vous énervez-pas, Si Lamjed. Calmez-vous et ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je vous ai dit "si vous parveniez à vous assurer". Cela ne veut pas dire que je vous suggère un quelconque comportement. Je tente seulement de vous aider à être logique. Souvenez-vous que c'est vous qui aviez dit que votre sélection pour la traversée était due à une intervention d'une vieille connaissance de l'université ou d'un fils du pays. Qui était cet intervenant ? Voici la question à laquelle vous n'avez pas réussi à donner de réponse…………..&lt;br /&gt;………………………………………………………………………………………………………………………………………………………&lt;br /&gt;… Calmez-vous, s'il vous plait et parlez-moi, au lieu de vous triturer nerveusement les doigts. Je comprends parfaitement ce que vous ressentez. Mais ce silence ne peut aucunement m'aider à vous sortir de cette situation délicate. Lorsque l'affaire de ce groupe a été publiée, j'ai vu que l'arrestation de ses membres avait eu lieu à la même période et dans les mêmes circonstances que vous m'aviez décrites. Alors j'avais toutes les raisons de supposer que ce serait le même groupe au sein duquel vous aviez évolué dans le Sahara. J'ai demandé des renseignements. Et j'ai trouvé qu'aucun membre du groupe n'était originaire de votre ville. Par contre la présence d'Abdel Hafidh Bettaleb Rabâaoui a attiré mon attention. Il était le seul membre du groupe à avoir fait des études universitaires et, en plus, il avait à peu près votre âge.&lt;br /&gt;………..&lt;br /&gt;…..Si je vous ai posé la question, Si Lamjed, ce n'est pas pour vous pousser à faire une déduction erronée, mais parce qu'il m'importe que vous connaissiez cette vérité, vous aussi. Et, maintenant que vous vous êtes souvenu d'avoir eu des relations avec Abdel Hafidh Rabaaoui, je n'imagine pas que vous puissiez considérer cette ressemblance et cette simultanéité comme un simple fait du hasard. Si nous revenons à votre déclaration, dans laquelle vous disiez que, lors de la traversée, certains membres du groupe étaient cagoulés, alors il serait légitime de supposer que votre vieil ami était bien celui qui vous a convaincu de traverser, même si vous ne l'avez pas rencontré directement, même si vous ne l'avez pas reconnu au cours de votre marche dans le Sahara.&lt;br /&gt;- S'il vous plait, madame ! Ne dites pas qu'il m'a convaincu. Je vous ai dit que j'ai vécu ces événements, comme entrainé dans un rêve…&lt;br /&gt;- D'accord, d'accord ! Je ne suis pas ici pour vous juger de quelque façon que ce soit. Je n'ai aucune objection sur le rêve, en tant que forme de discours. L'essentiel, Si Lamjed, est de dire, de parler, de ne pas sombrer dans le silence. Et je suis là pour vous écouter. Alors racontez de la façon qui vous convient le mieux, par le discours direct, par le symbole ou comme vous le dictent vos rêves. L'essentiel, maintenant, est que vous recouvriez tout votre calme. Relaxez-vous et essayiez d'organiser vos idées. Mais, surtout, soyez sincère avec vous-même.&lt;br /&gt;……………..&lt;br /&gt;… Bien, laissons de côté, si vous le voulez bien, l'affaire de la traversée, jusqu'au moment où vous vous souviendrez spontanément de quelques nouveaux détails. Oublions aussi, provisoirement, ce trou noir dans votre mémoire dont l'évocation vous fatigue et qui, je vous le fait remarquer, se rétrécit de plus en plus grâce à notre travail. Son étendue ne couvre plus que la distance entre la traversée du Sahara et l'arrivée à Menzel-Bou-Zelfa.&lt;br /&gt;Pouvons-nous, si vous le permettez, revenir précisément à cette étape de Menzel Bou Zelfa, au cours de laquelle vous jugez avoir repris conscience ?&lt;br /&gt;- J'ai dit tout ce que j'avais à dire sur Menzel Bou Zelfa ! &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5291762528985581698" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXAd-6_oiII/AAAAAAAABOk/KLgYzXClXHg/s400/boussol16-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;- Pardonnez-moi, Si Lamjed, mais faites comme si je n'en avais rien entendu. Auriez-vous une objection à reprendre tout depuis le début ?&lt;br /&gt;… Non ? D'accord ! Seulement, souvenez-vous que si vous voulez que je sois de votre côté, il faut nécessairement me faire confiance et me dire toute la vérité sans essayer de couvrir qui que ce soit, même pas par grandeur d'âme. Je ne sais pas si vous voyez bien ce que je veux dire ! Je vous ai promis que ce que vous me direz ici ne servira jamais à porter préjudice à qui que ce soit, sans votre consentement, même si, de son côté, l'intéressé vous porte préjudice.&lt;br /&gt;…………………….&lt;br /&gt;- Je vous ai déjà dit que je n'avais rien de nouveau à ajouter.&lt;br /&gt;- D'accord, d'accord ! Et si je vous disais que moi, j'ai du nouveau ?&lt;br /&gt;… Par exemple concernant le nombre de jours que vous avez passés chez les Belâissaouiya à Menzel Bou Zelfa ! Je sais maintenant, j'en suis certaine, que vous y avez été pendant trois jours entiers et non pas seulement un jour et une nuit, comme vous l'avez affirmé lors de notre dernière rencontre.&lt;br /&gt;………..&lt;br /&gt;….Etablir cette vérité, Si Lamjed, vous disculpera dans l'affaire de l'assassinat de votre employeuse pour voler ses bijoux.&lt;br /&gt;- Je vous ai dit que je n'avais rien à voir avec cette affaire.&lt;br /&gt;- Je le sais. J'en suis même convaincue. Mais évoquer votre perte de mémoire pour nier tout en bloc, même le fait d'avoir passé quelques semaines ou quelques mois au Kef, ne peut aucunement éloigner de vous les soupçons.&lt;br /&gt;…………..&lt;br /&gt;… Il nous suffirait, par contre, d'apporter la preuve que vous êtes arrivés à Menzel Bou Zelfa avant le meurtre et que vous-vous y trouviez le jour où il a été commis, au Kef, par quelqu'un d'autre, pour que la photo qui se trouve dans votre dossier et qui vous montre en compagnie des ouvriers de Hajja Haniya au café, devienne un document tout ce qu'il y a de plus ordinaire et qui ne peut être utilisé contre vous. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5291762721071998194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXAeKGkmpPI/AAAAAAAABO0/Qtnj1395c5I/s400/boussol16-e.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;…………………..&lt;br /&gt;… Bon, vous tenez encore à votre silence?&lt;br /&gt;……………..&lt;br /&gt;… Et si je vous disais que j'ai pu entrer en contact avec Nadia Belâissaouiya et que j'ai réussi à savoir exactement l'endroit et surtout la date et l'heure de votre rencontre avec elle ? Allez-vous continuer à dire que vous l'aviez rencontrée à Zaghouan ?&lt;br /&gt;………………………..&lt;br /&gt;Voulez-vous me dire la vérité maintenant ou bien préférez-vous avoir un délai de réflexion ?&lt;br /&gt;………&lt;br /&gt;… Bien, me parleriez-vous si je changeais de sujet ? Ou dois-je me retirer jusqu'à ce que vous ayez réfléchi à ce que je viens de vous dire ?&lt;br /&gt;……………&lt;br /&gt;….Comme vous voulez, je m'en vais, mais avant d'oublier, j'ai aussi des informations sur Bochra Toukabri. Des informations qui vont vous étonner ! Ne me dites pas que vous-vous rappelez Abdel Hafidh Rabâaoui et pas Bochra Toukabri.&lt;br /&gt;- Au contraire, madame, je m'en souviens très bien.&lt;br /&gt;- Ah, vous voulez donc que je reste encore un peu !&lt;br /&gt;- Je ne sais pas, l'évocation de Bochra m'a un peu remué. Son ancien fiancé Fares Khmiri était mon ami. Il constituait le troisième pilier du trio de la Manouba, composé de lui, de Yassine Bellaghnej et de moi-même.&lt;br /&gt;- Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous l'aviez vue ?&lt;br /&gt;……………………….&lt;br /&gt;- ….. De la brume, rien que de la brume. Il commence à me sembler que je viens de la voir depuis peu. Mais quand ? où ? Avec qui ? Croyez-moi, cette fois-ci, madame. Je sens comme une brume dense qui enveloppe ma mémoire de façon à ce que je ne perçoive plus que les traits flous de Bochra Toukabri.&lt;br /&gt;…………………..&lt;br /&gt;….Mais, soudain, voici que le nom de Karim Awled Belâaïfi me revient à l'esprit.&lt;br /&gt;- Qui est-ce ?&lt;br /&gt;- Un étudiant que j'avais connu au cours de ma dernière année de fac. J'avais reconnu en lui un futur poète hors pair. J'avais publié plusieurs de ses textes dans la brochure de notre club de littérature. Avais-je vu Bochra en sa compagnie à Kasserine ? Mais je n'ai aucun souvenir d'être allé à Kasserine…&lt;br /&gt;……………….&lt;br /&gt;… Mais peut-être est-ce plutôt Sofiène Jeridi, l'ex responsable de la section de l'Union des étudiants, qui me l'aurait présentée, au café Oued-El-Bey ? Mais suis-je jamais allé à Gafsa? Et quand ? Je ne le sais.&lt;br /&gt;………………… &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5291762615117812994" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXAeD73KFQI/AAAAAAAABOs/_cUJK5DmSyo/s400/boussol16-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;….De la brume, encore de la brume et rien que de la brume. Croyez-moi, madame, je ne veux couvrir personne qui ait commis un acte criminel. Mais je sens que ma tête va éclater. J'ai très mal à l'endroit de mon ancienne blessure. C'est comme si je venais juste de recevoir le coup de pierre sur la tête et, comble de l'ironie, comme si Haffa Rabâaoui lui-même venait de me l'asséner… L'image commence à s'embrumer devant mes yeux. Je crois que je vais m'évanouir ……. &lt;/p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;p align="right"&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-1143786589990270647?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/1143786589990270647/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=1143786589990270647&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/1143786589990270647'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/1143786589990270647'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/01/la-boussole-de-sidinna-16-le-ravin-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 16 Le ravin de l&apos;oubli'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SXAd4QzgXDI/AAAAAAAABOc/4vSJlZVYb0w/s72-c/boussol16-b.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6232580831188217226</id><published>2009-01-08T17:48:00.001-08:00</published><updated>2009-01-08T18:07:35.756-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 15 Des ailes pour un papillon en feu, ter</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (45/53) La Boussole de Sidinna (15/23) – 09 janvier 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin second :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Orientation cinquième 3 :&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des ailes pour un papillon en feu, ter&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Fini le rêve, fini.&lt;br /&gt;C'est vrai que je ne sais plus comment mes rêves commencent ni comment ils se terminent. Mais le rêve est bien fini.&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289105662847192418" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SWatk9WDjWI/AAAAAAAABM0/tSiqNlnEzGU/s400/boussol15-f.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Fini le rêve-horizon, que j'ouvre volontairement en me laissant emporter par le sommeil, ou en m'évadant de mon réel vers un monde de mon imagination. Fini le rêve-abri, duquel je ne sors qu'à la levée du jour, sur insistance de mon environnement immédiat, ou lorsque le réel se fait envahissant et impose le dictat de sa routine quotidienne, me faisant miroiter l'espoir d'une possible éclaircie.&lt;br /&gt;Fini le rêve, fini. Mais je suis loin de m'installer dans un éveil où se trouvent des repères clairs. Loin de renouer avec un réel qui a de quoi m'attirer, me provoquer ou même m'agresser. Mais si le rêve est fini, c'est pour que, sans répit, se relaient les cauchemars. Des cauchemars du réel qui investissent mon sommeil. Des cauchemars de mon sommeil qui se propagent dans la sphère du réel. Ils s'enchevêtrent dans un enchainement interminable. Nul éveil de celui-ci, nul retour de celui-là. Un cercle qui ne finit que pour recommencer.&lt;br /&gt;Fini le rêve. Fini cet être narratif que je pouvais maîtriser à la réception comme à la restitution. Finie cette construction dramatique bien structurée, avec une porte d'entrée, une porte de sortie et une issue de secours, me permettant de m'en éloigner un peu, pour observer, pour me souvenir, pour raconter. Pourquoi et comment ai-je perdu la maîtrise de mes rêves ? Pourquoi et comment en suis-je arrivé à dégringoler d'un cauchemar à un autre cauchemar puis à mille autres encore ? Pourquoi dois-je toucher le fond, sans trouver en moi la moindre volonté de ressurgir.&lt;br /&gt;Peut-être est-ce une idée absurde, mais tout cela n'est-il pas parce que je me trouve coupé de toutes mes femmes ?&lt;br /&gt;Je tends l'oreille aux battements de mon cœur et entends, tout de suite, l'écho de ma mésentente avec Aïchoucha. Je l'ai invitée à mes rêves. Je lui ai écrit un email pour qu'elle m'y rejoigne, mais elle parait heureuse de ce silence radio. Affecté par cette absence inexpliquée, aveuglé par cette maudite liasse de billets à moi laissée par Yassine Bellaghnej, j'ai dû vite oublier que je lui devais fidélité à vie et me suis précipité dans l'adultère jusqu'à être pris en flagrant délit avec une putain professionnelle.&lt;br /&gt;J'éprouve le manque de Bbé Sabriya, à laquelle je confiais, pendant la journée, tous mes secrets et toutes mes craintes. Elle me les gardait précieusement, ne sortant jamais de son mutisme éveillé et, la nuit venue, je la rencontrais dans mes rêves et elle m'entretenait du dit et du non dit. Mais voici qu'entre elle et moi se dressent des montagnes et des dunes, coupant entre elle et moi tout contact, même dans le songe.&lt;br /&gt;Je ressens le mal de Beb-Tounes, de l'impasse Brikcha, de la tendresse de ma petite maman. Mais je vois s'étendre entre Khadouja Jaïed et moi des distances que je ne sais comment effacer ni comment franchir. J'ai le mal de ces matins où "Di Jay" se tenait assise au bord de mon lit, me demandant de raconter mes rêves et me les interprétant de cette façon dont elle détient seule le secret et qui avait le mérite de me retenir à la vie.&lt;br /&gt;Quant à Sawana, elle ne se manifeste plus que dans la peau d'une chienne enragée, les yeux en feu et les canines bien aiguisées. Comment lui faire confiance ?&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289105393798042994" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SWatVTDvVXI/AAAAAAAABMk/jT3oow0KztE/s400/boussol15-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Pour qui me réveillerais-je, alors ? A qui confier cet incendie qui me brule les trippes ? Et comment demeurer enclin à rêver d'un lendemain qui me sortirait de ce tunnel ? Comment s'étonner, alors que je touche le fond du fond, perds ma capacité de concentration et ne peux suivre les événements de mon cauchemar qui défile à une vitesse destructrice ? Comment ne pas prendre, alors, l'obscurité pour la lumière, l'ignorance pour le savoir, la nuit pour le jour, le feu pour l'eau et la haine pour de l'amour ? Comment s'étonner que je choisisse pour ami mon ennemi et pour protecteur mon bourreau ? Comment s'étonner que je m'instille dans les yeux du vitriol, lorsque je ressens le besoin d'une vision plus claire ?&lt;br /&gt;*****&lt;br /&gt;… Les yeux bandés, je suis couché sur une civière. Je ne sais pas d'où m'est venue cette blessure à la tête, ni comment je suis arrivé ici, ni encore qui a couvert ma nudité avec cette Jebba en toile qui ne m'appartient pas.&lt;br /&gt;- Chchut… Bonjour frère. Que ta journée soit de dattes et de lait. Personne ne dois nous entendre. Réponds par chuchotement.&lt;br /&gt;- Bonjour.&lt;br /&gt;- C'est toi Mohamed Lamjed Brikcha, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;- Oui, c'est bien moi. Mais qui vous l'a dit ? J'ai perdu mon portefeuille et je n'ai décliné mon identité à personne !&lt;br /&gt;- Chchutt… Noble et issu de la noblesse. Le mal n'est pas de se tromper mais de ne pas se repentir. Et toi, tu t'es bien repenti, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;- Repenti, moi ? Oui, oui bien sûr que je me suis repenti. Mais où suis-je, donc ?&lt;br /&gt;- Pour l'instant à l'hôpital, mais après moins d'une heure, tu seras au sein de ta famille et parmi tes proches. N'aimes-tu pas l'Irak spolié ?&lt;br /&gt;- L'Irak spolié ? Ah oui bien sûr que j'aime l'Irak ! Et je n'aime pas du tout qu'il soit spolié. Mais…&lt;br /&gt;- Chchut… Noble et issu de la noblesse. Unique est ta passion pour le sacrifice et unique ton amour pour l'Irak. N'es-tu pas l'auteur du poème sur l'Irak dont le début est : "J'aime l'Irak comme personne n'aime l'Irak" ?&lt;br /&gt;- Si, si, mais ce n'était qu'un petit essai que j'avais composé en état d'ivresse. Comment ce poème vous est-il parvenu et comment avez-vous su que j'en étais l'auteur ?&lt;br /&gt;- Chchchut… modeste et issu de la modestie. Peu importe comment il m'est parvenu, l'essentiel est de savoir que son écho est arrivé jusqu'en haut de la pyramide. Je vous félicite, Mohamed, mon frère, d'avoir gagné la confiance du sommet de la pyramide.&lt;br /&gt;- Je reconnais que c'est la première fois que j'entends parler de cette pyramide. Mais c'est un véritable honneur que l'écho de mon poème parvienne à son sommet. Dites-moi, que m'est-il arrivé au juste pour que l'on m'ait amené à cet hôpital ? Dois-je être ramené en prison après ma guérison ?&lt;br /&gt;- Chchchuttt… Ne parle plus de prison, frère, et n'aie aucune crainte. Tu n'iras pas en prison. Et puis la blessure que tu as à la tête ne nécessite pas hospitalisation. Les agents de gardiennage de l'hôtel te conduisaient effectivement à la voiture de police. Ils t'avaient pris en flagrant délit dans une suite affectée à la débauche. Mais l'écho de ton poème avait précédé ta débâcle et tu as bien mérité d'être sauvé.&lt;br /&gt;- Sauvé ? Vous voulez dire sauvé des gardiens de l'hôtel ?&lt;br /&gt;- Chchuttt… Nous sommes tous susceptibles de nous tromper, Mohamed. Le sommet de la pyramide t'a reconnu, dès que l'écho de ton poème lui est parvenu. Il est, paraît-il, un enfant du pays ou un ancien camarade d'école. Alors il a spécialement chargé notre grand frère de te détourner, de la voiture de police vers l'ambulance. Félicitation Abou Al Majd, félicitations.&lt;br /&gt;- Pourquoi serais-je à féliciter ? pour la voiture de la police ou pour l'ambulance ? Ah, je crois que j'ai, à nouveau, perdu la mémoire.&lt;br /&gt;- Chchuttt… Mais pourquoi dis-tu cela ? Dis plutôt que tu t'es réconcilié avec ta véritable mémoire et es devenu apte à la traversée.&lt;br /&gt;- Apte à la traversée ! Ah, bien sûr que je suis apte à tout, moi, même à la traversée ; mais à condition que quelqu'un se rende compte de mes dons. Dites-moi, cependant, de quelle traversée me parlez-vous, au fait ?&lt;br /&gt;- Chchchuttt… Nous attendons tous de traverser là où nous préparerons à nos ennemis tout ce qu'il faut de force et de chevaux.&lt;br /&gt;- Ah bon ! Mais le problème c'est que je suis maigre, moi, et qu'en plus, je ne sais pas monter à cheval.&lt;br /&gt;- Chchuttt… Noble et issu de la noblesse. Vous vivrez modestement quelques jours et vous serez un vrai dur. Vous êtes intelligent et vous allez tout apprendre très vite. Alors félicitations Mohamed, mon frère. Certains de nous attendaient depuis toute une année afin de mériter l'honneur de la traversée. Et toi, tu as été choisi par notre grand frère dès le premier jour.&lt;br /&gt;… Noble et issu de la noblesse ? Je durcirai vite ? Oui, mais intelligent, je ne le suis plus. Les yeux bandés, je suis couché sur une civière. La blessure de ma tête est légère, mais très profonde est celle de mon âme. Je ne me rappelle pas comment je suis arrivé ici, mais je suis redevable à celui qui a couvert ma nudité avec cette Jebba de fortune et qui m'a détourné de la voiture de police vers l'ambulance. Je traverserai, bien sûr. Et pourquoi ne traverserais-je pas ? Puisqu'il le faut ! Ne vaut-il pas mieux traverser qu'aller en prison ? Ne vaut-il pas mieux traverser que tourner en rond ? Pour l'instant, je ne comprends rien de ce cauchemar. Mais, je comprendrai bien plus tard, lorsque j'aurai traversé avec les autres. Ou bien est-ce mon destin de vivre, jusqu'à la fin des temps, des cauchemars que je ne comprendrai jamais? Pince-moi, petite maman… Ou bien aurais-tu choisi, toi aussi Di Jay, de me lâcher, au point que je n'arrive même plus à obtenir de toi que tu me pinces ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Où suis-je ? Où m'emmenez-vous? Où est le Nord et ou est le lever ? Où est le Sud et où est le coucher ?&lt;br /&gt;…Les dunes de sables se forment tels des dômes semés par le vent à perte de vue. De l'horizon à l'horizon, le sable se meut en vagues sous la voute céleste. Le soleil se couche. L'appel à la prière rassemble et aligne tous les groupuscules qui marchaient dispersés, pendant que s'apaise incendie du coucher qui s'éteint petit à petit. Et la voute céleste se teint d'un bleu sombre et profond parsemé d'étoiles s'illuminant au dessus de nos têtes, tels des diamants qui se recueillent avec les prieurs sur terre, louant Dieu, le créateur de la beauté de lumière et d'obscurité. Dieu est le plus grand. Dieu est le plus grand. Il n'y a de Dieu que Dieu. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Où avez-vous trouvé tout ce bois ?&lt;br /&gt;L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole ! (1)&lt;br /&gt;… Ce soir est Achoura et demain sera encore Achoura(2)… Nous marchons durant la journée sous le soleil brulant afin de nous purifier. Et, quand vient la nuit, nous entassons du bois et allumons un feu dont la hauteur des flammes est inégalable&lt;/strong&gt;.&lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289105201888390466" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 317px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SWatKII6bUI/AAAAAAAABMU/gKXHcYd9Zt4/s400/boussol15-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;... L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole !&lt;br /&gt;… Comment pourrais-je sauter, les yeux bandés, au dessus de ce feu géant ? Comment pourrais-je, alors que le monde est sombre, ténèbres, voir où mettre les pieds?&lt;br /&gt;- Chchchtt… tais-toi Aboul Majd. Que la pierre s'abatte sur les mécréants… La lumière est dans nos cœurs, frère.&lt;br /&gt;...Dieu est le plus grand. Dieu est grand, très grand… Qui a le cœur en paix, prie pour l'envoyé de Dieu… L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole ... Khamssa We Khamis. Présence est Mohamed et absence est Ibliss... Dieu est grand, très grand. Dieu soit loué, beaucoup loué !&lt;br /&gt;… Gloire au bon vieux temps, notre passé auquel il faut revenir et qui est la seule voie de salut… Dieu est le plus grand. Dieu est le plus grand…&lt;br /&gt;… L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole ! Et que s'élèvent les flammes… Maudit soit un présent dont le passé est meilleur… Anéanti soit un avenir qu'il vaut mieux bruler qu'attendre qu'il passe sans jamais prendre conscience de son avènement...&lt;br /&gt;… Khamssa We Khamis. Présence est Mohamed et absence est Ibliss... L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole ! … Dieu est le plus grand. Dieu est le plus grand. Nous sommes tous prêts au sacrifice pour l'Irak. Prêts au sacrifice pour Al-Hussein. Nous te pleurons, Al-Hussein.&lt;br /&gt;- Mais comment pourrais-je voler sans avoir des ailes ?&lt;br /&gt;- Vas-tu te taire, Aboul Majd ? Lamente-toi avec nous, lamente-toi. Dis "nous te pleurons Al-Hussein" et assez de questions. Comment t'a-t-on choisi pour la traversée alors que tu ne connais même pas Al-Hussein ?&lt;br /&gt;- En vérité je connais Al-Hassen, le cousin d'Aichoucha qui a survécu, mais son jumeau Al-Hussein, je ne l'ai jamais connu. On dit qu'il est mort avant l'âge du sevrage. Mais pourquoi me lamenterais-je sur lui, alors qu'il n'est même pas un parent éloigné ?&lt;br /&gt;- Tais-toi Aboul Majd, tais-toi ! Que la pierre s'abatte sur les mécréants. Aide-nous au moins par ton silence, si tu veux sortir de ce Sahara sain et sauf !&lt;br /&gt;… Qui a le cœur en paix, prie pour l'envoyé de Dieu… L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole… Dieu est grand. Dieu est grand. Nous te pleurons Al-Hussein. Mais c'est à toi que je pense, Aïchoucha ! Dois-je aussi me lamenter en pensant à toi ? Je n'arrive pas à pleurer un cousin à toi que toi-même n'as jamais connu. Ah si tu étais venue dans mes rêves, Aichoucha, tout ceci ne me serait pas arrivé.&lt;br /&gt;… Dieu est le plus grand. Dieu est le plus grand… Que les amoureux du prophète prient pour lui… L'argent du pétrole, les gars, l'argent du pétrole… Nos âmes et notre sang à sacrifier pour toi, Al-Hussein. Nos âmes et notre sang à sacrifier pour toi, Irak…&lt;br /&gt;- Mais alors quel rapport peut avoir l'Irak avec le cousin d'Aïchoucha ?&lt;br /&gt;…Que les amoureux du prophète prient pour lui. Khamssa we khmiss… Où es-tu, Di Jay ? Le jour et la nuit fusionnent... Le sable est brûlant sous mes pieds nus et le soleil me grille le crâne découvert… Les frontières algériennes sont loin et ce Sahara est sans fin... Si tu m'avais pincé le doigt du pied, Di Jay, je me serais réveillé et t'aurais décrit l'immensité du ravin vers lequel je me précipite, dans cet horrible cauchemar.&lt;br /&gt;… Dieu est le plus grand. Dieu est le plus grand et gloire à l'Irak. Où es-tu Bbé Sabriya ? N'y a-t-il pas un autre chemin pour l'Irak que celui-ci ? Si je pouvais te trouver seule dans la chicane, Bbé Sabriya, je t'avouerais que ma bouche qui dit oui trahit mon cœur qui dit non… Si je trouvais une occasion pour te voir, je te dirais franchement :&lt;br /&gt;- je témoigne qu'il n'y a de Dieu que Dieu. Je témoigne que Mohamed est son prophète. Je témoigne que je souffre trop dans ce monde périssable, mais que je ne le déteste nullement. Je témoigne que j'aime l'Irak comme personne n'aime l'Irak, mais que je ne veux sacrifier mon âme pour tuer des âmes innocentes...&lt;br /&gt;- Que la pierre s'abatte sur les mécréants. Tais-toi fils de Brikcha, tais-toi à jamais. Que la colère de Dieu s'abatte sur toi !&lt;br /&gt;- A moi Sidinnaaaaa…&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;strong&gt;… Une pierre lourde s'abat sur une blessure légère. Qui est celui qui me punit d'avoir composé un poème sur l'Irak sans avoir connu, au préalable, le cousin d'Aïchoucha ? Qui est celui qui a éteint la lumière du jour ? Par pitié, allumez une bougie, que je puisse mieux voir les étoiles de la sieste ! Allumez une bougie, que je puisse à nouveau chanter :&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289105303244625906" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 350px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SWatQBuH1_I/AAAAAAAABMc/sebSMyEDh0U/s400/boussol15-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'argent du pétrole les gars,&lt;br /&gt;L'argent du pétrole&lt;br /&gt;Ramassons des bouts de bois,&lt;br /&gt;Et versons du pétrole&lt;br /&gt;Et viens, Ya Bahija,&lt;br /&gt;Allumons le feu&lt;br /&gt;Et tapons des mains, des pieds&lt;br /&gt;Chacun saute un peu&lt;br /&gt;Eh, toi, fils de ta maman,&lt;br /&gt;Pousses-toi de là !&lt;br /&gt;Qu'une gifle sans raison,&lt;br /&gt;Sur ta joue s'abat(te)!&lt;br /&gt;Et la poule couveuse&lt;br /&gt;Et ta femme boudeuse&lt;br /&gt;Et le cochon au museau&lt;br /&gt;Ne quitte pas son berceau&lt;br /&gt;Car personne n'est dans la rue&lt;br /&gt;Sauf Bouk Ahmed, le têtu&lt;br /&gt;Bouk Ahmed tient à sauter&lt;br /&gt;Dis lui d'abord de payer&lt;br /&gt;Le pris du pétrole.&lt;br /&gt;Allez, l'argent du pétrole les gars,&lt;br /&gt;L'argent du pétrole.&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;… Une pierre lourde s'abat sur une blessure légère. Je tombe du haut de la dune et roule dans le sable. Je vois les groupuscules de marcheurs pour la pureté s'éloigner de moi en courant. Ils m'abandonnent à mon sort. Une fièvre plus tard, je crois entrevoir, au loin, comme une mouche ou peut-être un vol d'hélicoptère. Va-t-on me sauver ou va-t-on les arrêter ?&lt;br /&gt;Et la scène de s'embrumer petit à petit. Encore une fois, devant mes yeux fuse un éclat. Trois cailloux de silex aux couleurs merveilleuses, me deviennent clairement visibles, brillant sur le sable dans l'obscurité comme des étoiles descendues de la voute céleste sur la dune.&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5289105556016825314" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SWatevXtg-I/AAAAAAAABMs/2gmVFoCukGc/s400/boussol15-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;… Et voilà trois autres cailloux de ces sept que Moqaddem Abdelhafidh m'avait extrait d&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;u cerveau ! Désormais, il ne m'en manque plus qu'un. Mais qu'est-ce que la mort, si ce n'est cette absence totale de conscience ? Et qu'est-ce que la résurrection sinon celle qui, brusquement embrume la scène à nouveau ? Y a-t-il quelqu'un pour ramasser ces cailloux et me les mettre dans la main, avant que je ne m'éteigne ? Pourquoi te jeter dans les flammes, papillon de Beb-Tounes, si tu ne veux pas que tes ailes prennent feu ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(1) Refrain que les enfants chantaient autour d'un feu qu'on allumait pour fêter "Achoura" et sur lequel les enfants sautaient.&lt;br /&gt;(2) La "Achoura" dont il s'agit ici est, à ma modeste connaissance, une fête populaire d'origine chi'ite dont ne persistait, à l'époque de mon enfance, que ce feu qu'on allumait précisément sous les remparts, face à Beb-Tounes. Un rituel maintenant disparu, à ce que je sache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6232580831188217226?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6232580831188217226/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6232580831188217226&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6232580831188217226'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6232580831188217226'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/01/la-boussole-de-sidinna-15-des-ailes.html' title='La Boussole de Sidinna / 15 Des ailes pour un papillon en feu, ter'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SWatk9WDjWI/AAAAAAAABM0/tSiqNlnEzGU/s72-c/boussol15-f.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-7228817716464660342</id><published>2009-01-01T20:36:00.000-08:00</published><updated>2009-01-01T20:51:43.972-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 14 Des ailes pour un papillon en feu, bis</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (44/53) La Boussole de Sidinna (14/23) – 02 janvier 2009&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin second :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Orientation cinquième 2 :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des ailes pour un papillon en feu, bis&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un miroir ! Qui peut bien m'offrir un miroir ? J'ai besoin de voir mon visage. Suis-je moi-même ou suis-je quelqu'un d'autre ? &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5286551093290761282" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SV2aNcKMfEI/AAAAAAAABLs/N5XuroZUnI4/s400/boussol14-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Je me laisse ici tout seul, gisant sur les cailloux et le sable. Je me relève de moi-même et cours chercher un miroir, comme si ce paysage désertique pouvait en être plein. La grande route est à un jet de pierre de moi. Le bus est à l'arrêt sur le bas-côté. Je cours vers le bus, juste pour demander un miroir. Il se peut que c'est pour tout à fait autre chose que j'ai fait signe au conducteur de s'arrêter ; mais, en courant maintenant vers le bus à l'arrêt, je n'ai d'autre désir que me regarder dans un miroir.&lt;br /&gt;Je dis cela au conducteur, lorsqu'enfin j'arrive près de son bus. Il sourit. J'ajoute à voix basse, comme pour le soudoyer:&lt;br /&gt;"J'ai de l'argent, vous savez. Je peux vous en donner autant que vous soulez. Laissez-moi seulement voir mon visage dans votre rétroviseur."&lt;br /&gt;Le conducteur me regarde du haut de son poste de commande. Sans dire un mot, il arrange la position du rétroviseur se trouvant à sa gauche. Il l'incline vers le sol de façon à ce que je puisse m'y voir. Je lui dis :&lt;br /&gt;"Merci, c'est assez comme ça. Ainsi je suis certain que je suis moi-même. Combien voulez-vous en contre partie de votre service ?"&lt;br /&gt;Il sourit à nouveau, demeurant silencieux. Une vague de ricanements s'entend parmi les voyageurs. Le bus démarre. Le conducteur n'a reçu de moi aucun millime. Quelques curieux se mettent à me regarder à travers les vitres. Je les entends qui ricanent. En quoi leurs ricanements me dérangeraient-ils ? Maintenant, je suis rassuré et c'est le plus important. Je ne me sentais pas tout à fait moi-même, mais ce n'était qu'une illusion. Je suis encore bien moi-même. L'image est mienne, même si les sentiments sont différents. C'est toujours le miroir qui a raison, pas les sentiments.&lt;br /&gt;Ainsi donc je suis encore moi-même, même si je me suis permis de m'arracher, de force, la liasse de billets que je tenais à la main ! Ainsi donc je suis encore moi-même, même si je me suis laissé là bas, couché à plat ventre sur les cailloux et le sable, n'ayant pas plus de cinquante dinars en poche ! En quoi m'intéresserais-je, maintenant ? S'il faut que l'un de moi meure, il vaut mieux que ce soit Mohamed Lamjed Brikcha. Je commence à me sentir plus actif que lui, plus fort encore. Ne suis-je pas le plus riche ?&lt;br /&gt;Mais où est-il ? Il était là, étalé sur la petite dune de sable, mais il n'y est plus. Une bergère fait les cent pas autour de la dune. Elle est accompagnée par quelques chèvres et une chienne blanche de race arabe. Je lui demande si elle avait vu un homme couché sur cette dune, ou si elle savait si on l'avait kidnappé, s'il avait été élevé aux cieux ou s'il s'était enfui. Quelle bergère ! Elle a un visage rayonnant et un sourire vraiment beau, mais sa réponse est intrigante. Oui, Intrigante ! Mais pas au point de me faire perdre confiance ou d'altérer ma conviction que je ne suis pas quelqu'un d'autre. Elle me dit :&lt;br /&gt;"Voici une heure que je fais les cent pas autour de cette dune. Je n'ai vu aucune autre personne couchée là-dessus. Si j'en avais vu un, je me le serais approprié avant qu'une autre ne me le prenne."&lt;br /&gt;"Et le bus qui vient de partir", lui dis-je ?&lt;br /&gt;"Aucun bus ne passe par ici", répond-elle.&lt;br /&gt;Souriant d'une façon équivoque, elle me demande:&lt;br /&gt;"Et toi, qui es-tu ? Et pourquoi es-tu couché ainsi sur cette dune ?"&lt;br /&gt;Je lui dis, en tentant de m'asseoir :&lt;br /&gt;"Je ne sais pas si c'est moi qui suis couché sur la dune ou si c'est le sable qui s'est glissée sous moi. Tout ce que je sais c'est que je suis issu d'une branche d'arbre, d'un rocher de la montagne ou d'un caillou de silex. A présent, je suis un homme sans nom et sans mémoire. A l'instant même, une personne du nom de Mohamed Lamjed Brikcha était là, devant moi, couchée à plat ventre sur le sable et serrant dans la main gauche trois cailloux de silex de très belles couleurs. Cette personne serait morte ou portée aux cieux par les anges. Mais maintenant, elle ne m'importe plus. Je l'ai oubliée. J'ai oublié comment je l'ai connue. Et, pour tout te dire franchement, sans hypocrisie ni détours, je suis maintenant issu des rochers de cette montagne lointaine. J'ai de l'argent et rien ne m'intéresse plus que cela. Je suis libéré de toute ma mémoire et je veux semer le plaisir autour de moi. A mon âge, je n'ai encore pas commencé à vivre dans ce monde. Je veux donc me gaver de vie, comme les autres."&lt;br /&gt;Elle me fixe des yeux et me dit audacieusement :&lt;br /&gt;"C'est très clair. Il n'y a qu'à regarder ce que je vois raidir sous ton pantalon, rien qu'à ma vue. Tu es un vrai étalon et c'est ce que je cherche. Alors lève-toi et suis-moi si tu veux de moi."&lt;br /&gt;Elle s'en va aussitôt suivie de ses chèvres et traverse la route principale. Quant à la chienne blanche, elle reste immobile à me regarder avec des yeux tout rouges, me fixant d'un regard douteux. J'en ai peur, ou peut-être ai-je plutôt peur de sa maitresse, de cette femme belle mais étrange, qui tient des propos dont je n'arrive pas à saisir le sens caché.&lt;br /&gt;Je la suis du regard alors qu'elle s'éloigne. Mais je reste hésitant n'ayant pas l'audace de me lever pour la rattraper. Soudain, je commence à douter que je rêve. La route n'est plus route. Elle est ligne d'horizon. Elle ouvre sur une voute plus limpide que tout miroir, plus bleue que tous les cieux.&lt;br /&gt;Oui ! Je suis maintenant ici, à tenter de me relever. Sous mes pieds un sol mi-sable mi-cailloux et devant moi la chienne blanche qui continue à me regarder avec des yeux en feu, ouvrant sa bouche comme pour bien me montrer ses canines. De l'autre côté de l'horizon, la jolie bergère et ses chèvres voguent dans la voute céleste parmi les nuages. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5286551198981584914" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SV2aTl42eBI/AAAAAAAABL0/2e3GV4aNeX4/s400/boussol14-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Je crois que je commence à comprendre. Je ne rêve certainement pas. Je suis, sans doute, mort. La ligne d'horizon serait plutôt le pont au dessus des abîmes et cette jolie bergère vient me montrer comment traverser. Ce sont donc des instructions claires. Je crois devoir les suivre. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Des heures aussi longues que l'éternité se sont écoulées. Je suis toujours là, debout, à hésiter ; alors que la jolie bergère continue de me faire signe pour que je la suive, et vite. Je manque de peu lui dire "chère madame si je te fatigue, alors porte-moi ZAQAFOUNA" (1), mais je m'en abstiens, de peur que le contexte de la vraie résurrection ne se prête pas à une citation d'El Ma'arry, ou que la jolie bergère soit offensée si jamais elle n'avait pas lu "L'Epitre du Pardon", alors qu'elle était dans le monde périssable.&lt;br /&gt;Je prends mon courage à deux mains et j'avance d'un pas en direction de l'horizon. Soudain, la chienne aboie. Ses aboiements me parviennent comme un violent échange de tirs dans une guerre qui remue le ciel et ses alentours. Mon cœur faillit sortir de ma poitrine. Je tremble, donc j'ai peur. C'est la logique même. C'est "Apocalypse Now" et je suis lâche. Je dois vaincre ma peur si je veux réaliser mes désirs enfouis.&lt;br /&gt;Je lève la voix et crie à la chienne:&lt;br /&gt;"Va-t'en de mon chemin, fille de chien!"&lt;br /&gt;Oh, super ! Je n'avais besoin que de ce cri pour m'imposer et soumettre totalement à mon autorité la race canine. La chienne baisse la tête. Elle s'approche de moi, mesquine, agitant sa queue. Des sons émanent d'elle qui ne sont pas aboiement. Ils sont aussi expressifs et aussi clairs que des paroles. Elle me dit :&lt;br /&gt;"Que t'arrive-t-il Mejda ? Comment ne me reconnais-tu pas ? Et pourquoi m'insultes-tu ? Je ne voulais que te conseiller de ne pas suivre cette femme. La suivre c'est se jeter entre les mâchoires d'un crocodile."&lt;br /&gt;Crocodile ! C'est vraiment étrange. Je ne sais où ni quand j'ai vu des mâchoires de crocodile bien ouvertes. Mais comment se fait-il que les chiens parlent ? Comment cette chienne veut-elle que je la reconnaisse alors que je ne l'ai jamais vue auparavant ? Je dis à la chienne :&lt;br /&gt;"Moi je ne connais pas de chiens. Et puis j'ai envie de suivre cette femme et je ne comprends pas pourquoi je m'en abstiendrais. Je ne comprends pas non plus pourquoi tu mets le museau dans cette affaire qui ne concerne que moi."&lt;br /&gt;La chienne me répond:&lt;br /&gt;"L'étrange est que tu me vois comme une chienne, Mejda! Je suis Sawana, ton amie Sawana, Mejda. Et si je te dis que suivre cette femme est un danger, c'est que c'est un danger. Et si j'interviens dans tes affaires, c'est pour te protéger de ce genre de dangers. C'est mon rôle. Je suis là pour ça !"&lt;br /&gt;Je lui dis:&lt;br /&gt;"Je te prends pour une chienne, tout simplement parce que je dois croire mes yeux qui me disent que tu es une chienne, et donc pas du tout mon amie. Et puis tu te trompes, je ne suis pas Mejda ! Je n'ai jamais connu ce Mejda dont tu parles, ni entendu parler de Sawana. Je ne suis, quand même, pas un mineur pour avoir besoin qu'une chienne me montre ce qui est dangereux et ce qui ne l'est pas. Alors ôte-toi de là et laisse-moi choisir tout seul mon chemin comme je le veux. Que savent les chiens à propos de la mort et de la résurrection ? En ce moment, je suis au paradis ! Qu'en sais-tu du paradis, toi, petite chienne? Je suis au paradis et, la preuve, c'est cette liasse de billets que j'ai entre les mains. Cela veut dire que les portes du paradis s'ouvrent pour moi. Je ne laisserai donc personne les refermer. Alors disparais de ma vue."&lt;br /&gt;Brusquement la chienne pousse un hurlement semblable au cri de douleur d'une femme qui vient de perdre son enfant. Elle se retourne et disparaît comme disparaît en fondu une image de film. Avec elle disparaissent les cailloux, le sable et la terre ferme. Je regarde sous mes pieds. Je me vois sur un nuage, tout content d'avoir réussi à braver une chienne. Je vois la jolie bergère me sourire de loin. Elle parait contente de moi et, maintenant, son sourire se veut délibérément séducteur. Je vois qu'elle m'ouvre dans son nuage une porte. Je cours. Je pousse la porte et entre. Waaawou ! Quel bonheur ! &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5286551282389103826" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SV2aYcmwNNI/AAAAAAAABL8/vm9e4PoAvgg/s400/boussol14-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Voici une heure ou plus que je suis dans ce salon céleste aménagé à la manière d'un bar d'hôtel touristique de grand luxe. Je suis assis tout seul sur un haut siège pivotant, accoudé à un comptoir tout en marbre rose. Je bois et attends la belle bergère qui m'a laissé ici, pour aller vaquer à une occupation urgente et revenir me chercher.&lt;br /&gt;Je bois et attend. La belle bergère ne vient pas encore. Tous les clients, ici, sont des gens très respectables. Depuis que je suis entré, ils sont là à discuter d'une affaire très importante. Ils discutent et lèvent leurs verres, buvant à un paradis qu'ils auraient, parait-il, perdu à jamais. Et moi je suis là à superviser leurs cercles du haut de mon comptoir, buvant tout seul et écoutant leurs débats de loin, tout en regardant des images de destruction massive et d'incendies défiler sur un écran de télévision.&lt;br /&gt;Je les vois versant leurs boissons dans des vers de luxe avant de les boire. Je remarque que je suis le seul dans ce salon à laisser propre mon chope de cristal doré pour boire directement de la bouteille. Peut-être est-ce parce que je suis émerveillé par la beauté et la propreté de ce verre, ou parce que le garçon n'ose tout simplement pas m'en faire la remarque. Alors je continue à boire directement de ma bouteille verte.&lt;br /&gt;Je commence à trouver long ce silence dans lequel je suis plongé. J'entends toujours ce brouhaha des clients, mais je ne distingue plus de toutes leurs discussions que le mot "Irak". Je lève les yeux vers la télévision. Je réalise que Canal Al Jazeera du Qatar continue, lui aussi, à diffuser une émission spéciale sur l'Irak, animée par un speaker tunisien qui était anonyme dans son pays avant de devenir une star dans le pays des autres.&lt;br /&gt;L'effet de la bière commence à me monter à la tête. Il était nécessaire que je parle d'Irak, moi aussi. Que me manque-t-il pour prendre la parole ? Ne suis-je pas, moi-même, anonyme à Beb-Tounes ? Je pourrais bien devenir star dans ce bar ! Mais il me faudra avoir suffisamment de courage pour participer à l'enrichissement de ce copieux vacarme.&lt;br /&gt;Je descends du haut de mon siège pivotant. Je claque deux bouteilles entre elles jusqu'à ce que tous les clients me prêtent attention. C'est alors que j'avance au centre du salon et m'adresse à l'assistance, levant ma bouteille pour boire à leur santé :&lt;br /&gt;"Mes frères… il faut un début à tout. Mais avant de commencer, je voudrais boire cette gorgée à votre santé et à celle de l'Irak."&lt;br /&gt;Ô, quel fracassant succès ! Ils lèvent tous leurs verres et nous buvons ensemble à notre santé et, surtout, à celle de l'Irak. Ainsi je peux poursuivre mon discours tranquillement et en toute clarté:&lt;br /&gt;"Mes frères… Vous ne me connaissez naturellement pas. Mais je jure par Dieu le tout puissant que, depuis que j'ai bu ma seconde ou ma troisième bouteille, je me sens devenu un de vous. Je vous aime et j'aime l'Irak autant que vous, sinon un peu plus.&lt;br /&gt;"J'étais en train d'écouter très attentivement, vos discussions. Et maintenant, je sens l'envie de m'associer à votre fructueux dialogue sur cette question de l'Irak. N'ayez crainte, mes frères, je ne serai pas long. Il me vient à ce sujet, quelques vers de poésie que j'ai envie tout simplement d'improviser en votre présence. Et ce sera là toute ma modeste participation. Alors veuillez bien m'écouter et si le poème vous plait, alors applaudissez-moi et je serais devenu poète.&lt;br /&gt;"Je voudrais dire, honorables messieurs, fascinantes dames : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;"J'aime l'Irak, comme personne n'aime l'Irak!" &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;"Bien sûr, ceci est, comme vous le voyez, un authentique pastiche de notre poète Awled Ahmed, dont j'entends parler mais que je ne connais pas encore. Peut-être serait-il ici parmi vous, alors on ferait connaissance et je bénéficierais de ses encouragements. Mais tout ça n'est pas très urgent. Je disais donc: &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;"J'aime l'Irak, comme personne n'aime l'Irak!"&lt;br /&gt;Mais "aujourd'hui c'est un jour de vin" &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;"Ceci aussi est un emprunt de quelques paroles d'Imry'Ul Qayss, comme vous l'avez certainement remarqué. Je disais donc, et je ne commenterai pas plus que cela : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;"J'aime l'Irak, comme personne n'aime l'Irak!"&lt;br /&gt;Mais "aujourd'hui c'est un jour de vin"&lt;br /&gt;Et, en attendant que vienne demain&lt;br /&gt;– et mon demain à moi ne viendra jamais-&lt;br /&gt;Je verrais si j'y aurais un ordre à donner.&lt;br /&gt;Sinon… Je ne peux décider de rien …&lt;br /&gt;A part poursuivre ma beuverie !&lt;br /&gt;Je bois avant l'arrivée du matin,&lt;br /&gt;Je bois dans l'après midi&lt;br /&gt;Et le samedi soir, je bois jusqu'à…&lt;br /&gt;Ce que pointe Dimanche matin.&lt;br /&gt;Et ce maudit matin&lt;br /&gt;Mes bobos lui interdisent de se lever&lt;br /&gt;Ainsi que toutes les tragédies de ma vie&lt;br /&gt;Et c'est pourquoi jamais, de boire, je ne prendrai congé.&lt;br /&gt;Pour que personne ne partage avec moi l'amour de ce vin.&lt;br /&gt;Pardon, peut-être ai-je voulu dire plutôt :&lt;br /&gt;" Pour que personne ne partage avec moi l'amour de cet Irak."&lt;br /&gt;Mais comme il s'agit simplement de troquer une parole contre une autre,&lt;br /&gt;Alors verse-moi à boire, garçon !&lt;br /&gt;Donne à boire à tous les présents et mets ça sur mon compte." &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A peine ai-je terminé l'improvisation de mon poème et me suis-je courbé pour saluer l'assistance que, de la dense fumée des cigarettes, s'élèvent des sons de claquement de verres et d'applaudissements nourris et fort signifiants.&lt;br /&gt;Je reviens à ma place. Peu à peu, le vacarme se calme et tous reprennent leurs débats intimes sur l'Irak, indifférents de moi, oubliant complètement que j'existe. Tous sauf Canal Al Jazeera du Qatar qui continue à s'adresser à moi en personne, pour me parler, sans se lasser, d'Irak.&lt;br /&gt;Le garçon du comptoir est un jeune d'une grande bonté. Il a vite eu le même sentiment que moi. Aussi a-t-il tout de suite exprimé, sans détour, ce que je me suis forcé de dissimuler. A chaque fois qu'il en a l'occasion, il s'approche de moi et me souffle à l'oreille :&lt;br /&gt;"…Vous êtes un homme bon et généreux, monsieur. Mais eux, ce sont des gens qui ne comprennent rien à rien. Ils ne respectent surtout pas les gens douées… Je vous dis franchement qu'ils n'ont peut-être pas accordé la moindre attention à votre poème. Ils n'ont pas applaudi votre poésie, mais plutôt l'ordre que vous m'avez donné de leur servir un verre sur votre compte...&lt;br /&gt;"…De toute façon, mon frère, ne vous tracassez pas pour cela. Moi, j'ai bien fait attention à votre poème et il m'a vraiment plu… Ne vous méprenez pas sur mon compte, frère, et ne me jugez pas à travers ce travail de serveur que je fais...&lt;br /&gt;"…Je suis, en vérité, un connaisseur en matière de poésie. J'ai une maitrise d'art dramatique et des essais d'écriture théâtrale et même poétique… Mais ça c'est une autre histoire dont je vous parlerai une autre fois. Bref ! Lorsque je reconnais, moi, que vous êtes poète, alors croyez-moi, vous l'êtes vraiment. Vous en êtes même un des plus racés…&lt;br /&gt;"… je ne vous laisserai pas dépenser votre argent pour des gens qui ne se soucient pas de vous… Ils sont tous saouls et ils oublieront que vous leur aviez commandé des boissons...&lt;br /&gt;"…Vous aussi, vous avez assez bu, mon frère... Et, si vous me permettez un conseil fraternel, vous ferez mieux d'arrêter définitivement de boire. D'abord c'est un pêché. Ensuite, votre devoir de grand poète envers votre poésie ne vous y autorise pas…&lt;br /&gt;"… Ah, qu'est ce que je vous envie ! Si j'avais votre don, votre courage et la sincérité de votre adhésion à la cause, je me serais, tout de suite, repenti et me serais tourné vers Dieu.. C'est que vous, vous avez de quoi ambitionner de jouer un rôle déterminant dans la défense de l'Irak... &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5286551430328023634" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SV2ahDuI-lI/AAAAAAAABMM/vwkjCvgtvtc/s400/boussol14-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"… Il n'est pas encore trop tard… Réfléchis y bien et ne dis rien à personne… Nous nous rencontrerons très bientôt et je vous présenterai, si vous le voulez bien, à une personne qui vous ouvrira les portes de la postérité."&lt;br /&gt;Je ne sais pas si j'ai bien saisi ses propos. Mais, il me parait avoir des sentiments sincères envers moi et je ne sais ce qu'il faut répondre. Heureusement qu'à cet instant précis, la jolie bergère arrive. Elle s'était préparée à notre rendez-vous de la meilleure façon qui soit. Elle était debout à la porte entrouverte. Lorsque ses yeux rencontrent les miens, elle me fait signe de la suivre et s'en va.&lt;br /&gt;Je fais mine de suivre le conseil du garçon. J'arrête de boire. Je paye ce que j'ai consommé moi-même, mais rien de ce que j'ai promis à l'assistance. Je lui propose un bon pourboire pour le récompenser de sa gentillesse et de son service. Mais il refuse net, demandant pardon à Dieu. Il insiste, par contre, pour que je me souvienne bien de lui et me promet de prier pour moi, afin que Dieu me pardonne et me guide vers le droit chemin.&lt;br /&gt;"Je sais, me dit-il, que vous ne ressemblez en rien à tous ces gens. Vous êtes un grand et ils sont des minables. Vous êtes unique. Mais je sens que quelque chose en vous vous fait très mal. Et ce mal là ne cessera qu'en évoquant Dieu. Alors, frère, je prierai Dieu ce soir pour qu'il vous montre le droit chemin." &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;"Lors de l'examen…", l'ivresse s'en va et viennent les larmes. Lors de l'examen, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout, les larmes aux yeux, incapable de prononcer un mot.&lt;br /&gt;L'examen ? Une jolie bergère qui se déshabille devant moi, me déshabille et attend de moi que je lui prouve… ma virilité. Et moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout devant mon examen, devant cette jolie bergère qui exprime toute sa déception de moi. Elle reconnait être une prostituée professionnelle, mais m'avoue franchement ne m'avoir pas seulement dragué pour l'argent que je déclarais posséder. C'est qu'elle avait attendu impatiemment l'instant de me retrouver au lit après s'être préparée comme elle ne l'avait jamais fait pour retrouver un autre client avant moi.&lt;br /&gt;Mais quelle ne fut sa surprise lorsqu'après m'avoir finalement ôté tous mes vêtements, elle a découvert que ce qu'elle avait pris pour une virilité en constante érection, n'était que la boussole de Sidinna qui pendait de ma ceinture entre mes jambes. Quant à mon organe, il était resté, en dépit de tous ses efforts, désespérément mou. Et me voici, pleurant comme un impuissant, ne sachant ni comment m'excuser, ni où trouver un prétexte qui expliquerait mon incapacité.&lt;br /&gt;Je lui dis entre deux sanglots :&lt;br /&gt;"En vérité je ne suis pas sexuellement impuissant. Mais j'ai juré, pour la vie, fidélité à Aïchoucha. Et c'est certainement ce qui m'a rendu physiquement incapable de la tromper, même si j'ai prémédité l'adultère, même si j'ai tenté de le consommer."&lt;br /&gt;Lors de l'examen, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout, minable, la tête baissée. J'ai, en plus, succombé au bavardage. Ah, que j'aurais du ne jamais ouvrir la bouche ! Je croyais être en présence d'une jolie bergère sensible, foncièrement humaine. Elle s'était permise de se laisser aller à son désir et d'attendre de moi que je le satisfasse. Alors j'ai cru qu'elle allait me regarder avec des yeux humains et compréhensifs, qu'elle allait même me plaindre. Mais c'est la putain professionnelle qui s'est réveillée en elle, l'incitant à pousser ces éclats de rire vulgaires, à me lancer ce regard insolent et à me dire à haute voix, sans se soucier que ses propos parviennent aux occupants de la chambre à côté :&lt;br /&gt;"Ecoutez cette explication débile ! Seul est plus débile ton comportement au bar, lorsque tu lisais ton soit disant poème sur l'Irak à des clients que tu ne connaissais pas et qui n'ont rien à cirer de ta poésie. Pourquoi te permets-tu de boire alors que tu n'es pas digne du vin ? Pourquoi as-tu recours aux services des femmes alors que tu n'as pas de quoi les satisfaire ? Puisque tu es incapable de jouir des plaisirs de la nuit, donne-moi vite mes honoraires pour que je déguerpisse, vite fait. Et toi, va cacher ta honte sous cet oreiller jusqu'au matin."&lt;br /&gt;Lors de l'examen, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout, minable, la tête baissée, ma mémoire revenue à moi, totalement et d'un seul jet. C'est en raison du choc, je crois. Je revois en toute clarté tout ce qui m'est arrivé jusque là.&lt;br /&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je suis toujours vivant, mais d'une vie à laquelle la mort est préférable, car au moins plus honorable. Lors de l'examen, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout, minable, la tête baissée. Et cela veut dire que je ne me suis pas scindé en deux comme je l'avais cru. Cela veut dire que je suis tombé très bas sans pouvoir me libérer de ce que j'avais emmagasiné dans ma mémoire. Cela veut dire que je n'ai pu ni semer le plaisir autour de moi, ni me gaver de vie, comme les autres.&lt;br /&gt;Lors de l'examen, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout, minable, la tête baissée. J'ai échoué à m'approcher du bord du terrain dont Yassine Bellaghnej a réussi à dompter tous les reliefs. J'ai échoué à préserver l'innocence de Mohamed Lamjed Brikcha, échoué à protéger sa pureté des immondices de Tarhouni.&lt;br /&gt;Mais où es-tu Sidinna ? Et qui peut bien me réveiller de cet horrible cauchemar ? Où es-tu Sidinna ? Je suis indigne de ta confiance, indigne de la mission que tu m'as confiée. Mon voyage a trop duré, Sidinna. Je suis égaré. Je ne trouve pas ma route. J'ai été incapable de résister et c'est comme çà que J'ai trahi ta boussole, que je t'ai trahi. Je suis tombé si bas, Sidinna, et je n'ai récolté que le regret étouffant. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5286551364696385634" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SV2adPOVqGI/AAAAAAAABME/zHA_Nxi-RuY/s400/boussol14-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;Et comme une catastrophe n'arrive jamais seule, mais se fait toujours suivre par des catastrophes en série, trois civils investissent notre chambre d'hôtel et nous prennent en flagrant délit… Lors de l'examen, moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je me tiens là, debout, nu, minable, la tête baissée. Les assaillants me couvrent d'un drap blanc. Ils me font traverser les couloirs de l'hôtel les yeux bandés. Je ne vois pas où mettre les pieds. Est-ce Sawana qui prend sa revanche ?&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;strong&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;---------&lt;br /&gt;(1) (Abul Ala Al Ma'arry – L'épitre du pardon). "Sitty In A'ayeki Amri F'ahmilini Zaqafouna" est la fameuse tirade d'Ibn Al Qarih qui pour traverser le pont sur les abîmes vers le Paradis demande que sa belle guide le porte sur son dos.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-7228817716464660342?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/7228817716464660342/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=7228817716464660342&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/7228817716464660342'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/7228817716464660342'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2009/01/la-boussole-de-sidinna-14-des-ailes.html' title='La Boussole de Sidinna / 14 Des ailes pour un papillon en feu, bis'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SV2aNcKMfEI/AAAAAAAABLs/N5XuroZUnI4/s72-c/boussol14-a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6977620918322528586</id><published>2008-12-25T20:27:00.000-08:00</published><updated>2008-12-25T20:54:33.677-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 13 Des ailes pour un papillon en feu</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (43/53) La Boussole de Sidinna (13/23) – 26 décembre 2008&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin second : &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation cinquième 1 : &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des ailes pour un papillon en feu&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est ce que la mort et qu'est ce que la résurrection ?&lt;br /&gt;Qu'est ce que mourir, sinon se muer d'un état en un autre ?&lt;br /&gt;Et qu'est ce que la résurrection, sinon un oubli et une nouvelle naissance ?&lt;br /&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, Yassine est mort ! Yassine Bellaghnej n'est plus. Il n'est plus en tant que mon ami. Celui-là qui est resté en vie – si tant est qu'il est encore resté quelqu'un – c'est Tarhouni. Un type que je ne connais pas et avec lequel je n'ai aucun rapport. Un type que je ne connais pas et auquel je ne dois rien du tout. Si, si ! Je ne le connais pas ! Ce n'est pas lui qui m'a sauvé la vie, pas lui qui m'a protégé lors de mon interminable fièvre. Ce qui m'a sauvé, ce sont les reliquats de Yassine demeurés en lui. Ces reliquats-là sont en moi. J'en suis issu et, maintenant que Yassine est mort, c'est à moi et à moi seul de m'en charger, car ils sont miens. Si je réussis, ce sera grâce à ces reliquats. Et si j'échoue, ils n'y seront pour rien. Mais tant que je suis ainsi perdu, ils le demeureront avec moi. Et ce, jusqu'à ce que je retrouve ma voie, jusqu'à ce que la boussole de Sidinna parvienne à sa destination promise.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5283953443633194162" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SVRfqVF1ZLI/AAAAAAAABJ8/UnIWUGE-5RI/s400/boussol13-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Yassine Bellaghnej, mon ange miséricordieux, mon sauveur, n'est donc plus. Et celui-là qui est resté – si tant est qu'il est encore resté quelqu'un – c'est le diable en personne, une brute qui ne ressemble en rien à Yassine ni à moi. C'est une malédiction qui s'abat sur la terre et personne ne sait comment y échapper. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, Yassine est mort ! Yassine Bellaghnej n'est plus. Fini l'homme que sa pauvreté ne pouvait empêcher de s'élever au dessus de toute tentation déshonorante. Fini l'homme habité par les valeurs et à qui fait honte tout ce qui enfreint les principes. Avec la mort de Yassine, c'est Tarhouni qui sort de son repaire. Il se libère des repères de Yassine et commence à se multiplier. Et nous voici face à mille et un Tarhouni devant lesquels la malice de mon cousin Ameur El Bintou fait pâle figure.&lt;br /&gt;Tarhouni sort de son repaire, tournant le dos à notre passé commun. Un passé qui pèse maintenant lourd sur mes seules épaules. Et c'est à moi de trouver seul mon chemin et de porter la boussole de Sidinna à sa destination. Si, bien sûr, je veux avoir accès à un quelconque avenir. Lourde est la mission que tu m'as confiée, Sidinna ! Et moi, je suis faible. Comment trouver mon chemin entre ces rochers avant que mon dos ne soit totalement brisé ? &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, Yassine est mort ! Yassine Bellaghnej n'est plus. Disparues toutes les ressemblances qui nous réunissaient, malgré la distance séparant ses montagnes sahariennes et mes collines côtières, ou "les falaises de mon enfance", comme il se plaisait à les appeler. Yassine m'a écrit, à la suite des quelques jours qu'il avait passés parmi nous à Beb-Tounes : "Je t'aime Ghailane. J'adore les falaises de ton enfance". Et il m'a écrit : "La ressemblance est immense entre l'âme de l'impasse Brikcha et celle de nos maisons taillées dans la montagne." Aussi m'a-t-il écrit : "Votre morale est nôtre, vos traditions sont nôtres et vous une partie de nous. C'est comme si la vie dans ton quartier était celle d'une authentique campagne protégée par des remparts de ville."&lt;br /&gt;Aujourd'hui, l'oubli a effacé toutes ces lignes que Yasssine m'avait écrites et toute ressemblance entre nous est morte. Tout notre passé commun disparu et, avec sa disparition, c'est Yassine Bellaghnej qui s'en va, cédant tout le terrain à Tarhouni afin qu'il s'y alimente du vide, comme le désirent les virtuoses du vide. Mais où es-tu Sidinna ? Cette mission m'esquinte. Ce voyage me harasse. La fièvre se remet à me dévorer et, malgré ce semblant de carte que j'ai entre les mains, je ne sais comment trouver le chemin de Tazoghrane. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, Yassine est mort ! Yassine Bellaghnej n'est plus. Sa mort est une mue en un état, pour la description duquel je ne trouve pas de mots. Mais tu peux être fier de moi, Sidinna, c'est moi qui lui ai porté le coup de la miséricorde. En lui disant "adieu Yassine, tu étais mon ami," c'est moi qui lui ai fait prendre conscience de sa mort. Ce "tu étais" était le fusil à partir duquel j'ai tiré sur lui la dernière balle, celle grâce à laquelle j'ai réussi à sauver Yassine des filets de Tarhouni. Et Tarhouni de s'en aller, après que je l'aie vidé de tout ce qui le liait à Yassine Bellaghnej. Ainsi il n'a plus rien à voir avec moi non plus.&lt;br /&gt;Dans le rêve, je me suis vu, me baignant nu dans un bassin d'eau douce. Et toi, Sidinna, je t'ai vu arriver apeuré, me criant : "pourquoi abandonnes-tu la boussole à la portée des pirates?" J'ai voulu te répondre que l'endroit était sécurisé et que j'étais sous la protection de mon meilleur ami. Mais tu t'étais vite éclipsé. Alors, tremblant de peur, je suis sorti de l'eau. J'ai accroché la boussole à la ceinture que j'ai serrée autour de ma taille et ai pris vite mes affaires. Il m'a semblé voir comme un haut rocher surplombant le bassin. J'y ai grimpé et m'y suis trouvé un refuge. Et soudain, Yassine Bellaghnej arrive à la tête de mille et un homme qui attaquent le bassin et se mettent à me chercher afin de m'extorquer la boussole. Content qu'ils ne m'aient pas trouvé, je les vois alors se disperser. Et Yassine de rester tout seul, au bord du bassin. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5283953121407564178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SVRfXktQeZI/AAAAAAAABJ0/af2QJ_5QJdo/s400/boussol13-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;C'est alors qu'une chose étrange est arrivée. J'ai vu de mes propres yeux Yassine Bellaghnej se scinder en deux ! Oui, exactement comme se multiplient les microbes. Et voici devant moi deux hommes : un premier, faible, totalement nu, qui voulait se jeter à l'eau afin de se purifier et un second, costaud, abruti, vêtu et se mettant à son travers pour l'empêcher d'arriver à l'eau. La bagarre éclate entre les deux hommes. En toute logique, elle se termine par la défaite de l'homme nu qui est envoyé à terre.&lt;br /&gt;C'est alors que le vêtu ouvre deux immenses mâchoires, avec des dents comparables à celles du crocodile. Il écarte les jambes de l'homme nu et mord, à lui arracher le bas ventre. Puis il sort de sa bouche la verge et les testicules ensanglantés. Il les tient à la main et commence à brandir victorieusement la chair arrachée, dansant et ricanant d'une voix semblable au rugissement du lion. Le sang se répand de sa bouche, ruisselle sur son cou et sa poitrine et tâche ses vêtements. A mon étonnement, Sidinna, je vois ta boussole se muer en un fusil de chasse tout à fait indépendant de ma volonté. Une balle en sort sans que je ne touche à la gâchette. Elle atteint l'homme habillé qui tombe dans le bassin. Et l'eau de prendre une couleur rouge sang. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, Yassine n'est plus. Je lui dit :" adieu Yassine, tu étais mon ami." Et je me tais. Yassine Bellaghnej est mort. Et c'est en vain que vous cherchez son assassin, en vain que vous posez des questions. Tout le monde l'ignore autant que vous. Même Bahiya qui connait la réponse se tait. Pourquoi, Bahiya, ne dis-tu rien ? Yassine est mort, Bahiya. Viens chanter, avec moi, une complainte pour Yassine : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;- Peux-tu me renseigner, Bahiya,&lt;br /&gt;Sur l'assassin d'Yassine ?&lt;br /&gt;Je meurs, mais de détresse, mon amie,&lt;br /&gt;Ni balle, ni coup de couteau&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Du haut de sa muraille, elle dit :&lt;br /&gt;- Où se trouve ton pays ?&lt;br /&gt;- Mon pays c'est ma poche, mon amie,&lt;br /&gt;Mais ma poche est trouée !&lt;br /&gt;Si tu descends au club, mon amie,&lt;br /&gt;Et qu'on voit d'où vient l'vent,&lt;br /&gt;Je me ferai tapis, mon amie,&lt;br /&gt;Et tiendrai la chandelle&lt;br /&gt;Tes poches comme les miennes, mon amie,&lt;br /&gt;Se rempliront de sous&lt;br /&gt;Et nous, comme les autres, mon amie&lt;br /&gt;Nous serons vite nantis.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Du haut de sa muraille, elle dit :&lt;br /&gt;- Où puis-je me joindre à vous ?&lt;br /&gt;- Mais dans la rue qui grouille, mon amie&lt;br /&gt;D'amateurs de ton charme.&lt;br /&gt;Et nombreux les nantis, mon amie,&lt;br /&gt;Qui jetteraient leurs armes&lt;br /&gt;Entre tes pieds, dans les hôtels&lt;br /&gt;Et les maisons fermées.&lt;br /&gt;Pognon amène pognon, mon amie,&lt;br /&gt;Et nous serons heureux.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Les oiseaux de plein air leur disent :&lt;br /&gt;- Voler n'est pas aisé,&lt;br /&gt;Sans ailes, ni avion, mes amis !&lt;br /&gt;Pourquoi êtes-vous pressés ?&lt;br /&gt;Gare ! Au premier souffle du vent,&lt;br /&gt;Vos os seront broyés.&lt;br /&gt;- Mais en ce temps volent, amis,&lt;br /&gt;Tous ceux qui sont sans ailes&lt;br /&gt;Et les oiseaux ailés, amis,&lt;br /&gt;Sont souvent déplumés.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Et puis, dit-on, l'enfant du conte,&lt;br /&gt;Ca grandit bien et vite&lt;br /&gt;Et tous les entêtés qui le veulent&lt;br /&gt;En un clin d'œil arrivent.&lt;br /&gt;Du haut de sa muraille, la belle&lt;br /&gt;Descend et, au taudis,&lt;br /&gt;Elle se donne aux clochards, la belle,&lt;br /&gt;Et aux truands maudits&lt;br /&gt;Et lui, les lui emmène, nombreux&lt;br /&gt;Sans jamais s'arrêter&lt;br /&gt;Tout en disant qu'ils sont trop pauv'&lt;br /&gt;Pour, tous, la bien payer.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Alors elle dit :&lt;br /&gt;- Ca va, maintenant, je veux me repentir !&lt;br /&gt;- Mais repentir, jamais, mon amie,&lt;br /&gt;Tu ne dois y penser.&lt;br /&gt;Car une fois au club, mon amie,&lt;br /&gt;On ne peut qu'y rester.&lt;br /&gt;Tu es mon capital, mon amie,&lt;br /&gt;Tu ne dois l'oublier&lt;br /&gt;Et de ma chose, jamais, mon p'tit,&lt;br /&gt;Tu n'peux me séparer.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Un mois ou deux, plus tard, la môme&lt;br /&gt;Qui semblait résignée&lt;br /&gt;Comme elle l'avait connu, la môme&lt;br /&gt;Elle en a connu mieux&lt;br /&gt;Venus en bon clients, les gars&lt;br /&gt;Ils étaient généreux&lt;br /&gt;Ils l'ont gavé de vin, ce soir&lt;br /&gt;Mais pour mieux l'égorger.&lt;br /&gt;Car dès le lendemain, il y avait&lt;br /&gt;Un Yassine de moins. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5283953601271572642" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SVRfzgVwKKI/AAAAAAAABKE/u7zpKh20POs/s400/boussol13-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est ce que la mort, Bahiya, et qu'est ce que la résurrection ?&lt;br /&gt;Qu'est ce que mourir, sinon se muer d'un état en un autre ?&lt;br /&gt;Et qu'est ce que la résurrection, sinon un oubli et une nouvelle naissance ?&lt;br /&gt;Et donc ?&lt;br /&gt;Et donc, Bahiya, il se peut que j'aie raconté des faits totalement faux. J'ai peut-être besoin d'un moment de répit, pour comprendre exactement ce qui m'arrive. Lorsque j'étais concentré sur Yassine Bellaghnej, j'étais dans l'état d'éveil le plus limpide. Et, brusquement, la scène s'est de nouveau totalement embrumée. L'étrange c'est qu'en regardant au dessus du sable blanc immaculé, je vois ma mémoire s'éloigner de moi à une vitesse vertigineuse. Je la vois comme si elle était quelque chose de palpable ou comme si elle était un être vivant totalement indépendant de moi et qui avait le pouvoir de venir quant il le voulait et de partir quand sil le désirait.&lt;br /&gt;Et maintenant, voilà que ma mémoire décide de partir pour rattraper le bus et me laisser ici à plat ventre sur cette petite dune de sable, esseulé au milieu des cailloux infertiles. Serait-ce moi qui suis mort par une balle de Tarhouni et non l'inverse ? Mes rêves sont-ils maintenant faits d'images inversées, de données inversées et de sentiments inversés ? Le mort y est-il vivant et le vivant mort ? Le tué y est-il tueur et l'assassin assassiné ? La tristesse y est-elle joie et la joie mélancolie ? L'imaginaire y est-il réel, le réel fable et la vérité mirage, après lequel je cours toujours sans jamais le rattraper ?&lt;br /&gt;Le plus étrange, Bahiya, est que je vois ma mémoire s'en aller, mais pas en entier. La scène s'embrume quasi totalement, sauf cet espace de conscience que j'ai vécu depuis ma sortie de la grotte avec Yassine Bellaghnej, et jusqu'à l'instant où j'ai attrapé dans ma main gauche les trois petits cailloux de silex. Toute la scène s'est embrumée, sauf ces événements qui me reviennent maintenant tel un film parfaitement mis au point.&lt;br /&gt;Me voici à nouveau tenant entre les mains un feuillet de carnet de notes. Des lignes dessinées par Yassine Bellaghnej comme une carte. Des flèches longeant une source qui coule entre les rochers et d'autres qui en partent en direction d'une longue ligne droite. Me voici tournant la page pour trouver au verso, la lettre. Et voici que je commence à la lire. Brusquement, quelque chose me dit que je suis en danger. Depuis le départ de Tarhouni, qui avait mis son argent et la lettre de Yassine sous la boussole de Sidinna, je ne me sens plus en sécurité. Tout est désormais possible et rien ne m'autorise plus à me considérer à l'abri de sa trahison. Alors me voici sautillant d'une pierre à une autre, cherchant à m'éloigner rapidement de cette source et de son eau qui ruisselle. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5283953740074657026" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SVRf7la_JQI/AAAAAAAABKM/sqMbiTPqUl4/s400/boussol13-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Voici que j'essaye, tant bien que mal, de suivre la flèche menant à la grande route. La route est désormais à un jet de pierre de moi. Je cours sur le gravas tentant de rattraper un bus que je vois arriver de loin. Serait-ce le bus à destination de Toujane ? Ou bien serait-ce celui-là qui va directement à Gabès ? Je suis, en tout cas, décidé à le prendre et, une fois à Gabès, j'irai directement à la gare et prendrai le train en direction du Nord.&lt;br /&gt;Me voici tenant en main la liasse de billets laissée par Tarhouni. Mais moi, je ne veux pas de cet argent sale. Alors j'en prendrai juste la somme restée dans mon portefeuille, qu'il a gardé chez lui. Combien m'a donné ma sœur Rachida le jour où j'avais décidé de voyager ? Cinquante dinars ? Cent ? Je garderai seulement cinquante dinars et le reste je le donnerai au premier passant.&lt;br /&gt;Voici la route principale qui est toujours à un jet de pierre de moi. Je peux parfaitement rattraper le bus. Mais il me faut d'abord me rhabiller. Je mets mon pantalon. Je glisse dans ma poche cinq billets de dix dinars. Je mets aussi ma chemise et, sans me soucier d'en attacher les boutons, je reprends ma course. Je commence à agiter mes autres vêtements et mes chaussures pour faire signe au bus de s'arrêter. Il est bon, ce conducteur. Il se gare sur le bas-côté pour m'attendre, pendant que moi, je continue à courir et à tousser.&lt;br /&gt;Et, brusquement, quelque chose comme un battement d'ailes d'oiseau me ventile la tête. C'est comme si l'oiseau s'amusait à me caresser l'arrière du crâne, une, deux, trois fois...&lt;br /&gt;Brusquement, je ressens quelque chose qui me transporte à mi-chemin entre le vertige et le sommet de la joie. Et me voici trébuchant dans une petite dune pas plus haute que mon genou. Tombé à plat ventre je vois toute la scène s'embrumer. Ne me restent plus parfaitement visibles que ces trois petits cailloux de silex aux couleurs merveilleuses, qui, tel des diamants, scintillent sur le sable blanc sous le soleil. Voici des cailloux que je connais parfaitement. Ce sont trois des ces sept silex polis que Moqaddam Abdel-Hafidh m'avait extrait du cerveau. Il me les avait mis dans la main gauche. Je les ai lancés au ciel en faisant attention à ne pas prononcer le nom de Dieu. Et puis, avec Oumm Ezzine, la vieille vierge, nous les avions recherchés sans jamais en retrouver une seule trace.&lt;br /&gt;Mais alors, qu'est-ce que la mort, sinon une mue qui nous transporte d'un état en un autre ? Et qu'est-ce que la résurrection, sinon celle-là qui, soudain, pour mieux m'accueillir, embrume maintenant cette scène devant mes yeux? &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5283953876944419954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SVRgDjTR_HI/AAAAAAAABKU/SLHJNbuBShY/s400/boussol13-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce que je ressens maintenant c'est que ma main gauche, qui vient de ramasser les trois cailloux de silex, est en train de les serrer très fort. Et comme dans un rêve, je vois une main, indépendante de moi, ramasser mes affaires et mes chaussures éparpillés sur le sable. Une autre main, qui n'est surement pas mienne non plus, tire de ma main droite la liasse de billets. Entendant, toujours comme dans un rêve, une voix qui me crie dans mon for intérieur : "protège la boussole!", je sens ma main droite lâcher l'argent pour aller se coller à la boussole de Sidinna, bien enfouie sous mon pantalon entre mes jambes.&lt;br /&gt;A moi Sidinna ! Est-ce moi qui me scinde en deux, comme se multiplient les microbes ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="right"&gt;Le Haikuteur …/ à suivre &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6977620918322528586?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6977620918322528586/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6977620918322528586&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6977620918322528586'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6977620918322528586'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/12/la-boussole-de-sidinna-13-des-ailes.html' title='La Boussole de Sidinna / 13 Des ailes pour un papillon en feu'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SVRfqVF1ZLI/AAAAAAAABJ8/UnIWUGE-5RI/s72-c/boussol13-b.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6066188995143823312</id><published>2008-12-18T22:12:00.000-08:00</published><updated>2008-12-18T22:25:40.820-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 12 Ghédir El Maïze</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (42/53) La Boussole de Sidinna (12/23) – 19 décembre 2008&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin second :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Orientation quatrième  :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Ghédir El Maïze&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Voici la traduction d'un document puisé dans le dossier de l'accusé Mohamed Lamjed Ben Habib Ben Bahri Brikcha. Le document original est une coupure de presse fournie par Maître Ch. B. M., avocate de l'accusé. Elle avait découpé l'article en raison du lien évident qu'il avait avec l'affaire de son client. Paru en date du …… dans les pages "faits divers" du journal "….", un hebdomadaire de la place, cet article s'intitulait : "Une camionnette volée dévoile un réseau de débauche et mène à la découverte d'une tuerie horrible dans un point d'eau collinaire près du paisible village de Toujane." &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5281380819961254482" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUs737FaElI/AAAAAAAABIk/RhZjWeM8q2A/s400/boussol12-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Au paisible village de Toujane, au sud du pays, le sujet privilégié de discussion, ces jours-ci, n'est autre que la découverte de deux cadavres par une brigade de la garde nationale, dans un lieu isolé de cette zone collinaire située à sept kilomètres environ du village et plus précisément dans un cours d'eau saisonnier d'une source, jusqu'ici inconnue, que certains appellent "Ghédir El Maïze".&lt;br /&gt;Au commencement, le poste de la garde nationale en charge de la zone en question reçoit une indication de la part de citoyens, attirant l'attention sur la présence, non loin de la route principale, dans un endroit où il n'y a aucune construction ni habitant, d'une vieille camionnette 404 bâchée, série Tu 30. Le véhicule en question n'ayant pas été déplacé durant trois jours, les habitués du chemin ont commencé à avoir des doutes. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000066;"&gt;Volée, la camionnette&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Sans délais, une brigade a été chargée d'une mission d'exploration. Elle s'est rendue sur les lieux où les agents ont trouvé la camionnette abandonnée. Ils ont commencé à l'examiner minutieusement et ont découvert que sa benne était chargée d'outils servant apparemment à l'organisation d'un camping. Les contacts préliminaires avec les services spécialisés ont fait naître le doute à propos de la plaque d'immatriculation de la camionnette qu'ils supposaient falsifiée. &lt;/div&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5281381263586366466" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUs8Rvt4FAI/AAAAAAAABJE/MNWJVfOlTF0/s400/boussol12-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Après obtention des autorisations d'usage, les agents ont défoncé la portière de la camionnette dont le numéro d'immatriculation s'est avéré sans rapport avec le numéro du châssis. La camionnette était effectivement volée. Il y a plus de six mois, son propriétaire avait porté plainte contre X, déclarant que sa camionnette lui avait été subtilisée en plein jour, au cœur même de son exploitation agricole dans l'une des oasis de Douz.&lt;br /&gt;A l'intérieur de la camionnette, les agents allaient découvrir beaucoup d'indices, à même de leur permettre de résoudre l'énigme de cette affaire complexe. Ont été trouvés dans la voiture, en effet, les papiers de celle-ci qui, depuis la carte grise à la visite technique en passant par l'attestation d'assurance, étaient tous falsifiés. Un petit sac à dos a aussi été trouvé. Il y avait du linge sale et un portefeuille contenant une petite somme d'argent ainsi qu'une carte d'identité authentique appartenant à un jeune homme originaire du Sahel. Deux mois plus tôt, le jeune homme en question avait été porté disparu dans le naufrage du bateau de "brûleurs" au large des côtes de La Chebba. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000066;"&gt;fil conducteur et charge suspecte&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Sous le siège du conducteur, les agents ont trouvé un cartable cadenassé dans lequel était caché un nombre considérable de cartes d'identité, de permis de conduire et de chéquiers, tous des faux. La découverte de ce cartable allait constituer la première clé de l'énigme. En l'ouvrant, les agents y avaient trouvé le fil conducteur leur permettant de relier tous les éléments constitutifs de l'affaire. L'examen des cartes d'identité falsifiées a permis d'en distinguer deux sortes : celles dont les originaux étaient tunisiens et celles qui étaient falsifiées à partir de documents fournis par un pays frère. Ce qui démontrait que les activités des utilisateurs de ces documents couvraient les deux pays voisins, au niveau de leurs côtes sud-méditerranéennes. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5281381186403044034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 337px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUs8NQL8CsI/AAAAAAAABI8/XcUwG_3L0zw/s400/boussol12-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des bénéficiaires de cette falsification, il s'est avéré qu'ils étaient principalement au nombre de deux : un jeune homme et une jeune fille, tous deux âgés de moins de trente ans et dont les photos paraissent sur les documents avec des identités différentes et des nationalités tantôt tunisienne et tantôt celle d'un pays frère. Recherches faites, les deux malfaiteurs étaient recherchés. Ils font l'objet d'un mandat d'arrêt émanant des autorités régionales de Sfax, pour leur implication dans une affaire de réseaux de débauche et de trafic de drogue.&lt;br /&gt;La benne de la camionnette a fourni, elle aussi, des informations fort intéressantes pour les enquêteurs. L'inspection de sa charge a démontré qu'elle était effectivement destinée à l'organisation de campings plutôt intrigants. Il s'y est touvé, en effet, des structures métalliques, des bâches, des lits de camp ainsi que des couvertures, des tapis, des ustensiles de cuisine et différents couverts. Mais ce qui a confirmé les doutes et orienté les recherches vers la piste appropriée, c'est la présence de meubles du genre utilisé dans les salons de massage thérapeutique, en plus d'une panoplie de tenues de danse érotique, de pommades de massage et de produits de beauté.&lt;br /&gt;La brigade a aussi trouvé, dans le chargeent de la camionnette, des appareils d'enregistrement et de lecture vidéo avec des DVDs, dont le contenu variait entre musique de Mezoued et films pornographiques. Deux bidons en matière plastique ont aussi été trouvés, contenant un vin populaire à base de Legmi vieilli, communément appelé "Qichem" dans les oasis du Sud.&lt;br /&gt;"Le recoupement entre ces différents éléments découverts a permis aux enquêteurs de délimiter le champ d'investigations et de faire le lien entre la camionnette volée et une bande de malfaiteurs, autour de laquelle l'étau a déjà commencé à se resserrer", indique notre source. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000066;"&gt;Visage défiguré et balle au crâne&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Aussi, les agents de la brigade se sont-ils rendu compte que ce chargement suspect ne pouvait être ainsi abandonné, à proximité de la voie publique, sans raison hautement contraignante. Aussi ont-ils décidé de résoudre cette énigme au plus vite. Ils ont appelé en renfort des éléments de la cavalerie pour les aider dans leurs recherches et se sont dispersés dans les montagnes environnantes. Leurs efforts allaient vite être couronnés de succès. A l'arrivée des agents de la garde nationale à un point d'eau saisonnier, se trouvant à environ trois kilomètres de la route principale, l'affaire a fini par leur livrer son horrible secret.&lt;br /&gt;Le point d'eau "Ghédir El Maïze" (flaque des chèvres) était jusque là inconnu. Il se trouve au pied d'une chaine de montagnes. Il est entouré de très hauts rochers. Son eau sourd des fissures de ces rochers polis par l'écoulement, puis tombe goutte à goutte dans une sorte de bassin naturel peu profond. Une clairière peu spacieuse et tout à fait inhospitalière, à laquelle les agents de la brigade ont pu accéder par un passage étroit entre deux rochers. Ce fut une surprise horrifiante : deux cadavres gisaient qui commençaient à dégager des odeurs nauséabondes. Le premier était celui d'un mâle totalement nu. Etalé sur le dos à même la pierre, le tueur lui ayant porté des dizaines de coups de couteaux profonds au niveau du cœur, du cou et du bas ventre. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5281381094940955586" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUs8H7drU8I/AAAAAAAABI0/psvK7SLXEYg/s400/boussol12-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais le criminel ne s'était pas contenté de tuer sa victime. Il lui avait coupé les organes génitaux que les agents ont retrouvés, plus loin, accrochés aux fissures d'où sourdait l'eau de la flaque. Il l'avait aussi défiguré, profanant délibérément le corps, avec une sauvagerie qui fait honte à l'humanité. Toute sa peau avait, en effet, été enlevée, afin d'en effacer tous les traits. Même les bouts des doigts avaient été coupés afin d'empêcher l'identification du cadavre par les autorités.&lt;br /&gt;Quant au second cadavre, il s'agissait aussi d'un homme. Mais ce dernier était dans le bassin où il flottait tout habillé. La mort de cette seconde victime avait été causée, selon nos sources, par un tir de fusil du haut d'un rocher surplombant la clairière. La balle s'était logée à l'arrière du crâne. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="color:#000066;"&gt;Assassin tu n'iras pas loin&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Si, pour l'explication de ce crime odieux, l'ambigüité ouvrait la porte à de multiples hypothèses, les enquêteurs en privilégiaient deux :&lt;br /&gt;La première présentait le tireur qui se trouvait en haut du rocher comme étant le tueur des deux victimes. Dans ce cas, la seconde personne serait arrivée sur les lieux après que l'assassin eut terminé son premier forfait. Le nouvel arrivant ayant découvert le cadavre et reconnu son assassin, ce dernier n'aurait pas hésité à lui tirer dessus, afin d'étouffer la voix d'un témoin oculaire.&lt;br /&gt;La seconde hypothèse présentait la seconde victime comme étant l'assassin de la première. Dans ce cas, son tueur serait une tierce personne qui les connaitrait toutes les deux et qui aurait attendu, avec sang froid, que le premier forfait soit achevé, pour trahir celui qui l'avait commis en lui tirant dessus du haut de son rocher.&lt;br /&gt;Quant à la relation entre les parties prenantes de ce crime et la camionnette volée, nos sources se refusent, pour le moment, à dévoiler la moindre information, afin de garder intactes toutes les chances d'arrêter le tireur de la montagne. Toutefois, certains indices nous permettent déjà de penser que l'une des deux victimes serait le propriétaire du sac à dos trouvé dans la camionnette et l'autre celui dont la photo figurerait sur les documents falsifiés. Mais il nous faudra, pour en être certains, attendre la fin des investigations ainsi que les résultats des analyses génétiques qui ne manqueront pas d'être effectuées.&lt;br /&gt;L'assassin, qui a tenté de gommer les traits de sa victime et de faire disparaître les bouts de ses doigts, aurait-il oublié que les empreintes digitales ne sont plus l'unique moyen de démasquer les criminels de son espèce ? S'il avait pu échapper à la justice, ce n'atait que momentanément. Les techniques d'investigations s'étant développées, l'identification du cadavre défiguré ne tardera pas à mener au criminel. Car les agents de l'ordre n'auront de cesse de le traquer jusqu'à l'arrêter pour le présenter à la justice qui se chargera de lui faire payer cher ses actes odieux. Notre dicton populaire ne dit-il pas : "assassin tu n'iras pas loin" ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5281380933199334386" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUs7-g7eC_I/AAAAAAAABIs/cxLOCdqOuyk/s400/boussol12-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000066;"&gt;Votre journal au cœur de l'événement&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ainsi prennent fin les informations à nous communiquées par nos sources sûres. Nous resterons, évidemment, en contact avec elles pendant qu'elles continuent à mener l'enquête, afin de fournir à nos fidèles lecteurs les résultats obtenus, au fur et à mesure qu'ils nous parviennent. Mais la gravité de cette affaire, sa complexité, l'assassin qui court toujours à l'heure où nous mettons sous presse, ainsi que l'intérêt que porte l'opinion publique à cette affaire, nous interpellent et requièrent de nous des efforts particuliers. Aussi, votre journal se trouve-t-il déjà, comme à son habitude, au cœur de l'événement. A l'heure où vous lisez ces quelques lignes, notre envoyé spécial se trouve sur les lieux pour un reportage, dans lequel il recueillera les différentes réactions des citoyens de la région à ce crime odieux. Attendez donc notre prochaine édition, vous y trouverez un spécial de deux pages avec des photos et des témoignages inédits. Affaire à suivre. &lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;br /&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6066188995143823312?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6066188995143823312/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6066188995143823312&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6066188995143823312'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6066188995143823312'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/12/la-boussole-de-sidinna-12-ghdir-el-maze.html' title='La Boussole de Sidinna / 12 Ghédir El Maïze'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUs737FaElI/AAAAAAAABIk/RhZjWeM8q2A/s72-c/boussol12-a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-416204847276294116</id><published>2008-12-11T23:45:00.000-08:00</published><updated>2008-12-12T00:05:44.742-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 11 Nouba de la pierre et de la fièvre, ter</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (41/53) La Boussole de Sidinna (11/23) – 12 décembre 2008&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin second :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Des silex sur les dunes &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;strong&gt;Orientation troisième 3 :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;Nouba de la pierre et de la fièvre, ter&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Salle de cinéma sombre. Film ambigu. Blanc et marron. Une heure. Arrivée du troupeau de chèvres. "Un Chien Andalou". Jus de pommes noires. Aboiements. Journal mural. Nouvelle très courte. Vieillesse précoce. Deux heures. Louis Bunuel. Camionnette 404 bâchée Tu 30. Cadavres exquis. Poésie des anciens. Cœur de Chou. La butte de Ras Tabia est trop raide. Trois heures. Poésie du genre terre-terre, marchant avec les humains dans la caillasse. Les paroles se saouleraient si elles en avaient les moyens. Arrêt, enfin, de l'écoulement menstruel. "Jehfa" (litière à dos de chameau) de mariée détournée. Maison de la culture "Ibn Khaldoun". Une demi-journée et une nuit. Endormi avec les moutons. La mémoire aussi s'endort. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278807046381416754" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUIXClVksTI/AAAAAAAABHU/sm9mzAeDCS0/s400/boussol11-a.jpg" border="0" /&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;… Ghailane… Je suis Yassine Bellaghnej. Yassine Bellaghnej, Gailane. Je t'ai trouvé gisant sur le bas côté de la grande route. Ouvre bien les yeux et tu me verras. Comment ne te souviens-tu pas de moi? N'es-tu pas Mohamed Lamjed Brikcha ? Dis-moi ton nom alors ! Parle. Dis n'importe quoi ! Ne t'abandonnes-pas à la mort, Ghailane !&lt;br /&gt;…Je te sauverai malgré toi Ghailane. Je crache sur cette chienne de vie. Comment peux-tu me regarder sans me reconnaître ? Je suis Yassine Belleghnej, Majda. J'ai mangé des mets préparés par ta maman Khadouja. J'ai dormi à côté de toi sur la Doukkana de ta grand-mère Manana, sous le portrait de ton grand-père Bahri. Souviens-toi, Ghailane. En cette année là, Ta sœur Rachida avait arrêté ses études. Mais ouvre les yeux fils de chien. Ouvre-les, sinon je te giflerai encore plus fort. Souviens-toi de ton slogan Mejda. Ne laisse pas le temps violer le vierge espoir… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Ciel peu voilé. Hôtel cinq étoiles. Nouveau métro de la Manouba. Déclarations d'amoureux. Diner aux chandelles. Juste un baiser. Paiement avant d'arpenter la montagne. Peinture sur soie. Sergei Eisenstein. Le bandage des yeux fait partie des règles du jeu. Nécessité du non nécessaire. Je travaille dans la libre entreprise. Aubergines frites. Youyous. "Warda baidha fil alali" ("Rose blanche dans ses hauteurs" chanson algérienne). Lac salé. Odeur de transpiration. Le restaurant universitaire est loin. Dégringolade. Que veux-tu ? Du pain et des olives ou de la Bsissa aux dates séchées ? Les escaliers du "Cuirassé Potemkine" mènent à la caverne. Première bouteille de bière. L'entrée de la caverne sous la voute. Une idée diabolique. Les fils de diable. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;… Ghailane… Ghailane… qu'est-ce qui t'a amené dans ce désert, Ghailane ? Es-tu venu seul ou … avec qui es-tu venu ? Voulais-tu te suicider ? Dis-moi : as-tu été piqué par un scorpion ? Ouvre les yeux et regarde-moi, bon sang ! Comment ne te souviens-tu pas de moi alors qu'on habitait ensemble dans le même foyer, dans la même chambre ? Comment ne te rappelles-tu pas : "la butte de Ras Tabia est trop raide". "La poésie se saoulerait si elle en avait les moyens". Te rappelles-tu maintenant ? Te rappelles-tu cette après-midi de samedi ? La pluie n'arrêtait pas de tomber. Te souviens-tu de la première bouteille de bière de ta vie et de la mienne ? "La butte de Ras Tabia est trop raide". Nous buvions notre bouteille ensemble. Nous la cachions sous le manteau et nous en buvions à la mode de l'irrigation goutte à goutte, tout en arpentant la colline sous la pluie et en faisant du tapage en pleine rue comme si nous avions bu un tonneau d'alcool ! "La butte de Ras Tabia est trop raide"! C'était un de tes poèmes dans le genre terre-terre. Tu l'avais mis en musique et tu t'étais mis à le chanter. As-tu toujours ta belle voix Ghailane ? Te rappelles-tu comment on parlait comme des ivrognes sans être vraiment saouls ? Réveilles-toi Ghailane ! Je te sauverai et je te donnerai à boire du Qichem (1) jusqu'à ce que tu réalises que c'est du Qichem. Avec moi, tu te saouleras pour de bon et tu guériras de tous tes maux. Juste, tiens bon et ne t'abandonnes-pas à la mort. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;*****&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt; Les funérailles de Sidinna. Eau stagnante. Coucher infect. Un âne. Saisons de vieillissement du Qichem. Navet de film. Massages thérapeutiques. Niveau d'amateurs. Mouton de l'Aïd. Ghailane hôte d'Eisenstein. Départ du troupeau de chèvres. Le droit chemin. Union des étudiants Khobsistes (partisans du pain). Appel à la prière d'Al Asr, à l'heure locale. La bande arrive. Il n'ya de Dieux que Dieu. Bien, par où aller ? &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;... Ghailane… Ghailane… Je vais m'absenter une heure ou deux. Je reviendrai avec quelqu'un pour rester ici avec toi et t'accompagner jusqu'à ta guérison. Je verrai si je trouve un médecin qui veuille bien venir ici. Je t'amènerai du lait de chèvre et tu en boiras. Juste, tiens bon pendant une heure ou deux et tu seras sauvé. Ne meurs-pas fils de chien ! Tu m'entends ? Si jamais je te trouve mort, je te tue… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Des lunettes de vue en cul de bouteille. Peu avant le coucher. Construction menaçant de s'écrouler. Arrivée du troupeau de chèvres. Une voute sans Bendirs. Une journée. Un clin d'œil. Tout sauf les baisers. Tu entres et tu sors et c'est tout. Un billet de vingt. De longues moustaches blanches. Deux journées. Un billet de trente. Du lait de chèvre. A deux cents la pucelle. Un médecin incapable de rien faire. Une cage où tu entres sans pouvoir en sortir. Soleil tapant. Trois journées. Ta bouche pue. Tisane de camomille. Bus très spécial. Saison de la cueillette des dattes. Bananes de Costa Rica. Chien méchant, pur sang arabe. Boite de nuit au fond de la terre. Secteur des services divers. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;… Voici mon ami, Houriya. Il s'appelle Ghailane. Tu le sers en silence et tu ne lui poses aucune question. Il est malade maintenant. Mais il guérira et sera mon bras droit. S'il accepte, nous élargirons le projet et envahirons tout Chott-El-Jerid. Il était mon meilleur ami à l'université. J'étais étudiant en philo au 9 avril et lui étudiant en langue Arabe à la Manouba. Nous habitions ensemble dans la même chambre. Nous avions obtenu nos diplômes la même année. J'avais obtenu la mention "passable" et lui la mention "assez bien". Tu ne sais pas, Houriya, ce que la mention "assez bien" veut dire en maitrise d'arabe à la faculté de La Manouba! C'est l'équivalent de l'excellence ! Alors n'oublie pas que tu es là pour le servir et lui obéir en tout. Tu seras payée double à partir de maintenant. Tu fais tout ce qu'il te demande. Tu comprends ? … &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278807390348935554" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 239px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUIXWmt0gYI/AAAAAAAABH0/xtBjb-m5_xg/s400/boussol11-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Intoxication alimentaire. La poésie autre que le Amoudi et le libre. Je te prêterai un mulet. Club culturel Tahar Haddad. Hôtel cinq étoiles. Quatre nuits, puis arrêt de l'écoulement menstruel. Voici mon frère monsieur l'agent. Route dégagée. Une bougie. Akira Kurosawa. Sauve ta peau. Trois bouteilles de Chivas-Régal. Où es-tu Abou Righal? Deux bougies. Union sportive monastirienne. "Rashômon". Les glaçons ne suffisent pas à éteindre un incendie. "Nahna We Hadha" (tout dépend de ce match). Une recette pour préparer le Qichem. Premier rendez-vous devant le théâtre municipal. Encore du lait de chèvre. C'est ça le Qichem mon cher. Whiskey tunisien de grand luxe made in Degèche. Une source d'eau pure. Pas de solution pour cette saleté. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;… Ghailane, Voici Houriya. Ghailane, tu m'entends ? Le médecin m'a rassuré. Tu ne mourras pas. Tu l'as échappée belle, fils de chien. Les chiens ont longue vie. Je la laisserai en ta compagnie ici. Elle est à ta disposition durant toute la journée. Ne lui empoisonne pas la vie pour prendre tes médicaments. Elle a un téléphone portable. Tu peux lui demander de m'appeler si tu as besoin de quoi que ce soit. N'hésite pas à lui donner des ordres ou à lui demander toute sorte de services. Le soir, je ramène Houriya pour ses autres occupations. Je viens la prendre lorsque s'en va le troupeau de chèvres. Et, dans la journée, je la ramène ici juste après le retour du troupeau de chèvres. Ce sont des choses dont je te parlerai plus en détails lorsque tu auras repris conscience. Nous allons nous entendre sur tout, lorsque nous nous seront mis d'accord. L'essentiel maintenant est que tu ne sortes pas d'ici. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;"L'homme de cendre". La mort avant la naissance. Sidinna Imam de la mosquée de Beb-El-Gharbi. Nouri Bouzid. Chich-kebab. Pas de honte au paradis. Laisse-moi monter et voici ton dû. Le dernier mot. L'appendice. Ghailane est un chien et fils de chien. Yeux ne s'ouvrant pas et cerveau ne dormant pas. Départ du troupeau de chèvres. Toute une semaine. C'est mille-quatre-cents. Secrétariat général. Chèque sans provision. Le feu de Dieu est allumé. Ouvre la bouche et avale. Où est donc le Nord et où est le Sud ?&lt;br /&gt;Rêves croisés. Film en accéléré. Arrêt, à nouveau, de l'écoulement menstruel. Je n'aime pas le lait. Monte jusqu'au sommet de la montagne. Reviens demain et tu en trouveras une plus belle. Ecran géant. Des cages sur mesure. "Les ambassadeurs". Escalade la montagne à pieds. Les yeux nécessairement bandés. Sidi-Bou-Saïd. Cartes de crédit non acceptées. Naçeur Ketari. Arrivée du troupeau de chèvres. Charlie Chaplin. Marabout malgré toi. Le corps, robot programmé. Ô temps des retrouvailles à El Manar 2. Le lait ou la mort. Guerre d'usure. "Les temps modernes". Un intégriste nu sur scène. Départ du train de Gabès. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Comment va-t-il maintenant ? A-t-il bu son lait? A-t-il été à la "chambre du désert" (toilettes de plein air) ? Tu verras lorsqu'il sera guéri. Tu découvriras en lui une personne très sympathique. Tu aimeras son chant. T'a-t-il parlée ? T'a-t-il dit quoi que ce soit ? Il te charmerait s'il parlait. Je l'ai connu dans le train. Nous avons beaucoup ri puis nous nous étions séparés. Lorsque je suis allé réceptionner ma chambre au foyer, je l'y ai trouvé et nous avons ri comme des fous. C'était mon binôme. T'avais-je dit que lors de ma vie estudiantine, je flirtais avec plusieurs composantes de la gauche ? Et bien ce n'était pas très original pour un étudiant en philo. Quant à lui, il était le leader. Pas le leader d'une des fractions de la gauche. Mais celui de l'union des étudiants "Khobsistes". N'est-ce pas Ghailane ? C'était lui le président de cette union, Houriya, et son unique adhérent qui n'accepte personne avec lui. Et il était resté fidèle à son engagement, jusqu'à sa sortie de l'université... &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278807124212158866" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUIXHHR3kZI/AAAAAAAABHc/A07BxuNlaAk/s400/boussol11-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Non, je ne suis pas son frère. Chute de pierres. Massage japonais, les mains cagoulées. Famine sexuelle. Danse très orientale. Chemise en carton jaune. Un mois. Ciseaux noirs. Dépassement interdit. Festin de sécheresse sentimentale. Devises faciles à écouler. Pluies éparses. Deux mois. Je viendrai spécialement de Sfax. Calendrier 2001. Une cigarette pour deux. Heureuse année. "Le Moineau". Deux mois et demi. Youssef Chahine. Potage de légumes. Sawana s'excuse. Eau minérale. La maison de la culture Ibn Rachiq toujours fermée. La guérison vient peu à peu. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;… "Ni gauche ni droite. La butte de Ras Tabia est trop raide. Nulle vérité que celle-ci dans ce monde." Te souviens-tu de ce slogan politique qui était le tien, Ghailane ? Quant à moi, je m'étais retourné de tous côtés. Mon engagement était toujours un engagement de passage. Alors que ton engagement à toi était la recherche du vierge espoir. Tu le poursuivais dans le chant, dans les lectures littéraires et dans la cinéphilie. Ce que j'ai aimé en toi, c'est que tu respectais toujours mes opinions aussi contradictoires qu'elles aient été. La fièvre s'est arrêtée, Ghailane. Il faut que tu sortes à l'air libre. Demain je viendrai tôt te chercher. La route est dégagée ces jours-ci. Alors je te sortirai de là. Quant à toi, Houriya, tu peux rentrez chez tes parents jusqu'à la fin de tes "règles". &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Sur la montagne. Rien, au dessus de moi, que la voute céleste bleue. Je regarde en dessous et ne vois que des montagnes à perte de vue. Des couleurs verdâtres, de rougeâtres foncé à noires. Des rêves et des rêves dont je ne retiens aucun détail. Des événements bizarres. Si j'avais, dans mon sommeil, papier et crayon, j'aurais consigné ces faits en vingt-milles pages. La mémoire se réveille un instant. La conscience revient puis s'en va rapidement. J'ai sans doute une maladie plus étrange qu'on ne l'imagine. La fièvre a-t-elle vraiment duré trois mois, ni plus ni moins, Bellaghnej ?&lt;br /&gt;Des montagnes, des montagnes jusqu'à l'horizon. Des pierres, des pierres et pas de végétation… Où suis-je ? Epluchures d'oranges. Voiture 4x4. "La Terre". Puits artésien. Shéhérazade a dit. "Le voleur de bicyclette". Fruits de la nouvelle saison. Casse-croute aux merguez, maître. Toutes les bougies se sont consumées. Youssef Chahine et Vittorio De Sica. Le retour du royaume de l'inconscient. Départ du troupeau de chèvres. Retour du troupeau de chèvres. La poésie Amoudi (verticale) est une trahison littéraire. Jus de carottes. "Le Virage". Appel à la prière du Sobh à l'heure locale de Beb-Tounes et alentours. Le matin est succès, le matin est réussite. Mustapha Fersi. Vas-tu me dire, enfin, où est le Sud et où est le coucher ? &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;…Que t'arrive-t-il brusquement Ghailane? Pourquoi reviens-tu ainsi à ton délire, alors que tu n'as plus de fièvre? Est-ce l'effet de l'air pur qui t'envahit les poumons ? Réveille-toi Ghailane ! Pourrais-tu poursuivre la marche ou bien faudra-il qu'on revienne ? Où vas-tu comme ça ? Laisse-moi te soutenir pour ne pas tomber sur les rochers. Nous marcherons cinq minutes, tout au plus, et nous serons arrivés à un endroit merveilleux… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;C'est vraiment étrange. La mémoire s'en va et puis revient. Et toi, je te vois une fois en Yassine Bellaghnej, mon ami de l'université et, une autre fois, me vient de toi une image dans une posture douteuse et écœurante, me demandant de t'appeler Tarhouni. Parfois, Yassine, le rêve et la réalité s'enchevêtrent en moi. Et il me semble alors qu'il y a une sorte de caverne dédiée à la délectation et à la débauche, où il y a de la danse orientale simplifiée, du Qichem et de la viande de gazelle, ainsi que de la chair féminine en chaleur. Je vais en devenir fou, Yassine.&lt;br /&gt;Qui es-tu en réalité, Yassine ? Suis-je en train de vivre un cauchemar ? Ou bien est-ce possible que je sois devenu pourri au point d'avoir de mon meilleur ami cette image exécrable ?&lt;br /&gt;Et puis où suis-je ? Epluchure de melon. Je n'ai pas de passeport. "Mawlid Annisyan" (la genèse de l'oubli). Journaux des passants. Dessins animés. Crayons noirs non taillés. Electricité coupée. Mahmoud El Messaadi. Chakchouka piquante. Jardin d'enfants. Café des jeunes. Il était une fois : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;Deux pigeons(2)&lt;br /&gt;Ah s'il pouvait ne pas la voir !&lt;br /&gt;Et si elle pouvait ne pas le voir !&lt;br /&gt;Elle a volé,&lt;br /&gt;s'en est allée&lt;br /&gt;Seul dans le nid,&lt;br /&gt;Elle l'a laissé ! &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;…Oui… Oui… Je vois que tu commences à tout comprendre, Ghailane. Tes paroles sont pleines de sens. Ton chant descend comme un couperet. Chante alors ! Chante ! Parle, dis tout ce qui te passe par la tête. Je saurai bien te comprendre. Dis ce qui sied et ce qui ne sied pas, jusqu'à ce qu'arrive la parole adéquate.&lt;br /&gt;En t'écoutant chanter, je me suis rappelé ces jours sombres. Ces jours où j'avais vomi la gauche, toutes factions confondues. J'étais perdu. Je me suis trouvé à deux doigts de la folie. Et c'est toi, Ghailane, qui m'a soigné. Te souviens-tu ? Tu m'avais accueilli chez toi à Beb-Tounes. Tu m'avais soigné par la marche, à l'aube, sur la plage de la Qarraia. Nous sortions de la maison alors que tout le monde dormait. Nous longions les remparts de la chicane de Beb-Tounes jusqu'au tribunal. Puis nous traversions le cimetière dans le noir, nous arrêtant pour réciter la Fatiha sur la tombe de ton oncle Sidinna, avant de sortir de l'autre côté sur la plage. &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278807190145002850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUIXK85e7WI/AAAAAAAABHk/r3YzTtgXtFI/s400/boussol11-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Nous marchions sur le sable jusqu'à Sidi Mansour et puis nous restions sur le monticule surplombant la Kahlya, à attendre le lever du soleil. Pendant tout ce temps je bavardais presque en délire, alors que toi, tu ne disais rien. L'après-midi, tu m'emmenais sur d'autres monticules surplombant la mer d'un autre côté, où nous admirions le coucher du soleil sur l'eau bleue et chantions jusqu'à la tombée de la nuit… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Ô que je me souviens maintenant, Bellaghnej. Je revois l'image : toi dans un hôtel cinq étoiles, entouré de cinq belles filles. A côté de toi, un vieillard libyen. Il me semble t'entendre maintenant lui chuchoter "C'est deux cents, la pucelle". Tu reçois de lui trois bouteilles de "Chivas Régal". Mais où es-tu Abou Righal ? Des épluchures de banane. Patinage sur glace. La veille de la chute de Bagdad. Une chaise aux pieds cassés. Une prison amicale. Une chaîne rouillée. Des feux amis. Bergers ou geôliers. Des trippes une tête et quatre pattes. La Palestine est arabe. Le T. G. M. (train Tunis- La Goulette- La Marsa). Et il était une fois : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;J'avais un rossignol(1)&lt;br /&gt;Dans une cage en or&lt;br /&gt;Il avait une belle forme&lt;br /&gt;De belles plumes&lt;br /&gt;Et une longue queue &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;…D'accord, dis ce que tu veux. Chante et je t'écouterai. J'ai compris et tu as tout compris. Je ne fais que m'acclimater à mon environnement en toute conscience, Ghailane. Mais là, je voudrais que tu continues toujours à respecter mes choix, même si tu n'es pas d'accord avec moi.&lt;br /&gt;Lorsque j'ai échoué au CAPES, Le choc était grand. Car, sachant exactement ce que j'avais fait, j'étais certain de réussir. En dépit de ma déception, je t'avais téléphoné avec l'intention de te féliciter pour ton succès. Pour toi, Ghailane, j'étais plus que certain du succès. Tout le monde savait que tu étais le plus méritant parmi tous ceux qui avaient passé le CAPES d'arabe. Or, les résultats annoncés n'ont fait que doubler mon choc. Et, depuis, je ne crois plus en rien. Mon échec dans la section philo était déjà assez suffisant pour éveiller les soupçons, mais que Mohamed Lamjed Brikcha échoue au CAPES d'arabe, et bien cela voulait dire qu'il y avait anguille sous roche, et beaucoup plus encore !&lt;br /&gt;Alors c'est contre toute la société que j'étais furieux. D'ailleurs je le suis encore et je ne pense qu'à me venger, mais avec sang froid. Ce que je fais n'est que ma façon à moi de prendre ma revanche. Et, crois-moi Majda, j'en vis très bien. L'argent coule à flot. Que me faut-il de plus ?&lt;br /&gt;J'avais, d'abord, été saisi d'une vague de spiritualité. Alors je m'étais laissé pousser la barbe et avais répondu à l'invitation d'un voisin. J'avais essayé la prière, ne tardant pas à y accourir comme un affamé. A la mosquée, j'ai fait la connaissance d'un groupe d'engagés. J'ai failli m'engager avec eux. Plus, j'ai failli franchir les frontières pour l'Algérie. Mais je me suis repris à la dernière minute. Je me suis rendu compte que seuls seraient perdants, dans tout cela, mon père qui avait déjà perdu la vue, ma pauvre mère et mes cinq frères. Quant à moi, perdant en restant ici et perdant en me rendant là bas, j'aurais tout gagné dans ma vie si je n'entrainais pas les miens vers leur perte totale. Aussi, le soir même où on devait franchir les frontières, j'ai faussé compagnie au groupe et me suis enfui à dos de mulet. Je me suis retrouvé à Sfax où j'ai connu Houriya. Et c'est là que mes affaires ont pris forme et que la roue a commencé à tourner… &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Tout est devenu clair maintenant, Bellaghnej. Le Nord est Nord et le Sud est Sud et ils ne sont pas faits pour se rencontrer. Voici plus d'une heure que nous tournons en rond à travers les reliefs de cette merveilleuse montagne. Rassure-toi, Yassine ; maintenant, il me serait impossible de retrouver le chemin du retour au mausolée. Tu sais que je n'ai jamais opposé à tes choix que mon respect. Mais là, je me contenterais de comprendre que le destin de nos chemins est fait de séparation. Car je dois absolument me rendre à Tazoghrane, mon ami. J'y ai une mission urgente. Je suis porteur de la boussole de Sidinna. Et je dois faire tout mon possible pour qu'elle arrive à destination. Montre-moi juste le chemin qui mène à la grande route et va t'occuper de tes affaires.&lt;br /&gt;Bellaghnej…&lt;br /&gt;Merci beaucoup de m'avoir sauvé la vie. Quant à moi, Yassine, je suis incapable de te sauver. Car, mon ami, tu as laissé le temps violer le vierge espoir…. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;La conscience est totalement revenue. Une conscience limpide comme l'eau de cette source qui coule à nos côtés. Cette conscience qui se réveille m'emplit de tristesse. Et ce silence qui se dresse entre Yassine Bellaghnej et moi, me semble encore plus lourd que tous ces grands rochers qui nous entourent.&lt;br /&gt;Entre les rochers, la source coule pour se jeter dans une flaque qui semble profonde. Et moi, je ne peux pas voir l'eau et me contenter de la regarder. Tout ce froid glacial ne peut m'empêcher d'ôter mes vêtements :&lt;br /&gt;- Belle est cette source ruisselant entre les montagnes, Bellaghnej. J'ai une envie folle de m'y baigner. Je laisse devant toi la boussole de Sidina. Tu peux la surveiller pour moi un moment si tu veux, comme tu peux t'en emparer et partir avec. Mais quand je serai sorti de l'eau, je voudrais ne pas te trouver ici. Adieu Bellaghnej. Tu étais mon ami. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Je plonge et je flotte. Je replonge et je flotte à nouveau. Yassine Bellaghnej ne dit mot. Serait-il atteint de mutité ? Je plonge et je flotte. Yassine Bellaghnej écrit dans son carnet de notes. Il doit être en train de tirer les leçons de notre dernière discussion. Mes propos sont-ils en train d'aider l'espoir à reprendre la route de sa virginité ? Je plonge et je flotte et ne trouve personne. Je sors de l'eau les veines glacées. Sur mes vêtements, sous la boussole de Sidinna, un papier de bloc-notes. Des lignes dessinées comme une carte. Des flèches longeant une source qui coule entre les rochers et d'autres qui en partent en direction d'une longue ligne droite. Au verso, une lettre pour moi. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Ghailane, mon ami,&lt;br /&gt;Le Nord est Nord et le Sud est Sud. Et c'est vrai qu'ils ne sont pas faits pour se rencontrer. Tu es un homme attaché à des principes que j'ai réussi, à mon cœur défendant, à dépasser. C'était un choix. Bon ou mauvais ? C'est tout à fait secondaire. C'est mon choix, je l'assume et c'est tout. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5278807313509207778" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUIXSIdzTuI/AAAAAAAABHs/AjsU5DbbCFI/s400/boussol11-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je traversais mes jours les plus sombres, c'est toi qui m'a accueilli chez toi pendant plus d'une semaine et qui m'a sorti de mon sale pétrin. Le sort t'a conduit jusqu'à moi et tu ne peux pas dire que je n'étais pas à la hauteur de notre amitié. Aujourd'hui, copain, j'allais te proposer de rester avec moi. Mais j'ai compris que le Nord est Nord, que le Sud est Sud et qu'il nous fallait nous séparer.&lt;br /&gt;Suis ce plan de fortune et tu arriveras à la route principale. Là, il ne te restera plus que quelques kilomètres pour arriver à Toujane. Une fois au village, renseigne-toi sur le bus en direction de Gabès. Il doit y en avoir un vers midi.&lt;br /&gt;Accepte cette petite somme en guise de cadeau qui te permettra de faire face aux dépenses du voyage. Je garde ton sac à dos en souvenir. Car je ne suis pas bête pour te permettre de revenir encore une fois à mon mausolée cachette.&lt;br /&gt;Ton ami Tarhouni qui n'a plus de Bellaghnej que le cadavre qu'il traine sur terre.&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;strong&gt;Le Haikuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(1) Qichem : vin à base de Legmi (suc puisé dans le cœur du palmier).&lt;br /&gt;(2) Zouz Hmamet (les deux pigeons) traduction des paroles d'une chanson connue interprétée par Sadok Thraya.&lt;br /&gt;(3) Traduction d'un chant d'enfant appris à l'école primaire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-416204847276294116?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/416204847276294116/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=416204847276294116&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/416204847276294116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/416204847276294116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/12/la-boussole-de-sidinna-11-nouba-de-la.html' title='La Boussole de Sidinna / 11 Nouba de la pierre et de la fièvre, ter'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SUIXClVksTI/AAAAAAAABHU/sm9mzAeDCS0/s72-c/boussol11-a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6069343188089023950</id><published>2008-12-04T21:37:00.000-08:00</published><updated>2008-12-04T21:53:10.972-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 10 Nouba de la pierre et de la fièvre, bis</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (40/53) La Boussole de Sidinna (10/23) – 05 décembre 2008 &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Chemin second :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des silex sur les dunes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation troisième 2 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nouba de la pierre et de la fièvre, bis&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Par où vais-je aller ?&lt;br /&gt;Où est le Nord et où est le lever ?&lt;br /&gt;Où est le Sud et où est le coucher ? &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276177224843733474" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/STi_O0rRKeI/AAAAAAAABGM/haNBp4UAtNY/s400/boussol10-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les montagnes m'entourent-elles encore de tout horizon ? Le monde est-il toujours sombre, ténèbres? Est-ce toi qui es revenue Doraïa ? T'es-tu, enfin, souvenue de moi, grand-mère bien-aimée? Merci, Bien-aimée… Merci! Mais qu'est ce que c'est que ce pansement que tu m'appliques ainsi sur la tête ? Suis-je tombé dans le ravin ? Me suis-je fracassé la tête sur les rochers ? Et qui c'est celui-là ? Est-ce Azizi Mezri Jaïed ? Azizi… Parle-moi, Grand-père! Pourquoi ne parle-t-il pas, Doraïa ? Je ne connais pas ce grand-père-ci, car je n'ai trouvé aucune photo de lui dans la maison…&lt;br /&gt;- N'aie pas peur … Essaye de dormir maintenant… Ceci est un cataplasme à l'oignon… Ferme les yeux, dors et laisse l'application aspirer toute la fièvre. Demain tu te sentiras mieux, si Dieu le veut!&lt;br /&gt;- Dois-je dormir ? Suis-je, alors, en état d'éveil ? Suis-je encore en vie ? Suis-je dans la réalité ? Le fond m'aspire…&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;*****&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Par où vais-je aller ?&lt;br /&gt;Où est le Nord et où est le lever ?&lt;br /&gt;Où est le Sud et où est le coucher ?&lt;br /&gt;Pourquoi les montagnes m'entourent-elles de tout horizon?&lt;br /&gt;- C'est la nature de la région, fils de ta mère. Ici, Il n'y a que des montagnes.&lt;br /&gt;- Sommes-nous arrivés au Nord, Doraïa ? Est-ce ici Tazoghrane ?&lt;br /&gt;- Ici, on est plutôt dans le Sud, fils de ta mère. On est carrément à la porte du Sahara.&lt;br /&gt;- Et pourquoi, Grand-mère, le monde demeure-t-il toujours ainsi, sombre, ténèbres?&lt;br /&gt;- Je ne suis pas ta grand-mère, fils de ta grand-mère, je suis pucelle… Vieille et pucelle, comprends-tu ? Et je m'appelle Oum Ezzine et non Doraïa …&lt;br /&gt;- Appelons la Baraka des pieux… Chantons donc :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276177139068046834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/STi_J1IwDfI/AAAAAAAABGE/_8vydUJr9CY/s400/boussol10-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Ô Ya Lella…&lt;br /&gt;Malade, accorde-moi refuge&lt;br /&gt;Je t'appelle, Oum Ezzine….&lt;br /&gt;Ô Ya Lella…&lt;br /&gt;Ô fille de Jemmal…&lt;br /&gt;Ô, mère des sept locaux&lt;br /&gt;Ô Ya Lella…&lt;br /&gt;Ô souffrant, de suite,&lt;br /&gt;Appelle Oum Ezzine…&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;- Mais je ne suis pas Oum Ezzine, la pieuse, fils de ta mère. Arrête de chanter et dors. Et si la fièvre ne tombe pas d'ici le lever, je t'emmènerai à qui te prescrira un meilleur remède que le mien …&lt;br /&gt;- Dois-je dormir ? Suis-je en état d'éveil ? Suis-je encore en vie ? Suis-je en train de vivre la réalité ? Le fond m'aspire…&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;*****&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Par où vais-je aller ?&lt;br /&gt;Où est le Nord et où est le lever ?&lt;br /&gt;Où est le Sud et où est le coucher ?&lt;br /&gt;… Un espace d'éveil au sommet du rêve. Ou serait-ce, plutôt, un espace de rêve dans les fins fonds de l'éveil ? Une vieille pucelle, beaucoup plus belle que je ne l'avais vue dans la voiture de louage. Un tatouage sur le front et, sur chaque joue, un tatouage semblable et une rose. Et moi, marchant péniblement sur la pierre et, sans le soutien de son bras, je manque de peu de tomber. Les montagnes m'entourent toujours de tout horizon. Mais j'ai, au dessus de ma tête, une voute bleue lumineuse. Un espace sculpté, par la lumière d'un nouveau matin, dans une masse du monde sombre. L'entrée d'une habitation taillée dans la pierre, en dessous de laquelle, coulent des rigoles d'une eau limpide. Une chicane, un patio ensoleillé, puis des chambres creusées, elle aussi, dans la pierre de la montagne.&lt;br /&gt;… Un espace d'éveil au sommet du rêve. Ou serait-ce plutôt un éclat de conscience dans le ravin d'un coma. Un seul éclat ramène la vue aux yeux. Un seul éclat ramène la raison à la conscience aveugle. Excusez-moi madame. Je crois avoir dérangé. Est-ce vrai que vous vous appelez Oum Ezzine ? Pardonnez-moi, madame Oum Ezzine. Aurais-je déliré à haute voix, ou aurais-je seulement parlé à moi-même, dans mon for intérieur. Je ne sais ce qui m'est arrivé. Alors pardonnez-moi mon délire, madame. Je rêvais que je vous appelais Grand-mère. Mais je vois que vous ne lui ressemblez en rien. Alors pardonnez-moi et, encore une fois, pardonnez-moi.&lt;br /&gt;Un espace d'éveil au sommet du rêve. Ou serait-ce un espace de rêve au sein d'un autre rêve ? Un homme arrive au patio, sortant d'une caverne profonde. Ses traits sont ceux d'un homme dont je rêvais. Je lui parle et il ne me répond pas. Je l'appelle Azizi, mais il me toure le dos. Oum Ezzine se tient debout au centre du patio. Elle baisse la tête. Sa main me confie à la sienne. Je grelotte en la regardant se courber, pour lui parler en toute vénération :&lt;br /&gt;- Sidi Moqaddem Hfaïedh, c'est un garçon que j'ai trouvé égaré dans la montagne. Il a souffert de fièvre pendant sept nuits, plongé dans un coma, dont il ne sortait que pour délirer. Des propos bizarres sur les aïeuls, sur la mort et sur la résurrection. Des chants lancés tels des appels au secours aux pieux et aux marabouts. Alors, Sidi Moqaddem Hfaïedh, pardonnez-moi cette audace. Je n'avais plus d'autres choix que de franchir la porte de votre isoloir. Car nul autre que vous ne pourrait sauver ce jeune homme.&lt;br /&gt;Sans mot dire, le Moqaddem Hfaïedh me saisit solidement par le poigner. Il manque de peu me bloquer le pouls. Il me fixe dans les yeux, les siens m'envoyant des rayons plus forts que ceux du soleil. Comment continuer à soutenir ce regard assaillant ? Comment récupérer ma vue alors que la force ma manque pour refermer les yeux ?&lt;br /&gt;… Le Moqaddem Hfaïedh m'étend par terre. Je me laisse faire. Il me prend la tête entre ses deux mains et la presse tellement fort que je sens ses doigts se planter dans mon crâne. Et je vois Sawana traverser la caverne en me souriant. Je m'apprête à l'appeler puis je renonce et m'abandonne, comme rassuré malgré la douleur. Je ferme les yeux puis les rouvre. Et, me voici debout dans le patio. Le Moqaddam Hfaïedh ouvre la main. Il m'avait extrait de la tête sept petits cailloux bien polis aux merveilleuses couleurs, scintillant comme des diamants :&lt;br /&gt;- Ton prénom ?&lt;br /&gt;- Mohamed Lamjed.&lt;br /&gt;- Celui de ta mère ?&lt;br /&gt;- Khadouja.&lt;br /&gt;- Et celui de ta grand-mère maternelle ?&lt;br /&gt;- Doraïa.&lt;br /&gt;- Mohamed Lamjed, fils de Khadouja, fille de Doraïa. Ton mal est triple et ton remède est triple. La fièvre s'en ira au bout de trois temps. Compte d'abord les heures, puis les jours. Et si tu n'es pas encore guéri, alors compte les semaines. Sinon, nul salut après la troisième semaine. Tu vas maintenant prendre ces petits cailloux de silex dans ta main gauche. Mais fais attention à ne pas prononcer le nom de Dieu. Tu vas ensuite fermer les yeux et jeter les petits cailloux vers le ciel avec autant de force que tu pourras. Essaye de les envoyer au dessus de la chicane afin qu'ils tombent dans l'oued. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276177304417592034" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/STi_TdHJ4uI/AAAAAAAABGU/W7toGoCf4wQ/s400/boussol10-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;…Silencieusement, je prends les petits cailloux de silex dans la main gauche, m'abstenant de prononcer le nom de Dieu. Je n'ai jamais reconnu à ma main gauche une quelconque force pour lancer une pierre. Alors, pour envoyer mes cailloux jusqu'à l'oued !&lt;br /&gt;… Au bord du désespoir, je ferme les yeux et tente de bouger la main. Et, ô miracle, elle bouge comme si elle était indépendante de mon corps. J'ouvre des yeux ébahis. Je suis certain d'avoir réussi à envoyer les silex dans l'oued.&lt;br /&gt;- Quelle énergie tu as dans la main gauche, fils de ta mère ! Maintenant tu vas sortir d'ici et ne plus jamais revenir. Cherche tes silex dans l'oued. tu pourrais en trouver quelques uns, comme tu pourrais n'en trouver aucun. Si d'ici trois heures, tu en trouves ici plus de la moitié, alors conserve-les et tu seras définitivement hors de danger, dès la fin de ta fièvre. Sinon, ils se seront éparpillés sur les chemins de la vaste terre d'Allah. Et tu souffriras à les chercher. Tu n'atteindras jamais ton objectif avant de tous les retrouver.&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;*****&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Par où vais-je aller ?&lt;br /&gt;Où est le Nord et où est le lever ?&lt;br /&gt;Où est le Sud et où est le coucher ?&lt;br /&gt;… C'est l'espace d'éveil au sommet du rêve. Et il touche à sa fin. Ou serait-ce plutôt un espace de rêve dans les profondeurs de l'éveil, commençant à l'instant pour ne jamais finir ? &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276177385557333010" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/STi_YLYYFBI/AAAAAAAABGc/oMAbPybxPCY/s400/boussol10-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;- Plus de trois heures se sont écoulées, fils de ta mère, et la fièvre brule toujours. Je suis fatiguée de chercher avec toi sans que nous ne trouvions le moindre caillou. Toi aussi, tu dois arrêter de chercher. Tu as urgemment besoin de repos. Mais comment ?&lt;br /&gt;- Le soleil s'incline vers le coucher, Oum Ezzine, et toujours aucune trace des silex, dans ce maudit oued. C'est dur de reconnaître que j'ai échoué à les retrouver.&lt;br /&gt;- Le soleil s'incline vers le coucher, fils de ta mère, et je ne peux plus t'héberger ni t'apporter la moindre aide pour te secourir d'une fièvre qui en aura pour trois jours, sinon plus. Je vois qu'il te faut immédiatement rentrer chez les tiens.&lt;br /&gt;- Ne te fatigue pas davantage pour moi, Oum Ezzine. Tu as déjà assez enduré à cause de moi. Ne t'en fais pas pour la fièvre. Ramène-moi, juste, à la grande route et indique-moi la direction du Nord. Je veux aller à Tazoghrane. La fièvre n'arrivera jamais à m'en empêcher. Jamais je ne renoncerai à ma mission, ni ne reviendrai aux miens avant que la boussole ne soit arrivée à destination.&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;*****&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Comment me relever et sur quels pieds tenir pour marcher ?&lt;br /&gt;Par où vais-je aller, si jamais je parvenais à marcher ?&lt;br /&gt;Où est le Nord et où est le lever ?&lt;br /&gt;Où est le Sud et où est le coucher ?&lt;br /&gt;…Les montagnes m'entourent de tout horizon. Le monde est sombre, ténèbres ! Et moi, je suis étendu sur le bas côté de la route principale, gisant comme mort. Je sue une neige qui glisse sur ma peau. J'ai les yeux clos et ne peux les ouvrir. Mes mains s'agrippent à mon pantalon protégeant farouchement la boussole de Sidinna et mon sac pèse sur mon dos.&lt;br /&gt;… Une lumière de torche est braquée sur mon visage. Et, du fond des années révolues, me parvient la voix d'un homme, m'appelant comme on m'appelait en ces années révolues : &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276177457193026706" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 290px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/STi_cWPqBJI/AAAAAAAABGk/D765CRaDGHo/s400/boussol10-e.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;- Ghailane, fils de chien de fils de chiens… Mais que fais-tu dans ce désert ? Et qui est ce cochon fils de cochon qui t'a fait ça, Ghailane ? "Est-ce ainsi que le temps viole le vierge espoir ?"&lt;br /&gt;- "Laissez-moi… Ô, plus bas que ravins… Plus faibles qu'esclaves… Plus vils que moustiques … Ô, enfants de l'Homme !" Mais non, mais non ne me laissez pas! Au secours de grâce ! Ne me laissez-pas périr ici ! C'est juste une putain de tirade d'une maudite pièce de théâtre, qui me sort malgré moi. Mais qui es-tu, toi qui m'appelle Ghailane ? Dis-moi, fils de ta mère : suis-je encore en vie ? le fond m'aspire…&lt;/p&gt;&lt;div align="right"&gt;Le Haikuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6069343188089023950?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6069343188089023950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6069343188089023950&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6069343188089023950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6069343188089023950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/12/la-boussole-de-sidinna-10-nouba-de-la.html' title='La Boussole de Sidinna / 10 Nouba de la pierre et de la fièvre, bis'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/STi_O0rRKeI/AAAAAAAABGM/haNBp4UAtNY/s72-c/boussol10-b.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-5382938700756861366</id><published>2008-11-27T23:23:00.000-08:00</published><updated>2008-11-27T23:39:18.491-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 9 Nouba de la pierre et de la fièvre</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (39/53) La Boussole de Sidinna (9/23) – 28 novembre 2008 &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin second&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orientation troisième 1&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Nouba de la pierre et de la fièvre&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Où suis-je ?&lt;br /&gt;Par où vais-je aller ?&lt;br /&gt;Où est le Nord et où est le lever ?&lt;br /&gt;Où est le Sud et où est le coucher ? &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5273606332252403666" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SS-dBLcnt9I/AAAAAAAABE0/yQFop_wfSzk/s400/boussol9-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les montagnes m'entourent de tout horizon. Le monde est sombre, ténèbres ! Comment vais-je réussir ma mission alors que tout le monde s'y oppose ? Comment réussir, alors que toute la nature agit contre moi ? Comment réussir, alors que même ma grand-mère Doraïa Jaïda me fuit ?&lt;br /&gt;Attends-moi grand-mère bien-aimée ! Attends-moi, Bien-aimée ! Comment se fait-il, si tu es réellement vieille, que tu coures comme une fillette, et que je n'arrive pas à te rattraper ? Non, Bien-aimée… ceci ne peut être une course de vieille … Tu n'es pas vieille … Tu es une Houri du paradis et tu te montres à mois dans la peau d'une vieille dame, copie conforme de ta propre image quand tu étais âgée, peu avant de mourir. Ainsi donc, tu m'es envoyée à moi en particulier, afin que je puisse te reconnaître.&lt;br /&gt;Attends-moi, donc … Où m'entraines-tu comme ça ? Réponds-moi, Bien-aimée :&lt;br /&gt;Pourquoi me fuis-tu ainsi? Et que sais-tu de la mort, de la résurrection et du renouvellement de la vie? Tu pourrais, sans le savoir, être vraiment ma grand-mère, tu sais ! Crois-moi, ce serait ainsi que la résurrection se déroule : le créateur du monde prend ton âme et puis te renvoie à nouveau à la vie, mais sans le moindre souvenir de tes vies antérieures. J'ai dû lire quelque chose de ce genre, dans plusieurs livres. Viens, qu'on en discute un peu, puis abandonne-moi si tu veux ! Essaye juste de répondre à cette question : "est-ce toi, Bien-aimée, qui es revenue à la vie, ou bien est-ce moi qui ai déménagé auprès de toi ?" Si tu ne connais pas la réponse, cela voudra dire que c'est toi qui es revenue à la vie. Alors viens que je te souhaite un bon retour dans ce monde qui est le notre.&lt;br /&gt;Arrête-toi, je t'en prie, Bien-aimée. J'ai une idée. Pourquoi ne chantons nous pas ensemble ? Il faut absolument que je t'aide à recouvrer la mémoire. Le chant est un bon moyen pour cela. Allez Bien-aimée, essaye de te rappeler la Hadhra Madania. Rappelle-toi ! Tu étais notre Cheikha, notre cheftaine. Je sais que tu as mis fin à ta carrière après une grande colère. J'ai encore le souvenir du jour où, en pleine Hadhra, Sidinna avait forcé le cercle du Dhikr, dans la Chicane de la maison des Baouab. Il voulait m'arracher à l'assemblée des femmes et m'interdire définitivement d'y remettre les pieds! Je vois encore la scène comme si je la vivais à l'instant même : moi, terrifié, gigotant à un mètre du sol et lui, me soulevant d'une seule poignée, en me tenant par le dos de mon pullover, comme on soulève un chaton par la peau de la nuque. Je me souviens encore des cris des femmes, des vrombissements des Bendirs et de toi tombant raide au milieu du cercle.&lt;br /&gt;Sidinna était ivre mort, ce jour là. Ses vêtements puaient le sel et sa bouche le vin "Boukhobza". Ce fut la première fois de sa vie qu'il levait la voix en ta présence, Bien-aimée. Il était hors de lui, ce jour là. Tout le monde était étonné de le voir agir ainsi, les hommes dans l'impasse comme les femmes dans la chicane.&lt;br /&gt;Sidinna m'expliquera, plusieurs années plus tard, que l'un de ses marins l'avait dénigré à cause de moi. A l'époque, j'avais déjà acquis, malgré mon tout jeune âge, une certaine réputation. Certains m'avaient donné le surnom de serviteur de la Hadhra. J'étais connu pour ma virtuosité au Bendir ainsi que pour mon application exemplaire dans l'interprétation des chants liturgiques. J'en arrivais à prendre inconsciemment part à la danse des femmes et je parvenais souvent à la transe. J'avais aussi un don de médium. Les "Hadharats" (femmes assistant à la Hadhra) m'utilisaient comme intermédiaire entre elles et Sawana. Elles lui posaient des questions, en me les chuchotant à l'oreille, alors que j'étais évanoui. Et ma bouche innocente se chargeait de leur transmettre les réponses de la Jinnya. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5273606409588323346" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 363px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SS-dFri8NBI/AAAAAAAABE8/7_Kb865Jpgw/s400/boussol9-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nombreux étaient ceux qui me prenait, à l'époque, pour le fils de Sidinna. Et ce jour là, Bien-aimée, le marin lui avait dit que notre famille avait une progéniture de "possédés" et d' "efféminés". Cela l'avait mis hors de lui. Il avait alors bu, à en perdre conscience et s'était introduit chez les Baoueb insultant le bon Dieu, son prophète ainsi que tous les pieux et autres marabouts. Prie Dieu, Bien-aimée, pour qu'il lui pardonne et pardonne-lui toi-même. Il avait si peur pour moi ! J'étais orphelin de père et il mesurait la lourde responsabilité qui lui incombait dans mon éducation. Il craignait que si tu continuais à m'attirer vers la Hadhra féminine, tu ferais de moi, effectivement, un efféminé…&lt;br /&gt;Ce soir là, Bien-aimée, tu étais rentrée triste à la Sénya de Sawana. Tu avais tellement honte de l'acte commis par ton fils que tu t'étais réfugiée, depuis, dans le silence le plus total. Toutes les "Hadharats" avaient compris que tu ne leur reviendrais plus jamais. Et, depuis, Dada Rqaya, la noire, avait pris les rênes de ta Hadhra et annoncé à la ville la fin à ta carrière. D'ailleurs tu n'avais survécu à cet incident que quelques mois. Ta mort n'avait pas laissé à Sidinna le temps de se réconcilier avec toi. C'était, pour lui, un coup des plus durs!&lt;br /&gt;C'est vrai Bien-aimée que, ce jour là, Sidinna avait tort. Mais n'es-tu pas celle qui l'avait éduqué pour être l'Homme qu'il était ? N'es-tu pas celle qui lui avait appris à défendre son point de vue et à l'imposer par la force s'il le fallait ? Le fautif, c'était moi, Bien-aimée ! Oui, moi ! Sidinna t'avait bien demandé, quelques semaines avant l'incident, d'arrêter de m'emmener à la Hadhra. Ignorant ses ordres, tu avais cédé à mon insistance et m'avais pris avec toi. Ce jour là, il croyait devoir se comporter comme l'homme de la famille. Lui aussi, voulait me donner la même éducation que tu lui avais donné. Il voulait faire de moi un vrai homme, un dur à son image. Et il n'avait plus que ce choix là pour imposer son point de vue.&lt;br /&gt;C'est vrai, Bien-aimée, qu'il n'avait pas à aller jusqu'à profaner le cercle de la Hadhra sous l'effet de son vin à quat' sous. Il avait vécu, après toi, rongé par le regret. Mais, que Dieu lui accorde sa miséricorde, il avait vécu Brave ! Il avait vécu en Homme, comme il n'y en a pas de pareil et était mort en Homme, comme il n'y en a pas de pareil. Alors pardonne-lui, Bien-aimée, et prie Dieu pour qu'il lui pardonne, lui aussi. Il avait, de toute façon, réussi à faire de moi, de cet orphelin que j'étais, un homme d'un certain savoir et d'une certaine culture, somme toute respectables, comme tu le vois. Alors pardonne-lui, Bien-aimée, et prie Dieu pour qu'il lui pardonne, lui aussi…&lt;br /&gt;Sans lui, j'aurais été, sans doute, un homme ignorant, minable. C'est lui qui avait refusé de me voir devenir un simple journalier marin, sans importance. C'est lui qui avait assuré mon éducation et insisté pour que je poursuive mes études jusqu'au bout. C'est lui qui avait dépensé tout son argent pour me permettre de poursuivre des études universitaires… Alors pardonne-lui, Bien-aimée, et prie Dieu pour qu'il lui pardonne, lui aussi…&lt;br /&gt;Il avait tout sacrifié pour moi, jusqu'à la dernière minute de sa vie. Il m'avait appris que la vie était dignité avant d'être pain, que le savoir était la première des conditions de la dignité souhaitée et qu'il valait mieux avoir le ventre creux et la tête pleine que la tête creuse et le ventre plein … Alors pardonne-lui, Bien-aimée, et prie Dieu pour qu'il lui pardonne, lui aussi…&lt;br /&gt;C'est lui qui m'avait appris à m'élever au-dessus des futilités, même si ma vie en dépendait. Lui qui m'avait fait aimer le sacrifice pour faire triompher les hautes valeurs, serait-ce au prix de ma vie. De lui, j'ai appris l'attachement aux principes en dépit de l'injustice. De lui, j'ai hérité cette mixture de pudeur et d'orgueil… Alors pardonne-lui, Bien-aimée, et prie Dieu pour qu'il lui pardonne, lui aussi…&lt;br /&gt;Crois-tu que ces convictions et ces positions qui sont les miennes ne me causent pas certains préjudices ? Imagines-tu que, lorsque je vois "le frère de l'ignorance" baigner dans l'opulence, justement grâce à son inculture, lorsque, autour de moi, je constate que tout le monde bafoue ces valeurs et piétine ces principes que j'ai appris à défendre, crois-tu, Bien-aimée, que je ne suis pas triste, moi aussi ? Au contraire ! J'en suis aussi triste que toi, voire plus… Alors pardonne-lui, Bien-aimée, et prie Dieu pour qu'il lui pardonne, lui aussi…&lt;br /&gt;Nous devons simplement tenir bon, Bien-aimée, et nous armer de patience. Allez, viens. Mettons en commun ma tristesse nouvelle et ton chagrin ancien. Maintenant que mon enfance est derrière moi, et que tu as déjà franchi la passerelle vers l'autre monde puis en es revenue, il n'y a plus de mal à ce que nous retrouvions l'éclat de nos jours anciens et que nous chantions. L'essentiel maintenant, Bien-aimée, est que tu te souviennes de moi. Le chant serait un bon moyen pour que tu retrouves la mémoire. Alors viens, qu'on se souvienne ! Viens imaginer avec moi le vrombissement des Bendir : &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5273606543866343634" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 308px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SS-dNfxUMNI/AAAAAAAABFM/ePdNJVyBB_U/s400/boussol9-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;Mon Bendir est doué(1)&lt;br /&gt;Ya Allah … dis "ya Allah"&lt;br /&gt;Un cadeau du ciel&lt;br /&gt;Ya Allah … allez dis&lt;br /&gt;Tout petit et possédé … Ya Allah …&lt;br /&gt;Je ne suis pas intrus… Ya Allah …&lt;br /&gt;Opposé, repens-toi !… Ne me fréquente plus!&lt;br /&gt;Sur la trace des Seigneurs, je sers les Cheikhs du savoir&lt;br /&gt;Ya Allah … &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Allez dis "ya Allah"… chante avec moi le refrain, Bien-aimée… Chante Doraïa… Ecoute les montagnes qui chantent le refrain… "ya Allah"… Pourquoi me fuis-tu à nouveau ? Allez, arrête de courir sur la pierre et reviens chanter avec moi. Bien, viens au moins dialoguer une minute… "ya Allah"… Je te convaincs ou tu me convaincs … "ya Allah"… Attends-moi … "ya Allah"… Je ne suis pas habitué à la course sur la pierre des montagnes. Je suis totalement étranger ici. La montagne n'est pas semblable à la mer, Doraïa.&lt;br /&gt;Tu te souviens de la plage des Swanis ? Là bas, au moins, il y a quelque sable où courir. Tu te souviens de Qarraïa ? Je me sauvais et toi tu courais après moi sur l'étendue de sable jusqu'à en perdre haleine. Et tu ne me rattrapais jamais… "ya Allah"… Viens courir avec moi sur le sable… "ya Allah"… Tu verras si tu pourrais me rattraper … "ya Allah"… Arrête de courir ainsi et attends-moi. Car si tu n'arrêtais pas je devrais te chercher. Et tu connais mon entêtement, Bien-aimée… Je te retrouverais quels que soient les obstacles. Ecoute : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;Si Dieu le veut,&lt;br /&gt;Ô Ben Mrad&lt;br /&gt;Je monte sur un cheval…&lt;br /&gt;Y'Allah…&lt;br /&gt;Je viens à toi, de là où tu désires t'entêter&lt;br /&gt;Ô, ya Ben Mrad… &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Allez, reprends avec moi, Bien-aimée… "Si Dieu le veut"… Ecoute le recueillement des montagnes qui reprennent avec moi… Ne veux-tu pas chanter? … "Si Dieu le veut"… Pourquoi m'entraves-tu ainsi ? Je suis en mission urgente, Grand-mère… "Si Dieu le veut"… Je te prie de t'arrêter et de m'aider. Bien, réponds juste à mes questions. Je n'ai plus confiance en ces gens de la voiture de louage. C'est pourquoi je suis descendu. Si j'étais resté avec le conducteur, il m'aurait trahi. Dis-moi : Où sommes-nous, maintenant ? Sommes-nous arrivés au Nord ? Est-ce ici Tazoghrane ? Sinon, indique-moi le chemin… Comment y aller ? … "Si Dieu le veut"… Je voudrais réussir… "Si Dieu le veut"… Je voudrais emmener la boussole de Sidinna à ses propriétaires… "Si Dieu le veut"… Je te prie de m'attendre et de chanter avec moi : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;"Si Dieu le veut"… "Si Dieu le veut"… "Si Dieu le veut"…&lt;br /&gt;Je monte sur un quadrupède, aux jambes solides&lt;br /&gt;"Y'Allah"…&lt;br /&gt;Je viens à toi, de là où tu désires le conflit&lt;br /&gt;"Y'Allah"…&lt;br /&gt;Je t'envois dans un puits&lt;br /&gt;"Y'Allah"…&lt;br /&gt;Un puits sans fond… Et tu deviens cendres&lt;br /&gt;"Y'Allah"…&lt;br /&gt;Et là, tu ne feras plus de profits&lt;br /&gt;Ô, ya Ben Mrad… &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5273606467579949202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 215px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SS-dJDlOMJI/AAAAAAAABFE/to5QoA_ed-M/s400/boussol9-c.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Allez, dis … "Si Dieu le veut"… Allez chante, Bien-aimée, chante. Mais où est la boussole? Attends que je la cherche dans mon sac à dos… J'ai peur qu'on ne me l'ait volée dans la voiture de louage… Ouf, Dieu soit loué, la voici ! Où est donc le Nord ? Par ici ? Non c'est l'inverse, cette boussole indique le sud. Je m'en étais assuré lorsque j'étais en voiture. Attends-moi, Bien-aimée. Cette boussole a quand même un avantage : son aiguille scintille dans le noir. Mais il se peut que, pour me tromper, le conducteur de la voiture de louage ait pris la direction du Sud? N'est-ce pas possible ? Réponds-moi, Bien-aimée : La voiture nous a-t-elle conduits au Nord ou au Sud ? Qui peut m'inspirer ma voie ? Appelle avec moi, Dorïa Jaïda : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;Ô, mon Cheikh, le brun&lt;br /&gt;Ya Allah…Allah…&lt;br /&gt;Fils de Doraïa&lt;br /&gt;Ya Allah…Allah…&lt;br /&gt;Je t'appelle … sois présent&lt;br /&gt;Ya Allah…Allah…&lt;br /&gt;Guide-moi par la main&lt;br /&gt;Ya Allah…Allah… &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Attends, je t'en prie, Bien-aimée… "Ya Allah…Allah"… Je sens un étourdissement en regardant le versant de la montagne… "Ya Allah…Allah"… Je sens que je vais tomber, que je vais être déchiqueté sur les rochers de ce ravin … "Ya Allah…Allah"… Est-ce moi qui suis mort, Doraïa ? Dis-moi la vérité et ne crains pas pour moi l'effet du choc…&lt;br /&gt;Mais que sont ces décors, vous qui êtes ici ? Ils ressemblent fort à ceux de la vie éphémère, ou plutôt à ceux d'une certaine littérature que j'ai connue dans l'éphémère … N'est-ce pas là la montagne d'Abou Houraira ? Je m'en souviens bien et j'ai peur… A moi Abou Al Mada'in (2)… Ne me laisse pas "presser mon cheval pour le lancer comme vent. Je tomberais alors inéluctablement dans le ravin, crois-moi… Je disparaitrais dans cette nuit. Et tu entendrais des rochers qui tomberaient et des hennissements de douleur … Mon cri te parviendrait remplissant l'oued… Tu en aurais la chair de poule, Abou Al Mada'in. Mais attention, ne crois pas que ce serait un cri de joie, comme t'avait semblé celui d'Abou Houraira… Car, ce n'est pas mon vœu d'être un repas dans le festin des diables"…&lt;br /&gt;Et toi, Dorïa Jaïda, pourquoi me lâches-tu ? Et pourquoi suis-je réincarné en Abou Houraira, courant aussitôt à ma perte ? Est-ce en enfer que je ressuscite, Bien-aimée ? Tiens-moi bien Abou Al Mada'in! Ne me laisses pas me précipiter, comme l'a fait ton copain… Je suis encore jeune, moi. Je n'ai encore rien vécu dans ce monde … Tiens-moi bien Doraïa. Dis-moi que je suis seulement en train de rêver. Mais ce rêve n'est en rien semblable à mes anciennes visions. Le danger m'entoure de toute part… La boussole est en danger… Je dois absolument cacher la boussole de Sidinna dans un endroit sûr, avant de m'évanouir. Allez Doraïa, appelle avec moi : &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;Ô homme à l'œil rouge&lt;br /&gt;Ya Baba Naceur …&lt;br /&gt;Ô homme à l'œil rouge&lt;br /&gt;C'est toi que j'appelle..&lt;br /&gt;Mais toi, où tu es ?&lt;br /&gt;Ya Baba Naceur … &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Attends-moi Doraïa … "Ô homme à l'œil rouge"… Aucun endroit n'est plus sûr que mon pantalon pour cacher la boussole… "Ô homme à l'œil rouge"… Je l'enfouirai dans une cache où le Djinn bleu ne peut l'atteindre… "Ô homme à l'œil rouge"… Sidinna m'a appris à défendre mon pantalon jusqu'au dernier souffle de ma vie, ainsi je défendrai sa boussole en défendant mon pantalon… "Ô homme à l'œil rouge"… Sidinna me disait : "s'il t'arrivait ce qui est arrivé à ton cousin Ameur El Bintou, je te tuerais"… Il voulait que je n'ouvre mon pantalon à personne, jusqu'à la soirée de ma vie, lorsqu'arrive celle qui doit être ma destinée ! Et j'ai conservé ce pantalon inaccessible, Doraïa Bien-aimée, jusqu'à ce que Dieu m'ait fait cadeau d'Aïchoucha et que j'ai su que c'était elle ma destinée. Voici la boussole enfin cachée. Terminons maintenant la chanson: &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;Portant un burnous&lt;br /&gt;Il entre à la Hadhra&lt;br /&gt;Comme un marié&lt;br /&gt;Les étendards levés&lt;br /&gt;Visibles à deux milles&lt;br /&gt;Ya Baba Naceur … &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5273606592104642290" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 342px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SS-dQTeONvI/AAAAAAAABFU/zwes-dCEfs8/s400/boussol9-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Prière soit sur l'envoyé de Dieu… A moi Doraïa Jaïdaaaa… le fond m'aspiiiiire… &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le Haikuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;(1) Touts les textes de chansons introduits ici sont une traduction personnelle de chants du patrimoine soufi, tels que je les ai personnellement gardés en mémoire, sans recherche ni vérification. J'en avais beaucoup appris auprès des Cheikhs Abd-Essalam Hlila, Dieu ait son âmes dans sa miséricorde et Amara Bchir.&lt;br /&gt;(2) Abou Al Mada'in est l'ami du personnage principal de "Haddatha Abou Hourairata Qal" de Mahmoud Messaadi. Le reste de ce paragraphe est une adaptation, avec légère modification, d'un fragment du dernier tableau de ce texte.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-5382938700756861366?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/5382938700756861366/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=5382938700756861366&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5382938700756861366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5382938700756861366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/11/la-boussole-de-sidinna-9-nouba-de-la.html' title='La Boussole de Sidinna / 9 Nouba de la pierre et de la fièvre'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SS-dBLcnt9I/AAAAAAAABE0/yQFop_wfSzk/s72-c/boussol9-a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-5847777514251787903</id><published>2008-11-20T19:50:00.000-08:00</published><updated>2008-11-20T20:09:32.555-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 8 Le serviteur de la Hadhra, bis</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (38/53) La Boussole de Sidinna (8/23) – 21 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Chemin second&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;strong&gt;Orientation seconde 2&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le serviteur de la Hadhra, bis&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Voici des restes d'extraits de documents puisés dans le dossier de l'accusé Mohamed Lamjed Ben Habib Ben Bahri Brikcha. Les documents originaux sont des comptes rendus de missions effectuées par l'agent M. N. 16, dans le cadre de l'enquête, pour recueillir des informations sur les rapports de l'accusé avec les deux suspects, Ameur Ben Mohamed Salah Ben Othman Mansoura, dit "El Bintou", propriétaire d'un restaurant flottant à la Marina de la ville et gérant d'un chalutier appartenant à sa femme Carla Piccolo, enregistré au port de pêche de la ville et Sahraoui Ben Rejeb Ben Marzouk Arkane, conducteur de voiture de "Louage - toute la république", résident aux alentours de Matmata et traversant régulièrement la ville.&lt;br /&gt;Extraits choisis par H. S. L (hsl).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;….&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Attendu que nous nous sommes rendus près du Ribat de la ville, là où Sahraoui Arkane devait garer sa voiture, la nuit… Attendu que nous lui avons présenté les photos de sept personnes dont Ameur El Bintou et Mohamed Lamjed Brikcha et qu'il a nié avoir connues, excepté Mohamed Lamjed Brikcha, dont il ne connaissait pas le nom, mais dont il a dit :&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;- J'oublierai tous mes clients. J'oublierai même que je suis Sahraoui Arkane, mais je n'oublierai jamais cet homme là ! &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5270955538269767282" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SSYyIqVyhnI/AAAAAAAABDc/vOpUV0y6A98/s400/boussol8-e.jpg" border="0" /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;… Attendu qu'il a été prouvé que Sahraoui Arkane ne connaissait Ameur El Bintou, ni de nom ni de vue, exactement comme El Bintou ne connaissait Saharaoui Arkane, ni de vue ni de nom… Attendu que nous avons interrogé ce dernier sur les causes de ses fréquentes visites à la Marina de la ville... Il nous a informés qu'il y rendait visite à un certain Al Aid Chibani, originaire de son village, exerçant la fonction de gardien des maisons de la mer… Attendu qu'Al Aid Chibani fait partie de nos connaissances et que nous comptons beaucoup sur lui… Attendu aussi que nous avons accompagné le suspect aux maisons de la mer, où nous avons trouvé Al Aid Chibani qui l'attendait, comme toujours à pareille heure du début de la nuit… Attendu encore qu'Al Aid Chibani nous a confirmé les rapports étroits qui le liaient à Sahraoui Arkhane, ainsi que les alliances qui liaient leurs familles… Et Attendu, enfin, qu'il était impossible qu'Arkane ait, dans cette ville, le moindre rapport avec Ameur El Bintou ou avec quiconque, autre qu'Al Aid Chibani. Nous l'avons interrogé sur les raisons pour les quelles il garait toujours sa voiture hors du parking de la Marina, ce qui a éveillé autour de lui les soupçons. Et il a dit :&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;- "Vous ne me croiriez pas, monsieur l'agent, si je vous disais que je crains tout simplement d'amorcer en voiture cette descente de la Marina. Et ce en raison de ce qui m'est arrivé avec le monsieur de la photo que vous venez de me montrer…"&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;…..&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;… Attendu que Sahraoui Arkane avait envers ses clients, qui l'attendaient encore en ville, l'obligation d'assurer la suite de leur voyage… Attendu que ce chauffeur cultivé, diplômé de la faculté Zeitounienne de théologie, nous a proposé de lui dicter nos questions afin qu'il réponde par écrit et nous remette un rapport, au premier voyage qui le conduirait à passer par la ville… Attendu que nous lui avons dévoilé que la cause principale qui a éveillé nos soupçons le concernant était des informations fournies par nos indicateurs, selon lesquelles il aurait été vu à Sfax en compagnie d'une femme du nom de Hourya… Attendu qu'Al Aid Chibani a pris sur lui de récupérer le rapport et de nous le transmettre… Attendu, enfin, que le rapport nous est parvenu dans les délais fixés... Nous le joignons ici comme il nous a été remis, écrit de la main de son auteur et accompagné d'une attestation signée par Hajja Fatma Bent Lamine El Aafi…&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;……&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Au nom de Dieu le clément, le miséricordieux&lt;br /&gt;Matmata le ….&lt;br /&gt;A l'attention de monsieur l'inspecteur général&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Je soussigné, Sahraoui Ben Rejeb Ben Marzouk Arkane, né le 23 mars 1975, à quelque distance de la vieille Matmata, titulaire de la maitrise de la faculté de de théologie de Tunis, session de septembre 2001, déclare sur l'honneur travailler régulièrement, depuis début octobre 2006, en tant que chauffeur de la voiture de louage appartenant à Hajja Fatma El Aafi, titulaire de l'autorisation "toute la république" numéro (…), datée du (…) et propriétaire de la voiture numéro (…), comme en témoigne l'attestation de travail ci-jointe, portant sa signature légalisée à la municipalité de Matmata en date du (…) et attestant de mon assiduité, de ma droiture et de ma bonne conduite.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Monsieur l'inspecteur général,&lt;br /&gt;Il est vrai que la pauvreté, le chômage et l'échec à deux reprises aux examens du CAPES, m'ont poussé aux limites du désespoir et que j'ai alors tenté la "Harga" à bord du bateau qui a été arraisonné par les gardes-côtes, comme il est certainement notifié dans mon dossier conservé par vos services. Mais je jure devant Dieu le tout puissant que je ne me rappelle d'aucun des organisateurs de cette opération clandestine, à part la femme qui se faisait appeler Zakia et qui avait reçu de moi les mille dinars. Ladite femme s'était évaporée et je ne l'ai plus revue ni n'ai pu la reconnaitre sur les photos que vos services m'avaient montrées.&lt;br /&gt;Je jure aussi, devant Dieu le tout puissant, que je n'ai jamais vu l'homme de la photo, dont le nom serait Ameur El Bintou et qui serait marin de profession. Même son nom, je ne l'ai entendu pour la première fois que lorsque monsieur l'agent me l'a dicté. C'est que, depuis que j''ai été gracié, que j'ai signé l'engagement et quitté la prison, j'ai définitivement laissé tomber le projet de quitter le territoire tunisien. Je suis, aujourd'hui, plus convaincu que jamais que les gens sont classés en strates sociales inégales, que les diplômes ne sont aucunement un moyen d'accéder légitimement aux classes supérieures et que je dois me contenter de la situation que Dieu m'a réservée. Tout acquis vient de lui et je dois accepter n'importe quel travail, à n'importe quel niveau. Pourvu qu'il m'assure le minimum vital.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5270955196234881922" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SSYx0wKUW4I/AAAAAAAABC8/oDqkcRcIOfA/s400/boussol8-a.jpg" border="0" /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Aussi suis-je redevable à Am Al Aid Chibani, gardien des maisons de la mer de la Marina de Monastir, que vos services connaissent bien. C'est lui qui m'a aidé à trouver un emploi saisonnier dans l'hôtel (…) en tant qu'aide animateur, pendant trois mois, en pension complète. C'est aussi lui qui m'a conseillé de saisir l'occasion pour payer l'auto école avec mon salaire. Et c'est ainsi que j'ai appris à conduire et obtenu mon permis. La Hajja Fatma a eu, ensuite, pitié de moi et m'a engagé dès la fin de ma période de stage, à conduire sa voiture de louage.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Vous m'avez interrogé à propos de Mohamed Lamjed Brikcha. Je réaffirme que je n'avais jamais connu son nom avant de l'écrire sous la dictée de monsieur l'agent qui me posait les questions auxquelles je devais répondre par le présent rapport. Quant à son visage, je m'en souviens parfaitement. Car c'est un visage qui ne peut être oublié. Je l'ai vu une seule fois dans ma vie. Il a pris une seule fois, depuis plus d'un an, ma voiture de louage, pour un voyage au départ de Beb Tounes. Je m'en souviens encore aujourd'hui. Et, à chaque fois que je passe près de cette porte chicane, je me retourne pour voir s'il ne croise pas une nouvelle fois mon chemin, ou s'il n'y aurait pas à cet endroit un voyageur qui embarquerait, à qui je poserais la question et qui me renseignerait sur ce qui lui serait arrivé.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Reste Hourya ou, de son vrai nom selon monsieur l'agent, Hadda bent Abidi que vos indicateur m'auraient vu accompagner à son appartement à Sfax. Je ne nie pas que c'est une femme que je connais effectivement, mais d'une connaissance superficielle, comme la connaissent tous les jeunes qui ont besoin de ses services. Je suis, comme vous le savez, célibataire. Et, dans mon entourage, il n'y a aucune possibilité de subvenir à ce genre de besoins. C'est la raison pour laquelle je l'ai rencontrée, depuis environ six mois, lorsqu'elle a été amenée par quelques jeunes dans un oasis du Djerid. J'ai passé quelques temps avec elle pour me distraire. Ensuite elle m'a rencontré dans les rues de Sfax. Elle m'a reconnu et m'a invité à deux ou trois reprises dans cet appartement où je l'ai accompagnée et je lui ai payé, à chaque fois, ses émoluments. Quant à m'attarder avec elle pour qu'elle me parle de ses relations ou des gens pour lesquels elle travaillait, cela n'est jamais arrivé. C'est pourquoi il m'est impossible de vous éclairer sur le fait qu'elle ait, ou pas, des relations professionnelles avec Mohamed Lamjed Brikcha.&lt;br /&gt;Monsieur l'inspecteur général&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Si j'avais à émettre un avis au sujet de cette supposée relation entre cette femme et cet homme, je vous dirais franchement que je n'y crois pas un instant. Car, le jour où je l'ai rencontré, Mohamed Lamjed Brikcha m'est apparu, plutôt, comme qui dirait un "possédé", pour ne pas dire plus. Et c'est quelque chose de radicalement contradictoire avec la nature du travail dans le domaine d'activité de Hourya.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Lors du voyage de cette nuit-là, j'ai vu des choses d'une étrangeté jamais rencontrée au cours de toute ma vie. J'avais débarqué à Monastir un voyageur dont la place est demeurée vide à l'arrière de la voiture. Il était donc naturel que je fasse le tour de la ville à la recherche d'un nouveau voyageur allant dans ma direction. Je savais que Beb Tounes n'était pas un endroit où l'on pouvait trouver des voyageurs. La route était presque vide à cette heure là de la nuit et je roulais, relativement, vite. Soudain, cet homme me fait signe avec insistance de m'arrêter. Je freine et vire soudainement à gauche pour m'arrêter à coté du trottoir. N'eut été la protection divine, j'aurais reçu de plein fouet la voiture qui était derrière moi et qui tentait de me dépasser.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Il me dit : "alors frère, tu vas sur le chemin de Dieu?"&lt;br /&gt;Je lui réponds : "Bien sûr, nul ne va nulle part ailleurs!"&lt;br /&gt;Il me dit : " tu m'es destiné!"&lt;br /&gt;Alors je ris et l'interroge : "Vous allez où, homme de bien?"&lt;br /&gt;Il me dit : "à Tazograt ,ou zomrat".&lt;br /&gt;Je le corrige : "tu veux dire Tamozrat ?"&lt;br /&gt;Et il me répond avec un large sourire : "prononce comme tu veux. L'essentiel est que je sais que tu as, dans ta voiture, une seule place de libre. Je sais qu'elle est pour moi. Je sais que tu es un homme bien élevé, que tu vas m'accueillir chaleureusement et que tu vas m'emmener à ma destination dans les meilleures conditions."&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5270955362129110178" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SSYx-aKlZKI/AAAAAAAABDM/1VdIQ05pt1s/s400/boussol8-c.jpg" border="0" /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire, j'ai bien aimé son apparence toute de bonté ainsi que son discours. Il se peut que ce soit en raison de son âge qui était proche du mien et du sentiment que j'avais eu qu'il était, comme moi, un homme d'une certaine culture. C'est pourquoi je lui ai trouvé, à première vue, la mine du client exemplaire, de bonne moralité. &lt;/strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Je descend, lui prend son petit sac à dos que je mets dans le coffre et, avant de lui ouvrir la portière arrière, j'attire son attention sur le fait que je n'allais pas, en particulier, à Tamozrat, mais que je ferais un effort, une fois arrivé, pour lui trouver une voiture qui l'acheminerait jusque là. Et, s'il n'y en avait pas, alors il devrait attendre que je dorme une petite heure avant de l'y emmener moi-même. Et lui, sans arrêter de sourire, de se mettre à chantonner le fameux air "El Ward Gamil". Il avait effectivement une belle voix. Alors j'ai ri et il a ri avec moi. Mais il a dit à voix basse : "dommage, j'avais cru un instant que celui que je cherchais serait venu jusqu'à moi." Je lui demande ce qu'il veut dire. Et il s'est remis à rire en me disant : "Mais non ce n'est rien, je plaisante". Il monte en voiture. Et nous démarrons.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;A peine avons-nous laissé derrière nous les lumières de la ville que l'homme commence à dévoiler une personnalité d'une originalité un peu excessive, pour ne pas dire un brin perturbée ; ce qui m'amène à le surveiller de près dans mon rétroviseur. Il y avait à côté de lui une vieille femme qui avait au moins soixante-dix ans. Elle dormait dans son coin et lui ne cessait de la regarder avec grand intérêt, comme s'il voulait la draguer. Et soudain il se met à l'appeler "ma bienaimée" et à lui dire "je veux t'embrasser". &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;"Tu n'as pas honte de toi, lui dit la vieille dame, tu ne vois pas que j'ai l'âge de ta grand-mère ?". Mais il se met à lui expliquer qu'elle était effectivement sa grand-mère, avec juste des tatouages en plus, sur le front et les joues, précisant que dans son dictionnaire à lui le mot "bienaimée" était synonyme de "Grand-mère". Il était même convaincu que le vrai nom de la vieille dame, serait Doraïa Jaïda et que tous les autres noms qu'elle aurait seraient des faux. Il la pressait de se rappeler de lui quand, enfant, il venait passer la nuit chez elle dans sa Sénya de Sawana. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Elle a beau lui expliquer qu'il ne s'agissait là que d'une ressemblance, qu'elle n'avait aucune connaissance de la Sénya de Sawana et qu'elle n'avait jamais enfanté pour pouvoir avoir des petits enfants. Mais il se met à l'interroger le plus sérieusement du monde : "Est-ce donc toi, bien-aimée, qui es revenue à la vie, ou est-ce moi qui ai déménagé auprès de toi ?". Puis il se met à rire comme s'il était en train d'interpréter pour nous un rôle comique. Et, d'un coup, il s'est endormi.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Avant cela, nous lui avions demandé de se calmer, de se taire et d'essayer de s'endormir. Mais il nous accusait de conspirer contre lui, pour faire échouer sa mission. Il disait avoir une boussole qui pointait vers le sud et qui représentait une découverte unique en son genre. Il répétait : "Vous voulez tous que j'échoue" et ajoutait : "j'ai peur d'échouer dans cette mission, ô "Bbaya" (père) ô Sabrya."&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Dès qu'il s'est réveillé, il s'est remis à chantonner des bribes de "Ya Gamret ellil Edhoui Alaya" (oh lune de la nuit éclaire-moi!) en s'adressant à la vieille femme pour lui dire : "C'est toi ma grand-mère, c'est toi Doraïa!". Et il l'appelait à chanter avec lui, comme elle le faisait, selon lui, du temps de son enfance. Au point que l'un des voyageurs m'a demandé de le débarquer tout de suite alors qu'un autre l'a carrément menacé de le frapper, si jamais il se remettrait à déranger la vieille femme. Mais il est tout de suite revenu à la charge "il faut que je t'embrasse", lui dit-il. Alors j'ai appuié sur la pédale du frein pour arrêter la voiture.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Monsieur l'inspecteur général,&lt;br /&gt;Bien sûr que vous pouvez ne rien croire de ce que je vais vous raconter. Mais c'est la stricte vérité, sans le moindre ajout. La voiture dévalait, en ce moment, une pente dangereuse. Les lueurs de l'aube étaient clairement visibles au-delà des montagnes de l'Est. Mais, dès que mon pied a touché la pédale de frein, l'horizon s'est assombri brusquement et la route devant moi ressemblait à un ravin sans fond. Et je n'avais plus le moindre contrôle sur la voiture. Même ma tentative d'arrêter le moteur a échoué. J'ai tourné la clé de contact, je l'ai retirée, même. Mais le moteur continuait à tourner et la voiture à rouler en roue libre. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Nous nous dirigions vers une mort certaine, à une vitesse illimitée quand, soudain, l'espoir de survie revient. C'est que Mohamed Lamjed Brikcha s'était mis à crier "SawaaaaaaNaaa". L'écho de son cri a retentit alors dans les montagnes environnantes. Et le frein, soudain, de se remettre à fonctionner. Mais je n'ai pu arrêter la voiture qu'au prix d'efforts surhumains. Toutefois, l'horizon est demeuré sombre.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Lorsque la voiture s'est, enfin, arrêtée, nous étions tous dans un état lamentable d'étourdissement. Mohamed Lamjed Brikcha ordonne alors à tout le monde de descendre. Il l'a fait d'une voix autoritaire, comme si nous étions dans sa propre voiture. Il a nous dit : "N'ayez pas peur, vous êtes maintenant dans mon rêve". Si, si je vous le jure : "Vous êtes maintenant dans mon rêve" c'est exactement ce qu'il a dit ! Et il a ajouté : "laissez-moi maintenant me reposer un peu dans la voiture et allez vous détendre dans ce café". &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai jamais connu, à cet endroit là, le moindre café ni même une quelconque épicerie. Mais nous sommes descendus. A quelques deux cents mètres de là, des lumières scintillaient dans la montagne. Nous nous sommes dirigés vers ces lumières. Et, à l'arrivée, il y avait bien… un café! Nous avions tous besoin d'eau, de toilettes et de café chaud.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Alors que nous étions de retour, la voix de Mohamed Lamjed Brikcha nous parvenait, de loin, chantant haut "Ya Gamret ellil edhoui alaya". Il chantait et une douleur jaillissait de sa voix comme des larmes jailliraient d'une source abondante. L'écho de la montagne autour de nous lui répondait : &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;"Ô Gamret Ellil, ils ont trahi mon chemin.&lt;br /&gt;J'ai le cœur embrumé et la bouche asséchée". &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai jamais entendu une chanson qui inspirait à ses auditeurs autant de mélancolie et de recueillement. Lorsque nous sommes arrivés, Mohamed Lamjed Brikcha en était à scander le refrain. Il était complètement essoufflé. Sa poitrine était toute mouillée par ses larmes. Et il avait l'air à moitié endormi. Quant à la voiture, elle sentait bon l'odeur de l'encens. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5270955435739432658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SSYyCsYpxtI/AAAAAAAABDU/fzaVPDycg2w/s400/boussol8-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Avant d'arriver à la voiture, nous cachions, les uns aux autres, notre peur de ce phénomène d'assombrissement brusque de l'horizon et du fait que l'obscurité se prolonge encore jusque là. Chacun de nous dissimulait son malaise derrière des commentaires sur la beauté de cette chanson soufie et sur l'effet qu'elle pouvait avoir sur nos sentiments. Nous nous demandions si ce jeune homme ne vivait pas une véritable tragédie qui transparaissait clairement dans le timbre de sa voix et qui devait sûrement être à l'origine de son comportement anarchique. Globalement, nous étions maintenant unanimes à l'admirer ; notre gène vis à vis de son comportement s'étant transformée en compassion envers lui et en peur pour lui. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes montés en voiture sans qu'il n'ait émis la moindre objection. Nous avons constaté qu'il tenait des propos étranges. Nous ne croyions pas qu'il dormait. Aussi, certains de nous ont-ils voulu lui parler pour lui présenter des excuses en notre nom à tous. Mais il nous intima l'ordre de nous taire pour lui faciliter, disait-il, de bien comprendre son rêve.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;J'ai mis le contact. Le moteur tournait normalement, et nous sommes repartis, tous silencieux. Lui continuait à parler de temps à autre. Il disait "c'est une idée merveilleuse qu'il y ait une boussole qui pointe vers le Sud au lieu du Nord" et aussi "S'il te plait maman ne me pince pas, je veux terminer mon rêve", ou encore "tu m'as beaucoup manqué Sawana, voici des années que je ne t'ai vue!"&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Jusque là, l'horizon était demeuré sombre. La voiture continuait à rouler, les phares allumés. Arrivés à un endroit situé au beau milieu des montagnes, à une dizaine de kilomètres du mausolée de Sidi Touati, la vieille femme a demandé à descendre. Et Mohamed Lamjed Brikcha de se réveiller, tout décidé à descendre, lui aussi, avec elle, malgré notre insistance pour qu'il reste. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;J'ai eu beau le rassurer et lui dire que j'allais le conduire moi-même à Tamozrat. Il m'a jeté un regard perçant et est descendu en silence en même temps que la vieille dame. Il a pris son sac à dos et s'est éloigné un peu de la voiture. Je n'ai pas osé lui demander de l'argent et lui ne s'est pas rappelé de m'en donner. Il n'a même pas ouvert la bouche pour nous dire au revoir.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Monsieur l'inspecteur général&lt;br /&gt;Ce qui est étrange, dans tout cela, c'est que dès l'instant où je me suis éloigné de l'endroit où j'avais débarqué la vieille dame et Mohamed Lamjed Brikcha, le soleil s'est brusquement levé. Il était tout brillant et presque au zénith, comme si tout ce qui venait de nous arriver avant son nouveau lever, n'était qu'un rêve. &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5270955286713332690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SSYx6BOD89I/AAAAAAAABDE/YQCJmculTVA/s400/boussol8-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Mais ce qui est encore plus étrange, c'est qu'en retournant à Monastir, après cet incident, et dès que j'ai amorcé la descente entre le Ribat et le cimetière pour aller à la Marina, j'ai vu, soudain, l'horizon s'assombrir alors qu'il était à peine quatre heures de l'après midi. Et J'étais pris du même sentiment de panique que j'avais ressenti la nuit où nous dévalions la descente des montagnes de Matmata. Et c'est là la raison pour laquelle je me suis mis à garer ma voiture à côté du Ribat, pour descendre désormais à pieds, la pente menant à la Marina.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Voici, monsieur l'inspecteur général, tout ce que j'avais à vous dire en réponse à vos questions. Mohamed Lamjed Brikcha a embarqué avec moi à Beb Tounes. Il est descendu à une dizaine de kilomètres de Sidi Touati, dans un endroit désertique des montagnes de Matmata. Je l'ai vu, de mes propres yeux, qui tentait de prendre son élan pour une course. Puis, à son jour lumière est revenue et je fus aveuglé ne pouvant plus le voir. Je crois que c'est à cet instant là qu'il s'est perdu dans la montagne où des animaux sauvages auraient pu le dévorer…&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right"&gt;&lt;br /&gt;Le Haikuteur…/…à suivre.......&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-5847777514251787903?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/5847777514251787903/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=5847777514251787903&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5847777514251787903'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5847777514251787903'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/11/la-boussole-de-sidinna-8-le-serviteur.html' title='La Boussole de Sidinna / 8 Le serviteur de la Hadhra, bis'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SSYyIqVyhnI/AAAAAAAABDc/vOpUV0y6A98/s72-c/boussol8-e.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-8143532870841617508</id><published>2008-11-13T19:32:00.000-08:00</published><updated>2008-11-13T19:50:23.074-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 7 Le serviteur de la Hadhra</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (37/53) La Boussole de Sidinna (7/23) – 14 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Chemin second&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Orientation seconde 1&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Le serviteur de la Hadhra&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Voici des extraits de documents puisés dans le dossier de l'accusé Mohamed Lamjed Ben Habib Ben Bahri Brikcha. Les documents originaux sont des comptes rendus de missions effectuées par l'agent M. N. 16, dans le cadre de l'enquête, pour recueillir des informations sur les rapports de l'accusé avec les deux suspects, Ameur Ben Mohamed Salah Ben Othman Mansoura, dit "El Bintou", propriétaire d'un restaurant flottant à la Marina de la ville et gérant d'un chalutier appartenant à sa femme Carla Piccolo, enregistré au port de pêche de la ville et Sahraoui Ben Rejeb Ben Marzouk Arkane, conducteur de voiture de "Louage - toute la république", résident aux alentours de Matmata et traversant régulièrement la ville.&lt;br /&gt;Extraits choisis par H. S. L (hsl). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;.......&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268351799490383618" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRzyDHhqDwI/AAAAAAAABBE/bQ_O3n25N0Y/s400/boussol7-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;…Attendu que les investigations ont démontré que le suspect Ameur "El Bintou" avait immigré en Italie où il avait vécu pendant plus de dix ans, qu'il avait un dossier chargé, avant et pendant son séjour italien, et qu'il a montré des signes de repentir à la suite de son mariage et de son retour définitif au pays… Attendu que le dossier de Sahraoui Arkane est, en revanche, considéré comme vierge, n'eut été cette tentative, il y a six ans, de franchissement clandestin des frontières vers l'Italie, au cours d'une opération dont les organisateurs sont encore inconnus… Attendu qu'à chacun de ses voyages entre Matmata et la capitale, Sahraoui Arkane observe un arrêt systématique dans la ville, au cours duquel il débarque les voyageurs pour une heure de repos, les laisse à l'arrêt et s'en va, seul, avec sa voiture… Attendu que nos sources font aussi état de visites irrégulières que Arkane effectue à la Marina de la ville, sans apporter la preuve qu'il ait jamais accédé au restaurant flottant ou rencontré Ameur "El Bintou". A noter toutefois qu'il gare, à chaque fois, sa voiture près du Ribat et descend à pieds à la Marina, alors qu'il y existe bien un parking. Ce qui alimente, à raison, les doutes de nos indicateurs…&lt;br /&gt;.......&lt;br /&gt;…Attendu que nous avons contacté Ameur El Bintou dans son restaurant flottant et qu'il a confirmé les liens familiaux qui l'unissent à l'accusé, reconnaissant leurs rapports anciens qui, au début, étaient quotidiens et étroits, mais qui ont abouti à un éloignement total qu'El Bintou qualifie "d'inexplicable et sans fondement"… Attendu que nous l'avons interrogé sur l'identité de Sawana, à propos de laquelle l'accusé refuse de donner la moindre indication, cependant qu'il n'arrête pas de la citer, à chaque fois qu'il commence à simuler l'amnésie, El Bintou nous a confié ce qui suit :&lt;br /&gt;"A mon avis, monsieur l'agent, cette Sawana n'existe pas. Et quand bien même elle existerait, je n'aurais jamais cru que mon cousin aurait eu avec elle la relation qu'il prétendait avoir. Mais maintenant qu'il s'avère qu'il est bien vivant et que vous l'aviez bien arrêté et mis en prison, je n'ai plus de doute qu'il est un véritable chat à sept vies. Et je commence à craindre que Sawana serait bien une réalité et non une invention et qu'il serait possible qu'elle soit sa protectrice merveilleuse, celle qui l'aurait rendu à la vie après la mort. Dieu soit loué, il rend la vie aux os vermoulus!"&lt;br /&gt;"Que puis-je vous dire, monsieur l'agent ? C'est un "Possédé", Mohamed Lamjed Brikcha! Eh oui, je le jure, que c'est un cas à mourir de rire! Je n'arrive pas à comprendre comment un débile, un possédé comme lui est arrivé à entrer à l'université, à décrocher le grand diplôme et à devenir maitrisard !"&lt;br /&gt;"Je reconnais, monsieur l'agent, avoir été, à un moment de ma vie, "Bezness" de touristes, masseur de femmes dans le Hammam de l'hôtel des vieillards ou encore vendeur de Came à Mazara del Vallo. Tout cela vous le savez et Dieu saura me le pardonner ! Je suis au courant aussi de ce dont font état les rumeurs de la ville qui prétendent que j'aurais épousé l'une des putains que j'avais la charge de protéger à Palerme. Mais indépendamment du bienfondé de ces propos, tout ce que j'ai fait est mille fois plus viril que de jouer du Bendir dans la Hadhra des femmes et de "passer les paroles" aux bonnes dames, par-dessus le marché … Eh oui, monsieur l'agent, jusqu'à dix ans passés, Mohamed Lamjed, fils de tante Khadouja, a été un "possédé". C'est-à-dire qu'il était un corps au service des âmes des saints et des marabouts. Et il y avait bien des bonnes dames qui croyaient vraiment qu'il était en rapport avec les Djinns ou, plus précisément, qu'il était "passeur de leurs paroles" aux humains. A chacune de ses "Noubas", elles faisaient la ronde autour de lui et il répondait à leurs questions obscures par des propos qu'elles étaient seules à comprendre."&lt;br /&gt;"Tante Khadouja tombait souvent malade, se faisant hospitaliser et se trouvant dans l'obligation de laisser à maman la garde de sa fille Rachida. Quant à Mohamed Lamjed, elle le confiait à Grand-mère. A cette époque, Doraïa Jaïda, ma grand-mère, était à la tête de la "Hadhra Madanya". Aussi se trouvait-elle parfois obligée d'emmener Mohamed Lamjed avec elle, aux cercles d'évocation féminines qui se tenaient à l'occasion de circoncisions, d'accouchements ou de simples fêtes organisées pour chasser le mauvais sort et la malchance. Et il faut, pour la vérité, reconnaître à Mohamed Lamjed son don de percussionniste virtuose du Bendir et son aptitude, exceptionnelle chez les enfants de son âge, à apprendre par cœur autant de chants et d'évocations soufies qu'il chantait mieux que toutes les femmes de chœur de la Hadhra. C'est ainsi qu'il s'était fait, parmi elles, une place de titulaire, qu'il avait gardée jusqu'au moment où il devait passer son examen de sixième." &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;.......&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Attendu que nous avons demandé à Ameur El Bintou de nous éclairer brièvement sur les conditions de l'apparition de Sawana dans la vie de l'accusé, il est remonté à son enfance pour nous dire :&lt;br /&gt;"Les signes de "la possession" s'étaient manifestés chez Mohamed Lamjed depuis ces vacances d'été que nous avions passées tous les deux, ensemble, dans la Sénya de Grand-mère. Doraïa Jaïda s'était alors mise à nous raconter, chaque nuit, l'histoire de "La belle Sawana, fille du noir de la nuit et de la pleine lune", nous la répétant sans répit jusqu'à ce qu'un jour, Mohamed Lamjed est venu lui dire qu'il voyait Sawana, à chaque fois qu'il se réveillait tôt le matin, qu'il lui parlait et qu'elle lui répondait. A mon étonnement, Grand-mère l'avait cru, lui demandant de la lui décrire et l'encourageant à devenir son ami intime. C'est elle, lui promettait Grand-mère, qui lui était destinée afin de le protéger de tous les dangers et de lui éviter de tomber dans les pièges des gens du mal ! Et c'est ainsi que Mohamed Lamjed s'était mis à inventer, à chaque fois, des histoires de rencontres qu'il aurait eues avec Sawana et Grand-mère à le croire lorsqu'il prétendait lui avoir parlé, lorsqu'il affirmait qu'elle l'avait empêché de sortir du Borj à l'heure de la sieste, pour qu'il ne soit pas dévoré par "la Vieille de la sieste" ou kidnappé par "l'Arracheur des cœurs" et lorsqu'il lui assurait qu'avant de s'endormir, elle se montrait à lui pour l'inciter à prononcer les deux témoignages du musulman avant que ses yeux ne se ferment."&lt;br /&gt;"Quant à moi, monsieur l'agent, je savais pertinemment, malgré mon jeune âge, que cette Sawana n'existait pas du tout. Je sortais du Borj à l'immense jardin alors que le soleil était en plein zénith, n'ayant peur ni de "la Vieille de la sieste" ni de "l'Arracheur des cœurs". Je disais à Mohamed Lamjed : " moi, lorsque je sors seul, c'est la "Vieille de la sieste" qui a peur de moi et qui se sauve. C'est alors moi qui lui cours après jusqu'à ce qu'elle sorte de la Sénya. Si tu es réellement l'ami de Sawana, comme tu le prétends, sors donc comme moi et commence par vérifier si elle est capable de te protéger de "l'Arracheur des cœurs". Mais il me répondait que Sawana ne se montrait que lorsqu'il s'apprêtait à faire une bêtise pour laquelle les grands punissaient et qu'elle le prévenait de ne pas tomber dans le piège pour n'être pas puni. Il prétendait aussi que si elle le prévenait et qu'il ne suivait pas son conseil, elle s'énerverait et ne reviendrait plus lui parler ni le protéger de quoi que ce soit. Alors il se mettrait à tomber dans tous les pièges, jusqu'à ce qu'elle lui pardonne et revienne à nouveau lui tenir compagnie." &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268351984796183954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRzyN52ALZI/AAAAAAAABBU/UvSFV_PG5hY/s400/boussol7-d.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;.......&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Attendu que ce qui précède est assez suffisant pour démontrer que cette Sawana n'existe que dans l'imagination de l'accusé ... Attendu que nous ne nous intéressons pas aux informations marginales, celles, par exemple, qui racontaient qu'à chaque fois qu'un secret est confié à Mohamed Lamjed Brikcha, il finissait par le divulguer, soit disant parce que Sawana lui conseillait de dire toujours toute la vérité … Attendu que nous ne nous intéressons pas, non plus, aux histoires des bêtises enfantines, celle où il est raconté qu'Ameur El Bintou prenait son cousin avec lui à travers la haie de cactus et lui faisait descendre la falaise qui menaçait de s'effondrer, juste pour tremper leurs pieds dans l'eau de mer jusqu'aux genoux, sans se baigner, et rentrer par la même voie. Et qu'il trouvait à la Sénya quelqu'un qui les attendait pour ne punir que lui...&lt;br /&gt;Attendu que nous avons demandé à Ameur El Bintou d'arrêter l'évocation de ces souvenirs futiles pour nous parler de la nature de son différend avec l'accusé et de la cause de ces désaccords, il nous a déclaré ce qui suit :&lt;br /&gt;"Je n'ai aucun désaccord avec lui. Je le jure monsieur l'agent. Tout ce qu'il y a c'est que je lui ai proposé de travailler avec moi sur mon chalutier et qu'il a refusé. C'est parfaitement son droit. Il est "Maitrisard", comme il dit! Mais c'est la faute à Sidinna ! Le jour du jugement dernier, il récoltera le juste fruit de ce qu'il avait semé! Il aimait Mohamed Lamjed plus que moi. Pire, il ne me supportait pas. Moi, il me punissait à chaque fois qu'on faisait une bêtise tous les deux. Et lui, il ne le touchait pas. Parce que j'étais, soit disant, l'ainé et que c'était moi qui l'incitais à faire avec moi ce que nous faisions. Je me souviens qu'il avait failli me tuer, une fois, alors que j'étais parfaitement innocent et que Mohamed Lamjed était le vrai fautif. Cette fois-là non plus il ne lui avait même pas donné une petite tape."&lt;br /&gt;Attendu que nous avons arrêté Ameur El Bintou afin qu'il nous éclaire sur l'identité de celui qu'il vient d'appeler "Sidinna", il a expliqué que les traditions de la ville veulent que les neveux appellent leurs oncles maternels "Sidi", ajoutant que "NNa" est le diminutif de Nasser, ce qui fait qu'il avait désigné par ce nom feu son oncle, Raies Nasser Ben Mezri Jaïed qui, de son vivant, était connu par le nom de "Sidinna" auprès de tous les habitants du Rbat, y compris les grandes personnes. Et Elbintou de poursuivre : &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268351704078327938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRzx9kFpoII/AAAAAAAABA8/ApnVaw1oOoE/s400/boussol7-b2.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"Une fois, vous ai-je donc dit, Sidinna avait failli me tuer. N'étais-je pas son neveu moi aussi? Qmira n'était-elle pas la fille de Mezri Jaëd, elle aussi ? N'était-elle pas la sœur de Raïes Nasser, tout autant que Khadouja? Ou bien le fils de Khadouja aurait-il un galon de plus que celui de Qmira? Fallait-il que je vive orphelin de père, comme Mohamed Lamjed, pour faire honneur à Sidinna et me faire traiter par lui sur le même pied d'égalité que son autre neveu? Qu'est-ce qui fait qu'un oncle n'est pas équitable avec les enfants de ses sœurs ? Sauriez-vous me répondre, monsieur l'agent ?"&lt;br /&gt;"Il le préférait parce que, soit disant, il n'avait redoublé aucune classe à l'école, alors que moi, j'étais un cancre. A chaque domaine les gens qui lui sont destinés, monsieur l'agent. Moi, je n'étais pas du tout destiné aux livres, cahiers et autres stylos. J'étais beaucoup trop intelligent pour m'intéresser à ces futilités. Je savais que j'allais réussir dans la vie sans me fatiguer à apprendre des leçons. Alors pourquoi perdre mon temps ? Je n'aimais pas les études, ni les gens studieux d'ailleurs, monsieur l'agent. J'ai calé et recalé au primaire jusqu'à me faire rattraper par Mohamed Lamjed en cinquième. Et, enfin, j'ai été renvoyé de l'école pour avoir déserté deux années de suite les examens de sixième."&lt;br /&gt;"Qu'y a-t-il de si bizarre à cela, monsieur l'agent ? Où voient-ils le drame dans tout çà ? Qu'est-il arrivé au monde ? Voici que la terre tourne toujours. Voici qu'elle est toujours aussi vaste, avec toujours une place pour moi et pour les autres. Mieux : avec une place pour moi beaucoup plus confortable que celle de certains autres ; et comprendra qui le voudra. N'est-ce pas là la stricte réalité ? Dites aux gens la vérité. Regardez-moi ! Je maitrise trois langues étrangères alors que Mohamed Lamjed n'en connait qu'une seule. Je parle couramment italien, anglais et français, alors qu'il trouve des difficultés à tenir une longue conversation en français. Et puis, puisque mon père et ma mère étaient fiers de moi, sans diplômes, qu'y avait-il en cela de si dérangeant pour mon oncle? Et en quoi cela l'intéressait-il à la base ? Lui avais-je jamais demandé de subvenir à mes besoins comme il le faisait pour Mohamed Lamjed? "&lt;br /&gt;"J'avais trois ans de plus que mon cousin. Et, malgré cela, Sidinna m'humiliait en nous appelant tous les deux devant lui et en me disant : "Majda est ton maître, tête de mule, voleur, bourricot!" Oui ! C'est ainsi qu'il me disait et il m'obligeait à lui demander pardon et à lui baiser le revers de la main. Et je baisais bien la main de Mohamed Lamjed, oui monsieur l'agent. J'obéissais pour éviter que Sidinna me punisse. Mais, pour te dire la vérité, dès que nous sortions dans la rue, j'attirais mon cousin au delà des remparts et lui assénais la bastonnade des profanateurs de tombeaux. Et, lorsque nous avons grandi un peu, j'ai fait de Mohamed Lamjed mon souffre douleur. Je le corrigeais pour un oui, pour un non. Et, lorsqu'un enfant plus âgé que moi m'agressait, que je ne pouvais pas l'empêcher de me faire ce qu'il faisait et que j'avais honte de le dénoncer à qui pouvait me venger, alors je ne trouvais pas proie plus accessible que Mohamed Lamjed Brikcha. Je pouvais toujours inventer une raison pour le mettre en pièces, afin de me défouler. Ensuite, l'ayant injustement frappé, je le serrais fort dans mes bras, un peu par pitié et un peu par remord ; et nous pleurions ensemble. Dans pareilles circonstances, il ne me dénonçait que rarement. Non seulement parce qu'il avait bon cœur, ce que je lui reconnais, mais parce qu'il savait à quoi il devait s'attendre avec moi."&lt;br /&gt;"Bref, c'était toujours lui le perdant. Même maintenant que nous entamons la quatrième décade de notre vie, regardez-nous bien, monsieur l'agent ! Qui de nous est le gagnant et qui est le perdant, dans la vie ? C'est toujours lui le perdant! Regardez, où il se trouve en ce moment, et où, moi, je me trouve ? Comment je vis, moi, et comment, lui, il vit ? Qu'est ce que je possède et qu'est ce qu'il possède ? C'est vrai que le chalutier et l'immeuble sont inscrits au nom de Carla Piccolo. Mais moi j'ai en mon nom la voiture et le restaurant flottant ainsi qu'une procuration illimitée pour gérer le chalutier. Alors que lui, il a passé toute sa vie entre école, lycée et faculté, jusqu'à ce qu'il ait décroché la maitrise. Regardez ce qu'il a réussi à en faire, de cette maitrise ! Elle lui a seulement servi à en faire des photocopies qu'il distribuait aux employeurs comme moi pour chercher un emploi."&lt;br /&gt;"Je ne l'accuse pas à tort, moi. Posez-lui la question et s'il est sincère, il reconnaîtra que, durant six ans, il avait passé l'examen du CAPES et cherché du boulot sans jamais rien obtenir. Voici tout ce que Mohamed Lamjed Brikcha a gagné de s'être esquinté dans les études, monsieur l'agent."&lt;br /&gt;"Moi, au moins, j'ai vécu ma vie à la "profite de ton temps avant qu'il ne s'en aille!", comme le dit la chanson et comme vous le savez bien. Je l'ai vécue en long et en large, buvant des vins des plus grands cru, mangeant dans des restaurants des plus côtés, voyageant dans les pays les plus lointains, résidant dans les plus grands hôtels et rentrant au pays, chaque été, avec une voiture neuve. Et me voici, après mon retour définitif, installé dans ma ville natale en tant qu'homme d'affaires et propriétaire." &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;.......&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268351607897855906" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRzx39ycF6I/AAAAAAAABA0/3PWB_TrAg-0/s400/boussol7-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;… Attendu qu'il a été rapporté qu'Ameur El Bintou n'avait pas cru l'information faisant état de l'arrestation de l'accusé et qu'il s'était mis, depuis qu'il avait appris la nouvelle, à l'évoquer à tort et à travers, exagérant, à chaque occasion l'expression de ses doutes quant aux intentions de sa cousine Rachida qui avait informé les habitants de Beb-Tounes que son frère avait été retrouvé vivant… Attendu que ce comportement qu'il a adopté, a participé à alimenter les doutes à propos de sa responsabilité dans la création et la propagation, à dessein, de la rumeur qui avait fait état de la noyade de Mohamed Lamjed Brikcha avec les victimes du bateau des "brûleurs" au large de La Chebba… Attendu qu'il a été prouvé que Ameur El Bintou avait déclaré, qu'indépendamment du fait que Mohamed Lamjed Brikcha aurait tenté de "brûler", mais aurait péri en mer, ou qu'il se serait éclipsé un long moment pour ensuite tenter, à nouveau, la "Harga" et se faire arrêter, cela ne voulait dire pour lui qu'une seule chose : à savoir que son cousin n'avait finalement trouvé pour sa vie aucune autre solution que "le chemin des Italiens", comme il dit… Et attendu qu'El Bintou n'a pas caché s'être réjoui des malheurs de son cousin, lors d'une cuite dans son restaurant flottant en présence de sources sures qui nous ont rapporté ses propos textuellement, comme suit :&lt;br /&gt;"Le chemin des Italiens est mon chemin à moi! Je m'y suis engagé bien avant lui, avec cette différence de taille : c'est que j'y suis allé avec les honneurs avant d'en revenir Homme ; alors que Mohamed Lamjed Brikcha n'a même pas réussi à respirer l'air de leurs plages ! Il est vrai que certains prétendent que ma femme, Carla Piccolo, serait une ancienne prostituée. Mais à supposer qu'ils aient raison, quelle importance y aurait-il à ce genre de détails ? J'ai de tout temps "dévoré" les femmes comme on avalerait des spaghettis et je continue toujours d'en "dévorer" des putes, des mariées et des pucelles… Celle qui n'écarte pas les jambes contre de l'argent le fait après avoir mangé et bu ici, ou en contre partie d'un flacon de parfum voire, quand elles sont des bourgeons tendres, en contre partie d'une simple rose rouge et d'un faux soupir. Quant à Carla Piccolo, elle connait lucidement sa juste place sachant ouvrir un œil pour en fermer un autre, consciente que c'est un grand honneur pour toute femme de se faire monter par Ameur El Bintou."&lt;br /&gt;…Attendu qu'il a été rapporté aussi que, le soir où on avait eu la certitude que Mohamed Lamjed Brikcha était bien en vie, Ameur El Bintou serait resté seul à bord de son restaurant flottant, après le départ de ses clients et qu'il se serait mis à boire immodérément jusqu'à la fin de la nuit, finissant par croire qu'il était seul dans la Marina et tenant, sans se contrôler, des propos que nous rapportons ici comme ils nous sont parvenus, en raison de l'importance qu'ils auraient dans l'éclairages de certains côtés encore non élucidés de l'affaire de l'accusé. C'est qu'El Bintou serait entré en transe criant à l'adresse de son oncle Raies Nasser :&lt;br /&gt;"Majda est ton maitre" qu'il me disait… Et maintenant, Sidi Nasser Jaïed, peux-tu jeter un regard sur la vie et me répondre ? Qui de nous est le maitre de qui ? Tu étais un tyran, Sidinna ! Tu me détestais sans raison. Comme ça, pour de simples soupçons. A supposer même que ce qu'on t'avait dit de moi était vrai. Je n'étais qu'un enfant et les grands étaient sans pitié. Qui est amené à faire quelque chose sous la contrainte est considéré comme ne l'ayant jamais faite. Je te pardonne mon cher oncle, et pour te prouver que j'ai un cœur plus tendre que le tien, voici que je récite la Fatiha sur ton âme depuis la Marina… Je ne sais pas si Dieu va entendre la prière d'un ivrogne comme moi, mais Dieu t'aie dans sa miséricorde, Sidinna !"&lt;br /&gt;"Miséricorde, bien sûr, mais à la mesure de ton action, Sidinna ! Et ton action, moi, je la connais bien. Repose en paix dans ta tombe, car je ne dirai à personne que tu étais, depuis tout petit, promis à Radhia Bent Kahla. Je ne dirai pas non plus qu'elle avait accepté de se marier à Néji Laajel pour te punir d'avoir manqué de zèle dans l'épargne en vue de réunir l'argent de sa dot et de remplir les conditions exigées par son père pour t'accepter comme gendre. Je ne dirai pas qu'elle avait regretté, ensuite, là où les regrets ne servaient plus à rien, ni que tu étais resté toute ta vie célibataire à cause d'elle, jusqu'à ce que le cancer ait eu raison de toi. Et tu vois que je n'accorde aucun crédit aux rumeurs faisant état de ton empoisonnement."&lt;br /&gt;"Dieu aie pitié de ton âme, Sidinna, à la mesure de ton action bien sûr ! Car personne n'est préservé du péché. Et ton action, j'en ai entendu parler de mes propres oreilles, chez nous, lors d'une dispute entre maman et Radhia Bent Kahla. Maman avait qualifié de honteuses les fréquentes visites de Radhia chez tante Khadouja. Tout le monde savait que tante Khaddouja était l'amie intime de Radhia Bent Kahla. Quelle honte y aurait-il, alors, Sidinna, à ce que cette dernière se rende souvent à la maison des Brikcha ? Ou bien fallait-il croire ta sœur Qmira qui expliquait ton déménagement de la maison des Jaïed à celle des Brikcha par ta volonté de bien exploiter les amitiés de ta sœur au profit de tes sentiments?"&lt;br /&gt;"Dieu aie pitié de ton âme, Sidinna, mais était-ce vrai que la raison des visites de Radhia, la femme de Laajel, à la maison de son amie, était en vérité de t'y retrouver dans ta chambre ? Etait-ce par hazard que Radhia Bent Kahla n'était tombée enceinte qu'à sa troisième année de mariage, soit tout juste quelques mois après ton déménagement dans la maison des Brikcha? Ou bien est-ce aussi le hasard qui a fait que Radhia Bent Kahla n'aie eu aucun autre enfant après Aïchoucha ?"&lt;br /&gt;"Evidemment que je ne dévoilerai rien, de tout ceci. Mais qui me garantit que Mohamed Lamjed n'était pas au courant? N'était-ce pas dans sa chambre que tout se passait ? Etait-il débile au point de n'en avoir rien remarqué ? Ou bien était-ce possible que, profitant de la venue d'Aïchoucha chez les Brikcha pour prendre des cours supplémentaires d'arabe, Mohamed Lamjed se soit avisé de vérifier l'authenticité de ce fameux dicton qui dit "renverse la casserole…" et, trouvant que "toute fille prend, effectivement, le chemin de sa maman", il ait conduit son élève là où tu avais conduit sa mère, à cette même chambre qui fut le théâtre de semailles dont la moisson allait avoir lieu dans la maison des Laajel ? &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;.......&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Attendu qu'il a été rapporté qu'Ameur El Bintou fréquente assidument la maison de Néji Laajel, en compagnie de sa femme Carla Piccolo ; tout comme Néji Laajel fréquente la maison de Ameur El Bintou, en compagnie de sa femme Radhia Bent Kahla et, parfois, tout seul… Attendu qu'il a été prouvé qu'une demande de retrait du recours en reconnaissance de paternité, présenté par Néji Laajel pour faire valoir les droits de sa petite fille Mayara, avait été déposée. Et ce après l'arrestation de Mohamed Lamjed Brikcha et le message que ce dernier aurait envoyé, par l'intermédiaire de sa sœur Rachida, à Aïchoucha Bent Laajel… Attendu aussi que des rumeurs se sont répandues concernant une relation douteuse entre Carla Piccolo et Néji Laajel, relation qui serait encouragée par Ameur El Bintou, lui-même… Et attendu que les vérifications ont prouvé la résidence d'Ameur El bintou et de sa femme, à trois reprises, dans un hôtel, simultanément au séjour de Néji Laajel, seul, dans ce même hôtel… Et attendu que d'autres rumeurs commencent à faire état d'un arrangement par lequel Ameur El Bintou reconnaîtrait la paternité de la petite Mayara, avant de divorcer de Carla Piccolo pour épouser Aïchoucha, quitte à ce que Néji Laajel oblige sa fille à accepter ce mariage arrangé… Attendu qu'à la fin de ces investigations préliminaires, nous avons fait part à Ameur El Bintou des doutes que nous avions sur lui, depuis l'arrestation de l'accusé… Attendu que nous lui avons demandé de se tenir à la disposition de l'enquête afin de lui poser, la prochaine fois, des questions précises sur un zodiaque pneumatique qui manquerait aux équipements de son chalutier, sur une éventuelle relation professionnelle illégale qui le lierait à son cousin, l'accusé Mohamed Lamjed Brikcha, et qu'il nous aurait cachée lors de ce premier contact avec lui, ainsi que sur ses réactions aux différentes rumeurs qui circulent à Beb-Tounes. El Bintou a insisté pour conclure cet entretien en ajoutant textuellement ce qui suit:&lt;br /&gt;"Je voudrais vous prévenir, monsieur l'agent, contre les effets déroutants des bavardages de Beb-Tounes. Si vous ouvrez les oreilles à tout ce qui s'y dit, vous allez vous fatiguer. Personnellement, je suis entièrement disposé à vous accueillir quand vous le voulez et à répondre à toute invitation que vous m'adresseriez pour m'interroger là où vous le voulez. Je répondrai à toutes vos questions, en toute franchise. Mais vous allez aboutir à un seul résultat : constater que ma conscience est tout ce qu'il y a de plus tranquille."&lt;br /&gt;"Quant à ma réaction au brouhaha des ruelles, je vous avoue, dès maintenant, que je ne regarde pas trop les feuilletons mexicains, ni les turcs d'ailleurs. Et je ne pense pas que regarder de tels feuilletons, en croyant tout ce qui s'y raconte, puisse servir des enquêtes aussi sérieuses que celle que vous menez ici." &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268351900330156146" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRzyI_Lu4HI/AAAAAAAABBM/PktKJK_zQc0/s400/boussol7-c.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;"Je voudrais seulement vous dire, avant de vous saluer, que les rapprochements et l'échange de visites entre familles amies, n'implique pas toujours l'échange des épouses au lit, que la réalisation d'affaires commerciales en commun, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la ville, et la résidence dans un même hôtel, ne sont pas des actes interdits par la loi. Et, pour vous soulager à propos d'une question que vous n'avez ni soulevée ni déclaré votre intention de le faire, la prochaine fois, sachez que le recours à la signature d'un document par lequel je reconnaîtrais la paternité de la petite Mayara, fille d'Aïchoucha, était une idée de Carla Piccolo. Elle l'avait soumise à Radhia Bent Kahla, alors qu'Aîchoucha était encore enceinte. Il était question que je divorce, que je fasse un mariage blanc avec Aïchoucha afin de pouvoir reconnaître son enfant et que j'en divorce ensuite pour revenir à ma femme. Tout cela pour que la Petite Mayara ait un nom de famille, sans qu'il soit question du moindre recours en justice. Mais c'est Aïchoucha qui avait refusé l'idée à la base.&lt;/p&gt;&lt;p align="right"&gt;&lt;br /&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-8143532870841617508?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/8143532870841617508/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=8143532870841617508&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/8143532870841617508'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/8143532870841617508'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/11/la-boussole-de-sidinna-7-le-serviteur.html' title='La Boussole de Sidinna / 7 Le serviteur de la Hadhra'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRzyDHhqDwI/AAAAAAAABBE/bQ_O3n25N0Y/s72-c/boussol7-b.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-6187704272442336973</id><published>2008-11-11T11:12:00.000-08:00</published><updated>2008-11-11T13:33:29.883-08:00</updated><title type='text'>Hommage au Haïkuteur</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Hommage au Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267482950214160338" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 215px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRnb1bvxD9I/AAAAAAAAA98/aYb4wdmOVpo/s400/takrim00a.jpg" border="0" /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;ouverture des travaux présidée par le gouverneur de la région de Ben Arous, monsieur Fayez Ayed&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;"Mon année sur les ailes du récit n'a pas manqué d'événements inattendus et de belles surprises. Ainsi,&lt;br /&gt;- Après l'honneur qui m'est revenu de présenter la professeur Rachid Idriss le narrateur, au club de la nouvelle Aboul Qassim Chebbi, et de rédiger ce "texte événement" qui a nécessité la rédaction d'un supplément de mon manifeste et dont la publication sur les pages de 'L'Atelier du Haikuteur" a pris trois semaines,&lt;br /&gt;- Après ce virage qui m'a conduit aux confins du Sahara en plein été, en prélude à l'aventure que va être la création de "La Boussole de Sidinna", dont la publication se poursuit encore ici en même temps que sa rédaction,&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267483025101855618" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRnb5yuYm4I/AAAAAAAAA-E/Zc2XKdn05pg/s400/takrim0a.jpg" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Monsieur le Gouverneur de Ben Arous remettant au Haikuteur le tableau d'honneur et le torphée de l'hommage&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267483286676844194" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 215px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRncJBKuLqI/AAAAAAAAA-M/govjZJnbDI0/s400/takrim0b.jpg" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Le Haikuteur prononçant son allocution à l'occasion de l'hommage qui lui a éé rendu&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;- Voici que les jours de "mon année" me réservent l'heureuse surprise de la création, par mon ami le grand poète Souf Abid, d'une manifestation culturelle qui sera d'une grande importance et d'un grand apport pour la littérature tunisienne. Il l'a appelée "Rencontre des écrivains de l'Internet en Tunisie". Et comme si sa création ne suffisait pas, à elle seule, pour constituer son cadeau pour moi, voici qu'il me surprend, lui et ses coéquipiers qui ont cru en son rêve fondateur, en nous rendant, à mon ami l'écrivain expatrié Kamel Ayadi, et à moi, l'hommage de cette première session. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267484217800115762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 206px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRnc_N3zxjI/AAAAAAAAA-0/ouCUqXvKgrA/s400/takrim0c2.jpg" border="0" /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Kamel Ayadi se trouvant en Allemagne, la présence de son nouveau livre édité en Tunisie a atténué son absence&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267483672163100210" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRncfdNzpjI/AAAAAAAAA-c/6TRPvonIILM/s400/takrim0b2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Et puis notre amie commune, l'écrivaine Essya Skhiri a été là pour parler au nom de l'absent, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;elle qui a toujours la gentillesse de se mettre à la place de tout un chacun, chose rare de nos jours.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Alors merci, Souf, pour cette belle surprise. Merci au commissariat régional de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, qui a adopté cette manifestation, qui nous a réunis dans sa merveilleuse bibliothèque régionale et qui a réservé aux écrivains un accueil des plus chaleureux. Merci à monsieur Fayez Ayed, gouverneur de la région, qui a tenu à assister personnellement à toute la séance d'ouverture, et qu'i m'a fait, personnellement, l'honneur de me rendre solennellement l'hommage de cette première session. Et en fin, toutes mes félicitations à mon ami Kamel Ayadi, qui a bien mérité cet hommage. Quoi que j'aurais voulu qu'il ait été parmi nous, ne serait-ce que par visioconférence, pour que la fête soit entière.&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267483836733331202" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 299px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRncpCSaFwI/AAAAAAAAA-k/YZIZAbKGjx4/s400/takrim0b3.jpg" border="0" /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Heureux comme deux grands enfants, Souf Abid (à Gauche), initiateur de la rencontre et Lassaad Saïd, commissaire régional à la culture, ouvrent le bal. Mais, pendant deux jours, ils vont suer pour que tout aille bien. Merci à tous les deux et à leurs coéquipiers.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267483952321824066" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRncvw42hUI/AAAAAAAAA-s/g7mOj544ozI/s400/takrim0c.jpg" border="0" /&gt; &lt;span style="font-size:78%;"&gt;Gouverneur de la région, monsieur Fayez Ayed tient à laisser la table de la présidence pour prononcer son discours d'ouverture debout. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;"Je suis l'un de vous" nous dira-t-il. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267495142296553570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 307px; CURSOR: hand; HEIGHT: 187px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRnm7GyuiGI/AAAAAAAAA_U/kmEvfLwL86I/s400/takrim0c3.jpg" border="0" /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Et pour preuve, monsieur le gouverneur reste jusqu'à la fin de la réception pour encourager aussi bien les participants que les organisateurs. Ici, avec les responsables régionaux et leur invité, Le Haikuteur.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Cette page comprend :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Des photos en majorité offertes pas le commissariat régional à la culture. Nous l'avons réparties sur la totalité de la page.&lt;br /&gt;- Une traduction rapide de la déclaration finale et des recommandations de la rencontre.&lt;br /&gt;- Des liens qui conduiront les arabisants à une page sur l'Atelier du Haïkuteur en langue arabe où ils peuvent lire la couverture en langue arabe des travaux de cette rencontre par le journal Assabah (couverture signée Mohsen Ben Ahmed, nous avons conservé l'intégralité du texte mais dans une autre mise en page et en y intégrant les photos) ainsi que mon intervention dans la cérémonie d'hommage (traduction suivra) Arabisants cliquer ici. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://alhakawaty.blogspot.com/2008/11/blog-post.html"&gt;http://alhakawaty.blogspot.com/2008/11/blog-post.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Première rencontre des écrivains de l'Internet en Tunisie &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Déclaration finale et recommandations&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;La bibliothèque régionale de Ben Arous (Tunisie) a accueilli les 8 et 9 novembre 2008 la première session constitutive de la rencontre des écrivains de l'Internet en Tunisie, organisée avec le soutien du commissariat régional à la culture et à la sauvegarde du patrimoine de Ben Arous.&lt;br /&gt;Dans le cadre de ses activités, la rencontre a rendu hommage aux deux écrivains Salem Labbène et Kamel Ayadi qui font partie des premiers écrivains tunisiens à inscrire leur pratique littéraire dans le paysage numérique. Des communications ont en suite été données traitant des différents aspects de la littérature, de l'Internet et des techniques qui s'y rapportent. Des témoignages ont été apportés par des écrivains actifs dans le paysage numérique. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267484637127788674" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 199px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRndXn_USII/AAAAAAAAA_E/KGTvdhooCX4/s400/takrim0e.jpg" border="0" /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Les travaux vont être présidés, pour les comunications scientifiques, par le grand poète, traducteur ( de Garcia Markez entre autre) et romancier, Mohamed Ali Yyussefi (au centre) et pour la table ronde de la deuxièeme journée par l'invité d'honneur, Salem Labbène. La cloture va être présidée par le poète Souf Abid et le commissaire régional à la culture, monsieur Lassaad Saïd.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La seconde journée a été marquée par la tenue d'une table ronde consacrée à un débat autour des préoccupations des écrivains participant à cette rencontre. elle a abouti à la formulation d'un ensemble de propositions et de recommandations à même d'apporter un plus à cette initiative en vue d'ancrer la manifestation dans le paysage culturel tunisien et de lui garantir soutien et rayonnement. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267484341691580914" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 215px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRndGbZ1gfI/AAAAAAAAA-8/eKgVJKoVmGg/s400/takrim0d.jpg" border="0" /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;En attendant la rédaction du rapport final et des des recommandations, on a eu droit aussi à des lectures poétiques&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A l'issue de leurs travaux, les participants à cette première rencontre des écrivains de l'Internet en Tunisie, tout en remerciant le commissariat régional à la culture et à la sauvegarde du patrimoine de Ben Arous et en mettant en valeur l'esprit fondateur qui l'a animée lors du lancement de cette manifestation tiennent à:&lt;br /&gt;· lancer un appel au ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine pour soutenir cette initiative fondatrice et en faire une occasion qui rassemble les écrivains de Tunisie et du monde arabe.&lt;br /&gt;· Appeler au développement d'un site Web autonome réservé à cette rencontre, afin de consacrer la culture de l'édition numérique et de permettre une communication plus étroite entre les participants eux même et entre tous les écrivains d'une manière générale.&lt;br /&gt;· Appeler les autres écrivains, encore réticents, ainsi que les institutions culturelles à s'inscrire dans le paysage numérique, les incitant à s'y mettre sans délais.&lt;br /&gt;· Inviter les organisateurs à prévoir, dans les activités de la prochaine session, l'organisation d'ateliers pratiques consacrés à la promotion de la littérature numérique et à la vulgarisation des techniques de l'édition sur Internet et de l'ingénierie culturelle en général.&lt;br /&gt;· Appeler à l'association, dans les travaux de cette rencontre, des écrivains résidant à l'extérieur de la Tunisie, et ce en exploitant les possibilités qu'offrent les techniques de la visioconférence et de la téléphonie par Internet.&lt;br /&gt;· Appeler les institutions culturelles et éducatives à accorder à la culture numérique, dans leurs programmes, la place qui sied à son importance.&lt;br /&gt;· Appeler les organisateurs à accorder davantage d'importance, dans les travaux des prochaines sessions, à la question des droits d'auteurs touchant à l'édition numérique et à la sensibilisation des écrivains, afin qu'ils bénéficient des avantages que leur accorde la loi.&lt;br /&gt;· Appeler à la création d'une bibliothèque électronique spécialisée dans la littérature tunisienne.&lt;br /&gt;· Appeler les autorités concernées à faire bénéficier les écrivains qui en ont besoin de la possibilité d'acquérir des ordinateurs subventionnés et d'accéder à l'abonnement internet à des prix préférentiels.&lt;br /&gt;· Inciter les écrivains en herbe à s'adonner dès leur jeune âge à l'édition numérique.&lt;br /&gt;· Appeler les médias, écrits et audiovisuels, à accorder davantage d'intérêt à ce qui se fait sur la toile en matière de création culturelle.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267484719419837394" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 215px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRndcajRS9I/AAAAAAAAA_M/ryKBEVr9Tkc/s400/takrim3.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;Photo de groupe après les travaux &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(les organisateurs, les présidents de séance, les rapporteurs et quelques amis journalistes)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Signé&lt;br /&gt;Les rapporteurs de la rencontre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;Salah Souissi et Faouzi Dimassi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-6187704272442336973?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/6187704272442336973/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=6187704272442336973&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6187704272442336973'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/6187704272442336973'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/11/hommage-au-hakuteur.html' title='Hommage au Haïkuteur'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRnb1bvxD9I/AAAAAAAAA98/aYb4wdmOVpo/s72-c/takrim00a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-4511326473914128777</id><published>2008-11-07T02:29:00.000-08:00</published><updated>2008-11-07T02:35:46.296-08:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 6 La zone de gravité</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (36/53) La Boussole de Sidinna (6/23) – 7 novembre 2008&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Chemin second&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Des silex sur les dunes&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Orientation première&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;La zone de gravité&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Très urgent.&lt;br /&gt;De Ghailan (&lt;/strong&gt;&lt;a href="mailto:Ghailan79@yahoo.fr"&gt;&lt;strong&gt;Ghailan79@yahoo.fr&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;)&lt;br /&gt;A Mayara (&lt;/strong&gt;&lt;a href="mailto:Mayaara86@gmail.com"&gt;&lt;strong&gt;Mayaara86@gmail.com&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mayara chérie,&lt;br /&gt;Ton portable est éteint à longueur de journée. Sur Skype ton profil est toujours éteint. Même ta chambre, mon Aïchoucha, baigne dans le noir. Tout à l'heure, j'ai osé frapper sur le fer forgé de ta fenêtre, comme convenu en cas d'urgence. Mais Aucune vie dans la maison des Laajel, à ce qu'il paraît !&lt;br /&gt;Je suis contraint de partir immédiatement en voyage. A partir de maintenant, il ne m'est plus possible de te contacter, vu que j'ai abandonné mon téléphone portable et que je ne suis pas certain de pouvoir accéder à Internet avant mon retour. Il ne nous reste plus, alors, qu'à nous rencontrer dans le rêve. Tu me manques beaucoup Mayara. Ah, si nous pouvions nous rencontrer, à nouveau, au large de la grande Meïda ! Tu te souviens ? Je t'y invite. J'insiste pour que tu viennes m'y rendre visite. N'aie pas peur du froid, mon amour. Les vagues sont encore tièdes. Je t'attendrai dans mes prochains rêves. Ne tarde pas.&lt;br /&gt;Amour éternel&lt;br /&gt;Ton Ghailane toujours – Mohamed Lamjed Brikcha&lt;br /&gt;PS: Je pars en emportant la boussole de Sidinna. Elle a maintenant recouvré toutes ses composantes et elle tient bien grâce à une micro-vis en or massif et un écrou en argent. Il s'en dégage une chaleur qui me charge d'une énergie merveilleuse. Je t'en parlerai en détail, au premier rêve à venir. Je t'attends plus que fébrilement.&lt;br /&gt;Doux baisers. &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;*****&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265861252200384530" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRQY6L3lyBI/AAAAAAAAA8U/M8ZFE3g6T1c/s400/boussol6-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;… Enfin je respire à grands poumons. Il semblerait que maintenant tout, ou presque tout, est à la place qu'il faut. Aïchoucha recevra mon message dès qu'elle se connectera sur la toile. Khaddouja Jaïed se réveillera, le matin, pour trouver l'information chez Rachida. La boussole de Sidinna est bien avec moi, attachée à ma ceinture. Et moi, je suis dans la voiture de "Louage" (taxi en commun pour longues distances) qui me mènera à Tazoghrate. Toutes les ficelles de mon récit sont entre mes mains. Enfin, je les détiens moi-même, tout seul.&lt;br /&gt;Il ne me reste plus, maintenant, qu'à voir cette voiture s'éloigner de Beb-Tounes encore quelques kilomètres. Ainsi, je me libèrerai définitivement des effets de ses vents, si jamais ceux-ci décidaient de souffler, à nouveau, dans des directions contrariantes. Tous les voyageurs dans cette voiture sont endormis. La route est, paraît-il, longue. Aucun d'eux, ni quiconque hors des remparts de la ville, n'aurait l'idée de forcer la porte de mon rêve ou de mettre la main sur mon récit pour se l'approprier à mes dépends.&lt;br /&gt;Le seul hic est que, maintenant, l'aiguille de la boussole, qui doit normalement en permanence indiquer le Nord, pointe exactement vers le contraire de la direction prise par la voiture. Est-ce parce que cette boussole a été abandonnée durant de longues années? Ou bien est-ce la spécificité même de cette boussole en particulier, qui se distingue de toutes les autres par sa capacité à pointer vers le Sud ?&lt;br /&gt;Ce serait un projet merveilleux, s'il se trouvait dans ce monde une boussole pour indiquer, enfin, le Sud.&lt;br /&gt;Mais j'aurais, s'il en est ainsi, une responsabilité double au cours de ce voyage. Il me faudrait à la fois protéger la boussole et rechercher son propriétaire. Je vais donc commencer par la cacher, bien enfouie dans mes sous-vêtements, bien à l'abri des regards des curieux et des bandits de grands chemins. Ce sera quand même bien une lourde responsabilité. Mais je me sens à la hauteur de la tâche et je saurais ne pas décevoir Sidinna et "BBé" Sabrya. Car une énergie surhumaine m'habite désormais.&lt;br /&gt;Maintenant, j'ai à mon service le rêve et la réalité, la nuit et le jour, le passé, le présent et l'avenir réunis. Et j'ai cette porte sur l'au-delà, qui s'est ouverte pour moi et par laquelle me sont arrivés des signes effectifs de soutien. Des signes que je reçois, maintenant, concrètement pendant mon éveil, alors que je me contentais de les déceler lors de mes rêves.&lt;br /&gt;Les vents opposés vont-ils enfin cesser de souffler sur Beb-Tounes ? Telle est la question.&lt;br /&gt;En tout cas, c'est ce qu'annonçait cette quiétude qui régnait, tout à l'heure, à l'intérieur de la porte-chicane, au moment où j'y suis passé pour accéder à l'extérieur des remparts. Et ce n'est là que l'un des signes confirmant que je me trouve bien dans la zone de gravité dont vient de me parler, à l'instant, "BBé" Sabrya.&lt;br /&gt;En versant derrière moi l'eau de son seau en matière plastique blanche, comme le font toutes les mères du Rbat, au moment où leurs enfants sortent de chez eux pour un long voyage, elle m'a dit : "je n'ai pas peur pour toi, Mejda. Vas-y, Dieu est avec toi ! Tu es maintenant dans la zone de gravité." Oui ! C'est ce qu'elle m'a dit textuellement. "BBé" Sabrya est muette. Mais quand elle parle, elle ne dit que la vérité. Et j'ai constaté, preuve irréfutable à l'appui, que son sixième sens ne se trompait jamais.&lt;br /&gt;A peine ai-je fait deux pas à l'intérieur de la chicane de Beb-Tounes, que souffle sur moi une brise de l'encens de Grand-mère Doraïa Jaïda. Et sa voix de se lever priant pour moi : "Que Dieu t'envoie toujours un compagnon pour tes difficiles moments, mon cœur!" Je sens mon cœur battre très fort. Je lève mes yeux pour regarder la voute et vois une ouverture semblable au sourire de Grand-mère. De cette ouverture fusa une lumière tiède qui m'éclaire le visage.&lt;br /&gt;Ce n'est là qu'une première preuve. La seconde viendra tout de suite après : aussitôt sorti des remparts de la ville, la voiture de "Louage" arrive vers moi, venant du coté de la mer. On dirait qu'elle m'est tout spécialement destinée. Elle s'arrête juste devant moi, à côté du lampadaire municipal. Son conducteur en descend et m'invite tout poliment : "alors frère, tu vas sur le chemin de Dieu?"&lt;br /&gt;Je lui réponds : "Bien sûr, nul ne va nulle part ailleurs!" Et je lui tends mon petit sac qu'il range dans le coffre avec les valises des voyageurs. Je m’installe sur le siège arrière, à côté d'une vieille dame qui a un beau visage, semblable à celui de Grand-mère Doraïa Jaïda. Mais un visage plutôt brun, avec un tatouage sur le front et deux autres sur les joues. La vieille dame me sourit un moment en silence. Puis elle referme les yeux et se rendort. Et voici mon voyage qui commence, enfin ! &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;*****&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265861325440566690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRQY-ctaRaI/AAAAAAAAA8c/j_SzAqNcL9g/s400/boussol6-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;… J'ouvre les yeux. Des claquements de portières et des mouvements de corps secouent la voiture. Combien de kilomètres avons-nous parcouru jusqu'ici? Il emble que la route est encore longue… Je regarde à travers les vitres. Je ne vois que le noir épais de la nuit qui enveloppe la voiture. Je devine les voyageurs s'éloignant en direction d'une lueur qui paraît être assez loin de la route goudronnée. Il se peut que ce soit un café. Car je crois avoir entendu le conducteur de la voiture me proposer de descendre boire un café et lui avoir répondu sans réfléchir que je préférais me rendormir.&lt;br /&gt;Aucun voyageur n'est resté dans la voiture. C'est en tout cas ce que j'ai cru, avant de refermer les yeux. Mais, voici des doigts tendres qui commencent à me caresser les cheveux. Est-ce à dire que la vieille dame qui était à côté de moi, est restée en voiture, elle aussi ? Mais comment se permettrait-elle de me caresser les cheveux de cette manière, comme si j'étais son enfant ou son amant ?&lt;br /&gt;J'ouvre à nouveau les yeux. Ô mon dieu ! Depuis combien d'années n'ai-je pas vu ce visage familier, y compris dans mes rêves ? Ne me pince pas, petite maman, s'il te plait ! Laisse-moi dans le rêve encore un instant, encore une minute seulement:&lt;br /&gt;- Sawana ! Comme tu me manques Sawana ! Où étais-tu passée pendant toutes ces longues années ? Enfin, tu acceptes de venir me rendre visite dans mon rêve !&lt;br /&gt;- Je viens plutôt te rendre visite dans ton éveil, Mejda. Exactement comme je le faisais lorsque tu étais enfant. Tu t'en souviens ?&lt;br /&gt;- Bien sûr que je m'en souviens. Mais, avant, tu n'avais pas l'habitude de venir déguisée. Et voici que maintenant tu te caches des gens. Tu étais bien déguisée en vieille femme, à l'instant !&lt;br /&gt;- Mais non, je ne me suis jamais déguisée. Je viens juste d'arriver et je n'ai aucun rapport avec la vieille dame qui, elle, est partie et reviendra avec les autres.&lt;br /&gt;- "BBé" Sabrya ne m'avait donc pas menti. Je suis bien dans la zone de gravité. J'en suis très heureux, Sawana ! Mais, en vérité, j'ai peur. Peur d'échouer dans ma mission, Sawana ! C'est en fait la première fois que je sors de Beb-Tounes, sans que mon retour ne soit attendu au Rbat pour le jour même. C'est pourquoi j'aurais besoin de quelqu'un pour m'accompagner dans mon voyage. Et nul, pour quelqu'un comme moi, n'est meilleure compagne que toi! Voudrais-tu rester avec moi, Sawana ?&lt;br /&gt;- Voici qu'ils reviennent. Tais-toi maintenant et rendors-toi. Je te retrouverai quand il fera jour. Tu seras, alors, bien arrivé. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265861391432183762" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRQZCSjCb9I/AAAAAAAAA8k/mo-0VNN2YCw/s400/boussol6-c.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;… Je sens, encore une fois, battre très fort mon cœur. Avant que les portières ne s'ouvrent et que les voyageurs ne remontent en voiture, je lève les yeux pour regarder le plafond et vois une petite ouverture fendre la tôle. Une ouverture semblable à celle déjà vue dans la voute de Beb-Tounes, qui rappelle toujours le sourire de ma grand-mère et d'où la même lumière tiède fuse pour m'éclairer à nouveau le visage. Quand les voyageurs ouvrent, enfin, les portières et montent, l'odeur d'une mixture d'encens et de café se répand dans la voiture. &lt;/p&gt;&lt;p align="right"&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-4511326473914128777?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/4511326473914128777/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=4511326473914128777&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/4511326473914128777'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/4511326473914128777'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/11/la-boussole-de-sidinna-6-la-zone-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 6 La zone de gravité'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SRQY6L3lyBI/AAAAAAAAA8U/M8ZFE3g6T1c/s72-c/boussol6-a.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-5966076614823648630</id><published>2008-10-30T21:05:00.000-07:00</published><updated>2008-10-30T21:23:02.374-07:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 5 Une vis d'outre horizon</title><content type='html'>&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (35/53) La Boussole de Sidinna (5/23) – 31 octobre 2008&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Chemin premier&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Mon étoile au nord&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Orientation cinquième&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Une vis d'outre horizon&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;N'aie pas peur Khaddouja, je sais encore rêver !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'aie pas peur! Même si les vents éparpillaient toutes les images et qu'ils noyaient toutes les visions dans les eaux profondes de la mer, je saurais encore rêver. Je sais encore rêver, petite maman. Des rêves, j'en ai des fleuves, j'en ai autant que les vagues dans leurs flux et leurs reflux. Un rêve se briserait-il sur la plage de la réalité que, de ses écumes, naîtrait un nouveau songe. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5263164875281499090" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQqEkZF3g9I/AAAAAAAAAyk/zqTBswkTcGs/s400/boussol5-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pardonne-moi "Di Jay", écoute-moi et réfléchis. Ne te laisse pas tromper par les opinions des autres!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pardonne-moi, "Di Jay", et crois-moi, exécuter la recommandation de Sidinna est le seul but de ce voyage. Je ne vise rien d'autre. On t'a menti en te disant que je partais, poussé par mon nouvel échec aux examens du CAPES. Laisse-les extrapoler, Khaddouja! Laisse-les tirer les conclusions qu'ils veulent. Je connais ma juste valeur, moi, et je sais ce que cherchent ces semeurs de doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pardonne-moi, "Di Jay", et crois-moi. Je pars en direction du nord, pour un village que je ne connais pas. Sidinna m'en a donné le nom. Je crois que c'est Tazomrane ou Tamozrane. De toute façon, je trouverai le chemin qui m'y mènera. J'y chercherai, ainsi que dans les villages alentours, le propriétaire de la boussole. Je le trouverai et la lui remettrai. Et puis je reviendrai aussitôt auprès de toi. Voilà tout!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On t'a menti en te disant que mon rêve d'horizon dévoilait ma volonté de "brûler". Pourquoi "brûlerais-je" alors que le plus beau pays est le mien, que la plus belle Houma est le Rbat, que la plus belle porte est Beb-Tounes et que la plus belle impasse est l'impasse Brikcha ? Pourquoi "brûlerais-je", "Di Jay", alors que la plus belle des mamans c'est toi, ô Khaddouja Jaïed, ô femme de Raës Brikcha?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez, souris et pardonne-moi. Ce qui est passé n'est plus. Dieu te compensera tes pertes. Tout ce qui se dit est emporté par les vents vers le néant. Seuls restent les rêves. Et les plus durables d'entre eux, petite maman, ce sont les rêves d'horizon.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5263164764457356610" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQqEd8PVTUI/AAAAAAAAAyc/JVGyHOCFkJY/s400/boussol5-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Que c'est-il passé, "Di Jay" ? Faut-il qu'à chaque fois que je rêve et que je commence à te raconter ma vision, quelqu'un vienne, de l'extérieur de mon imagination, mettre la main sur le fil de l'histoire, le tirer à lui, m'imposer le silence et se faire mon porte parole ? A chaque fois qu'ils se mêlent de notre discussion, qu'ils s'emparent de mes rêves et qu'ils vont loin dans leurs extrapolations, faut-il que tu te détourne de mes propos et que tu te mettes à écouter ce qu'ils disent ? Connaissent-ils mieux que moi les détails, les objectifs et la juste signification de mes rêves? Ou bien serait-ce que tu sois encore en colère contre moi, en raison de ma révolte, le jour où tu n'avais pas cru que j'avais raté mon concours, à nouveau ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Je me tenais comme sur des braises, en attendant qu'ils annoncent les résultats. Dans la tranquillité de Khaddouja Jaïed, ce soir là, il y avait quelque chose d'étrange, de douteux même! Et quand, le lendemain, la décision de me recaler à nouveau a été annoncée, je vis maman s'écrouler ne croyant pas du tout que c'étaient bien les résultats définitifs. Alors je suis devenu fou! Il était clair qu'elle avait été roulée et qu'elle était tombée dans le piège comme l'étaient avant elle plusieurs mamans. Et elle n'avait plus qu'à avouer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment ne me révolterais-je pas, petite maman, alors que tu avais hypothéqué tous tes bijoux pour donner l'argent à une étrangère? Comment ne me révolterais-je pas, alors que je t'avais averti, depuis la première année, que je refuserais d'aller travailler si une intervention de quiconque était derrière mon recrutement? Est-ce logique de refuser le favoritisme d'un côté pour accepter, de l'autre, que tu sacrifies tes bijoux pour payer le prix de mon recrutement ? Cela s'appelle corruption, "Di Jay", corruption, tu entends ! Aurais-tu vraiment accepté que moi, Mohamed Lamjed Brikcha, je devienne professeur moyennant des pots de vin ? Comment ne me révolterais-je pas, alors ? Et puis où est-elle maintenant, cette bienfaitrice ; que tu puisses au moins récupérer ton argent ? Où est-elle, maintenant qu'il s'est avéré qu'elle ne travaillait pas à la direction de l'enseignement et que personne n'a sur elle la moindre information?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… J'étais cruel avec Khaddouja Jaïed. Je n'avais jamais été aussi sévère auparavant. Je n'avais même jamais élevé la voix en sa présence. Mais là, je criais et je cognais ma tête contre la colonne de la chicane jusqu'à en faire couler le sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La blessure de mon orgueil était encore plus profonde, "Di Jay". Pardonne-moi ma révolte. Et que Dieu te compense ce que tu as perdu. Si tu le veux, petite maman, "Fais-moi des reproches, gifle-moi", comme dirait le chanteur! Allez, c'est vrai, gifle-moi et pardonne. Je n'ai d'autre richesse que la bénédiction de mes parents, moi. Alors ne te fâche pas contre moi et ne me prive pas de ton sourire. Et puis ne refuse pas d'écouter mes rêves. Qui m'écouterait alors, petite maman si, toi, tu te détournais de moi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laisse-les tomber, "Di Jay", et écoute-moi ; puis interprète le rêve comme te le dictent tes sentiments. Et, si d'autres voix se levaient au dessus de la mienne, alors pince-moi! Que je me réveille du cauchemar de ma réalité, que je reprenne mon beau songe et que je récupère le fil de l'histoire, afin de te raconter ma vision. Et, lorsque je me tais, "Di Jay", ne crois pas que je suis atteint de mutité, comme "BBé" (1) Sabrya Bent El Melsen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiens, à propos de "BBé" Sabrya, sais-tu, "Di Jay", que son silence n'est pas mutité et qu'elle n'est pas incapable de parler, comme vous le croyiez ? Crois-moi, Khaddouja, elle a parlé! Sabrya, La fille de ta voisine, a parlé. J'ai entendu sa voix dans mon rêve. Elle avait une voix suave et la langue encore plus déliée que celles des parleurs. C'était le plus beau rêve de ma vie, "Di Jay"! Ne t'ai-je pas dit que mon espoir le plus ardent, depuis que j'ai commencé à comprendre, était de voir "BBé" Sabrya El Melsen parler et nous éclairer sur ce que nous voyons bouillonner en elle, sans jamais rien en capter ?... &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Que dois-je dévoiler à Khaddoujà Jaïed de mon rêve de "BBé" Sabrya, et que dois-je lui en taire ? Je sais que certains détails de mes rêves l'indisposeraient. Mais comment lui cacher un événement pareil?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Sur le bord de la muraille, je marche comme sur le droit chemin divin de l'au-delà. Partant de l'angle du mur du silence, mon objectif est d'atteindre le toit de la chicane de Beb-Tounes. L'horizon se voit au loin, toujours noir, au-delà d'une mer dont la mémoire arrive à restituer l'image sans que l'œil n'arrive à en distinguer l'eau du ciel… Je marche en direction de l'étoile du nord, la lune à moitié éclipsée… Pris de peur, j'avance difficilement, mettant un pied devant l'autre, ouvrant mes ailes au vent et suivant un chemin médian. Ainsi, arriverais-je à garder mon équilibre et à éviter de tomber : à droite, m'avaleraient les ténèbres des ravins et, à gauche, se briseraient mes os sur les galets du trottoir des remparts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me retourne, soudain, pour regarder les toits. Notre maison et celle des El Melsen sont jumelles. Aucune limite ne les sépare. Un vaste espace d'où jaillissent des lumières blanches immaculées et dont les contours baignent dans le noir. Un espace duquel s'évapore l'odeur de la chaux encore humide et des encens. La vapeur monte transparente et vibrante s'élevant vers la voute du ciel avec ses réverbères éparpillés tels des grains de diamant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Près du débarras sur notre toit, un corps chétif enveloppé dans un drap blanc et s'orientant vers la "Qibla", lève les bras au ciel lançant des supplications qui rappellent les psalmodies de Grand-mère, Doraïa Jaïda, dans des cercles de "Dhikr" jaillissant d'un temps plus lointain que l'horizon de ma tendre enfance.&lt;br /&gt;J'ai avec mes rêves une relation de flux et de reflux, dont la plage est la nuit de mon sommeil et l'horizon le jour de ma naissance. Aussi n'est-il pas étrange que je me voie adolescent, enfant ou même bébé dans les bras de Khaddouja Jaïed et que je croie toujours ce que montre mon rêve. Ce qui me manque, c'est seulement cette force de flux qui me projetterait au delà de ma nuit de sommeil, afin de voir ce que me réserverait l'avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Soudain, je me vois enfant, sautant du haut des remparts de la ville vers le toit de notre maison. La voix de Khaddouja Jaïed criant de douleur, me rattrape par derrière tentant de m'arracher à une mort certaine. Et moi je cours sans faire du danger le moindre cas. Fuyant la colère de maman, je tente de me jeter sur le dos de Grand-mère, espérant qu'elle interrompe ses prières et me balance de son dos dans ses bras, comme elle l'avait toujours fait pour me cacher. Mais le corps chétif se tourne soudain vers moi. Et les cris de Khaddouja de grincer dans mes oreilles comme des bruits de freins de voitures, juste avant une collision. Mon élan se brise. Je m'arrête, figé devant la scène, réalisant que j'ai grandi en un clin d'œil. Et l'odeur de la chaux humide et des encens de remplir à nouveaux mes narines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… la voix qui psalmodiait n'était pas celle de ma grand-mère, Doraïa Jaïda, mais celle de "BBé" Sabrya El Melsen, notre voisine. Eh oui ! C'était elle, avec ses cheveux argent bouclés, son visage brun allongé, son nez droit, saillant, aiguisé telle une lame de couteau et ses rides profondes aux coins des yeux. Lorsqu'elle me voit stupéfait et terrifié, "BBé" Sabrya me sourit sans cesser de remuer ses lèvres récitant les conclusions de la "Fatiha". Son recueillement m'envahit, moi aussi, mais sans rien enlever à mon étonnement : "Gloire et Pureté à ton Dieu, Dieu de la grandeur échappant à leur description."&lt;br /&gt;- Mais tu parles "BBé", toi la muette !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"BBé" Sabrya hausse le ton tout en continuant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- "et paix… ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je saisis le signal, demande pardon à Dieu et tends les mains pour prier avec elle. Ainsi nous finissons la "Fatiha" ensemble : "… sur les envoyés de Dieu Et louange à Allah, Seigneur de l'univers".&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5263165099505492866" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQqExcZCI4I/AAAAAAAAAy8/fidhZ9o47As/s400/boussol5-d2.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;… Je ne me suis pas rendu compte, alors que je passais les mains sur le visage et la poitrine, comment la scène nous a transporté depuis les toits de la ville jusqu'au cimetière. Je me trouve, donc, debout derrière "BBé" Sabrya qui est maintenant allongée sur la tombe de Sidinna. Elle enlace tendrement le marbre, se couvrant la tête avec le drap blanc, sans réussir à étouffer des sanglots amers, dont les échos se faufilent entre les tombeaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je relève la tête vers le mausolée de Sidi Mezri. L'aube se dévoile à mes yeux, rampant de la mer vers le minaret du Ribat. Je demeure ainsi immobile attendant que le jour répande sa lumière et que cessent, enfin, les sanglots de "BBé"Sabrya. C'est alors que je lui pose la question, juste pour vérifier, encore une fois, si elle était réellement en mesure de parler: "l'aimerais-tu encore, "BBé" ?" Et elle me répond en toute clarté :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Seul Dieu en a connaissance, Mejda. Ma douleur est aussi vive que s'il était mort hier. La vie est ainsi. Je l'aime comme je l'ai aimé depuis l'éternité. Mais lui, il aimait Radhia Bent Kahla. Celle-ci aimait l'argent de Néji Laajel. Lequel n'aime que le reflet de son visage dans le miroir. Tout ceci alors que les mots s'envolent, emportés par les vents de Beb-Tounes, là où personne ne peut dormir tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai failli sauter sur l'occasion pour lui demander si Aïchoucha Bent Laajel était en réalité une fille conçue par Sidinna, comme le chuchotaient certains vents de Beb-Tounes. Mais j'ai eu honte de moi-même et j'ai réussi à étouffer ma question en baissant la tête. En quoi cela m'intéresserait-il de connaître l'origine du sperme qui a permis la conception de Aïchoucha ? L'essentiel est qu'elle ait été créée pour m'aimer, moi, que son cœur batte pour moi, et que mon cœur à moi ne batte que pour elle. Mais comment dire tout cela à Khaddouja, lorsque je serai réveillé et que je lui raconterai mon rêve?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Lorsque "BBé" Sabrya se rend compte que je suis allé loin dans mes méditations, elle me sourit et me tire par la main. Et nous voilà à nouveau sur les toits, la porte du débarras ouverte, comme je l'avais laissée, la veille, avant de descendre regagner ma chambre et dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des mois se sont écoulés, durant lesquels j'ai pris l'habitude de revisiter, d'un moment à l'autre, le débarras sur les toits pour chercher la boussole de Sidinna dans les sacs, dans les caisses en bois et les boites en carton ainsi que dans les amas. Mais en vain ! Chaque nuit, je rêve en attendant que Sidinna vienne dans ma chambre m'entrainer sur les toits et me montrer l'endroit exact où je peux trouver la boussole. Mais je ne l'ai pas vu depuis le rêve de la grande Meïda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai failli me résigner à croire que sa recommandation était pure hallucination de sommeil et rien de plus, comme l'avait affirmé Khaddouja. Quant à ma mère, à chaque fois que je lui demande de chercher avec moi, elle trouve une excuse valable et refuse de grimper sur les échelles pour monter sur les toits. Toute sa peur est en fait que j'arrive à trouver la boussole pour partir aussitôt. Comment alors m'attendre à ce que Khaddouja cherche avec moi, elle qui ne voit en la boussole qu'un instrument de navigation ? Comment m'attendre à ce qu'elle m'aide à partir en voyage, elle pour qui, depuis que les autres lui ont interprété mes rêves, tout voyage est devenu synonyme de "Harga" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Debout sur le toit, le soleil venant de se coucher et la lune de se lever, je regarde ces tas de choses inutiles. "BBé" Sabrya me tient la main et, comme si elle lisait dans mes pensées, elle me répond instantanément :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Si le sentiment maternel empêche Khadouja de comprendre ton rêve, je suis là pour le comprendre. S'il l'empêche de t'aider à partir vers ton objectif, je suis là pour t'y aider autant que possible. S'il l'empêche de croire à la recommandation de Sidinna, je suis là pour y croire. Je sais que tu ne trouvais pas la boussole qu'il t'a chargé de rechercher. J'y ai longuement pensé : si ton songe est vision, "NNa" ne te demande jamais quelque chose d'impossible à réaliser. Hier, j'ai eu une idée. Je suis montée sur les toits, le soir, pour en vérifier la pertinence. C'est que je me suis posée la question : et si, pour voir la boussole, il nous faut la chercher plutôt dans le noir ? Effectivement, je l'ai vue entre les amas et les boite sans avoir à la chercher. Elle scintillait d'un éclat unique sous la lune. Je l'ai enveloppée dans une vielle serviette, cachée dans une caisse et suis redescendue faire mes ablutions avant de remonter faire des prières là où j'ai trouvé la boussole, afin de remercier Dieu pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Un sentiment de forte joie s'empare de tout mon être, au point que les larmes me montent aux yeux malgré moi. Je saute dans les bras de "BBé" Sabrya reconnaissant. Elle me serre contre elle et je retrouve dans ses bras cette tendresse que j'ai toujours reçue de Khadouja Jaïed. Encore une fois, l'image de ma mère me traverse l'esprit. Et, encore une fois, une question insistante me prévient que mon rêve tire vers sa fin : Comment pourrais-je raconter à maman dans le détail les propos de "BBé" Sabriya ? Ou bien aurais-je le droit maintenant de prendre la boussole de Sidinna et de partir à son insu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… "BBé" Sabrya semble avoir pénétré dans mon for intérieur et entendu les échos de ma question. En me tendant, enveloppée dans un une vieille serviette, une pièce en cuivre qu'elle vient juste de prendre dans une caisse en bois, elle me répond:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- "Tu laisse plutôt un message chez Rachida et tu t'en vas avant l'aube. Tu laisseras la réconciliation avec Khaddouja à quand tu seras rentré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je défais la serviette et en sors la boussole. Elle brille autant que si elle avait été fabriquée le jour même. Ni l'humidité ni le temps n'ont atteint son métal ni déteint sa couleur. Mais dès que je l'ouvre, pour regarder comment elle était de l'intérieur, son couvercle circulaire tombe sur le toit et roule en direction des remparts de la ville, provoquant un tintement semblable à celui d'une sonnerie. Le corps de la boussole resté dans ma main, j'y observe, sous le verre, une aiguille en argent qui scintille en vibrant et pointe en direction de la chicane de Beb-Tounes. Je relève la tête et vois "BBé" Sabrya courir derrière le couvercle pour le ramener. Soudain, Sidinna arrive en sa direction, venant du toit de la Porte en chicane. Et tous les deux de s'enlacer longuement devant mes yeux ébahis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;… Sidinna lui parle en chuchotant. Mais tout ce qu'il lui dit m'est parfaitement audible. Il l'informe que sa "Fatiha" était bien reçue et la remercie pour le soutien qu'elle m'apporte. Il lui dit que le roulement du cuivre sur le toit avait attiré son attention sur le couvercle détaché et lui avait rappelé qu'il conservait, chez lui dans l'au-delà, une micro-vis en or avec son écrou en argent, en attendant que, moi, je trouve la boussole. Et il lui remet un objet tout fin qu'il tenait entre le pouce et l'index et duquel jaillissait une éclatante lumière. Il le lui met dans la paume de la main. Elle referme, alors, ses doigts. Et Sidinna de repartir vite d'où il était venu, sans même m'adresser un regard furtif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment Sidinna entre-t-il dans mon rêve et en sort-il sans m'adresser la parole ? Serait-il en colère contre moi, lui aussi ? Un fort stress m'écrase la poitrine. La terreur manque d'extraire mon cœur de sa place et je sens au pied comme l'effet d'une piqure de scorpion. Je me mets, alors, à crier : Sidinnaaaaaaaa ! &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;Mes beaux rêves se terminent, généralement, sous une forme cauchemardesque. Leur cours est rompu net, là où je ne veux pas qu'ils s'arrêtent. Et cela m'arrive généralement en raison d'effets externes. Ce qui m'a, en effet, poussé à crier, c'était que Rachida m'avait retiré violemment la couverture, me pinçant le pied pour m'obliger à me réveiller. Ma sœur était chargée de nettoyer ma chambre et il se faisait vraiment tard pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je demande des nouvelles de maman que je trouve sortie pour quelques affaires dans la Houma. Je pense alors en profiter pour évoquer avec Rachida, en tête à tête, la question de la préparation de mon voyage. Mais qui me dit que je vais vraiment trouver la boussole là où je viens de la voir dans mon rêve ? Je cours. Je monte les échelles et, une fois sur le toit, je fonce vers la caisse en bois que je viens de voir dans le rêve. La boussole y est, au même endroit d'où "BBé" Sabrya l'avait retirée. Elle est même enveloppée dans la même vieille serviette que j'ai vue dans le rêve… Je défais alors la serviette et trouve la boussole toute propre, mais sans son couvercle. Le rêve était donc bien une vision!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reviens en courant vers Rachida, lui annonçant que j'avais enfin trouvé la boussole. Elle était occupée à dépoussiérer les draps. Je lui demande de laisser ce qu'elle avait entre les mains, car le temps presse et j'ai à lui dire avant le retour de Khadouja. Mais c'est elle qui entame la conversation. Elle voulait, elle aussi saisir cette occasion pour discuter avec moi d'un sujet dont elle ne voulait pas informer Khaddouja avant d'avoir mon opinion. C'est qu'on l'a informée qu'Ameur El Bintou venait de gagner le procès de Sanyet Sawana et qu'il nous faudrait faire appel avant la fin des délais légaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma réponse ne nécessitait pas beaucoup de réflexion. Rachida connaissait déjà mon point de vue sur la question. Mais ce qu'elle voulait c'était insister, à la manière de Khadouja, pour me faire changer d'avis. Alors je lui oppose de manière insistante la même réponse que je lui ai maintes fois faite:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je n'ai pas de temps à perdre dans les futilités du fils de tante Qmira. Qu'Ameur El Bintou mette la main sur tout l'héritage de la famille Jaïed. Je me contente du fait que La Sénya de Sawana est mienne autrement, c'est-à-dire dans mon imagination et dans mes souvenirs. Ce que je possède là lui est inaccessible, je n'ai aucun besoin de titre de propriété pour en jouir, et il n'a aucun moyen de me le contester, même si la Sénya lui avait été attribuée par les nations unies et non par le tribunal de première instance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soudain, on frappe à la porte. Je ne suis même pas arrivé à exposer le sujet que je voulais discuter avec Rachida. Je la laisse nettoyer la chambre, je cache la boussole et je vais ouvrir. Je m'étais bien préparé à accueillir Khadouja. Je m'apprêtais à lui sauter au cou. Je voulais la prendre dans mes bras, l'embrasser et lui imposer une réconciliation à la force de mes bras. Je lui dis en ouvrant la porte :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Allez "Di Jay", une semaine de bouderie, ça suffit. Il faut maint…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5263164955745252530" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 327px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQqEpE169LI/AAAAAAAAAys/KqtAn9QqqAM/s400/boussol5-c.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis surpris de trouver "BBé" Sabrya à la porte, à la place de Khadouja. Ce qui m'inquiète et me fait douter que je ne me serais peut-être pas encore réveillé de mon rêve, c'est que "BBé" Sabrya me tend le couvercle de la boussole, celui après lequel elle courait sur les toits, dans le rêve, pour me le ramener.&lt;br /&gt;Je faillis crier d'étonnement: "Pince-moi, petite maman !" Mais "BBé" Sabrya entra dans la chicane tentant de me faire taire en me clouant la bouche de son index. Elle m'explique, par ses balbutiements et sa gesticulation, qu'il faut garder cette histoire entre nous. Elle me met le couvercle de la boussole dans la main. Puis, chose plus étrange que tout, elle ouvre la main gauche et là, au centre da sa paume, je vois une micro-vis en or massif introduite dans un écrou fin en argent, le tout venant tout droit de l'au-delà et scintillant à éblouir les yeux. &lt;/p&gt;&lt;p align="right"&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(1) "BBé" : façon locale d'appeler un muet, sans que cela ne paraisse comme une offense.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-5966076614823648630?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/5966076614823648630/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=5966076614823648630&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5966076614823648630'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/5966076614823648630'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/10/la-boussole-de-sidinna-5-une-vis-doutre.html' title='La Boussole de Sidinna / 5 Une vis d&apos;outre horizon'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQqEkZF3g9I/AAAAAAAAAyk/zqTBswkTcGs/s72-c/boussol5-b.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-2505075112384015734</id><published>2008-10-23T20:05:00.000-07:00</published><updated>2008-10-23T20:32:05.506-07:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna / 4 Les vents de Beb-Tounes</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Mon année sur les ailes du récit (34/53) La Boussole de Sidinna (4/23) – 24 octobre 2008&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chemin premier&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Mon étoile au nord&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Orientation quatrième&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Les vents de Beb-Tounes&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Beb-Tounes est unique. Comme passage de courant d'air, cette porte de la Médina n'a pas son pareil. Bien connus, les vents de Beb-Tounes. Ils soufflent toujours à sens unique. Ils entrent, mais ne sortent jamais. A l'entrée, ils arrivent "Est-Barrani" passant par la porte en chicane coudée en se cassant à l'angle de l'enceinte de la voute, pour s'orienter, tout de suite, "sud-Bach" et descendre la rue parallèlement aux remparts de la ville. C'est à peine si les échos parviennent au bout de la rue du Beb. Et, quand bien même ils y parviendraient, ils s’essouffleraient déjà avant. Ecrasés contre la muraille muette, Ils seraient alors contraints de changer de direction et, à nouveau, ils dévieraient. Quant à nous : "chut… silence… ferme… colmate"… et "si ta porte t'amène du vent, alors condamne-la!" et "telle est la volonté de Dieu, encore qu'il ait été clément!"… &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5260555181927542850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQE_EPwhsEI/AAAAAAAAAx0/RAEyTdXufSw/s400/boussol4-0.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Chacune de nous vit la bourrasque comme des gaz intérieurs aigus. Après avoir inspiré les vents à plein poumons, on les sent brusquement s'enflammer en son sein. Qu'est ce qu'on aurait alors souhaité pouvoir les dégager, tel un écho fracassant "Sud-Ouest-Cherch destructeur de filets"! Mais que peut la muette chez qui ne transparait que l'effet d'une brise "Chlouq", facile à digérer ? Que peut la muette n'ayant d'autre choix que d'étouffer son cri en son sein ? Et quand bien même elle arriverait à le sortir, il serait à peine aussi audible qu'un soupir étouffé dont l'écho ne parviendrait jamais à remonter jusqu'à la porte.&lt;br /&gt;Dans l'impasse Brikcha, se trouvent trois portes. Il y a la notre d'abord, à droite en entrant. Derrière elle, on trouve toujours quelqu'un qui répond, quoi qu'avec des gestes et des sons balbutiés. C'est que je suis toujours dans la chicane, ou à l'entrée de l'impasse. Je ne m'absente jamais de la Houma que pour affaire urgente et je rentre toujours vite. Il y a, ensuite, la maison des Zinouba, à gauche : une porte fermée depuis dix ans, des murs sur le point de s'écrouler et aucun locataire pour y habiter. Aucun des propriétaires ne daigne venir l'aérer ni n'accepte de la vendre. Et puis il y a, bien évidemment la maison des Brikcha. C'est celle d'en face, avec sa porte cochère incrustée dans une arcade haute et large permettant l'entrée d'une charrette tirée par son cheval, mais ça, c'était jadis. La porte mène à une chicane spacieuse et profonde qui, à l'époque de gloire, faisait officie de dépôt pour matériel de pêche et d'atelier de réparation de filets. La chicane donne sur un patio tellement spacieux qu'on y dresserait des chevaux, comme on dit.&lt;br /&gt;Frappez à la porte des Brikcha et personne ne vous entendra. Rachida travaille à la cité Chraqa, de l'autre coté de la Médina. Elle ne rentre que pour une petite heure à midi. Son mari, Ayadi Touhami, s'en va dès l'aube à bord de sa camionnette, pour ne rentrer qu'à la tombée de la nuit. Quant à Lella, la pauvre Khadouja, son fauteuil roulant ne sert qu'à celui qui veut bien l'aider à se déplacer. Lorsque Rachida rentre à midi pour déjeuner avec sa mère, elle la trouve généralement au même endroit où elle l'a laissée à sa sortie, le matin. Sauf si Lella me demande de la déplacer. Car je suis la seule à pouvoir entrer chez les Brikcha en l'absence de Rachida. Je sais bien comment ouvrir la porte. Mais je ne le fais que pour aider Lella à faire ses besoins.&lt;br /&gt;C'est pourquoi, quand le policier était venu et s'était approché de la porte pour frapper, je l'avais tenu par la main, j'avais pris place derrière lui sur sa moto et je lui avais indiqué par des gestes la direction de la cité Chraqa. Arrivés à la boutique, je l'avais encore pris par la main et mené tout droit à Rachida. Et les vents de se déclencher aussitôt. Les enfants de Beb-Tounes forment des cercles pour danser et chanter aux vents :&lt;br /&gt;" Jeudi à ma porte, frappe un policier.&lt;br /&gt;Sabria ferme la porte, il vient l'emporter." &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5260555405512496258" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQE_RQrVVII/AAAAAAAAAx8/UXoCkym4OzQ/s400/boussol4-a.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Quand soufflent les vents dans Beb Tounes, la mutité devient chez nous, généralement, une saine qualité qui n'est plus le monopole des muets comme nous. Mais il arrive parfois que les tempêtes soufflent trop violemment. Elles foncent alors dans la chicane coudée de la porte, se cassant si violemment à l'angle de l'enceinte voutée, qu'elles entrent dans la Houma en tourbillonnant, agitant des poussières et des sciures de mots, qui se répandent dans des cercles surexcités où dansent les "diablotins de Sidna Skander". Déchainés, ceux-ci se mettent à dévoiler les secrets et à répandre les mots sous forme de bribes de récits décousus.&lt;br /&gt;Ainsi a-t-on dit qu'on aurait écrit sur lui dans les journaux sans le nommer. Aussi, croit-on savoir que, sentant que la plage était encerclée, il aurait laissé tous ses protégés à leur sort et se serait jeté dans son zodiaque pneumatique, se dirigeant droit vers Lampedusa au pays des italiens. On dit aussi que les agents de la sécurité, qui s'étaient préparés à toute éventualité, l'auraient filé à bord de leurs vedettes garde-côtes et l'auraient, enfin, encerclé et arrêté, comme on fait dans les films policiers. Ses victimes, on rapporte qu'ils seraient une trentaine que la police aurait déterrée comme des souris. Ils auraient avoué qu'ils avaient tous eu l'intention de se faire une "Harga"(traversée clandestine) et qu'ils auraient avancé aux passeurs des milliers de dinars. L'un des membres de la bande, chargée de les passer, ne serait autre que lui, dit-on encore. La dernière blague qu'on raconte à Beb-Tounes, dit que lorsqu'il avait réalisé qu'il était lui-même encerclé par les gardes-côtes et qu'il n'avait plus aucune issue pour s'enfuir, il aurait commencé à leur chanter "El Ward Gamil" (belles sont les roses) et "Ya Gamret Ellil" (Lune de la nuit, éclaire-moi!), cherchant à se faire passer pour un fou et niant que le zodiaque lui appartenait.&lt;br /&gt;Et nos chicanes de se remplir de petits potins chuchotés, venant de sources à l'identité parfaitement inconnue et aux intentions tout à fait obscures. Ces informations qu'aucun connaisseur n'organise ni n'en fixe la forme et dont aucun superviseur ne veille à en dévoiler les origines ni à en vérifier l'authenticité, affirment qu'il s'agirait d'un homme d'une grande intelligence qui, ne trouvant pas comment mettre son génie au service du bien pour tous les siens, se serait éclipsé pour se consacrer à l'invention de ruses inédites dont l'objectif est de semer les graines du mal partout où il passe. Ainsi, ses crimes seraient trop nombreux pour être comptés et trop variés pour couvrir un seul domaine.&lt;br /&gt;Aussi, la bande volant le linge qui sèche sur les cordes, celle subtilisant les bonbons et les petites pièces de monnaie des mains des enfants, c'est lui. La bande des imposteurs promettant aux jeunes, qui rêvent de "brûler", de les faire traverser les frontières, celle qui leur soutire de l'argent sans jamais tenir ses promesses, c'est sans doute lui. La bande des voleurs de voitures, celle qui leur fait passer les frontières, celle qui les démonte pour les vendre en pièces détachées, c'est aussi lui. L'imposteur qui se déguise en agent de police, celui qui piège les citoyens innocents, c'est certainement lui. La fillette de douze ans qui fut violée et tuée par asphyxie, la tête dans un sachet en plastique, celle dont on cherche encore l'assassin, c'est encore lui. Et le cadavre de la femme trouvée sur la voie publique, celui au visage défiguré et au crâne écrasé, c'est naturellement lui. Aussi, la contrebande de marchandises trafiquée, le kidnapping d'enfants et la demande de rançons, le vol de motos, l'entretien de nids de débauche dans les cités populaires, le vol de fils électriques en cuivre qui devient la mode du siècle… c'est sans doute lui qui est derrière tout cela!&lt;br /&gt;Ils sont, quand même, bizarres ces vents de Beb-Tounes qui soufflent pour vous mener, à leur guise, dans toutes les directions. N'aviez-vous pas tant loué la droiture, la morale et l'éducation de Mohamed Lamjed Brikcha ? N'aviez-vous pas estimé en lui son refus de bénéficier d'un quelconque avantage qu'il n'aurait pas mérité de plein droit ?&lt;br /&gt;Est-ce possible que ce jeune homme se transforme, du jour au lendemain, en symbole de toutes les déviations causées par la pauvreté, le refoulement et le chômage?&lt;br /&gt;Est-ce logique que vous en fassiez le support sur lequel vous accrochez tous les crimes qui ont été commis dans la ville depuis qu'il est parti et dont la police n'arrive pas, jusqu'à ce jour, à en démasquer les auteurs ? &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5260555695332633122" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQE_iIV1qiI/AAAAAAAAAyM/YQnMEACK46s/s400/boussol4-c.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;… Des questions se répandent dans le Rbat. Elles se bousculent. Elles traversent les ruelles, se promènent dans les quartiers puis reviennent à Beb-Tounes. Et les petits boutons de prendre la taille de dômes, ne cessant de grandir. Les questions de se transformer en réponses toutes faites. Elles débordent des portes de la Médina. Et tous les secrets s'étalent en dehors des remparts. Le tout pour concourir à ta honte ô Lella Khaddouja, femme de Brikcha, sœur du silence. Tout le monde tend l'oreille pour ensuite parler, additionnant par ci, retranchant, par là. Sauf toi et moi, nous écoutons pour ensuite étouffer sous les pensées et les appréhensions qui s'agitent dans nos têtes. &lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;***** &lt;/p&gt;&lt;p align="justify"&gt;La tempête s'installe dans l'impasse Brikcha. Son tourbillon niche immédiatement dans mon cerveau. Et, de jour comme de nuit, je n'arrête plus de penser.&lt;br /&gt;J'étais la première à avoir appris l'arrestation de Mohamed Lamjed Brikcha. Depuis que la police nous en a informées, la porte de leur maison est restée ouverte matin et soir. Et les visiteurs n'ont plus cessé leurs allées et venues. Quant à moi, il était naturel que je me trouve, depuis ce jour, en permanence auprès de Lella, ouvrant la porte aux visiteurs et poussant le fauteuil roulant, dans un va et vient incessant, entre sa chambre et la chicane.&lt;br /&gt;Je me tiens à ses côtés et j'entends. Elle aussi entend et ne répond à personne, même pas par un geste ou par un signe des yeux. Le visiteur parti, je ramène Lella à sa chambre. D'un mouvement des yeux, elle me demande de l'aider à descendre de son fauteuil et à s'allonger sur le matelas, à même le sol. Et c'est seulement alors qu'enfonçant la tête sous l'oreiller, elle se met à pleurer sans s'arrêter. Et moi, assise sur le pas de la porte, je lui tourne le dos et fais semblant de ne rien entendre de ses sanglots.&lt;br /&gt;Les vents de la mort et de la résurrection de Mohamed Lamjed Brikcha ont soufflé sur Beb-Tounes avec une violence qui n'a d'égale que celle de la tempête déclenchée suite à la mort de Raies Nasser Jaïed. Des mots nés sous forme de gaz intérieurs se sont répandus, monopolisant l'intérêt de la ville tout entière ; exactement comme ce fut le cas il y a des années, lorsque le médecin avait ordonné l'autopsie du cadavre de Sidinna. Deux rumeurs avaient alors fait le tour de la ville. La première prétendait qu'il s'était suicidé et la seconde insinuait qu'un rival qui lui disputait l'amour d'une femme mariée lui aurait versé dans son vin une substance obscure donnant une mort lente. Mais çà c'est une autre histoire.&lt;br /&gt;Les vents de la mort et de la résurrection de Mohamed Lamjed Brikcha soufflent sur Beb-Tounes. Dans toute la ville, du Rbat à Houmet-Chraqa, des Swanis à Qarraïa et à Stah-Jabeur, de Skanès à El Aqba et aux confins de Khnis, la résurrection du fils des Brikcha occupe toutes les discussions. Toute la ville avait cru avoir définitivement tourné la page de Mohamed Lamjed en en faisant le deuil. C'est que nous avions tous pleuré sa beauté, sa jeunesse et son érudition. Nous avions pensé avoir ainsi payé le tribut de notre incapacité à l'arracher au chômage, à la pauvreté et à la déviation du droit chemin ; le tribut de notre échec à le prémunir de l'influence de Satan, incitateur de la jeunesse à prendre le large à bord des bateaux de la "Harga". Et, comme on nous avait assuré que Mohamed Lamjed avait rejoint son père, Raïes Habib Brikcha, au fond des vagues, la ville lui avait imaginé une tombe, l'y avait virtuellement inhumé et tout le monde avait retrouvé le repos. Les habitants avaient repris leur traintrain quotidien, en parfait accord sur tout, s'abandonnant à la vie en toute confiance. Des Mohamed Lamjed Brikcha, les croiseraient-ils par dizaines, ils ne les reconnaîtraient pas. Et quand bien même ils les reconnaitraient, ils traverseraient pour poursuivre leur chemin sur l'autre trottoir et rentrer chez eux, certains que "les vents soufflent dehors et très loin" et que la contagion ne touche que les autres.&lt;br /&gt;Mais voici que l'homme revient soudain à la vie. Les habitants ne sont plus d'accord à son propos. Une partie se réfugie dans le silence, se contentant de dire "Dieu soit loué, il réinsuffle la vie aux os vermoulus!". Et l'autre partie ne dort plus de la nuit, tellement la surprise est terrifiante. Certains prétendent que le retour de Mohamed Lamjed Brikcha va aboutir, enfin, à la solution de tous les problèmes en instance. D'autres rétorquent que c'est Mohamed Lamjed Brikcha qui constitue, lui-même, le fond du problème et que mieux aurait valu qu'il soit resté au fond des vagues ; tout serait alors resté couvert par la protection divine.&lt;br /&gt;Dieu soit loué ! Il rouvre la vieille plaie qui s'était refermée sur son infection. Le bistouri fend l'abcès devenu volumineux. Le pus en sort et la chair vivante s'ouvre aux vents. Peu importe si leurs souffles vont l'assainir ou y injecter de nouveaux microbes qui nourriront davantage l'infection. Louanges à Dieu, Seigneur des chômeurs, des tourmentés, des mécontents, des apeurés, des attentistes, des indifférents et des autres… Il délie les langues. Des mots jaillissent, sortent des impasses et des rues, coulent à flots vers Beb-Tounes et renvoient les échos des vents anciens vers l'extérieur des remparts. Dieu soit loué, il réinsuffle la vie aux os vermoulus et redirige vers la maison des Brikcha les caravanes de visiteurs. On ne sait plus alors si celui qui arrive vient féliciter ou s'associer à la peine, s'il vient compatir ou se délecter de nos malheurs, s'il vient faire des reproches ou présenter des excuses.&lt;br /&gt;Les vents de la mort et de la résurrection de Mohamed Lamjed Brikcha soufflent sur Beb-Tounes. La ville perd patience. Chacun se lance de son côté dans une course contre la montre pour réorganiser le récit dans sa tête avant que les tribunaux n'émettent leurs verdicts tranchants. Des informations rares mais claires circulent discrètement par ici. D'autres informations plutôt ambiguës abondent de partout, au grand jour. Les habitants s'y livrent à qui mieux-mieux. Chacun puise dans tous les canaux. Des journaux se déplacent d'une table à une autre dans les cafés. Des propos s'échangent de bouche à oreille. Des SMS se déplacent entre téléphones portables et des emails sont échangés entre ordinateurs à travers la toile. Tout le monde lit, analyse, prédit et fait des liens entre les événements d'aujourd'hui et ceux d'hier pour en déduire ce qui va en résulter demain. &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5260555780951638962" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQE_nHTAA7I/AAAAAAAAAyU/kIjFOkK0LcI/s400/boussol4-d.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Les proches s'amènent sur la pointe des pieds à Beb-Tounes : qui pour se décharger d'un devoir ennuyeux, qui pour voir de visu ce qu'il n'a pu croire en l'apprenant par ouïe dire et qui pour jeter son hameçon. Sait-on jamais ce qu'on peut attraper! Telle, par exemple, Radhia Bent Kahla, qui vient rendre visite à sa meilleure amie pour la première fois, depuis qu'elle l'avait choquée en lui annonçant la grossesse d'Aïchoucha, prétendument enceinte de Mohamed Lamjed :&lt;br /&gt;- "Je le jure au nom de Dieu, Khadouja, que je n'avais jamais cru que cela nous arriverait à toi et à moi. Tu es ma sœur et plus que ça. Dieu sait à quel point j'ai le cœur brisé pour toi. Mon malheur et le tien ne font qu'un. Il aurait été plus logique que chacune de nous soutienne sa sœur et non qu'on approfondisse la plaie par la rupture. Louanges à Dieu qui nous a conduites, enfin, vers la lumière. De toute façon, la prison vaut mieux que la mort et "tant qu'il y a vie il y a retour"… J'ai entendu dire que le problème avait rapport avec le CAPES. Pourquoi ne me l'as-tu pas dit dès le début, Khadouja, avant que ton fils ne pense à la "Harga" ? Si Néji a des connaissances. Tous ces gens là ont des chantiers, Khadouja. Ils ont besoin de lui pour acheter des matériaux de construction à crédit. Si tu avais parlé dès le début, le problème aurait été résolu avant que la catastrophe ne s'abatte sur nous…"&lt;br /&gt;Ameur "El Bintou" vient, lui aussi, rendre visite à sa tante, pour la première fois depuis qu'elle est en fauteuil roulant :&lt;br /&gt;- "Je le jure "sur mes biceps", ma tante, que je n'étais pas au courant de ta maladie. On a dit que Mohamed Lamjed avait été retrouvé. Alors je suis venu t'en féliciter et te dire "Mabrouk". Je le jure "sur l'âme de Qmira", ma tante, que je ne croyais pas te trouver assise ainsi dans un fauteuil roulant. Je vais trouver un accord avec Rachida et je t'emmènerai voir le meilleur des médecins. Tu es une femme bien, ma tante, alors tu vas guérir.&lt;br /&gt;Et ce "CAPES", ma tante, je le jure "sur mes biceps", que je ne croyais pas que ça se vendait et s'achetait. Autrement, Majda est mon frère et j'aurais payé de un à dix millions pour le lui acheter…&lt;br /&gt;Quant à la Sénya de Sawana que j'ai gagnée par le biais du tribunal, n'en ayez aucun souci, ma tante, je le jure "sur mes biceps" et "sur l'âme de Qmira" que, mon frère Majda étant revenu à la vie, la Sénya lui reviendra de bon cœur. Si c'est sa volonté bien sûr! Je sui prêt à la lui concéder. Je récupère seulement ce que j'ai dépensé pour l'acquérir, sans gagner le moindre dinar. Qu'il l'achète au prix coûtant et je la lui vendrai sur le champ.&lt;br /&gt;Et voici même deux jeunes que je n'avais jamais rencontrés auparavant, ni vus à Beb-Tounes. Ils affirment être des camarades de Mohamed Lamjed au club de cinéma. Mais ils paraissent plutôt insolents. Ce matin, Ils s'amènent chez Lella, mais bien comme les autres, pour jeter un hameçon :&lt;br /&gt;- Dieu vous rend la santé, Lella Khadouja. Mohamed Lamjed est notre ami. Nous savons qu'il est innocent de tout ce dont l'accusent les rumeurs. Le problème n'est pas dans la "Hargua" mais dans le CAPES. Voici le sujet principal. Tout le reste, Lella Khadouja, n'est que radotage de salons et questions marginales. Mohamed Lamjed, lui-même, pensait proposer un scénario de film documentaire sur ce sujet.&lt;br /&gt;Pour la première fois, les Journées Cinématographiques de Carthage se tiennent, sans qu'il ne soit avec nous du voyage à la capitale. Tous les cinéastes amateurs qui se préparaient au voyage, n'avaient d'autre sujet de discussion que l'absence, à cette session, de Mohamed Lamjed Brikcha. Alors nous avons décidé de lui rendre hommage en réalisant le film dont il rêvait. Nous inscrirons dans le générique : "Ce film est dédié à Mohamed Lamjed Brikcha qui avait rêvé de le tourner avec nous".&lt;br /&gt;Tous les amateurs vont nous poser des questions sur Mohamed Lamjed. Et bien nous voulons leur annoncer notre projet de film au cours du festival. Nous avons donc décidé de ne pas partir avant d'avoir obtenu votre autorisation. Et nous voici chez vous, Lella Khadouja. Votre présence en fauteuil roulant dans quelques séquences de notre film, donnera à notre travail plus de force et de crédibilité. Vous allez être très émouvante, en n'arrivant pas à parler pour répondre à nos questions... Il y aura… &lt;/p&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5260555502994060834" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQE_W70v9iI/AAAAAAAAAyE/b9tkIuTRX1E/s400/boussol4-b.jpg" border="0" /&gt; &lt;p align="justify"&gt;&lt;br /&gt;… Lella se tient là immobile dans son fauteuil roulant. Tel un bloc de marbre, elle n'a aucune expression sur le visage. Et moi, je me tiens ici dans la chicane. Ouvrant grande la porte de la maison, je leurs fais signe de sortir, mais ils ne me comprennent pas. Je sens que je vais exploser, mais aucune voix ne sort de ma gorge.&lt;br /&gt;Que vous reste-t-il encore à nous faire endurer, ô vents de Beb-Tounes ? Nous étions des gens qui vivons incognitos, dans notre impasse. Notre silence nous aidait à bien cacher nos tares. Et voici que les calamités nous coupent les langues, que les journaux nous dénudent et que les rumeurs finissent par lacérer notre chair. Il ne reste plus que le cinéma pour nous filmer et exposer notre drame à la vue de tous les humains. Soyez maudis, ô vents de Beb-Tounes ! &lt;/p&gt;&lt;p align="right"&gt;&lt;br /&gt;Le Haïkuteur …/… à suivre&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8413180248584406806-2505075112384015734?l=haikuteur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://haikuteur.blogspot.com/feeds/2505075112384015734/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8413180248584406806&amp;postID=2505075112384015734&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/2505075112384015734'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8413180248584406806/posts/default/2505075112384015734'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://haikuteur.blogspot.com/2008/10/la-boussole-de-sidinna-4-les-vents-de.html' title='La Boussole de Sidinna / 4 Les vents de Beb-Tounes'/><author><name>Le Haikuteur - الهكواتي سالم اللبّان</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15817767514626942863</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://bp0.blogger.com/_24UHfc0ycHQ/R5eXo1Fw60I/AAAAAAAAAEc/hctKEuZ-tFs/S220/synpresent.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SQE_EPwhsEI/AAAAAAAAAx0/RAEyTdXufSw/s72-c/boussol4-0.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8413180248584406806.post-1747907445034170895</id><published>2008-10-16T19:58:00.000-07:00</published><updated>2008-10-16T20:17:49.261-07:00</updated><title type='text'>La Boussole de Sidinna 3 / La Sania de Sawana</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;strong&gt;Mon année sur les ailes du récit (33/53) La Boussole de Sidinna (3/23) – 17 octobre 2008&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;strong&gt;Chemin premier :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;Mon étoile au nord&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;Orientation troisième :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;La Sania de Sawana&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;" Le rapport de ceci avec le réel est pure imagination" – Le Haïkuteur&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;Oh mon Dieu…Oh mon Dieu! Un chat à sept âmes, Mohamed Lamjed, fils de Tante Khaddouja. Je le jure au nom de Dieu l'unique ! C'est au-delà de la logique ! C'est un vrai chat aux sept âmes, Mohamed Lamjed Brikcha. Oh mon Dieu !&lt;br /&gt;Comment se peut-il qu'on l'ait retrouvé après une si longue absence ? Comment ? Après que ma tante ait fait son deuil et qu'elle se soit fait délivrer un certificat de décès, comment se peut-il que son fils soit vivant ? Evidemment que je suis content pour ma tante. La pauvre, elle peut, au moins, reprendre des forces et se remettre, de nouveau, sur pieds. Et, si son fils est en prison, comme le prétend sa sœur Rachida, qu'à cela ne tienne. La prison est pour les hommes et tant qu'il y a vie il y a retour. Mais comment ? Comment ? &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257952952236158066" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_24UHfc0ycHQ/SPgAWivArHI/AAAAAAAAAvc/O5kYqTozRjk/s400/boussol3-b.jpg" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;Cette information, moi, je ne peux même pas l'assimiler. C'est illogique. C'est certainement un mensonge. Serait-ce le premier avril, aujourd'hui ? Mais nous sommes en plein automne ! Y aurait-il aussi un poisson d'octobre ?&lt;br /&gt;Aujourd'hui, tout le monde veut m'accuser d'avoir inventé l'histoire de la mort de Mohamed Lamjed Brikcha et de l'avoir répandue en ville ! Qu'ai-je fait, moi ? J'ai simplement cru celui qui m'a dit qu'il l'aurait vu à La Chebba, la veille du naufrage des "Clandestins". Et comme, avant le naufrage, tout le monde disait que le fils des Brikcha avait disparu pour aller "brûler" vers l'Italie, et bien il était naturel que nous en déduisions tous qu'il avait péri avec les "brûleurs" disparus.&lt;br /&gt;Même Carla Piccolo m'a soumis à un interrogatoire en règle. Cette fille de chien ! Depuis qu'elle a eu vent de l'information, elle redoute qu'il y ait quelque chose entre moi et Aïchoucha Bent Laajel. Elle parait plutôt soulagée, la fille de P..., que Mohamed Lamjed Brikcha soit réapparu. Elle pressentait que je lui cachais quelque chose de grave et, maintenant, elle croit que le retour du fils de tante Khaddouja va me démasquer. Même Néji Laajel m'a invité à dîner chez lui, sans ma femme. Dans sa voix, il y avait quelque chose d'inhabituel. C'est du moins ainsi que je l'ai ressenti. Il m'a paru présager, lui aussi, que l'arrestation de Mohamed Lamjed et sa probable soumission à l'analyse génétique, constituerait un danger pour notre plan. Il m'a semblé qu'il voulait me demander des comptes, comme si moi, j'étais responsable de sa mort, ou comme si j'étais à l'origine de sa résurrection. Commencerait-il, lui aussi, à se douter d'autre chose?&lt;br /&gt;Vous êtes, tout de même, bizarres ! Mon intention était honnête, moi ! Quel intérêt aurais-je à prétendre que mon cousin est mort en mer ?&lt;br /&gt;Mais, moi aussi je suis bizarre, quand même! En quoi le retour de Mohamed Lamjed Brikcha à la vie me dérangerait-il? Et pourquoi suis-je aussi perturbé, aussitôt au courant de l'information ? Pourquoi ai-je quitté la maison, comme si je voulais éviter une confrontation avec Carla Piccolo? Pourquoi ai-je laissé mon restaurant flottant, comme si je fuyais le spec
